KLOUT : LA NUIT DES MORTS-VIVANTS?
KLOUT : LA NUIT DES MORTS-VIVANTS?
Durant tout le weekend, le débat sur les changements apportés par Klout s’est poursuivi. Dans @SocialMediaToday, samedi matin, Megan Berry (@MeganBerry), directrice du marketing de la startup californienne, a d’abord répondu (par courriel) aux questions de Mike Johansson (@mikefixs) : Klout Responds to Questions and Critics.
De manière pas très convaincante, elle a reconnu que Klout accordait dorénavant plus d’importance dans le Klout score à la résonance du réseau des utilisateurs (Network Influence), mais n’a pas semblé trouver de réponses satisfaisantes aux critiques voulant que ça favorise un système de classement faussé par la résonance. Pas plus qu’elle n’a su calmer le ressentiment que plusieurs professionnels éprouvent devant le manque de transparence et de considération démontrés aux utilisateurs dans la manière d’apporter les changements. Cette façon, plutôt cavalière, de l’entreprise de modifier les règles du jeu en cours de route, semble irriter plusieurs utilisateurs de la première heure.
Dans un billet très acerbe, Is Klout On The Way Out?, paru le même jour dans @SocialMediaToday, Jure KLEPIC (@jkcallas) critique ouvertement la manipulation qu’exerce Klout. Il relève, avec justesse, qu’en changeant aussi drastiquement l’algorithme, sans explications transparentes, Klout manque de considération envers les professionnels, et favorise plutôt les entreprises et son programme Klout Perks. En resserrant le calcul de l’amplification (Amplification Score) et de l’impact du réseau (Network Influence), tout en augmentant considérablement la résonance (True Reach), le nouvel algorithme nous ramène finalement à des indices quantitatifs, et aux «impressions», plutôt qu’à l’influence. Il relève le cas de #TeamFollowBack qui a vu son score augmenter, alors que sa fonction de spammeur est reconnu de tous les utilisateurs.
KLOUT : UN STANDARD DE L'INFLUENCE DANS LES MÉDIAS SOCIAUX. POUR QUI?
C’est aussi ce que dénote Morad Benyoucef, (Telfer School of Management, University of Ottawa) dans un très bon article de Dan Vergano, dans The USA Today : Experts Differ on Klout’s Clout. Il soutient qu’en privilégiant les Topics, et la mesure des «impressions» qui en découlent, au détriment des conversations et des échanges véritables, Klout ne fait que mesurer comment un message, avec certains mots-clés, peut voyager ; jusqu’où il se rend, par qui est-il initié et qui le relaie, qui le commente… Pour les entreprises, en quête d’une masse critique pour analyser l’impact de leur marque dans les réseaux sociaux, ça devient un outil d’autant plus intéressant.
L’importance que Klout apporte désormais aux «Topics» semble aussi faire sourciller plusieurs utilisateurs. Dans le même article, Kevin Curran, du Northern Ireland’s University of Ulster, mentionne qu’avec les changements apportés au Klout Score, le score moyen n’est plus 50, mais plutôt 20. Il reconnaît que ça permet d’identifier plus facilement les influenceurs par secteur de marché, et que ça favorise l’utilisation des entreprises et du programme Klout Perks. Il note, avec une pointe d’ironie, que Klout favorise les utilisateurs qui obtiennent des «impressions» de façon continue, ceux qui savent continuer d’alimenter la résonance même lorsqu’ils n’y sont plus. On valorise désormais davantage les «Prince of Cyberspace» et les «Captains of Industry»…
UN PIED DANS LA TOMBE?
De manière générale, on sent bien la Grogne qui s’installe. Les utilisateurs de la première heure semblent tous vouloir quitter le bateau. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à lire l’échange et les réactions de Sean McGinnis (@seanmcginnis) et Chris Brogan (@chrisbrogan) au billet de Jane Boyd (@boydjane) : #FamilyKlout Matters More Than Improving Your #Klout Score.
Avec ces changements majeurs, qui sont loin de faire l’unanimité, Klout vient peut-être de creuser sa tombe. Chose certaine, le débat n’est pas terminé et va encore se poursuivre à travers les réseaux sociaux. C’est à suivre…
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Virage 2.0 