Pour entreprendre le virage des médias sociaux

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2012 novembre

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SocialMedia Billboard – Des listes d’influenceurs par secteurs

posted by Raymond Morin on Lundi, novembre 26th 2012

SocialMedia Billboard (SMB) – Trois premières listes :

TOP 20 Journalistes/chroniqueurs (Presse, Radio/TV) Web/Techno au Québec 

Dans cette nouvelle section de mon blogue WordPress, je vous propose de partager mes listes personnelles d’influenceurs des médias sociaux. Ces premières listes ont été électionnées à partir de mes principaux comptes dans les réseaux populaires, et rendues accessibles (en temps réel) dans mon site grâce au nouvel API amélioré de PeerIndex.  

 Au cours des prochaines semaines, cette nouvelle section continuera d’évoluer, et j’utiliserai éventuellement d’autres outils (comme ceux de Klout, de Kred, d’Empire Avenue ou de Traackr, par exemple) pour dresser mes listes d’influenceurs, histoire de comparer. D’ailleurs, durant les derniers mois, j’ai eu l’occasion de tester plusieurs de ces nouveaux outils, et je vous partagerai également mes observations et commentaires sur chacun d’eux.

Ce nouveau Social Media Billboard a donc pour objectif de regrouper des listes de professionnels reconnus dans les médias sociaux, provenant de tous les secteurs d’activités : de la finance au tourisme, de la santé à l’éducation, du sport à la culture, des entrepreneurs indépendants aux organismes sans buts lucratifs. Et, de les présenter sous forme de palmarès pour permettre d’identifier les influenceurs qui se démarquent le plus dans chaque domaine. Grâce aux API de ces outils, vous pourrez donc consulter l’évolution de ces listes en temps réel à chacune de vos visites sur le site.

Je vous invite donc à consulter régulièrement ces listes au fil des prochaines semaines, et à y contribuer pour les améliorer en ajoutant directement vos commentaires, et vos suggestions de nouvelles entrées.

La petite histoire des palmarès et l’empire des camelots!

Les palmarès, ou listes de classements (charts), ne datent pas d'hier. Au début des années 1900, elles ont largement contribué à ériger les fondements de plusieurs industries médiatiques et culturelles comme la télévision, la radio, le cinéma, la musique, et la littérature. (Lire : Comment définir l'influence dans les médias sociaux).

En fait, les palmarès sont apparus aussitôt qu'en 1894 avec le Billboard Magazine aux USA qui couvrait la popularité des foires publiques. À la même époque, avant que les premiers enregistrements phonographiques ne deviennent populaires en France, on compilait les ventes de partitions musicales imprimées. Les plus gros succès pouvaient s’écouler jusqu’à 400 000 copies, vendus par des camelots dans la rue.

Ceux qui savaient lire les partitions musicales retournaient souvent dans la rue pour y interpréter ces chansons, et vivre à leur tour de la musique. À la veille de la Grande Guerre, les spectacles des «chanteurs de rue» sont devenus très populaires, et occupaient littéralement les rues achalandées de Paris. C’était la naissance du show-business moderne avec les premiers palmarès de ventes de partitions, imaginée par un distributeur futé qui avait vu venir la popularité des «petits formats».

Le phénomène des «hit-parade» du magazine Billboard aux USA

 Aux États-Unis, au tournant du siècle, le magazine Billboard se concentrait sur des palmarès d’achalandage des activités du Bailey and Ringling Bros. Circus qui se déployaient à travers tout le pays. D’une ville à l’autre, ces palmarès servaient uniquement de levier promotionnel pour les ventes de billets. Mais, on s’est vite rendu compte que l’attrait de ces listes auprès du grand public pouvait également servir de levier pour d’autres secteurs d’activités.

En même temps, avec l’invention du gramophone et de la radio, la musique devint rapidement très populaire, et dès les années 20, avec les premières émissions populaires de Radiola en France, et de KDKA à Washington, aux USA, le magazine Billboard prit le virage musical qu’on lui connaît encore aujourd’hui. En fait, c’est en 1936 que le magazine américain introduisit son premier «Hit-Parade», suivi du «Music Popularity» au début des années 40. Et, en pleine heure de gloire d’Elvis, le Billboard publia enfin ses «Top Charts» avec les ventes de 45-tours et de fréquence radio.

Aujourd’hui, le magazine Billboard se déploie largement sur le Web, et continue d’être une source inépuisable de contenus sur l’industrie de la musique partout dans le monde. Dans le contexte actuel d’Internet et des médias sociaux, Social Media Billboard (SMB) se veut une version adaptée pour les professionnels des médias sociaux.

À l’ère des médias sociaux : des leçons à tirer des palmarès!

Si l’industrie de la musique a donné naissance aux premiers palmarès populaires, le phénomène ne lui est cependant pas resté unique. Les industries naissantes des médias et du show-business ont vite adoptés le pas de danse, et repris la recette du Billboard pour ériger de véritables empires financiers.

Les «mass-médias», comme la radio et la télévision, furent probablement les nouvelles grappes industrielles les plus fructueuses des années 40-50. À l’époque des «Mad Men», il fallait encore s’assurer du contrôle. Pour mesurer le succès d’une campagne de pubs ou de marketing, on calculait encore le ROI en espèces sonnantes. Aujourd’hui, on peut certainement tirer des leçons intéressantes de l’histoire des palmarès.

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires aves les autres lecteurs. Croyez-vous que les listes-palmarès peuvent constituer des leviers valables dans les entreprises et les professionnels ?

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En attendant vos commentaires, je vous propose trois premières listes d’influenceurs du Québec, actifs dans les médias conventionnels :

1 – Chroniqueurs/CM (Community Managers) – Québec  - Radio/TV (Web/Techno)  

2 – Journalistes/blogueurs – Québec –  (Presse) – Web/Techno 

3 – Médias – Québec -(Imprimés/Web) –  Web/Techno 

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Génération C : Consomm’action et maturialisme

posted by Raymond Morin on Lundi, novembre 5th 2012

Le nouveau pouvoir d'influence des consommateurs

Au cours des dernières années, les nouvelles technologies d'Internet ont transformé plusieurs aspects de la société. Aujourd'hui, l'accès mobile et presqu'illimité à l'information conjugué au formidable potentiel de diffusion des médias sociaux procurent un nouveau pouvoir d'influence qui joue en faveur des consommateurs branchés (connected consumers).

Ces nouveaux utilisateurs-consommateurs profitent de la valeur de leurs recommandations et du pouvoir viral du bouche-à-oreille pour revendiquer un rôle plus actif dans le processus de vente. Ces consomm'acteurs (ou prosumer en anglais), qui forment la nouvelle Génération C, exercent désormais une influence majeure sur les entreprises et les marques.

 D'Alvin Toffler au magazine TrendWatching

Le terme anglais prosumer est un néologisme issu de l'amalgame des mots professionnel (ou producteur) et consommateur. Il définit le rôle plus actif que jouent désormais les consommateurs branchés dans la chaîne économique. Il est apparut la première fois dans le livre d'Alvin Toffler : The Third Wave. L'auteur et futuriste y décrit justement une nouvelle société de consommateurs devenus producteurs, appelés à tester les produits avant de les mettre en marché.  

Au fil des années, les consommateurs branchés de la Génération C ont su profiter pleinement des outils technologiques à leur disposition pour établir de nouvelles règles du jeu à leur avantage. Aujourd'hui, ils recherchent davantage dans l'acte d'achat et ne se contentent plus d'une simple offre commerciale. Plus critiques face aux pouvoirs économiques et politiques, ils se préoccupent de leur avenir, et cherchent à remplacer l'hyper-consommation et l'artificialité du monde moderne par un mode de vie plus équilibré, plus sain et surtout plus significatif pour le reste de leur communauté.

** Trente ans plus tard, le débat se poursuit toujours autour de sa francisation. Au Québec, le Grand Dictionnaire Terminologique de l'Office de la langue française du Québec (OLFQ) lui préfère le terme de prosommateur. Personnellement, j'adopte plus facilement la notion pro-active deconsomm'acteur, qui me semble correspondre davantage au contexte actuel.

Consommation sociale et maturialisme 

 Le maturialisme est une des principales tendances de consommation observées auprès des utilisateurs par l'équipe du TrendWatching. Une tendance qui se caractérise notamment par la volonté affirmée des consommateurs branchés, de plus en plus expérimentés, d'opter aussi pour un matérialisme plus mature et responsable. 

Une étude réalisée en 2012 par EURO RSCG, auprès de plus de 7 000 utilisateurs du Web, dans 19 pays : This Digital Life, révèle que six personnes sur 10 dans le monde envisagent l'avenir de la société avec pessimisme, et près du 3/4 s'inquiètent du déclin des valeur civiques et morales. En réaction, les utilisateurs adoptent de nouvelles approches plus responsables et sociales dans leurs modes de vie. De nouvelles démarches qui se traduisent par de meilleures habitudes de consommation. 

Dans cette mouvance populaire, on a vu émerger de nouvelles manières plus responsables de consommer. On a vu naître des projets de consommation collaborative un peu partout dans le monde, des foires au gratuit de Buenos Aires, aux vêtithèques en Suède, où le don, le troc, le partage et le prêt sont à l'honneur. Une tendance globale vers une consommation sociale (social shopping) qui continue de se propager. (lire aussi Tendances 2012 – Consommation et société dans Locita). 

Impliquer le consommateur dans le processus dès le départ

 Dans son édition de novembre 2012, le magazine TrendWatching souligne une autre tendance chez les consommateurs, qu'il nomme le presumering. Selon leurs récentes études, les consommateurs branchés de la Génération C influencent aussi le processus de production et de commercialisation des marques. De plus en plus sollicités par les entreprises pour tester les produits et services avant leur lancement, ces utilisateurs-consommateurs se révèlent souvent, par la suite, les meilleurs ambassadeurs de la marque. S'ils n'ont pas apprécié l'expérience, ils deviennent alors les meilleurs guides pour améliorer le produit ou le service. 

Dans son dossier, l'équipe du magazine américain décrit plusieurs exemples de campagnes de marques ou d'organisations réussies grâce au concours de bêta testeurs (notamment dans l'industrie du jeu vidéo), et de sites de financement social (crowdsourcing) comme KickStarter, Crowdcube, Idea.me ou Indiegogo qui ont su impliquer les utilisateurs de première ligne en participant au financement des projets. 

Pour l'équipe du TrendWatching, il s'agit d'une de nouvelles tendances qu'il faudra observer au cours des prochaines années auprès des consommateurs de la Génération C. 

Qu'en pensez-vous? Croyez-vous que la consommation sociale, le maturialisme et le presumering sont des phénomènes passagers, ou plutôt des tendances lourdes qui se confirment? Pensez-vous que les bêta testeurs et le financement social sont de bonnes façons de susciter l'engagement des consomm'acteurs? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires avec nos lecteurs.