Le règne des natifs numériques et de la génération C
«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0» 
Par Raymond Morin
LE RÈGNE DES NATIFS NUMÉRIQUES ET DE LA GÉNÉRATION C
Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’évolution vertigineuse des nouvelles technologies et des réseaux de communications a engendré une profonde mutation de la société. Une révolution sociale et économique qui s’étend aujourd’hui à l’échelle de la planète, et dont l’importance surpasse déjà celle de l’imprimerie typographique, il y a plus de 500 ans. Au tournant du 21ième siècle, à travers la multiplication des plateformes de diffusion du Web et l’omniprésence des outils technologie l’humanité se retrouve définitivement, et irrémédiablement, propulsée à l’ère numérique. En moins de dix ans, avec les blogues, les sites de réseautage social et d'échanges de fichiers, les nouveaux médias sociaux ont vite pris une place prépondérante dans nos activités de tous les jours. Combinés aux nouvelles technologies, les applications du Web 2.0 fournissent désormais des outils aux internautes, qui lui permettent de s'affranchir des contraintes. Par le biais de sa connexion Internet et des nouveaux outils de la technologie, le nouvel utilisateur a dorénavant le pouvoir de revendiquer un rôle plus actif et déterminant dans la société.
Or, pour la première fois depuis l’émergence des TI et d’Internet, une nouvelle génération entièrement façonnée à l’ère des supports numériques arrive à maturité. Suréquipés depuis le berceau, utilisant régulièrement les nouvelles technologies jusqu’à plus de dix heures par jour, ces natifs numériques ne s’identifient plus à travers leur travail, et privilégient plutôt la qualité de l’expérience avant sa finalité. À la tête d’une nouvelle génération d’utilisateurs, qu’on appelle la Génération C, ces enfants du numérique imposent de nouvelles façons de consommer, mais aussi de communiquer, de créer et de collaborer. 
Grâce à ces nouveaux outils technologiques qui lui confèrent un nouveau pouvoir de décision, le nouvel internaute dicte de nouvelles règles. Par le biais de sa connexion Internet, toujours plus rapide, il exploite pleinement tout le potentiel de convergence des médias sociaux et du web collaboratif pour se réaliser et s’émanciper. En exerçant un plus grand contrôle sur les contenus, il se révèle d’autant plus critique comme consommateur. En tant que citoyen du cyberespace, il apporte volontiers sa contribution à ses communautés d’intérêts, et partage ses connaissances et sa créativité avec ses concitoyens.
Entrevue avec Gérald Fillion à RDI Économie
Au fil des prochaines années, les rangs de la Génération C (natifs numériques (1995-) et Génération Y (1980-1994)) ne cesseront de s’accroître, représentant plus de 50 % de la main-d’œuvre, constituant une force économique toujours plus considérable. Les entreprises doivent s’employer dès maintenant à réduire la fracture qui les sépare désormais de ces nouveaux utilisateurs-consommateurs.
Les entrepreneurs et les professionnels doivent s’ajuster à de nouvelles règles économiques. Les approches traditionnelles de ventes et de marketing se révèlent complètement caduques. Les natifs numériques se retrouvent au centre d’une nouvelle économie non-marchande axée davantage sur la qualité de l’expérience de l’utilisateur. Les entreprises doivent désormais adopter de nouvelles approches, et privilégier de nouvelles méthodes de travail et de collaboration correspondant davantage aux aspirations de la nouvelle génération. Le phénomène des médias sociaux n’a rien de passager, au cours des prochaines années il va plutôt aller en s’amplifiant. Notre société est définitivement, et irrémédiablement, entrée dans l’ère numérique, et ne peut plus revenir en arrière. Qu’on se le dise, le règne des natifs numériques et de la Génération C ne fait que débuter…
Extrait du livre « Comment entreprendre le virage 2.0 », aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l'entrepreneurship du Québec – parution le 11 mars 2010
Formation : une tendance lourde
FORMATION ET COACHING EN MÉDIAS SOCIAUX :
UNE TENDANCE LOURDE CHEZ LES PROFESSIONNELS
Ces dernières semaines, je me suis fais plus discret sur le Web, trop occupé moi-même à mettre sur pied de nouvelles sessions de formation et d’initiation pratique pour répondre à la très forte demande. Des professionnels de tous les milieux, provenant autant des réseaux de la santé que des organismes touristiques, en passant par les centres de développements économiques locaux et d’entrepreneuriat jeunesse sans oublier les nombreuses associations et regroupements de professionnels et d’entrepreneurs. D'ailleurs, durant la tournée des médias après la sortie de mon ouvrage, plusieurs journalistes et recherchistes m'ont aussi avoué devoir se mettre eux-mêmes à niveau avec les médias sociaux (voir section Entrevues Médias)
Entrevue avec Gérald Fillion à RDI Économie
Parmi les groupes que j’organise, un peu partout à travers la province, je suis ravi de retrouver autant d’entrepreneurs et de dirigeants d’organisations que de professionnels et de travailleurs autonomes. Mêmes des agences de communication et de marketing viennent mettre à jour leurs connaissances des médias sociaux. Finalement, je réalise que mes formations accueillent des professionnels de toutes les générations. Et, je me réjouis de recevoir de plus en plus de baby-boomers qui veulent se rattraper et s’initier au Web 2.0. Toutes générations confondues, on semble enfin réaliser toute l’ampleur de la nouvelle révolution des médias sociaux. La question n’est plus de savoir si on doit prendre le virage 2.0, mais comment le faire pour en tirer le maximum… (voir le clip Social Media Revolution, de Eric Qualman (Socialnomics09) )
Les professionnels et les entrepreneurs privilégient dorénavant une approche davantage axée sur une compréhension plus globale du phénomène. On souhaite d’abord acquérir une vision à 360 degrés, qui permettra par la suite de choisir plus efficacement les outils qui conviendront au contexte professionnel. La plupart optent d’ailleurs pour une première formation d’initiation de 3 heures, avant d’approfondir certaines applications en particulier. Enfin, on semble vouloir s’attarder à mieux comprendre les nouveaux paradigmes et les enjeux de la nouvelle culture numérique.
Pour paraphraser Neil Armstrong, le premier homme à marcher sur la Lune, en 1969 ; « C'est un petit pas pour l'homme, mais un bond de géant pour l'humanité ». Et, ça se passait la même année que naissait l’Arpanet, l’ancêtre d’Internet…
Comment entreprendre le virage 2.0 