Pour entreprendre le virage des médias sociaux

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Billet : Il n’y a pas d’experts en médias sociaux

posted by Raymond Morin on Lundi, novembre 15th 2010

BILLET

«IL N’Y A PAS D’EXPERTS EN MÉDIAS SOCIAUX» – DIXIT TIM BAKER

Au cours des dernières semaines, la profession de consultant en médias sociaux en a fait jaser plusieurs. En 2012, les entreprises auront plus que doublé leurs investissements dans les médias sociaux, représentant un nouveau marché de plus de 840 millions de dollars1. On comprend que certains se montrent plutôt chatouilleux sur la question. 

  Aussi, en feuilletant l’encart du Salon du Livre de Montréal (dans La Presse du Week-end), j’ai eu la surprise de découvrir que mon éditeur offre des «consultations gratuites» avec ses «auteurs-experts» durant les séances de dédicaces auxquelles je participerai… Je ne m’attendais pas à ça, et je vous avoue que ça suscite un certain malaise. Ce n'est pas tant pour la consultation gratuite que pour l'appellation d'«expert»…

Soyons clairs, je n’ai jamais prétendu être un «expert» des médias sociaux, bien au contraire. Par ailleurs, je ne connais encore personne qui puisse vraiment prétendre à ce titre. Comme la plupart des internautes actifs, je surfe d’une découverte à l’autre, et j’expérimente d’une application à l’autre. À la vitesse accélérée qu’émergent les nouvelles applications et les nouveaux outils du Web, il faudrait effectuer une veille technologique de 24 heures sur 24 pour rester sur la vague.

 En fait, le seul titre que j’ose revendiquer est celui d’auteur, observateur et vulgarisateur des médias sociaux. Paru récemment dans le journal Les Affaires (13 au 19 nov. 2010), le billet de Martine Turenne résume d'ailleurs parfaitement mon point de vue à ce sujet. La journaliste y cite Tim Baker (CEO FD Kinesis) qui affirme «Il n’y a pas d’experts en médias sociaux». Un avis que semblent partager plusieurs spécialistes ; ce n’est qu’après 15-20 ans d’expériences sur le terrain, en première ligne, que l’on pourrait vraiment déterminer  si un professionnel a atteint un certain niveau d’expertise. Et, pourtant, même s'il n'a jamais enseigné à l'université, ça n'aura jamais empêché le Prof Séguin de faire rayonner les sciences auprès d'un très large public…

 

Personnellement, j’ai choisi de laisser ce débat aux autres. Même si j’œuvre dans ce domaine depuis plus d’une génération, j’ai toujours opté pour une approche généraliste, avec une vision élargie, à 360 degrés, du phénomène social qu’est vite devenu Internet. Et, si je me fie aux commentaires reçus, c’est ce que semblent aussi rechercher une grande majorité d’entrepreneurs indépendants et de dirigeants de PME. Avant d’embarquer dans le train, et de se tourner vers les experts et les spécialistes, ils veulent d’abord se faire une meilleure idée des enjeux, et se dresser un portrait plus global du phénomène, pour ensuite mieux prendre les décisions qui s’imposeront.

 

Depuis le début, en évoluant à travers la faune des pseudo gurus, et autres papesses du Web 2.0, je me suis toujours considéré à part, un peu comme un électron libre qui ne se rattache à aucune école. Aujourd'hui encore, je préfère intervenir en tant que communicateur-vulgarisateur de la nouvelle science du Web, un peu à l’instar du prof, qui n'aura toujours cherché qu’à transmettre sa passion aux intéresssé(e)s.

Dans l'écosystème du Web, je me considère comme un observateur privilégié des médias sociaux et de la culture numérique, qui témoigne de ses propres expériences, pour tenter de cerner les meilleures pratiques du Web en entreprises. Un peu comme un pharmacien, ou un médecin généraliste, à qui on va demander de diagnostiquer une situation, et de prescrire une solution, avant de référer le cas à un spécialiste, pour un traitement plus en profondeur si nécessaire.

 En utilisant un langage simple, et facile à comprendre, je cherche à synthétiser et vulgariser les nouvelles notions du Web 2.0 et des médias sociaux, pour aider les entrepreneurs à mieux saisir les enjeux de l’ère numérique. M’adressant autant au travailleurs autonomes qu’aux chefs d’entreprises ou d’organisations, je décris les nouvelles applications du Web dans un contexte professionnel, qui dépasse largement l’aspect ludique des réseaux sociaux. Avec des mises en situation et des exemples concrets, je m’efforce d’apporter une vision globale du phénomène des médias sociaux. C’est ce qui ressort toujours de mes ouvrages.

 Avec mon premier livre ; «Culture Web à la portée des PME»2, je décrivais les avantages qu’apportaient déjà les premiers outils du Web, il y a près d'une dizaine d'années. Une décennie plus tard, je poursuis dans la même veine en décrivant les nouvelles applications du Web 2.0 en entreprises, avec le nouveau guide «Comment entreprendre le virage 2.0»3. Dans le même esprit, mon prochain bouquin, qui paraîtra au printemps 2011, traitera notamment des nouveaux outils émergents du Web 2.0, et des nouvelles tendances du marketing avec le web mobile.

Au cours des quinze dernières années, entre les deux ouvrages, je n’ai jamais cessé d’accompagner de nombreux entrepreneurs et nombreuses organisations dans leur virage vers le Web social (ou communautaire). Aujourd’hui, les ateliers de formation d’initiation ou d’optimisation des médias sociaux que je propose aux professionnels, tout comme les sessions de coaching plus personnalisés que j’offre aux entrepreneurs, sont développés autour de ces nouvelles notions, et véhiculées à travers mes ouvrages et mes écrits.

  

Ce qui me motive vraiment, c'est de pouvoir partager mes observations ; celles d'un internaute à l'affût, d'un consomm'acteur avisé, qui scrute continuellement la toile à la recherche du meilleur plan. Les observations d'un professionnel des médias sociaux et de la culture numérique qui cherche sans cesse à mieux comprendre les nouvelles applications du Web, dans un contexte pratique. Celles d'un explorateur, d'un chercheur, en quête perpétuelle des meilleures pratiques des médias sociaux et de la nouvelle science d'Internet. Celles d'un véritable passionné des nouveaux médias qui n'aspire, en bout de ligne, qu'à partager aussi souvent que possible ses découvertes au plus grand nombre de professionnels.

Alors, en terminant, je vous souhaite une bonne lecture de mes Tweets et retweets d’automne (1ère partie), et je vous invite à venir me rencontrer au Salon du Livre de Montréal, le vendredi 19 novembre :

-       de 18 h. 30 à 19 h.30 : au kiosque 466 (Éditions Transcontinental), pour une séance de dédicaces

-       de 19 h. 30 à 19 h.55 : à la Grande Place, pour une table ronde : Médias sociaux : les nouveaux outils émergents du Web 2.0, avec Dominic Arpin et Patrick Dion. Une discussion animée par Bruno Guglielminetti.

Au plaisir de vous y rencontrer,

Raymond Morin

1 -  Selon une récente étude du Winterberry Group.

2 –  Paru en septembre 2001, aux Éditions du Groupe Électrogène (Le Lien Multimédia))

3 – Paru en mars 2010, aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.

 

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Le Web 2.0 en milieu de travail

posted by Raymond Morin on Jeudi, juin 17th 2010

 

ETUDE CLEARSWIFT : LE WEB 2.0 EN MILIEU DE TRAVAIL

 

En avril dernier, la firme britannique Clearswift a publié les résultats d’une étude très intéressante sur l’utilisation du Web 2.0 en milieu de travail. Plus de 1 600 répondants (chefs d’entreprises et employés de bureau) de Grande-Bretagne, mais également des USA, d’Allemagne et d’Australie ont participé à ce sondage réalisé entre janvier et février 2010. Ce rapport, intitulé Web 2.0 at the Workplace, confirme l’adoption massive du web collaboratif et des médias sociaux par les entreprises anglophones.

UN FORT TAUX DE SATISFACTION DES NOUVELLES ENTREPRISES 2.0

 Les statistiques recensées à travers le sondage révèlent que les employeurs qui ont pris le virage 2.0 s’enthousiasment face au potentiel du Web 2.0, et que les employés se montrent d’autant plus heureux et motivés au travail lorsqu’ils peuvent utiliser ces nouveaux outils au boulot. Plus de la moitié des dirigeants interrogés (52 %) soutiennent que le web collaboratif va représenter un enjeu critique dans le succès futur de leur entreprise.  Les avantages que les chefs d’entreprises retirent du Web 2.0 se déclinent de plusieurs façons parmi les répondants :

·      augmente la visibilité de la marque (91 %)

·      génère de nouvelles affaires (89 %)

·      améliore la productivité des employés (88 %)

Selon leurs propres expériences, les chefs d’entreprises observent également plusieurs retombées positives de leur utilisation du Web 2.0 en milieu de travail. Près de la moitié (47 %) des dirigeants croient que l’utilisation des outils du web collaboratif et des médias sociaux favorise un meilleur climat au travail et une plus grande motivation des employés :

·      employés plus heureux et motivés (47 %)

·      meilleures communications avec les clients (41 %)

·      communications plus ouvertes à l’interne (39 %)

·      employés en confiance et valorisé (37 %)

·      meilleures relations entre les employés (37 %)

·      employés plus productifs (29 %)

·      coûts réduits (22 %)

·      innovations et nouveaux produits/services (21 %)

·      augmentation des revenus (11 %)

Dans la foulée, une grande majorité de ces nouvelles entreprises 2.0 (65 %) souhaitent pousser plus loin l’expérience du web collaboratif. L’étude vient également confirmer la tendance d’adoption des médias sociaux par les professionnels et les nouveaux entrepreneurs. Cependant, il reste toujours à convaincre l’autre tiers (35 %) qui hésitent encore à prendre le virage 2.0, et limitent l’accès aux employés.

DES UTILISATEURS 2.0 ENCORE À ÉDUQUER

 Les résultats du sondage de Clearswift révèlent aussi quelques zones plus ombragées. Même si près de deux dirigeants sur trois (65 %) jugent que l’utilisation des médias sociaux favorise une meilleure productivité des employés, seulement 43 % des employés interrogés répondent la même chose. En fait, 66 % des employés de bureau, qui ont répondu au sondage, reconnaissent devoir faire des heures supplémentaires, ou travailler sur l’heure du lunch, pour rattraper les retards occasionnés dans leur ouvrage par leur usage personnel du courriel et des réseaux sociaux au boulot… En revanche, 33 % des répondants se déclarent heureux d’utiliser son propre réseau social au bénéfice de l’entreprise, ce qui suggère une nouvelle approche plus équitable de la part des utilisateurs-employés.

Néanmoins, ça laisse aussi entendre que la méfiance de certaines entreprises plus frileuses face aux médias sociaux est peut-être aussi justifiée, du moins en partie… Ou, à l’inverse, que la confiance des nouveaux entrepreneurs 2.0 n’est peut-être pas tout à fait méritée ! Mais surtout, qu’avant qu’on puisse profiter pleinement de tout le potentiel du web collaboration en milieu de travail, les utilisateurs eux-mêmes (ceux des générations X et Y) devront démontrer un peu plus de maturité, et apprendre à se servir plus judicieusement de ces nouveaux outils.

Le rapport «Web 2.0 at the Workplace 2010», est disponible en format PDF (8 pages) sur le site de Clearswift. Il fournit d’autres statistiques très intéressantes qui permettent d’approfondir encore davantage le phénomène de l’intégration des médias sociaux en milieu de travail. C’est le premier rapport d’une série de trois qui seront vraisemblablement mis en ligne au cours des prochaines semaines.  À suivre…