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Le RISQ : 25 ans de transport du savoir!

posted by Raymond Morin on Jeudi, novembre 13th 2014

Par Raymond Morin

Le 19 novembre prochain, à l’hôtel Marriott Château Champlain à Montréal, se déroulera la 24e  édition du colloque annuel du Réseau d’informations scientifiques du Québec (RISQ). Ce sera aussi l’occasion de souligner l’anniversaire de l’organisme ; «25 ans de transport du savoir : un vecteur de réussite!». Pour l’occasion, j’aurai l’honneur de présenter une conférence sur l’influence des natifs numériques sur la société, et de participer par la suite au débat en plénière sur les enjeux et les défis qu’amène l’utilisation des technologies par les nouvelles générations dans le secteur de l’éducation.

banner-201425 ans de transport du savoir : un vecteur de réussite!

De manière à souligner le 25e anniversaire du RISQ et l’origine de la première génération d’Internet au Québec, Michel Vanier m’a accordé une entrevue, pour parler du rôle de l’organisation au fil des ans, mais également des perspectives d’avenir, et des enjeux dans le secteur de l’éducation. «Au début, notre réseau était essentiellement utilisé par les chercheurs universitaires et par les professionnels en TI qui en assuraient le fonctionnement. À la fin des années 80, il n’y avait pas plus de 1000 usagers. Le RISQ, qui était alors une division du CRIM, a néanmoins permis aux premiers fournisseurs de services Internet d’essaimer et  de voir le jour. À l’époque, la composante de recherche était importante; les réseaux IP n’étaient offerts par aucune compagnie de télécoms et notre rôle était d’assurer les opérations et le développement du premier réseau IP (Internet) au Québec. En 1995, nous avons également lancé le premier point d’échange public neutre des services d’accès Internet, le QIX (Quebec Internet eXchange)» raconte Michel Vanier. Cette relation avec les compagnies de télécommunication aura permis de favoriser le trafic local et éviter que le trafic Internet  transite par Toronto ou les États-Unis. Et, de bénéficier aujourd’hui d’un pôle de concentration de trafic qui  permet d’attirer les gros fournisseurs de contenus comme Google, Amazon ou Microsoft.

Favoriser le passage à l’économie numérique

Durant les années 90, le RISQ jouait un rôle de formation-conseil avec les établissements d’enseignement auprès des premiers fournisseurs de services Internet et des autorités gouvernementales. Au fil des années, Internet s’est démocratisé et a transformé la façon d’apprendre et d’enseigner. Aujourd’hui, c’est l’affaire de tout le monde. Dans le contexte, le RISQ est revenu à son rôle de soutien aux établissements d’éducation en particulier pour le déploiement de la bande passante à très haute vitesse dans les établissements situés en région.  Avec l’arrivée de ses services à valeur ajoutée, le RISQ mettra à la disposition de ses utilisateurs des solutions de gestion de la sécurité et de service infonuagique. «Aujourd’hui, comme hier, notre rôle est de rester à l’écoute de nos membres et de leur offrir des services privilégiés qui sauront répondre aux exigences de leur secteur. Le RISQ, est un joueur incontournable dans l’économie numérique au Québec, d’abord pour son rôle de soutien au secteur de l’éducation et de la recherche et par son expertise. En 2014, le RISQ offre aux établissements des connexions à 10 gigabits/secondes, sans restriction, ce qui dépasse largement l’offre commerciale actuelle.

En ce qui concerne l’objectif d’offrir 5 mégabits/secondes à la résidence partout au Canada, ce serait se limiter au plus petit dénominateur commun; ce n’est pas un objectif mobilisateur comme ce devrait l’être. D’expérience, nous savons qu’on peut faire mieux, beaucoup mieux. Bien sûr, il faut comprendre que notre territoire est immense, avec des réalités différentes. C’est pourquoi, dans les délibérations sur la bande passante,  je crois qu’il devrait y avoir différents objectifs sur la table,; un pour les grands milieux urbains, un pour les régions et un autre pour les régions éloignées ou il n’y a pas de réseau filaire», explique M. Vanier. «Toutefois, pour y arriver, il faudrait réviser sensiblement le  modèle d’affaires des compagnies de télécoms et remettre en question la propriété de la boucle locale d’abonnés pour que cessent les monopoles régionaux», reconnaît-il aussi.

Michel+Vanier+2014_2L’aide aux entreprises passe par l’éducation

En 2014, si l’on considère l’étendue de son territoire, et le nombre d’usagers, le RISQ s’avère le 4e réseau de télécommunication en importance au Québec. L’organisme estime que son réseau dessert plus de 750 000 usagers quotidiennement et relie actuellement 150 établissements, soit toutes les universités, les cégeps et 45 commissions scolaires. Ce n’est pas encore 100 % des écoles primaires et secondaires qui sont connectées, mais M. Vanier souhaite que de plus en plus d’écoles pourront bénéficier du réseau du RISQ dans un avenir rapproché. Si l’un des rôles premiers du RISQ est de fournir un soutien aux établissements d’enseignements, M. Vanier déplore que malgré tous les efforts, notre système d’éducation au primaire et au secondaire accuse encore un retard au niveau de l’utilisation des TI et d’Internet par rapport aux établissements anglophones au pays. «Au début, on a commencé à travailler avec les universitaires, et là, on arrive au secondaire puis au primaire. Ce serait révélateur d’obtenir des statistiques sur l’utilisation des TI à l’heure actuelle dans le réseau primaire. Il ne faut pas oublier que nous sommes la première génération d’utilisateurs Internet au Québec. C’était normal de commencer avec les universités il y a 25 ans; mais, là, on est rendu au primaire et au secondaire. À l’avenir, l’apprentissage devrait se faire à l’inverse, en commençant au primaire. Le plus tôt on utilisera les nouveaux outils, le plus tôt ça permettra d’introduire des questions d’étique importantes»,  soutient M. Vanier. Mais, pour y parvenir, il faudrait d’abord que les enseignants, les syndicats et les gouvernements souhaitent vraiment faire le changement.

Conférence et débat au 24e colloque du RISQ : Les natifs du numérique, les enjeux de l’éducation!

Durant la journée, avec en toile de fondle 25e anniversaire du réseau, plusieurs présentations et conférences très intéressantes sont aussi au programme de cette 24e édition, avec les leaders des TI au Canada et au Québec, dont Clément Laberge, VP principal chez DeMarque, Jim Ghadbane, CEO de CANARIE, Jean-François Gignac de CISCO, Marie Renaud, coordonnatrice des relations internationales du CHU Ste-Justine, Luc Sirois, co-fondateur de Hacking Health, et Chris Bachalo, Directeur TI de Juniper Networks. Jacques Plamondon, président du conseil d’administration du RISQ et Michel Vanier, directeur général du RISQ, amorceront les présentations, après l’ouverture officielle par Normand Légaré, sous-ministre adjoint au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie (MESRST).

Durant ma présentation, j’apporterai le point de vue d’un professionnel indépendant du Web et des médias sociaux, mais, en même temps, de celui d’un père de deux jeunes natifs numériques. Par la suite, je participerai au débat en plénière sur les enjeux créés par l’utilisation des TI par les nouvelles générations dans le secteur de l’éducation au Québec.

Ce débat, animé par Bruno Guglielminetti, réunira aussi trois natifs de l’ère numérique, de même que Sylvain Letellier, Lead Recherche et mesure de performances chez TP1 ainsi que Richard Lacombe, directeur TI au HEC et président de la RDIUQ.

Pour plus d’information sur la programmation de la journée, visitez le site Internet à colloque.risq.qc.ca.

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L’influence grandissante des ambassadeurs en entreprises

posted by Raymond Morin on Vendredi, octobre 31st 2014

Par Raymond Morin

En 2014, les notions d’influenceurs et ambassadeurs dans les médias sociaux se sont trouvées plus que jamais au centre des préoccupations des entreprises et des marques. À défaut de pouvoir compter sur l’impact du marketing traditionnel pour rejoindre la clientèle, les agences de marketing et de relations publiques ont commencé à faire appel aux influenceurs et aux ambassadeurs, dans l’espoir de susciter le ¨bouche-à-oreille¨ et d’obtenir les recommandations.

6-Social-Media-Influencers-or-Ambassadors-V2-copyDéfinir le rôle des ambassadeurs en entreprises

Au fil des expériences, deux grandes tendances se détachent dans le marketing d’influence dans les médias sociaux. D’un côté, le capital social des influenceurs, mesuré par des algorithmes, demeure très relatif, et ne peut s’appliquer que dans un contexte favorable aux objectifs d’une campagne. L’impact des influenceurs s’avère donc forcément limité. À l’inverse, un nombre grandissant de professionnels et d’entreprises se tourne progressivement vers les ambassadeurs en entreprises qui représentent un meilleur potentiel. Mais, leur rôle reste encore à définir.

Depuis un peu plus d’un an, on observe ce phénomène se développer dans plusieurs organisations. Plusieurs spécialistes s’y sont penchés, et de nombreux articles ont été rédigés, pour analyser et décrire la valeur réelle des ambassadeurs en entreprises. J’ai moi-même écris quelques billets sur le sujet, et j’y consacre tout un chapitre dans mon nouvel ouvrage (Génération C et l’influence des consommateurs branchés). Récemment, Neal (Schaffer) et PeopleLinx ont aussi publiés un e-book très intéressant : Social Marketing : How To Build an Employee Advocacy Program ; un guide complet qui explique comment bâtir un programme d’ambassadeurs en entreprises efficace sur LinkedIn et Twitter. (Lire aussi : Social Media Influencers or Ambassadors : How To Identify Them ?)

Personnaliser et humaniser la relation marque-client

NealSchafferAdvocacyProgramComme le démontre Neal dans son livre, un programme efficace d’ambassadeurs en entreprise pourra avoir plusieurs retombées positives sur l’organisation. L’engagement des employés permettra d’accroître la portée de la marque dans les médias sociaux, d’augmenter sa crédibilité et de bâtir un réseau solide autour des consommateurs. Un programme d’ambassadeurs en entreprise permettra aussi d’être à l’écoute du client, et de pouvoir ainsi mieux mesurer l’efficacité de son intervention dans les réseaux sociaux et de se réajuster en conséquence. Les entreprises et les marques doivent donc donner la parole à leurs ambassadeurs.

Aux USA, plus de 93% des entreprises comptent plus de 100 employés dans les médias sociaux, et pendant que la confiance des consommateurs envers les marques et leur dirigeant (CEO) décline (moins de 15%), celle des employés a augmenté de plus de 20% au cours des cinq dernières années (selon le Edelman Trust Barometer). Actuellement, plus de 70% de la perception des marques par les consommateurs est déterminée par l’expérience vécue avec un individu représentant de la marque, révèle aussi une étude de Market Leader. Tout comme l’exemple de TELUS sur Maximize Social Business, on relate ailleurs aussi plusieurs autres histoires à succès d’organisations qui ont réussi à implanter des programmes d’ambassadeurs en entreprises, pour rejoindre plus efficacement leur clientèle, comme Yahoo!, Salesforce, SAP, Electronic Arts et Adobe qui se trouvent en tête de liste du palmarès de  Sociallook Leaderboard.

Toutes les recherches pointent dans ce sens ; les ambassadeurs sont devenues la voix la plus crédible des marques et des organisations. Les consommateurs veulent s’adresser à des personnes, à des humains comme eux. L’engagement des ambassadeurs en entreprises humanise et personnalise la relation marque-client. C’est cet engagement personnel des ambassadeurs en entreprises qui installera une relation de confiance, qui se traduira régulièrement par de nouvelles opportunités d’affaires et des ventes concrètes. Mais, l’engagement des ambassadeurs permettra aussi d’améliorer considérablement l’efficacité du service à la clientèle, de la gestion des ressources humaines et des relations publiques. Et, il permettra aussi très souvent de mieux gérer les situations de crises qui ne manqueront pas d’arriver sur les réseaux sociaux.

Sur les réseaux sociaux, n’importe qui peut générer une crise

Dans les réseaux sociaux, on le sait, n’importe quel lambda peut se révéler du jour au lendemain l’un des pires détracteurs d’une marque ou d’une organisation. Du point de vue du consomm’acteur, c’est un pouvoir d’influence qu’il n’hésite pas à exercer pour obtenir satisfaction. Et, malgré les exemples de gaffes de relations publiques ou de services à la clientèle qui ne cessent de se multiplier à travers les réseaux sociaux, de récentes études démontrent que près de 60% des entreprises n’ont pas de plan pour faire face aux crises.

On cite souvent les exemples de Heather Armstrong (@Dooce) avec Maytag/Whirlpool, ou du musicien canadien Dave Carroll (@DaveCarroll), avec la United Airlines (United Breaks Guitar), pour décrire le pouvoir d’influence négatif que peut exercer n’importe quel lambda à travers les réseaux sociaux. Dans ces deux cas célèbres, ils ont su profiter d’une certaine portée dans les réseaux sociaux pour amplifier largement leur message, et installer un contexte jouant en leur faveur pour faire plier les marques fautives. En 2013, il aura suffit qu’un pasteur, avec 24 000 «followers» sur Twitter dénote une erreur d’étiquetage des bibles en magasin, pour que Costco se retrouve devant une crise majeure à gérer sur les médias sociaux. Encore tout récemment, les pressions des militants de Greenpeace sur les réseaux sociaux ont poussé le fabricant de jouets Lego à mettre fin à une entente très lucrative avec Shell.

NestléSMWarRoomAprès ces erreurs monumentales, qui ont coûté des fortunes aux entreprises, et quelques renvois, la réputation en ligne des entreprises et des marques prend une double valeur, et la gestion de crise se révèle dorénavant une priorité qui celles qui comprennent désormais l’importance de gérer la e-réputation. Au cours des dernières années, plusieurs organisations ont mis en place des «Social War Room» de monitoring des médias sociaux (comme Dell, IBM, Nestlé, KLM, CISCO, SouthWest Airlines, et plusieurs autres) pour mieux gérer ces situations de crise. Or, dans une situation de crise générée par une erreur des relations publiques ou du service à la clientèle, si les excuses viennent du personnel, elles seront généralement mieux entendues. Si l’entreprise sait, à travers ses ambassadeurs, démontrer de la franchise et de l’honnêteté, et faire preuve de transparence dans sa réponse, elle parviendra souvent à désarmorcer la crise.

Remettre les clés aux ambassadeurs, et les installer dans le siège du conducteur

Toutefois, parce que l’engagement des ambassadeurs repose principalement sur la spontanéité et l’authenticité de leurs recommandations, il peut difficilement être contrôlé, monnayé, ou même commandité. Son engagement doit plutôt être motivé par d’autres incitatifs. Les ambassadeurs en entreprises vont naturellement privilégier des incitatifs qui vont les valoriser. Les entreprises doivent donc viser à développer un sentiment de fierté et d’appartenance. Et, si les employés ont en même temps l’impression de servir et de défendre une cause sociale juste et honorable, leur engagement sera d’autant plus grand.

Des marques comme Adobe ont su développer des programmes d’ambassadeurs en entreprise efficaces, en apportant du support interne pour leur faciliter la tâche, et en mettant en place des infrastructures incluant des politiques et des guides d’utilisation accompagnés de formations en atelier. À l’été 2014, plus du tiers des 11 000 employés d’Adobe dans le monde avaient spontanément suivis le programme de formation Social Shift de la compagnie pour devenir des ambassadeurs de la marque dans les réseaux sociaux.

Dans leur e-book, Neal et l’équipe de PeopleLinx proposent également une série d’incitatifs pour impliquer davantage les meilleurs ambassadeurs en entreprises, comme la «gamification» des objectifs corporatifs, la reconnaissance des meilleurs contributeurs, la valorisation à l’interne, les récompenses au mérite (badging), la co-création de contenus (crowdsourcing) et l’accès exclusif à certains privilèges.

À l’exemple de TELUS et des autres marques qui ont su impliquer leurs meilleurs ambassadeurs en instaurant leur propre programme et leurs propres incitatifs, chaque organisation trouvera avantages à donner la parole à son meilleur capital social ; son personnel. Il faut cependant accepter de lui remettre les clés, et de l’installer dans le siège du conducteur.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que les entreprises ont avantages à remettre les clés aux ambassadeurs? Quelles sont vos expériences avec les ambassadeurs en entreprises? Partagez vos commentaires et vos idées.

 

 

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Les trois grands défis du marketing d’influence.

posted by Raymond Morin on Samedi, mai 31st 2014

Une étude d’Augure France

Par Raymond Morin

Au début de l’année, j’ai été approché par la firme de communications et de marketing digital Augure, en France, pour participer à une étude sur le marketing d’influence.  Cette vaste étude, réalisée auprès de plus de 600 professionnels du marketing et des communications dans le monde, a permis de cibler les principaux enjeux des entreprises et des organisations face au marketing d’influence dans les médias sociaux.

defi-marketing-influence-686x182Dans un article paru en février, Arnaud Roy fait ressortir les statistiques les plus probantes de l’étude, et identifie les trois grands défis qui attendent les attendent les entreprises et les organisations qui adoptent le marketing d’influence dans leurs campagnes :

61 % : identifier les influenceurs pertinents pour leurs marques et leurs campagnes,

56 % : attirer l’attention et développer une relation durable avec les influenceurs,

44 % : mesurer et évaluer le ROI des actions de marketing d’influence,

Les résultats diffèrent selon la langue et le type d’entreprises. Par exemple, pour le marché anglophone (71 % des répondants), le retour sur l’investissement demeure le principal défi. Il sera donc intéressant de comparer aussi les résultats selon les marchés. 39 % des répondants sont dans des marchés hispanophones, 32 % dans des marchés francophones et 29 % dans des marchés anglophones ou d’autres pays.

1 – Comment identifier les influenceurs pertinents pour sa campagne

L’article d’Arnaud Roy aborde directement cette question, et me cite : «Selon moi, il y a les macro-influenceurs (célébrités, experts, journalistes, vedettes), et les micro-influenceurs (employés, collaborateurs, clients-ambassadeurs). Pour simplifier, il y a ceux qui sont déjà bien établis, et ceux qui se révèlent à travers les médias sociaux. Mais, il faut toujours tout ramener à une notion de contexte : on n’est influent que dans certains sujets donnés

profil-influenceur-686x257Les résultats de l’étude révèlent en effet que seulement 9 % des répondants pensent qu’un score Klout élevé est un indicateur d’influence.

Et, lorsqu’on leur demande d’identifier ce qui permet d’identifier les influenceurs, près de 80 % (79 %) placent sa capacité de mobiliser des opinions et de susciter des réactions (l’écho ou résonance) en tête de lice, 73 % privilégient son potentiel d’audience et la taille de sa communauté (l’exposition ou reach), et 62 % priorisent son niveau de conversation et d’échanges sur un sujet donné (part de voix ou relevance). Dans ce sens, l’étude démontre que le «score social» n’a finalement qu’une importance relative face à l’engagement et la conversation.

Plus loin, l’article d’Arnaud Roy relève aussi les principaux indicateurs utilisés par les entreprises et les organisations pour mesurer l’efficacité de l’action des influenceurs dans leurs campagnes.  Les chiffres qui en ressortent vont dans le même sens ;

-       65 % des répondants calculent les mentions obtenues sur les blogues et les réseaux sociaux

-       51 % privilégient les partages des contenus à travers les réseaux sociaux

-       42 % visent d’abord le trafic entrant sur leur site ou leurs plateformes sociales

-       31 % priorisent encore le nombre d’opportunités commerciales générées

2 – Comment développer une relation durable avec les influenceurs

Avant d’entreprendre et de développer une relation professionnelle durable avec les influenceurs, il faut savoir quel canal utiliser pour interagir avec eux, et comment attirer leur attention.  À ce sujet, l’étude d’Augure France identifie quelques pistes intéressantes :

-       66 % des répondants privilégient le courriel

-       57 % utilisent Twitter

-       52 % commentent sur les blogues des influenceurs

-       38 % vont sur LinkedIn

-       29 % se tournent vers Facebook

-       11 % participent à des forums

-       9 % utilisent Google +

attentes-influenceurs-686x387Pour les professionnels du marketing, des communications et des relations publiques interrogés, les influenceurs se montrent plus réceptifs à tout ce qui leur permet d’améliorer la qualité de leurs contenus et de leurs interventions dans les médias sociaux, plutôt qu’aux bénéfices matériels (rémunération ou cadeaux) :

-   31 % : l’aide à la création de contenus

-   28 % : le partage d’infos exclusives et des contenus de qualité

-    16 % : la rémunération

-    12 % : les invitations et privilèges aux événements

-      9 % : les test bêta de nouveaux produits

-       4 % : les autres compensations diverses (cadeaux, échantillons)

Sur cette question, Arnaud Roy ajoute aussi mon commentaire : « Il faut qu’il existe une certaine cohérence entre le profil de l’influenceur et la demande de la marque.  Personnellement, comme je ne prendrai jamais la parole en faveur d’un produit ou d’un sujet que je n’assume pas, il faut qu’il s’établisse une certaine convergence entre les intérêts de la marque, et les miens. »

3 – Comment évaluer le ROI d’une activité avec les influenceurs

mesurer-influenceur-686x97Finalement, l’article d’Arnaud Roy souligne également quelques données très intéressantes de l’étude sur la préoccupation qu’accordent (encore et toujours…) les agences et les marketeurs au retour sur l’investissement.

collaboration-influenceurs-686x309

Dans un premier temps, il révèle pourquoi on fait appel aux influenceurs :

- 76 % pour le lancement d’un nouveau produit ou d’une nouvelle marque

-   57 % pour la promotion et la diffusion des contenus

-   50 % pour l’organisation d’événements et de webinaires

-   44 % pour la gestion de crises

-   22 % pour la communication corporative

L’étude d’Augure France détermine également, avec plus de précisions, les motifs et les raisons invoquées par les agences et les entreprises pour faire appel aux influenceurs.  Dans leurs communications de produits, les répondants estiment qu’ils peuvent obtenir les meilleurs résultats de leurs campagnes avec les influenceurs dans trois principaux secteurs, et à qu’à ce titre, ce sont les secteurs à privilégier :

-       55 % dans l’organisation d’événements

-       31 % avec les tests de produits

-       17 % avec les échantillons et les cadeaux

Parallèlement, les entreprises semblent compter aussi beaucoup sur l’impact des influenceurs dans leurs réseaux, pour amplifier leur message : 44 % déclarent même collaborer régulièrement avec différents influenceurs pour la rédaction et la co-création de contenus.

Toutefois, si les répondants déclarent que le retour sur l’investissement demeure une de leurs trois principales préoccupations, l’étude d’Augure France démontre en même temps que près de 70 % (69 %) de ceux qui ont pris le virage se révèlent satisfaits de leurs activités avec les influenceurs, tandis que les résultats passent à 80 % pour ceux pour qui ça fait plus de deux ans.  Les priorités des entreprises continuent donc d’évoluer.  Or, si le ROI reste encore une priorité pour les marketeurs, on sent que cette question commence à prendre moins d’importance.

En somme, l’étude d’Augure France démontre que la science du marketing d’influence dans les médias sociaux continue d’évoluer en maturité, et que les marketeurs et les entreprises intègrent de plus en plus les notions d’influence dans leurs campagnes.  Ils font désormais une distinction plus nette entre les influenceurs et les ambassadeurs.  Le ¨score social¨ ne représente plus autant d’importance à leurs yeux que la pertinence des interventions et la co-création de contenus.  Les relations durables et profitables avec les influenceurs et les ambassadeurs prennent le dessus sur le retour sur l’investissement.

Autant d’observations qui permettent de croire que le marketing d’influence dans les médias sociaux continuera de s’implanter dans les pratiques de marketing et de communications au cours des prochaines années.

Qu’en pensez-vous ? Dans vos campagnes, comment intégrez-vous le marketing d’influence dans les médias sociaux. Partagez vos expériences et vos commentaires.

 

 

 

 

 

 

 

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Les 9 sphères d’influence de la Génération C

posted by Raymond Morin on Mardi, mai 20th 2014

Par Raymond Morin

1984_IngsocÀ première vue, après deux décennies, le rêve utopique du World Wide Web et des médias sociaux semble s’essouffler. C’est du moins ce qu’on peut observer lorsqu’on jette un regard sur la situation actuelle. Big Brother revient hanter nos mémoires, et menace notre identité numérique. La surabondance d’informations et le maelstrom des nouvelles technologies nous placent devant une forme de ¨choc des contenus¨ et de ¨darwinisme numérique¨, où tout évolue trop vite pour nous.

Toutefois, en regardant aussi l’avers de la médaille, ce nouvel écosystème numérique n’est peut-être pas si catastrophique qu’il en a l’air.  Au-delà de cette «dystopie orwellienne», les nouvelles technologies et Internet nous fournissent les moyens pour mieux nous accomplir et nous réaliser en tant qu’individu et consommateur.  Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, nous pouvons exercer ensemble, et individuellement, un pouvoir indéniable sur les marques et les organisations.  Un formidable pouvoir d’influence, dont nous ne pouvions même pas soupçonner l’existence il y a encore quelques années, et qui s’étend aujourd’hui à plusieurs facettes de notre existence. C’est le formidable pouvoir d’influence des consomm’acteurs ; les consommateurs connectés de la Génération C, des baby-boomers à la génération Z. (lire aussi Génération C : Comprendre l’ABC du XYZ!)

Les neuf sphères d’influence de la Génération C dans les médias sociaux

Bien sûr, chaque génération de consommateurs branchés ne réagit pas exactement de la même manière face aux marques et aux organisations, et n’intervient pas de ma même façon dans les grands changements de notre société. Cependant, s’il existe bien quelques nuances naturelles dans la vie, dans l’acte de consommation en ligne, elles tendent à se fondre et disparaître. Chacune des générations, des aînés et des baby-boomers aux nouvelles générations, profite à sa façon, selon ses besoins et intérêts, du pouvoir d’influence qu’ils exercent en tant que consommateurs connectés et avisés.

Ce pouvoir, souvent insoupçonné, les nouveaux consommateurs de la Génération C l’exercent tout de même de plusieurs façons via les médias sociaux, et ce, dans plusieurs facettes de leur existence.  C’est là que toutes les générations se retrouvent, et deviennent des consomm’acteurs.  Ce sont les neuf sphères d’influence de la Génération C dans les réseaux sociaux.

1 – La Génération C inclut toutes les générations de consommateurs branchés.

Contrairement à la croyance populaire, la Génération C ne se limite pas aux nouvelles générations (Y et Z), mais englobe toutes les générations de nouveaux consommateurs branchés.  Cette notion, a été introduite il y a plus de 10 ans par le magazine international TrendWatching, pour mener une étude sur le comportement des nouveaux consommateurs connectés sur Internet et les médias sociaux ; des baby-boomers à la génération Z.  Aujourd’hui, ce n’est plus une question de catégorie d’âges, mais de connections.

2 – La Génération C modifie les règles économiques et change le monde des affaires.

imgresTant au niveau individuel (ex : Dave Carroll, avec United Breaks Guitar. Voir aussi sur YouTube) que communautaire, l’avis des consommateurs branchés peuvent grandement influencer la e-réputation d’une marque ou d’une organisation.  Ils rejettent dorénavant toute forme de publicité intrusive, et forcent les entreprises à adopter de nouvelles relations marque-client. L’économie collaborative, le paiement mobile et la monnaie virtuelle gagnent des adeptes, et le marketing local et de proximité s’étend dans les commerces.  On commence à parler d’une économie non-marchande.

3 – La Génération C oblige à s’adapter aux nouveaux paradigmes du travail. 

Tant au niveau de l’innovation technologique que de la productivité en milieu de travail, les entreprises et les organisations doivent dorénavant répondre aux nouvelles attentes des nouvelles générations. Les organisations sont forcées d’adopter le BYOD et le télé-travail, et les DRH doivent modifier leur rôle et leurs méthodes de recrutement.  Les ambassadeurs en entreprises surgissent, et les clients se trouvent dorénavant au centre des priorités.

4 – La Génération C adopte de nouveaux styles de vie axés vers la coopération et l’environnement durable. 

L’accès à meilleure information à travers les médias sociaux porte les consommateurs connectés à une plus grande coopération, et à mener certaines actions concrètes pour un environnement plus sain et durable.  Le consomm’acteur se tourne de plus en plus vers une économie collaborative, et se conscientise davantage sur les problèmes de la planète et de l’humanité. Les voitures électriques gagnent en popularité, et les industries pharmaceutiques et alimentaires sont ébranlées par les révélations.

5 – La Génération C réclame une gouvernance plus transparente et sociale.

WeAre99Depuis les mouvements populaires d’Occupy Wall Street, du Printemps Arabe et des grèves étudiantes, les crises sociales et politiques font le tour de la planète, et forcent les gouvernements et les organisations à adopter de nouvelles formes de gouvernance plus sociales, équitables et transparentes. Partout dans le monde, la corruption et la dictature sont dénoncées et révélées au grand jour.

6 – La Génération C favorise l’innovation et le développement de la science. 

La très large diffusion et les échanges de données scientifiques via Internet et les médias sociaux favorise le développement, et incitent les entreprises et les organisations à innover en développer de nouvelles technologies plus avancées au service des consommateurs. L’Internet des objets, les technologies portables, l’impression 3D et la réalité augmentée offrent de nouvelles opportunités pour les entreprises et les organisations de répondre aux attentes des consommateurs branchés.

7 – La Génération C amène de nouvelles façons d’apprendre et de traiter l’information. 

MoocAvec l’utilisation des encyclopédies virtuelles et des engins de recherche, les consommateurs branchés introduisent de nouvelles façons de traiter l’information et d’apprendre.  Depuis quelques années, le monde de l’éducation vit une transformation majeure avec les tableaux intelligents et les MOOC. L’enseignement et la formation professionnelle subissent une profonde mutation, et le recrutement des organisations s’en trouve influencé.  On réalise peu à peu qu’Internet est une nouvelle science qui, à l’ère numérique, mériterait d’être enseignée dès les premières années de l’éducation, au même titre que les mathématiques, la biologie et les langues.

8 – La Génération C change les cadres relationnels et ¨gamifie¨ son existence. 

L’utilisation d’Internet et des médias sociaux par les nouveaux consommateurs modifie en profondeur les relations personnelles, amoureuses et même familiales. En même temps, il favorise l’émergence de nouveaux modes de loisir et de divertissement.  Le marché des jeux et du divertissement en ligne se révèle un des plus lucratifs, et l’utilisateur moyen y consacre encore plusieurs heures par semaine.  La ¨gamification¨ fait aussi sa rentrée dans les entreprises et les organisations, et vient remplacer les tutoriels de formation professionnelle.

9 – La Génération C consomme la culture en kilobits/secondes. 

DigitalCultureLes industries culturelles traversent l’une après l’autre une révolution majeure alors que le consommateur connecté adopte désormais la culture par le biais d’Internet et des  médias sociaux.  De la musique au cinéma, en passant par le livre et les arts visuels, toutes les industries culturelles doivent s’adapter à cette nouvelle forme de consommation de la culture et des arts.  Plusieurs groupes comme Arctic Monkeys et Arcade Fire ont su profiter des nouvelles opportunités des médias sociaux pour lancer leurs carrières.  Plusieurs artistes, dans tous les secteurs, démontrent aussi beaucoup de créativité et innovent en se tournant vers la co-création et le financement populaire.

Selon vous, dans cette liste, quelle sphère d’influence de la Génération C a le plus d’impact sur notre existence? Croyez-vous qu’il y a d’autres grands changements que la Génération C influence à travers les réseaux sociaux? Exprimez vos idées, et partagez vos commentaires.

 

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La montée des ambassadeurs et influenceurs en entreprises

posted by Raymond Morin on Vendredi, avril 25th 2014

Les influenceurs des médias sociaux s’intègrent désormais dans les stratégies de marketing

Par Raymond Morin

En 2014, la plupart des experts et des études commanditées par les agences de recherche, placent le marketing de contenus et d’influence parmi les principales priorités des dirigeants d’entreprises.  Un peu, partout dans le monde, les spécialistes et blogueurs s’entendent sur l’importance du marketing de contenus et d’influence dans les médias sociaux pour les organisations.

Infographie - Étude sur le statut du marketing d'influence, par Augure Communications

Infographie – Étude sur le statut du marketing d’influence, par Augure Communications

(MaJ – 27 avril 2014) – Puisque la publicité et les médias traditionnels ne rejoignent plus les consommateurs, les entreprises et les marques décident de devenir eux-mêmes leur propre média, et planifient désormais leur présence dans les réseaux sociaux comme des éditeurs Web. Pour se démarquer du flot incessant de contenus et d’informations, et retenir l’attention de leur clientèle, les entreprises doivent faire preuve de créativité et miser sur la qualité de l’expérience des utilisateurs. Les organisations doivent donc adopter de nouvelles approches d’affaires, en valorisant l’implication des employés et le service à la clientèle.  Souhaitant obtenir les recommandations des leaders dans les médias sociaux, les entreprises intègrent davantage les notions du marketing d’influence dans leurs campagnes de communications et de relations publiques. Et, depuis quelques temps, on voit émerger deux nouveaux types d’influenceurs, qui occupent cependant des rôles très différents ; les ambassadeurs en entreprises (Office Influencers), et les influenceurs – reporters (Social Media Influencer Reporters). (lire aussi : Et si la tendance se maintient … 2014, le jour d’après! 14 tendances à surveiller durant l’année)

Ambassadeurs dans les médias sociaux : un nouveau rôle pour les leaders en entreprises

Toutefois, si les influenceurs (ou ambassadeurs) en entreprises intéressent de plus en plus les marques et des organisations, il importe néanmoins de faire la distinction entre ses objectifs de marketing et de communications ou de relations publiques pour choisir les bons.  Et, comme le soulève mon amie et collègue torontoise Judy Gombita dans un excellent article, paru sur PR Conversations, les entreprises doivent éviter de tomber dans le piège en considérant ces influenceurs uniquement comme des «commodités commerciales». (Lire aussi Social sniff test : Engaging Social Employees as Advocates or Treating Them as Commercial Commodities ?, par Judy Gombita, sur PRConversations )

Les organisations et les entreprises doivent plutôt chercher à établir une relation confiance mutuelle avec les influenceurs. Pour qu’ils recommandent un produit ou un service dans leur communauté, tant les ambassadeurs à l’interne que les influenceurs à l’externe, doivent eux-mêmes en avoir une totale confiance. Pour bien véhiculer le message de l’entreprise, ils doivent d’abord adopter la vision et la culture de l’organisation. Avec les influenceurs, les entreprises doivent surtout éviter de chercher à tout prix à contrôler le message, en voulant exploiter leurs plateformes sociales comme des espaces de publicités inclusives (native advertising). Et, comme le souligne Judy dans son article, ne pas confondre info-publicités et contenus sponsorisés.

Bâtir une vision d’entreprise forte

Pour s’assurer de choisir les bons ambassadeurs parmi les leaders en entreprise, il importe d’abord s’assurer qu’ils comprennent bien et qu’ils partagent la vision et la culture de l’entreprise. L’organisation doit donc avoir clairement défini ses objectifs dès le départ pour définir par la suite avec eux la nature de leur mandat.

Mais, avant tout, il faudra dresser un portrait web/médias sociaux complet de son personnel, et de ses collaborateurs, et déterminer leur niveau d’adoption des différentes plateformes. Pour s’assurer de choisir les bons ambassadeurs, les entreprises devront alors procéder à une analyse contextuelle approfondie des différents candidats, et déterminer si leurs contenus, et la portée de leur communauté en ligne correspondent à la clientèle visée. Et, si au sein de ces communautés, leur leadership personnel et leur niveau de compétences répondent au contexte spécifique de chacune des campagnes ou activités de promotion. Divers outils, comme Traackr, permettent d’effectuer une analyse approfondie des influenceurs. (lire aussi : Les cinq C du marketing d’influence dans les médias sociaux)

Michel Therrien derrière le banc des Canadiens (Image RDS.ca)

Michel Therrien derrière le banc des Canadiens (Image RDS.ca)

À compter du moment où une entreprise se lance dans une campagne d’ambassadeurs en entreprises, elle doit leur fournir un cadre propice à la socialisation, à l’expression de leurs idées, et favoriser une approche créative de leur travail. Et, tout faire en sorte qu’ils se sentent supportés, valorisés et appréciés dans leurs démarches. Il s’avère donc essentiel d’impliquer dès le départ tous les départements concernés, des ventes au marketing jusqu’au service à la clientèle et les relations publiques, sans toutefois jamais mettre de pressions. Comme Kelly Hungerford, de Paper.li, le suggère dans l’article de Judy, il est préférable de ne pas établir des cadres trop stricts, et de rester flexible aux changements qui ne manqueront pas d’arriver.

Toutefois, même si les ambassadeurs en entreprises se révèlent la plupart du temps les porte-paroles les plus efficaces, et souvent les plus fidèles, d’une marque, ils peuvent aussi s’avérer la source d’erreurs, dont découleront les catastrophes et crises que toute entreprise veut éviter sur les réseaux sociaux. Mais, plutôt que de chercher à contrôler le message, l’entreprise doit chercher à travailler en équipe avec les ambassadeurs. Développer avec eux une étroite collaboration, pour s’assurer d’atteindre ensemble les objectifs, ou de réajuster le tir en conséquence, le cas échéant. Un peu comme l’entraîneur d’une équipe de hockey qui veillera à ce que chacune de ses lignes adoptent le plan de match.

Les influenceurs – reporters remplacent les relations de presse traditionnelles

Matthew Marley (mmarley.com)

Matthew Marley (mmarley.com)

Depuis quelques temps, on remarque aussi l’émergence d’un nouveau rôle pour les influenceurs des médias sociaux ; celui de SMI Reporter. Avec le rejet massif de la publicité par les consommateurs, les entreprises sollicitent davantage les influenceurs pour couvrir leurs événements corporatifs. Peu à peu, ces nouveaux influenceurs-reporters viennent remplacer les relations de presse traditionnelles. 

Plusieurs collègues américains et canadiens, qui ont relatés leurs nouvelles expériences d’influenceur-reporter, se révèlent d’ailleurs grandement satisfaits de leur collaboration avec les organisations. Au Québec, au cours des derniers mois, diverses agences et entreprises m’ont sollicités et m’ont confiés ce mandat d’influenceur-reporter pour leur activité de lancement, leur conférence ou leur événement corporatif. À chacune des occasions, l’expérience s’est soldée par un vif succès, tant au niveau de la promotion avant l’activité que durant l’événement.

À titre de consultant et d’influenceur-reporter, j’ai justement collaboré récemment avec le comité-organisateur du CONVIVIUM 2014, et de la Journée Nationale de l’Industrie des Réunions (JNIR). Organisé par le chapitre Montréal – Québec du MPI (Meeting Professionals International), cet événement réunissait près de 120 planificateurs et organisateurs d’événements, de colloques et de congrès au Fairmont Château Montebello, pour prendre le pouls des nouvelles tendances de l’industrie.

Une fois de plus, j’ai pu constater comment un personnel convaincu et motivé, qui se sent impliqué dès le début dans une campagne, peut en devenir le meilleur ambassadeur en ligne, et se révéler un formidable levier pour le succès d’un événement corporatif. La participation extraordinaire de toute l’équipe bénévole d’étudiants de l’ITHQ (Institut des Tourisme et d’Hôtelerie du Québec), sous la supervision de Suzanne Bédard, en a été un exemple probant durant toute la journée. La dizaine de jeunes de l’école d’hôtellerie réputée ont apportés un support très efficace sur place au comité-organisateur de MPI Montréal-Québec et à l’équipe technique, tout en collaborant étroitement avec celles du Fairmont Château Montebello, pour offrir aux participants les meilleures conditions et le meilleur environnement.

Présentation au CONVIVIUM 2014 du MPM Montréal-Québec, au Château Montebello - 11 avril 2014

Présentation au CONVIVIUM 2014 du MPM Montréal-Québec, au Château Montebello – 11 avril 2014

En tant qu’influenceur-reporter, j’ai également eu le plaisir d’apporter ma contribution avec ma chronique sur Virage 2.0, et d’aider à rejoindre efficacement les participants (près de 93 % de participation) à travers les réseaux sociaux. Pendant la journée, j’ai également eu la chance d’assister à plusieurs conférences très intéressantes, notamment avec Maxime Boilard, de CANU, et François Lanouette, président de MPI Montréal-Québec.

Et, à en juger par les commentaires et les réactions enthousiastes de tous ceux rencontrés sur place, le CONVIVIUM 2014, placé sous la thématique interactive du «Coureur des bois 3.0»,  et de la Journée Nationale de l’Industrie des Réunions (JNIR) la veille, furent deux journées mémorables dont tous les participant(e)s parleront encore longtemps au cours des prochaines semaines. D’ailleurs, plusieurs se sont déjà donnés rendez-vous pour le Tournoi de golf annuel qui se déroulera le 19 juin prochain.

Pour moi, ce fut une autre expérience qui m’a démontré une fois de plus que le nouveau rôle d’influenceur-reporter des médias sociaux peut apporter des dividendes fructueux, tant pour l’influenceur (ou l’ambassadeur) que pour l’organisation. Et ce, bien au-delà des compensations ou commandites régulières offertes par les entreprises ou les agences. Personnellement, et professionnellement, c’est ce niveau de collaborations naturelles que j’aspire lorsque je négocie un nouveau mandat. Plusieurs nouveaux mandats m’attendent d’ailleurs avec différents professionnels rencontrés durant la journée du CONVIVIUM 2014. Ce fut donc une journée très profitable, à tous les points de vue.

Certes, les nouveaux rôles d’influenceur-reporter et d’ambassadeur en entreprises restent encore à définir plus clairement. Mais, déjà plusieurs entreprises et organisations en tirent profit. Les notions de marketing d’influence dans les médias sociaux continuent de s’implanter tant au sein des entreprises que des agences de marketing, et ces deux nouveaux types d’influenceurs continueront de prendre de plus en plus d’importance dans les campagnes de communications et de relations publiques au cours des prochains mois.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que les ambassadeurs en entreprises et les influenceurs-reporters peuvent jouer un rôle important dans le succès d’une campagne de marketing ou de relations publiques dans les réseaux sociaux? Partagez vos idées et vos commentaires à propos de cet article, et le marketing d’influence dans les médias sociaux. 

Lire aussi sur le meme sujet :

The Hidden Value of Influencers on B2B Marketing, by Lee Odden – TopRank Blog http://www.toprankblog.com/2014/04/influencers-b2b-marketing/

Office Influencers : A New Job ? (by Rachel Feintzeig), via Eric Vernette sur Consommateur Influenceur http://consommateurinfluenceur.blogspot.ca/2014/04/office-influencer-new-job.html

How Social Employees Make Great Brand Ambassadors (Infographic by Digital Influence Group), by Jorgen Sundberg, via The Undercover Recruiter http://theundercoverrecruiter.com/social-employees-brand/

6 Steps to Turn your Business Leaders into Brand Influencers, by Jeff Roach,  via Mark Harai – Digital Entrepreneur Blog http://markharai.com/6-steps-to-turn-your-business-leaders-into-brand-influencers

5 leçons pour construire une stratégie de marketing d’influence efficace, par Arnaud Roy, via Augure http://www.augure.com/fr/blog/strategie-marketing-influence-20140414?utm_source=googleplus&utm_medium=social&utm_campaign=webinar-forrester

 

 

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Et, si la tendance se maintient…

posted by Raymond Morin on Mercredi, décembre 4th 2013

2014 : Le jour d’après ! 14 tendances à surveiller! 

Par Raymond Morin

À chaque année, à l’approche des Fêtes, la blogosphère est inondée de prédictions de toutes sortes. Les blogueurs et les agences se déchainent, et tentent d’annoncer en primeur les tendances à surveiller pour la prochaine année.

imgres-3Même si je me prête aussi à l’exercice, depuis que je suis sur les médias sociaux, je préfère attendre que la tempête se passe, et plutôt de mieux comprendre comment la situation a évoluée durant l’année qui vient de s’écouler. J’analyse les diverses études et sondages effectués durant l’année, et tente de faire ressortir les principales tendances qui m’apparaissent plus significatives par rapport à l’évolution des consommateurs branchés (la Génération C) dans l’écosystème des médias sociaux et des nouvelles technologies. Et, de démontrer comment, en bout de ligne, ces nouveaux paradigmes amènent les entreprises et les professionnels à modifier leur approche.

 Et, «Si la tendance se maintient…», pour paraphraser Bernard Derôme et Radio-Canada lors des soirées d’élections, voici donc ma liste personnelle de quatorze tendances à surveiller en 2014. Vous trouverez toutes les sources en annexe. Avec en prime, à la fin de mon article, les prédictions de la USC Business School, telles que dépecées par l’ineffable «storyteller» des médias sociaux, Mark Schaefer.  Pour nous rappeler finalement, avec un brin d’humour, que la vie est trop éphémère pour accorder une trop grande importance à toutes ces prédictions.

1 – Le pouvoir de la Génération C continuera de dynamiser les médias sociaux

Le pouvoir économique et social de la nouvelle Génération C s’est imposé en 2013, et continuera de forcer les entreprises et les professionnels à s’adapter à de nouvelles façons de transiger avec eux. Dans ce sens, ils se révèleront plus que jamais les véritables influenceurs des médias sociaux obligeant les marques à adopter de nouvelles approches de marketing.

2 – Le marketing d’influence s’intègrera dans les stratégies des entreprises

Le marketing d’influence dans les médias sociaux prendra de la maturité, et les entreprises se tourneront davantage vers les ambassadeurs.  La neuroscience permettra de mieux comprendre les mécanismes d’engagement des consommateurs, et les outils de mesure adopteront des algorithmes davantage axés sur une analyse contextuelle.  Les agences développeront des campagnes de marketing d’influence sur de multiples plateformes.

3 – Le marché sera dominé par les notions de commerce social et de partage

Partout dans le monde, les consommateurs branchés prennent aussi de la maturité, et réalisent leur impact et leur pouvoir d’influence à travers les médias sociaux, obligeant les marques et les organisations à adopter une attitude plus sociale.  Les valeurs de partage et de consommation responsable et équitable émergent, et la transparence des marques est désormais exigée.

4 – Les marques planifieront leur présence sociale comme des éditeurs Web

Pour répondre à la demande de valeur ajoutée des consommateurs, les entreprises prioriseront les efforts de marketing vers la curation et la publication de contenus. Le contenu visuel continuera de s’imposer à travers les nouvelles plateformes populaires, et les sites et blogues d’entreprises s’afficheront de plus en plus comme de nouveaux éditeurs Web. Le «storytelling» deviendra une approche incontournable pour se démarquer, et les contenus générés par les utilisateurs prendront une place importante.

5 – Les nouvelles technologies offriront de nouvelles opportunités aux détaillants

En profitant des nouvelles technologies de paiement mobile (NFC), de la monnaie virtuelle et de la diversité des appareils, les applications de géolocalisation, de  codes QR, et de réalité augmentée profiteront aux détaillants locaux qui adopteront aussi les présentoirs virtuels.  Ils profiteront également des avantages de ces applications pour améliorer leur service à la clientèle.

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 6 – L’Internet de l’objet et les datas personnels favoriseront l’utilisateur

Tout, ou presque, est dorénavant branché et accessible via Internet. Les utilisateurs apprendront à mieux gérer l’Internet de l’objet, les cybervêtements et toutes les données personnelles qu’on en retire, et en profiteront pour récolter des offres plus personnalisées de la part des marques.  À l’inverse, les gouvernements perdront le contrôle des données sensibles. Aussi, peut-on prédire d’autres Wikileaks et Snowden.

7 – Les organisations miseront davantage sur leurs employés

Désormais, un des grands défis des entreprises sera d’intégrer les différents départements dans une stratégie globale sur les médias sociaux. Les récompenses offertes aux influenceurs et ambassadeurs valoriseront aussi l’implication des employés. Les organisations favoriseront de meilleures conditions de vie et de travail pour leurs employés, notamment avec des programmes-santé.

8 – Les formations en optimisation des médias sociaux (SMO) deviendront un «must» 

Les entreprises mettront beaucoup d’efforts pour bâtir de politiques d’utilisation des médias sociaux, et pour communiquer leur mission et leur stratégie à l’ensemble de leur personnel.  Les équipes spécialisées reliées aux médias sociaux seront remplacées par des équipes multi-disciplinaires.  La formation orientée sur l’utilisation des médias sociaux en entreprise deviendra un «must» pour les professionnels de tous les secteurs.

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9 – Les milieux de travail s’adapteront graduellement aux médias sociaux

Évidemment, ces changements auront des répercussions majeures sur l’organisation des milieux de travail. Les institutions d’enseignement et les organisations continueront d’évaluer le capital social (social score) pour recruter de nouveaux candidats, tandis que les entreprises miseront davantage sur l’implication de leurs ressources internes.  Les politiques de BYOD s’intègreront naturellement dans le processus d’embauche.

10 – Les organisations miseront davantage sur les événements pour se démarquer

Pour rejoindre leur clientèle, les entreprises et les organisations miseront encore davantage sur les événements publics pour se démarquer, et établir un contact direct avec leur clientèle. Durant ces événements, les efforts seront beaucoup axés sur le service à la clientèle en temps réel (CRM) et la gestion de crise. L’apport des «social influencer reporter» deviendra monnaie courante, et remplacera les relations de presse traditionnelles.

11 – Le conflit des générations  aura des répercussions sociales majeures

Au cours des prochaines années, les boomers se retireront graduellement, cédant en principe la place à la nouvelle Génération Z (nés après 1994) qui arrive sur le marché du travail. Mais, la situation économique précaire et l’automatisation des tâches réduiront les opportunités d’emploi pour les nouvelles générations, entrainant d’autres mouvements de contestation majeurs alimentés par les médias sociaux.

12 – L’entrepreneuriat indépendant deviendra une profession reconnue

Confrontés à une situation économique aussi difficile, la Génération C optera pour des solutions de rechange comme l’entrepreneuriat indépendant qui deviendra une normalité. La e-réputation prendra alors beaucoup d’importance autant pour les professionnels que pour les entreprises. Le télé-travail continuera de s’étendre comme pratique courante chez les professionnels, et l’on verra émerger les «personal clouds» pour mieux gérer les échanges. LinkedIn deviendra un incontournable pour le marketing B2B et le «personal branding».

13 – L’évolution accélérée des technologies entrainera un «darwinisme numérique»

Les nouvelles technologies continueront d’évoluer et de se propager dans toutes les facettes de notre vie quotidienne, au point de devenir omniprésentes, tant au niveau personnel que professionnel. Son évolution dépassera notre capacité d’adaptation, entraînant une forme de «darwinisme numérique», comme l’avance Brian Solis. L’impression 3-D et la monnaie virtuelle (bitcoin) auront des impacts majeurs sur les entreprises et les organisations,  à la fois sur les chaines de production et de distribution.

imgres-414 – Les nouvelles applications mobiles (API) continueront de favoriser l’egocasting

En revanche, l’évolution des nouveaux réseaux sociaux axés sur l’image (Pinterest, Instagram, Vine, Snapchat), et l’émergence des applications mobiles, favoriseront une plus grande expression spontanée des utilisateurs et l’egocasting. Le phénomène Selfie prendra de l’ampleur avec les nouvelles générations. YouTube se positionnera plus que jamais comme la plateforme d’échanges la plus populaire, et MySpace poursuivra sa réinsertion parmi les joueurs majeurs.

En terminant sur une note plus légère, voici tel que promis, les prédictions du Marshall School of Business de la USC pour 2014, décortiquées par Mark Schaefer : USC Business School Predict  Americans  Will Stop Working, Eating and Having Sex by 2015. Vous comprendrez alors pourquoi il presse d’agir.

 Bon temps des Fêtes!

Sources :

ALTIMETER GROUP : The State of Social Business Evolution 2013 – Brian Solis/Charlene Li

FORBES : Top 10 Workplace Trends for 2014 – Dan Schawbel

VOCUS : Digital Marketing in 2014 – Where Your Customers Will Be – Jim Dougherty

GARTNER : Top Predictions for IT Organizations and Users for 2014

FORBES : Top 7 Technology Trends That Will Dominate 2014 – Jayson DeMers

WIRED UK : The 5 Technologies That Will Converge To Predict The Future – Liat Clark

FORBES : Top 7 Social Media Marketing Trends That Will Dominate 2014 – Jayson DeMers

THE STRATEGY WEB : 20 Marketing Stats and Predictions for 2014 (Infographic WebDAM)

FORBES : How Social Media Campaigns Will Change In 2014 – Drew Hendricks

BUSINESS2COMMUNITY : The Future of Customer Service - Tricia Morris

MARKETING PROFS : The State of B2B Content Marketing (Infographic – CMI/Brightcove)

INSIDE CXM : How Social Will Drive Customer Experiment Into 2014 - Ted Rubin

NEW MEDIA MARKETING : 2014 Marketing Predictions - Rich Meyer

INFORMATION WEEK : 5 Top Social Media Trends for 2014 - Kristin Burnham

HOOTSUITE : 5 Top Social Media Predictions for 2014 - Ulara Nakagawa

HEIDI COHEN : 2014 – The Future of Content Marketing and Media

BERRIE PELSER : 14 Digital and Social Media Marketing Trends (Infographic -Twin Engine)

JEREMIAH OWYANG : 10 Trends For The Progressive Retailer

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La dette sociale de la Génération X (et des jeunes boomers)

posted by Raymond Morin on Mercredi, juin 12th 2013

Par Raymond Morin

Le rêve brisé des générations abandonnées

imgresD’une génération à l’autre, on grandit avec la certitude que l’on pourra réussir mieux et davantage que les générations précédentes. C’est le moteur du progrès, la source de motivation qui pousse les générations à se dépasser.  Pour chaque individu, c’est le rêve qui nourrit l’espoir d’une vie meilleure.

Ce rêve s’est cependant brisé quelque part entre les années 60 et 80, avec la génération X (nés entre 1962 et 1979).  Arrivés sur le marché du travail durant la récession des années 80, les jeunes de cette nouvelle génération ont plus difficilement encaissés la crise. Abandonnée, en quelques sortes par les générations précédentes, qui ont abusés du «boom» économique des années 60-70, la génération X s’est retrouvée confrontée à un marché du travail de plus en plus fermé, et condamnée au chômage. Grevée dès le départ par d’importantes dettes d’études, la génération X s’est retrouvée lourdement hypothéquée.

Heureusement, elle a pu profiter d’un nouvel essor économique après la crise des années 80 pour s’en sortir. Pendant plus de deux décennies, la génération X a gravit les échelons hiérarchique des entreprises et des organisations, et occupent aujourd’hui les postes décisionnels. Cependant, trente ans plus tard, les jeunes des générations Y et Z (ou les enfants du millénaires, nés après 1995) qui arrivent à leur tour sur le marché du travail, revivent la même situation.

Le fiasco financier de la génération X

Dans un article paru récemment dans le Business Insider – Your Money ; The Stunning Fall of Generation X,  la journaliste Mandi Woodruff relève quelques données du rapport de Pew Research/Urban Institute, qui démontrent que pendant les vingt dernières années (de 1989 à 2007), les plus vieilles générations se sont malgré tout enrichies, et ce, au détriment des plus jeunes.

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Selon cette étude, entre 1989 et 2007, soit entre les deux récessions, les plus vieux de la génération X (nés entre 1962 et 1970) ont connus un accroissement de leur revenus de plus de 1049%, suivis des plus jeunes baby-boomers (nés entre 1954 et 1962) avec une hausse de 675%. Ces deux cohortes de générations (entre 19 et 35 ans en 1983) ont occupés pendant près de deux décennies la grande majorité des postes disponibles sur le marché du travail, et ont pu voir leur valeur financière augmenter durant ces années.

Cependant, depuis, la situation financière des X s’est considérablement détériorée. En fait, ces études démontrent que la génération X ne s’est jamais complètement relevée de la crise des années 80, et que depuis la récession de 2007, sa valeur financière a chutée en-deça du niveau de 1983.  Selon les données du Survey of Consumers Finances, la récente récession de 2007, a littéralement dévasté la génération X, faisant passer son revenu moyen de 75 000 $ en 2007, à un plafond de 41 500 $, trois ans plus tard. Selon cette étude, les avoirs de la génération X valaient en 2010 moins de la moitié du poids de leurs dettes et hypothèques, qui sont passés de 20 000 $ en 1998, à près de 90 000 $ dix ans plus tard. Forcés de s’endetter davantage pour rencontrer leurs obligations, l’accroissement de la valeur financière de la génération X n’est plus que de 26% depuis la fin de la récession des années 80 (vs 1049% de 1989 à 2007).

L’enjeu des nouvelles générations

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La chute vertigineuse de la génération X (et des plus jeunes boomers) a fait de sévères dommages collatéraux sur la génération Y (nés entre 1979 et 1995).  Selon les données relevées par le Urban Institute en 2010, les jeunes de 19 à 35 ans d’aujourd’hui (la génération Y) vivent moins fortunés (de 16%) que les jeunes de l’époque, la génération X d’aujourd’hui.  Il y a donc une importante fracture économique qui s’est créée entre les deux générations en moins de vingt ans. Un fossé que la génération X devra vite trouver le moyen de combler.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Y et Z se retrouvent confrontés à leur tour à une situation catastrophique, due en grande partie à cet écart de richesse entre les générations. Depuis la récession de 2007, l’économie globale s’est littéralement étranglée, et partout dans le monde, le taux de chômage des jeunes de 19 à 25 ans atteint des niveaux record, suscitant partout le soulèvement des foules. Et, depuis 2010, une première cohorte de la génération Z (nés après 1995) vient s’ajouter à ce groupe, en débarquant à son tour dans un marché du travail engorgé.

Dans moins de cinq ans, la génération X, qui dirige dorénavant les entreprises et les organisations, devra avoir redressé la situation, et diminué l’écart de richesse avec les générations précédentes. À l’ère numérique, devant le défi de taille qui nous attend, les dirigeants devront entreprendre le virage social, pour faire fructifier cette richesse et la redistribuer, en partageant avec les plus jeunes générations.

Pendant près de vingt ans, la génération X (et les jeunes boomers) s’est enrichie aux dépens des autres générations. L’enjeu des nouvelles générations repose donc sur leurs épaules.  Ils devront assumer le fardeau social des aînés, et permettre aux jeunes des générations Y et Z de se réaliser pour fonder à leur tour une famille. C’est finalement l’avenir des générations futures (la génération ALPHA, nés après 2011) qui en dépendra.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que la génération X (et les jeunes boomers) ont une dette sociale face aux nouvelles générations? Exprimez et partagez votre opinion.

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Génération C : Le choc des générations

posted by Raymond Morin on Vendredi, avril 26th 2013

par Raymond Morin

La sociologie générationnelle : une science qui évolue!

Au début du siècle dernier, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que les générations se renouvèlent à chaque période de 16 à 18 ans, soit le temps nécessaire pour assurer une descendance. Son étude relevait notamment le fait que les grands changements sociaux qui caractérisent les générations s’inscrivent durant cette période d'évolution. C'était alors tout à fait logique de croire que les générations peuvent s'analyser et se comprendre sur des périodes déterminées.

getimageCe n’est toutefois qu’à la fin des années 80 que cette notion a vraiment évolué avec la parution du livre «Sociologie des générations, l’empreinte du temps». Dans son ouvrage, la française Claudine Attias-Donfut avançait alors que la sociologie générationnelle ne correspondait déjà plus à la complexité de notre société en constante évolution. Qu’il fallait donc s’attarder davantage aux comportements qui caractérisent les nouvelles générations.

La Génération C : Au coeur d'un nouveau pouvoir économique! 

Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’humanité fut entrainée dans une profonde mutation technologique et sociologique. Près de quarante-cinq ans plus tard, l’utilisateur d’Internet se retrouve plus que jamais au centre de cette importante révolution sociale.

À travers le maelstrom de l’ère numérique, le choc des générations soulève des vagues de fond qui touchent tous les secteurs de l’économie mondiale. Des aînés de la génération silencieuse (1929-1944) aux baby-boomers de l’après-guerre (1945-1961), jusqu’aux générations X (1962-1978),  et Y (1979-1994), chaque nouvelle génération fut porteuse de changements majeurs qui ont modifié le cours de leur société contemporaine. 

Avec l’arrivée de la Génération Z, les premiers natifs numériques (nés après 1994), sur le marché du travail, les entreprises se voient contraintes de changer leurs méthodes de travail et de collaboration. L’utilisateur, qui tient un rôle toujours plus déterminant dans la révolution des médias sociaux et des technologies mobiles, impose une révision en profondeur des approches de vente et de marketing. Grâce aux nouvelles technologies il est devenu un consomm'acteur ; il recherche la meilleure qualité/prix sur toute la ligne.

Pour réussir, l’entrepreneur 2.0 doit adopter une nouvelle attitude pour se rapprocher de cette nouvelle clientèle. Pour rétablir la communication, il doit faire preuve d’ouverture, de réceptivité et de support auprès des nouveaux utilisateurs des médias sociaux, de 12 à 75 ans. Il doit tenter de mieux comprendre les motivations et aspirations des nouveaux consomm'acteurs qu'on regroupe désormais sous la Génération C. (lire aussi : Génération C : Une question de connexion)

(NDLR: Cet article a été publié initialement dans le webzine français Locita – 26 septembre 2011)

Qu’en pensez-vous? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur la Génération C.

 

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TOP 25 – Influenceurs Generation C

posted by Raymond Morin on Dimanche, mars 24th 2013

Une première liste d'influenceurs personnalisée, avec Traackr  

Par Raymond Morin

La véritable valeur du «social scoring» en 2013

Comme je l’écrivais récemment sur [Naro] Minded, les agences de marketing commencent à adopter massivement la notion d’influence, et l’intègrent de plus en plus dans leurs budgets. Ce nouveau marché a littéralement explosé au cours des dernières années, et si la tendance se maintient, on continuera de voir émerger de nouvelles applications pour mesurer l’influence dans les médias sociaux. Cependant, les agences de marketing ont aussi très vite compris que l’influence dans les médias sociaux n’est pas un concours de popularité, et ne se limite pas au capital social des influenceurs.

imgresDans son récent billet, Reflections on Social Media Power and Influence, Mark Schaefer décrit très bien la valeur du «social scoring» en 2013 : «Un indicateur de la capacité relative d’un individu à créer du contenu qui suscite les réactions et le partage en ligne. Rien de plus, rien de moins… Comme les notes de crédit, le «score social» reste imparfait, et n’est pas nécessairement un bon indicateur du comportement à venir. Toutefois, ces indicateurs demeurent utiles. Dans le contexte actuel, combien de carrières dépendent dorénavant de la capacité des individus à produire et positionner efficacement du contenu sur le Web?» (Lire aussi Et si on remettait la mesure d’influence dans le bon contexte, sur [Naro] Minded)

Le pouvoir des recommandations, et l’effet viral du «bouche-à-oreille»

Aujourd’hui, les consommateurs branchés de la Génération C forcent les agences de marketing à adopter de nouvelles approches de marketing et de vente. Les plus récentes études démontrent que près de 9 utilisateurs sur 10 ne se fient plus qu’aux recommandations de leurs pairs (proches et amis), et se laissent influencer par l’effet viral du «bouche-à-oreille» au moment de passer à l’acte d’achat. Parmi tous les utilisateurs de leur communauté d’intérêts, les professionnels et les entreprises doivent donc chercher à identifier ceux qui se révèleront les influenceurs.

imgres-7Comme je l’écrivais dans mon billet sur [Naro] Minded, pour bien saisir l’impact du marketing d’influence, on doit donc considérer la situation à la fois sous l’angle de l’influenceur (l’expert), et celui de l’influencé (le consommateur et ambassadeur potentiel). Mais, pour bien comprendre le rôle de chacun (qui influence qui), on doit aussi s’interroger sur les intentions des deux parties, et déterminer le degré de réceptivité de l’un par rapport à l’autre. On doit se questionner sur la pertinence des contenus de l’influenceur, et se demander de quelles manières ces contenus peuvent répondre aux attentes de l’influencé.

Pour que s’établisse une relation d’influence, et que cette relation s’avère profitable pour les deux parties, un certain niveau de confiance et d’engagement doit cependant exister entre les deux.  Et, ce rapport dépend d’une série de facteurs contextuels qui vont au-delà de la mesure d’influence.  Le niveau de popularité, la réputation de l’influenceur, le contexte professionnel, la situation géographique et démographique, et le moment (timing) de la conversation peuvent jouer un rôle déterminant sur la réceptivité et la disposition de l’influencé. (Lire aussi : 4 ways context impacts online influence… and why you should care, par Evy Wilkins sur le blogue de Traackr)

TOP 25 – Influenceurs GÉNÉRATION C : une première liste personnalisée

Comme je l’écrivais aussi dans un autre billet, au risque de me répéter, aujourd’hui les entreprises peuvent compter sur de nouveaux outils de mesure d’influence contextuelle, comme Appinions, eCairns Conversation, eValue et Traackr.  

Contrairement aux listes d’influenceurs qui résultent des outils populaires comme Klout, Kred et PeerIndex, qui permettent d’établir le capital social d’un influenceur, les listes créées avec ces applications payantes permettent d’approfondir encore davantage l’analyse des influenceurs, et d’aller au-delà du «score social» en étudiant davantage la pertinence de leurs contenus. (lire aussi Traackr et l’influence contextuelle sur [Naro] Minded)

TRAACKR LOGOJe vous propose donc de consulter une première liste d’influenceurs personnalisée, que j’ai montée avec l’outil de Traackr pour en tester les différentes fonctionnalités. Il s’agit d’une toute première liste d’influenceurs des médias sociaux, qui écrivent et bloguent régulièrement autour du thème de la nouvelle génération de consommateurs branchés ; les consomm’acteurs de la Génération C. Un sujet sur lequel je blogue aussi régulièrement, et sur lequel je prépare actuellement un ouvrage.

Comme mon objectif initial était d’identifier les autres influenceurs sur le sujet, je me suis volontairement retiré de la liste. Pour épurer la liste encore davantage, j’ai aussi exclus manuellement les blogueurs qui relaient continuellement les mêmes contenus, ou qui ne publient que sporadiquement sur le sujet, ou par le biais d’outils de curation et de publication automatisés comme Paper.li, ou Scoop.it. Et, finalement, tous les autres blogueurs dont la pertinence des contenus ne relève que d’un seul mot-clé dans la liste initiale de recherche.

En bout de ligne, ça m’a donné une liste où on retrouve plusieurs des plus importants influenceurs des médias sociaux, dont Brian Solis (Altimeter Group), Eric Savitz (Forbes Magazine), Lauren Goode (AllThingsD), Ingrid Lunden (TechCrunch), Estelle Metayer (UBISOFT), Mitch Joel (TwistImage), Charles Horton (The Guardians UK), Susan Gunelius (KeySplash Creative), et mon ami et mentor Neal Schaffer (WindMill Networking), que je suis heureux de retrouver en tête de liste. Autant d’expert(e)s des médias sociaux qui alimentent et influencent régulièrement ma réflexion sur la Génération, et le pouvoir du marketing d’influence.

En terminant, je tiens à remercier Liane Blanchette, Evy Wilkins, Nicolas Chabot, et toute l’équipe de Traackr, qui m’ont aimablement aidés à peaufiner cette liste, et qui m’ont préparés le widget qui vous permet de suivre son évolution en temps réel, et d’accéder aux différentes fonctionnalités de l’outil. Je vous invite donc, à votre tour, à la commenter, et à proposer de nouveaux mots-clés pour l’améliorer.

Voici donc la toute nouvelle liste : TOP 25 Influenceurs – Génération C, telle que produite et propulsée par Traackr : 

(Note éditoriale : Cet article est une adaptation, en partie, d’un autre billet publié sur [Naro] Minded, et n’est pas commandité par Traackr d’aucune manière.  Les propos et les opinions émises n’engagent que son auteur.)

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Curation de contenus : penser comme un éditeur Web

posted by Raymond Morin on Vendredi, décembre 14th 2012

Les contenus demeurent rois des réseaux sociaux (paru initialement en mai 2012)

Depuis l'événement du South By SouthWest (SXSW) à Austin en mars dernier, la curation de contenus a émergé comme une des plus fortes tendances des médias sociaux. Le contenu s'est révélé plus que jamais le ROI incontesté des réseaux sociaux, et le marketing de contenus est désormais un enjeu majeur des professionnels du Web. 

Au cours de la dernière année, je me suis interessé plus particulièrement à la notion d'influence, et sur ce qui fait qu'un message sera rediffusé et relayé dans les médias sociaux. Avec les réseaux sociaux, ce n'est pas tant l'influenceur qui compte comme l'amplification et la réception de son message. Ce n'est plus tant la marque d'une entreprise que la réelle valeur du produit qui compte aux yeux du nouveau consomm'acteur. 

Aujourd'hui, la qualité et la pertinence des contenus représente une très grande valeur pour les entreprises et les marques. Pour rejoindre leur clientèle à travers les réseaux sociaux, la pertinence et la qualité des contenus se révèlent donc un des principaux chevaux sur lesquels les professionnels et les CEOs devront miser sur le Web.  

Neal Schaffer, de Windmill Networking a écrit un excellent billet sur l'importance d'élever ses contenus à un niveau supérieur : Raising Your Content Curation To The Next Level Je vous encourage fortement à le lire, et à le partager à votre tour à votre réseau professionnel. 

Le Code des curateurs : savoir honorer la découverte!

 Durant le SXSW 2012, l'auteure et blogueuse américaine Maria Popova (@brainpicker) et sa collègue Tina Roth Eisenberg (@swissmiss), avec l'aide de leur copine web designer Kelli Anderson, en ont profité pour lancer le premier Code des curateurs. Un code d'honneur pour tous les utilisateurs, qui comme moi, repiquent régulièrement des liens au passage pour relayer à son réseau, et retweetent parfois des nouvelles, sans nécessairement toujours faire la mention complète de la source. 

Me considérant moi-même comme un auteur, blogueur et curateur de contenus, ça m'a directement interpellé. Comment sauver la chèvre et le chou, lorsqu'on a parfois l'impression d'être la chèvre qui broute!??? Avant le nouveau code des curateurs de Popova et Eisenberg, il n'existait pas de références, ni de consensus sur la reconnaissance de la source et de l'auteur. Ce nouveau code d'éthique constitue un premier pas dans ce sens.

En matière de contenus, Internet recèle une véritable caverne aux trésors. C'est ce qui fait justement sa richesse. Au cours des prochaines années, il faudra cependant éviter que ça ne devienne une nouvelle caverne d'Ali-Baba et ses quarante voleurs! Adoptons dès maintenant les quelques nouvelles pratiques préconisées dans le Code des curateurs. 

À lire sur Locita, mon récent billet sur le nouveau code d'honneur des utilisateurs : Le Code des Curateurs : Un code d'honneur pour les utilisateurs.

La nouvelle science du marketing d'influence : comme à l'époque du cinéma muet!*

Dans foulée des contenus-ROI, l'influence dans les médias sociaux, et les outils de mesure d'efficacité qui en découlent, s'avèrent aussi des enjeux incontournables pour les entreprises et les professionnels du Web. L'un ne va pas sans l'autre, sans leurs contenus, les influenceurs n'obtiendraient pas l'audience qu'ils méritent. Or, sans l'influence de leurs auteurs, les contenus ne bénéficieraient pas d'une telle audience. 

Cependant, au-delà du «score social», la véritable autorité d'un professionnel dans son secteur va surtout se révéler par la pertinence et la qualité de ses interventions. Sur le Web et dans les réseaux sociaux, les influenceurs se démarquent aussi par leur générosité et par l'engagement qu'ils obtiennent de leur auditoire. Ils partagent ce qu'ils dénichent dans le maelstrom des médias sociaux, et créent et recréent de nouveaux contenus qu'ils diffusent ensuite dans leur propre réseau pour partager leur passion.

Au cours du siècle dernier, comme à l'époque du cinéma muet, les premières industries culturelles (films, livres, musique) avaient déjà imaginés les palmarès pour faire la promotion des nouveaux produits. Aujourd'hui, à travers le bruit et la cohue des réseaux sociaux, les nouveaux outils de mesure d'efficacité comme Klout, PeerIndex ou EmpireAvenue permettent de séparer le bon grain de l'ivraie. Malgré leurs lacunes, ils fournissent différents indices aux professionnels pour mieux évaluer leur ROI.

Comme les box-officesbest-sellers et hit-parades qui les ont précédés, les listes d'influenceurs revendiquent une juste place dans le nouvel échiquier des réseaux sociaux. Elles se révèlent désormais des outils incontournables pour les professionnels et les organisations sur le Web. Déjà, plusieurs entreprises et organisations se basent principalement sur lescore social d'un candidat lors du recrutement. En se fiant uniquement sur son capital social et l'amplification de son message, ils ratent souvent l'objectif.

En favorisant ainsi la naissance d'un nouveau culte du star-système, les nouvelles plateformes de «score social» suscitent de vives controverses auprès des utilisateurs. Aujourd'hui, la science du Web social se trouve encore à ses premiers balbutiements. Même si on peut déjà s'émerveiller devant les réalisations récentes d'un passé encore jeune, les meilleures années restent encore à découvrir… Avec les outils de mesure d'influence, ce n'est pas tant la valeur des métriques qui fait défaut, comme l'apprentissage des meilleures pratiques. Et, à ce niveau, tout reste encore à faire.

À lire également, un autre très bon article de Neal Schaffer sur Windmill Networking : What's The Meaning of A Klout Score? The Pros and Cons of How The Social Influence is Measured

* Une image utilisée par Mark Schaefer dans une entrevue accordée au début de l'année à un magazine brésilien…