Entreprendre le virage à l'ère numérique

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Un nouveau ¨boom¨ des naissances avec les générations numériques

posted by Raymond Morin on mercredi, juin 24th 2015

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Par Raymond Morin

En 2015, selon le US Census Bureau, pour la première fois, les natifs numériques de la génération Y (75,3 millions) surpasseront les baby-boomers (74,9 millions) en terme de nombre. Entre les deux, ceux de la génération X ne comptent qu’un peu plus de 56 millions d’individus. Et, selon les plus récentes estimations, plus de 65 millions de jeunes de la génération Z débarqueront à leur tour sur le marché du travail d’ici 2022. Les générations numériques (Y et Z) représenteront alors plus de 140 millions d’individus.

L’évolution des naissances depuis le World Wide Web

Source : http://www.sfecologie.org/regards/2012/06/13/r33-pop-mondiale-gilles-pison/

Source : http://www.sfecologie.org

C’est avec l’émergence du World Wide Web, en 1989, avec l’arrivée des enfants du millénaire nés durant les années 90, que la science de la sociologie démographie a subit sa grande rupture.

La dernière cohorte des Y (nés entre 1989 et 1994), aujourd’hui âgés entre 21 et 25 ans représentent la dernière vague des naissances du ¨baby-boom¨ des années 70 – 80, alors que plus de 60% des naissances provenaient de femmes et de couples de boomers.

Avec la génération X, on observe cependant un déclin des natalités. À partir de 1965, le taux de fécondité est passé de 3.1 enfants par couple, à 1,6 durant les années 90. Les couples ont attendus plus tard avant de fonder une famille. Entre 1993 et 2006, les naissances ont dramatiquement chutées.

Toutefois, selon Statistiques Canada, entre 2006 et 2011, on a enregistré une augmentation de plus de 10% (11%) du nombre d’enfants de 4 ans et moins. Ce qui représente le plus fort taux de fécondité enregistré depuis 1956 – 1961, soit durant la dernière cohorte des baby-boomers. C’est aussi le plus haut taux de croissance de tous les autres groupes d’âge de moins de 50 ans durant cette période (2006 – 2011). Un nouveau boom des naissances qui s’explique par un plus grand nombre de femmes de 20 à 35 ans.

L’impact actuel des nouvelles générations numériques sur la société

Aujourd’hui, dans le monde, plus de 50% de la population a moins de 35 ans. En 2010, 68,5% de la population canadienne était en âge de travailler (15 à 65 ans), et près du tiers avant plus de 50 ans. Les baby-boomers occupaient alors près de 20% des postes exécutifs, tandis que les cadres de la générations X se partageaient plus de 50% (54%) des autres postes décisionnels. Toutefois, avec l’arrivée massive des générations numériques, la situation est appelée à changer drastiquement au cours des prochaines années. Ils représenteront alors plus de 50% de la main – d’œuvre active, et plus de 75% avant 2030.

Aujourd’hui, le pouvoir d’influence des générations numériques (Y et Z) sur les autres générations est indéniable. D’un côté, le pouvoir des recommandations pair-à-pair et du bouche-à-oreille qu’ils adoptent sur Internet et les médias sociaux a rendu la publicité et du marketing traditionnel obsolètes, et influence tous les autres consommateurs connectés, forçant les marques et les organisations à se réorganiser. De l’autre, les technologies et le Web se sont implantés dans tous les aspects de notre vie, et ont modifiés nos habitudes et nos comportements. Même ceux qui n’utilisent pas encore Internet voient leur vie quotidiennement transformée. De la même manière, elles se transposent dans les environnements de travail au fur et à mesure que les nouvelles générations y débarquent, imposant une transformation sociale en profondeur des entreprises et des organisations.

Dans le contexte, chacune des générations actuelles a dû s’adapter, tant bien mal, à sa façon et à son rythme, à ces nouveaux paradigmes, tant au boulot que dans la famille et à tous les autres niveaux de la société. Il s’avère donc important de tenter de comprendre ce qui motive chacune d’elle dans le contexte de la nouvelle ère numérique.

GenZCartoon-300x300Un portrait global de la génération Z

En 2014, l’expert canadien des nouvelles générations, Dan Schawbel a compilé diverses données, en partant de l’étude de Sparks & Honey : Meet The Generation Z  – Forget Everything You Learned About Millenials, et qui permettent de dresser un portrait plus global de la génération Z.

Les données qu’il a recueillit démontrent que contrairement aux jeunes de la génération Y, ceux de la génération Z sont concentrés sur l’avenir. Ils veulent agir dès maintenant, et souhaitent davantage créer des choses que de les partager. Ils communiquent plus par le visuel plutôt que par le texte. Ils sont plus pragmatiques que leurs prédécesseurs, et ils veulent travailler pour le succès d’une entreprise, et non pour se faire connaître. Mais, il faut que ces entreprises endossent aussi leur vision sociale. Ils démontrent beaucoup plus d’altruisme, et sont plus conscientisés sur les problèmes sociaux et environnementaux que les Y. Trois jeunes sur quatre de la génération Z se disent préoccupés du sort de la planète, et 60% souhaitent que leur travail ait un impact positif.

Nés bien après la chute du mur de Berlin et de l’URSS, les jeunes occidentaux de la génération Z considèrent que la démocratie est une valeur acquise, et réalisent difficilement qu’elle n’existe pas partout dans le monde.

Même s’ils commencent à peine à arriver sur le marché de l’emploi, près de 60% restent inquiets pour leur avenir. Plus de 77% s’intéressent au bénévolat, et plus du quart (26%) le font déjà pour acquérir de l’expérience tout en s’impliquant socialement dans une cause. À l’école, les jeunes de la génération Z semblent beaucoup plus sérieux que ceux de la génération précédente : 50% sortiront gradués, contre 33% chez la génération Y et 25 % pour la génération X. Ce qui en fera la génération la plus éduquée. Pour effectuer leurs recherches, ils utilisent davantage YouTube et les autres plateformes sociales que les manuels. Après leurs études, 72% songent à démarrer leur propre entreprise.

Les jeunes de la génération Z ont aussi développé des valeurs très rattachées aux nouvelles technologies. Près de 80% des jeunes interrogés par Sparks & Honey avouent qu’ils se sentiraient perdus s’ils étaient privés de leur téléphone intelligent. En moyenne, ils utilisent une dizaine d’applications sur leur appareil, tandis que 10% en utilisent près d’une quarantaine. Ils s’attendent donc à retrouver ces nouvelles technologies dans leur environnement de travail.

Sur Internet, les jeunes de la génération Z fréquentent peu les plateformes sociales populaires comme Facebook (23%) ou Instagram (23%), et préfèrent les sites privés comme Snapchat, Whisper ou Secret. Lorsqu’il s’agit de magasiner en ligne, les jeunes de la génération Z cherchent d’abord sur les applications mobiles, et se fient principalement aux recommandations de la famille (43%) et des amis (35%). Ils consomment davantage de produits pratiques et usuels, comme du linge (55%), des appareils électroniques (53%) et des livres ou manuels pour les études (53%), que tout autre produit.

Note : Certains éléments de cet article sont extraits de mon dernier ouvrage ¨Génération C(onnectée) – Le marketing d’influence à l’ère numérique¨, paru aux Éditions Kawa, et disponible en ligne sur AmazonFr.

Autres liens intéressants sur la génération Z

http://www.nytimes.com/2015/03/29/jobs/make-way-for-generation-z.html

http://www.cbc.ca/news/canada/new-brunswick/generation-z-makes-its-entry-into-the-workforce-1.3001606

http://www.cbc.ca/news/canada/generation-z-offers-unique-challenge-for-employers-1.3063249

http://www.journaldunet.com/management/ressources-humaines/1151469-comment-manager-la-generation-z/

http://www.lesaffaires.com/blogues/olivier-schmouker/tout-absolument-tout-sur-la-generation-z-/576663

http://les-zed.com/les-liens-de-la-semaine-weekly-260/

 

 

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Génération C : La montée de l’entrepreneuriat indépendant

posted by Raymond Morin on mardi, mai 5th 2015

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Par Raymond Morin

Le rêve brisé d’une génération oubliée

16426D’une génération à l’autre, nous évoluons avec la certitude que nous pourrons mieux réussir que les précédentes. C’est le levier et moteur du progrès, la source première de motivation qui pousse les générations à se dépasser et à innover. Pour chacun de nous, c’est le rêve qui nourrit l’espoir d’une vie meilleure.

Toutefois, pour la Génération X (1962 – 1979), ce rêve s’est brisé au tournant des années 70. Cette génération oubliée, et laissée pour compte en quelques sortes par les boomers et les plus vieilles générations, est celle qui a peut-être le plus durement encaissé les contrecoups de la crise économique du début des années 80.

En même temps, c’est la génération qui a probablement connu les plus importants changements sociaux de notre époque. De l’émancipation de la femme au contrôle des naissances, à la révolution tranquille des années 60-70 jusqu’à la crise économique des années 80 et l’éclatement des familles. Ils ont été témoins de plusieurs événements marquants de l’Histoire ; de l’atterrissage d’Apollo sur la Lune, de J.F. Kennedy à Martin Luther King, de la guerre froide à la chute du Mur de Berlin, de l’émergence fulgurante d’Internet au passage du nouveau Millénaire. Ils sont aussi la première génération a tenter d’introduire de nouvelles technologies et de nouvelles approches de travail dans les entreprises et les organisations.

La longue ascension de la Génération X vers les postes décisionnels

(Image : Time Magazine)

(Image : Time Magazine)

Cependant, plusieurs facteurs conjugués ont joué en défaveur des jeunes de la Génération X lorsqu’ils ont a commencé à débarquer sur le marché du travail au début des années 80. Aux USA, après le ¨boom¨ des naissances de l’après – guerre (1945 – 1962), où plus de 77 millions de ¨Baby-boomers¨ ont monopolisés le marché de l’emploi, la Génération X ne comptait plus que 65 millions d’individus. À ce moment, l’économie mondiale subissait non seulement le ralentissement de la récession, mais l’arrivée des femmes avait aussi commencées à engorger le marché du travail.

Plus lourdement hypothéqués que leurs prédécesseurs par d’importantes dettes d’études, ils ont éprouvés plus de difficultés à se trouver des emplois stables et bien rémunérés. Les premières cohortes de jeunes gradués de la Génération X, qui ont alors réussis à décrocher des postes intéressants, ont tranquillement grimpés les échelons hiérarchiques des organisations, et se sont définitivement positionnés aux postes décisionnels avec la relance des années 90. Ceux-là ont réussis à s’enrichir par la suite. Mais les générations suivantes en ont subis les contrecoups.

Une situation économique qui n’a pas cessé de péricliter

Les statistiques d’une étude de la Pew Research Institute effectuée aux USA entre 1983 et 2010, et parue en 2013 dans le Business Insider, démontraient qu’au cours des deux dernières décennies, ce sont les plus vieux de la Génération X (nés entre 1962 et 1970) et les plus jeunes boomers (nés entre 1954 et 1962) qui se sont le plus enrichies, et ce au dépens des plus jeunes.

young-generations-have-stopped-getting-richer-over-timeAu cours des dix dernières années, la situation ne s’est guère améliorée pour les plus jeunes générations. Avec l’arrivée massive des premières cohortes de la Génération Y (83 millions approximativement aux USA), le marché du travail s’est trouvé littéralement étranglé. Depuis la dernière récession économique (2007-2008) partout dans le monde, le taux de chômage des jeunes de 19 à 35 ans atteint des niveaux record.

La situation économique a aussi très durement touché les ¨jeunes boomers¨ et la Génération X, qui ont vu leur valeur financière fondre presque de moitié après la récession. Confrontés à leurs responsabilités familiales, et placés soudainement devant une retraite moins assurée, plusieurs cadres et PDG ont choisis de prolonger leur carrière en s’accrochant à leur statut de patron.

Encore aujourd’hui, selon le palmarès des entreprises INC500, 5% des postes de gestionnaires seniors sont toujours occupés par des ¨boomers¨ qui tardent à prendre leur retraite, tandis que près de 70% (68%) sont toujours dirigés par des cadres de la Génération X. Toutefois, 48% d’entres eux, qui occupent des postes sénior de supervision jusqu’à la crise, aspiraient à des postes cadres supérieurs (selon le Center for Talent Innovation). Depuis 2010, ces plus jeunes de la Génération X (nés entre 1970 et 1979) voient leurs espoirs d’avancements freinés.

Régulièrement confrontés au fait qu’ils ont encore pour la plupart des enfants dépendants, et qu’ils doivent en même temps s’occuper de parents plus mal préparés à la retraite (42% de la Génération X sont dans ce cas selon l’étude), plusieurs vont choisir à leur tour de quitter pour une pré-retraite, ou se lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat, imitant ainsi ceux de la Génération Y.

Une montée de l’entrepreneuriat pour les prochaines années?

Depuis 2010, on assiste à un ¨boom¨ de l’entrepreneuriat, et des petites entreprises. Une tendance menée par les jeunes de la génération Y. Selon une récente étude publiée par la Bentley University, et commentée dans Forbes, 67% des jeunes de moins de 35 ans ont déjà leur propre entreprise ou songent à le faire. Au Canada, selon les dernières statistiques gouvernementales (2012), il y a déjà plus de 1 million de petites entreprises de moins de 100 employés, et qui emploient plus de 5 millions de personnes, soit 48% de la main-d’œuvre active du secteur public. En 2011, on dénombrait 2,67 millions de travailleurs indépendants, soit 15,4% des travailleurs occupant un emploi dans l’économie canadienne.

Avec l’accessibilité toujours grandissante et plus facile aux outils technologiques du Web et des médias sociaux, la tentation est séduisante pour se lancer en affaires, pour les ¨boomers¨ et ceux de la Génération X qui se sentent poussés à la retraite par des conditions incertaines. D’autant plus que le financement des nouvelles entreprises est encouragé avec les capitaux de risques (Venture Capital) et les sites de ¨crowdfunding¨  comme Kickstarter.

Aussi, durant les cinq prochaines années, cette tendance de l’entrepreneuriat indépendant va probablement prendre un plus grand essor encore, avec la place que continueront d’occuper les générations numériques sur le marché du travail. Mais, je ne crois pas que ça règle pour autant les problèmes de l’économie.

Cependant, ces nouveaux entrepreneurs sont-ils tous bien préparés pour affronter la nouvelle concurrence, qu’une augmentation de l’offre sur le Web et les médias sociaux ne manquera pas de provoquer? N’est-il pas préférable de ralentir la course à l’entrepreneuriat, en favorisant encore davantage la transformation sociale des entreprises et des organisations existantes, et d’assurer la rétention du personnel en répondant plutôt aux attentes d’employabilité des nouvelles générations?

(Lire aussi : Génération C – Les nouvelles générations au travail

Qu’en pensez-vous? Pensez-vous que l’avenir de l’économie reposera autant sur l’entrepreneuriat indépendant? Songez-vous à lancer vous-mêmes votre entreprise? Quelle est votre expérience de l’entrepreneuriat? Comment songez-vous utiliser le Web et les médias sociaux pour lancer votre entreprise?

Pour en connaître davantage sur ses services de consultation Web/médias sociaux et de conférences, cliquez sur ce lien)

Autres liens : 

When Gen X Runs The Show – Anne Fisher – Time Magazine

The Stunning Fall Of Generation X – Mandi Woodruff – Business Insider

Survey of INC 500 CEOS – Who They Are (Infographic) – INC Magazine

Oubliez la génération Y, c’est sur la génération X qu’il faut miser professionnellement – Jean-Noel Chaintreuil – Atlantico Magazine

 

 

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Génération C : L’avenir de la famille numérique

posted by Raymond Morin on vendredi, mars 6th 2015

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L’une des transformations les plus remarquables de la société actuelle peut s’observer dans notre façon de nous informer et de nous divertir à travers le Web et les médias sociaux. Au cours des vingt dernières années, notre premier apprentissage numérique s’est toutefois façonné au rythme des nouvelles générations, à l’ère de l’égocasting et de l’info-divertissement. D’une certaine manière, ça répondait aux premiers besoins fondamentaux.

Le phénomène de l’égocasting

SelfieOscarAu cours des vingt dernières années, les jeunes des générations Y et Z ont grandis et évolués à l’ère des télé – réalités, des jeux vidéo et des nouvelles technologies du Web et des médias sociaux. Un univers virtuel, où la réalité se confond souvent avec la fiction, et l’expérience personnelle devient la principale source de gratification.

Avec l’émergence des nouvelles plateformes populaires comme MySpace, YouTube et Facebook, qui ont favorisés l’expression de soi sous les formes les plus diverses, les générations numériques ont vite appris à utiliser les nouveaux outils technologiques mis à leur disposition pour s’exprimer, et se faire valoir. À travers les statuts et les profils qu’ils entretiennent sur les diverses plateformes, chacun se met en scène et devient en quelques sortes un nouveau canal de diffusion, une nouvelle source de contenus. Aujourd’hui, c’est par le biais de ¨selfies¨ et ¨shelfies¨ sur Pinterest, Instagram et Snapchat qu’ils recherchent leur ¨quinze minutes de gloire¨. (Lire aussi Génération C : Au centre des transformations sociales)

Le culte de l’instantanéité et de la nouvelle en direct

Image : Micronews.ca - The Internet in Real-Time

Image : Micronews.ca – The Internet in Real-Time

L’accès aux multiples sources de contenus du Web et des médias sociaux a également engendré un culte de l’instantanéité, qui a fini par supplanter les médias conventionnels et les institutions scolaires comme principal prescripteur d’informations et de connaissances. Aujourd’hui, avec les nouvelles technologies mobiles, les utilisateurs exigent des réponses immédiates à leurs questions et à leurs attentes. Ils privilégient une information visuelle, plus facile et rapide à comprendre (comme les vidéos, les images et les infographies), et choisissent spontanément les plateformes populaires pour faire leurs recherches (Wikipedia, Google, YouTube) ou leurs achats (eBay, Amazon).

En même temps, en l’absence de prescripteurs institutionnels pour les guider (les médias conventionnels et le système scolaire ayant vraisemblablement tardés à prendre le virage pour endosser ce rôle), les nouvelles générations ont été laissées à elles-mêmes, devant se fier à leur jugement et à leur intuition pour séparer le bon grain de l’ivraie. Aussi, on ne peut pas les blâmer d’avoir adopté la voie de la simplicité. Aujourd’hui, avec près de 200 millions de blogues, et plus de la moitié de la planète qui est connectée à Internet et aux médias sociaux, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foins.

La famille numérique au rythme des nouvelles générations

Au cours des vingt dernières années, les cellules familiales (et communautaires) ont aussi évoluées au rythme des natifs numériques. Forcément entraînés par leurs progénitures vers les nouvelles technologies, les parents du nouveau millénaire (en fait, les jeunes boomers et la génération X) se sont peu à peu adaptés à ces nouveaux paradigmes. Ils sont devenus des ¨migrants numériques¨, et ont adoptés tour à tour les NTIC, puis Internet, les médias sociaux et les technologies mobiles, pour demeurer connectées aux nouvelles générations et au reste de la planète.

Au début, l’écart entre l’apprentissage numérique entre les générations était considérable, plus particulièrement entre les boomers et les jeunes de la nouvelle génération. Réfractaires dès le départ à abandonner leurs méthodes conventionnelles, les baby-boomers ont tardés à prendre le train. Durant les premières années du millénaire, cet écart a eu une influence majeure non seulement sur les familles, mais aussi sur l’ensemble de l’économie, forçant notamment la transformation sociale des entreprises et des organisations au fur et à mesure que les premières cohortes de la génération Y sont arrivés sur le marché du travail.

Aujourd’hui, les plus vieux boomers sont partis à la retraite, remplacés par les leaders de la génération X, et les environnements de travail ont déjà commencés à s’adapter aux nouvelles générations. Toutefois, au fil des années, l’écart entre les différentes générations s’est considérablement réduit. De nouvelles données statistiques, publiées récemment par le Pew Research Center’s Internet, démontrent notamment que si Internet et les réseaux sociaux ont été l’affaire des nouvelles générations au cours des premières années, la situation a beaucoup changée depuis 2010.

Après une croissance vertigineuse de plus de 80 points affichée entre 2005 et 2010, le taux d’utilisation du Web et des médias sociaux par la génération Y s’est stabilisé, pour atteindre à 90% en 2013. C’est plutôt du côté des baby-boomers (+12%) et des aînés (+17%) que l’on constate les plus forts taux d’augmentation de l’utilisation d’Internet depuis 2010, pour un taux combiné de près de 30% au cours des cinq dernières années.

sns-by-age-over-timeAujourd’hui, avec 65% des baby-boomers, et près de 80% (78%) des utilisateurs de la génération X qui sont désormais connectés sur le Web et les médias sociaux, on peut dire que le choc des générations s’est définitivement estompé. On retrouve de plus en plus de foyers avec trois (et, parfois même quatre) générations branchées sous le même toit. La ¨famille numérique¨ est devenue une réalité, une entité à part entière, où chaque membre de la communauté utilise désormais les mêmes outils pour communiquer, s’informer et se divertir.

Est-ce que ce rapprochement des générations connectées aura un impact positif sur l’avenir des médias sociaux? Ça reste à voir, mais le contexte est propice et on peut le souhaiter.

(Lire aussi l’article de Martin Lessard sur le blogue de l’émission Triplex, à Radio-Canada Prescripteur zéro: le passeur de culture en ligne)

 

 

 

 

 

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GENERATION C : Comprendre l’ABC du XYZ

posted by Raymond Morin on vendredi, septembre 12th 2014

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Des Boomers à la Génération ALPHA

Par Raymond Morin (Publié le 12 septembre 2014 – Mis à jour – 24 juin 2015) 

Lorsque j’ai adopté le virage du World Wide Web, en 1994, je venais également de fonder une famille. J’étais dans la mi-trentaine, et je travaillais à mon compte comme consultant en financement et en stratégie de développement pour des entreprises en démarrage. Depuis quelques années, j’entrevoyais la révolution majeure qui se dessinait avec le Web pour les entreprises et les professionnels.  Maintenant, avec deux jeunes enfants, je me questionnais aussi sur l’impact qu’allaient avoir les nouvelles technologies sur tous les aspects de notre vie de famille, et sur leur évolution.

Les Echo-Boomers et les jeunes boomers : plus proches qu’on peut le penser

The_Bureau_textDepuis le début des années 90, on observait déjà divers changements chez les nouvelles générations à cause de leur utilisation grandissante des nouvelles technologies.  Mark Prensky, auteur et conférencier réputé, commentait régulièrement ces changements qu’il observait chez ses étudiants à l’université. Il remarquait d’importants changements chez les jeunes de sa classe au fur et à mesure qu’ils se familiarisaient avec les nouvelles technologies. Leurs rapports avec la recherche, l’acquisition et l’assimilation de l’information et des connaissances se transformaient. Dans son ouvrage, «Digital Natives, Digital Immigrants», il décrivait la génération suivante (celle née après 1994 et l’avènement du World Wide Web) comme la toute première génération de l’ère numérique, ayant grandi et évolué depuis le berceau avec le Web, les jeux vidéo, les téléphones cellulaires et les supports numériques.  (Voir Génération C – Le règne des consommateurs branchés).

C’était il y a vingt ans.  Et, bien qu’ils ne soient pas nés directement avec une télécommande de jeux vidéo dans les mains, Justin et Félix furent néanmoins plongés très tôt dans l’univers des nouvelles technologies.  Dans ce contexte, même s’ils faisaient partie des dernières cohortes de la génération Y, ils se rapprochaient davantage de la nouvelle génération Z.  Aujourd’hui, ils se retrouvent entre les deux générations, dans une sorte de zone tampon du choc des générations ; une micro-génération que l’on nomme les Echo-Boomers. On leur colle cette étiquette parce que leur situation actuelle apparaît un peu comme le reflet ou l’écho (en accéléré) de ce qu’ont vécus bien avant eux les jeunes boomers de la fin des années 50, début des années 60. Comme les Echo-Boomers, les jeunes boomers se sont retrouvés plongés dans d’importantes révolutions sociales et technologiques. Les nouvelles technologies de communications, notamment la télévision, ouvraient la porte à la mondialisation de l’économie et fournissaient un accès privilégié à l’information.

Massivement engagés dans les changements sociaux de l’époque, les jeunes boomers (nés entre 1956 et 1962) ont alors choisis, comme les Echo-Boomers le font aujourd’hui, de retarder les familles, pour se consacrer à leur cause.  Mais, l’utopie des grandes révolutions a vite fait place à la désillusion de la génération ¨No Future¨ (la génération X (née entre 1963 et 1979)).  Aujourd’hui, ce que vivent se rapproche à plusieurs niveaux de ce qu’ont vécus les jeunes boomers durant les années 70 et 80. Dans le cycle des générations (quatre générations qui se succèdent), il est tout à fait normal qu’un choc générationnel survienne entre chacune d’elles.  Les jeunes boomers l’ont vécu, coincés entre les Baby-boomers et la génération X.  Tout comme le vivent aujourd’hui les jeunes Echo-Boomers.  Leurs situations se ressemblent beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire.  Ils ont vécus les guerres, les crises économiques et les grands changements sociaux.

(Image : Russel Music Reviews – Echo Boomer EP)

Le défi des nouvelles générations à venir

The ABC of XYZDans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Global Generations Mark McCrindle tente d’expliquer comment se créent les chocs entre générations, en décrivant les cycles générationnels du dernier siècle,  avant l’ère numérique. Il décrit le cycle du dernier siècle de la façon suivante :

  • La génération silencieuse (1929-1945) – Les artistes: Indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents. Ils se sont vite repliés sur eux-mêmes, et ont développés de nouveaux univers pour fuir la crise économique et la guerre.
  • Les baby-boomers (1945-1962) – Les prophètes: Moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêt à se battre pour défendre leurs idées. Idéalistes, utopiques et évangélisateurs innés, ils doivent cependant lutter avec la désillusion de leurs rêves.
  • La génération X (1962-1978) – Les nomades: Cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux. Ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes.  
  • La génération Y (1978-1994) – Les héros: Énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêts de leur entourage, Leur réussite personnelle est leur principal objectif.  C’est l’ère du ¨selfie¨ et de l’Egocasting.  

Aujourd’hui, les jeunes ont une approche multi-tâches naturelle, presque innée. Pour eux, le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personnalité, et le Web leur appartient. Leur vie réelle est presque formatée à partir de leur vie digitale. Enfants de la génération X (et des plus vieux de la génération Y), ils sont nés après la chute du Mur de Berlin, et ont vécu leur adolescence durant les premières années du nouveau millénaire.  Ils ont connu la tragédie des attentats du 11 septembre 2011, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. Plus récemment, ils se retrouvaient à l’avant-scène du mouvement d’Occupy Wall Street, du Printemps Arabes et des mouvements de contestations étudiantes un peu partout dans le monde.  Tout ça me rappelle ma jeunesse!

Durant les années 60-70, les protestataires défendaient les vertus de la paix et de l’amour, célébraient la contre-culture de la jeunesse, et rêvaient de grands changements sociaux. Durant les années 70, pour les jeunes boomers de mon époque, la révolution sociale des nouvelles générations s’est traduite par des manifestations contre la Guerre du Vietnam aux USA, tandis qu’au Québec, nous traversions la Crise d’Octobre, et les mesures de guerre… Durant les années 80, c’est encore un mouvement étudiant qui s’est trouvé à l’origine, justement, de la chute du Mur de Berlin, et de la Russie (voir Printemps de Prague). Selon la théorie de McCrindle, les nouvelles générations, Z (1995-2011) et ALPHA (2012-2028), s’inscriront normalement dans le cycle générationnel, au début de la chaîne, remplaçant la génération silencieuse d’une part, et les baby-boomers, par la suite. Or, si l’on se fie à cette théorie, ces nouvelles générations partageront donc, en quelques sortes, l’expérience de leurs prédécesseurs, et le cycle générationnel recommencera.  Dans cette optique, les nouvelles générations auront tout un défi à relever. L’héritage que les générations précédentes leur laisse n’est guère prometteur d’un bel avenir.  Aujourd’hui, les jeunes ont une influence démographique et sociale d’autant plus importante qu’ils représentent plus de 50% de la population mondiale. Dans moins de dix ans, ils constitueront plus de la moitié de la main-d’oeuvre active.  Or, si notre société n’est plus en mesure d’offrir à ces jeunes un avenir stable et sécurisé, c’est tout le système économique actuel qui s’en trouvera ébranlé.

Le chômage chez les jeunes ; une bombe en puissance!

Dans un article paru peu de temps après «Occupy Wall Street», The World’s Unemployed Youth : Revolution In The Air ? , l’auteur et conférencier canadien Don Tapscott soulève que le chômage chez les jeunes générations est une véritable bombe en puissance. Et, il a raison. Actuellement, un peu plus du quart des jeunes canadiens et américains ne trouvent pas d’emploi.  En Angleterre, les jeunes de 16 à 24 ans représentent plus de 20 % des chômeurs du pays, soit plus de 1 million de jeunes adultes sans travail. Ailleurs, en Europe, le taux de chômage chez les jeunes grimpe jusqu’à 50 % en Espagne, et 60 % comme en Grèce.  Aux Etats-Unis, ils représentent plus du quart de la population (25,9%) et même s’ils commencent à peine à arriver sur le marché du travail, près de 60% se révèle inquiet pour leur avenir. Trois jeunes sur quatre de la Génération Z se disent préoccupés du sort de la planète.  60% souhaitent que leur travail ait un impact sur le monde.

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(Image : LesCrises.fr – Olivier Berruyer – Source : EuroStat)

Faire de l’employabilité des jeune la première priorité des entreprises

Aujourd’hui, les jeunes Echo-Boomers et la génération Z sont beaucoup plus cyniques face à l’avenir. Ils tournent carrément le dos au système de la société, qu’ils rejettent en bloc.  Non seulement, ils vivent une crise de chômage sans précédent, mais ils sont aussi les témoins impuissants des rêves brisés de leurs parents, des mauvais traitements de leurs grands-parents, et de toutes les injustices sociales et de la corruption organisée des dirigeants. Aujourd’hui, la jeunesse garde le doigt sur la gâchette du Web ; le plus redoutable outil de changements. Comme elle l’a démontré à plusieurs reprises au cours des dernières années, notamment avec le Printemps Arabe, qui aura fait plié plusieurs gouvernements, et où Facebook, Twitter et YouTube ont joué un rôle majeur.

Or, si nous ne prenons pas actions dès maintenant, ce qui se passe aujourd’hui aura de très sévères répercussions au cours des prochaines décennies. Les entreprises doivent faire de l’employabilité des jeunes générations leur première priorité. Nous devons réinventer nos institutions d’enseignement, et mettre en place de nouveaux modèles de financement et de gouvernance, pour nous adapter aux nouveaux paradigmes économiques qu’impose désormais l’ère numérique dans laquelle nous évoluons. Nous devons cesser de mettre des bâtons dans les roues des nouvelles générations, et de tenter de tout contrôler, et plutôt leur remettre les clés de l’entreprise. Nous devons les engager dès le départ dans le processus de transformation, et tout mettre en oeuvre pour favoriser l’éclosion de leur créativité et de leurs passions dans leur milieu de travail.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que l’employabilité chez les jeunes doit devenir une priorité pour les entreprises? Que les milieux de travail doivent être désormais à leur image? Partagez vos commentaires et vos expériences? Comment intégrez-vous les jeunes dans votre milieu de travail?

 

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Génération C : 5 générations d’Internautes au Québec

posted by Raymond Morin on lundi, juin 2nd 2014

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Une étude NETendances du CEFRIO

Par Raymond Morin

CefrioAu Québec, le CEFRIO (Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations, à l’aide des technologies de l’information et de la communication (TIC)), regroupant près de 150 membres universitaires, gouvernementaux et du secteur privé, et 80 chercheurs associés et invités, vient de publier cinq fiches très intéressantes sur la Génération C, les consommateurs branchés, de la génération Y à la génération des aînés.

Ces fiches «générations numériques» apportent un éclairage très actuel sur les habitudes d’utilisation du Web et des médias sociaux à travers les différentes générations d’internautes québécois.  On y retrouve notamment des données très intéressantes sur l’usage des réseaux sociaux, de la consommation en ligne et sur les moyens qu’utilisent les différentes générations pour s’informer et suivre l’actualité.

Aux Etats-Unis, la firme Pew Research Internet Project mène aussi, depuis quelques années, des études semblables pour le marché américain. Mais l’enquête NETendances du CEFRIO, réalisée avec la collaboration de BIP (Bureau d’interviewers professionnels) dresse un portrait détaillé des grandes tendances observées au Québec qu’il vaut la peine d’examiner de plus près.

Les cinq fiches peuvent être téléchargées en format PDF sur le site du CEFRIO.

Cefrio Gen CLes baby-boomers adoptent massivement les médias sociaux

On y découvre notamment que près de 94 % des adultes de la génération Y utilisent régulièrement Internet et les médias sociaux comparativement à la moyenne des adultes québécois (78%).  Ils y passent en moyenne 23 heures par semaine, et se révèlent les plus grands utilisateurs (de tous les groupes d’âge) de YouTube (85%) et Facebook (79%). L’étude NETendances du CEFRIO révèle également que la génération X réalise le plus d’achats en ligne ; 38 % d’entre eux, comparativement à 28 % pour les autres générations. Ce sont aussi ceux qui démontrent le plus haut taux d’adoption des tablettes numériques et des téléphones intelligents.

L’enquête NETendances du CEFRIO établit également des distinctions dans les habitudes d’utilisation d’Internet et des médias sociaux chez les baby-boomers, et a même publié deux fiches différentes pour les jeunes boomers (45 à 54 ans) et les boomers (55 à 64 ans). On y découvre notamment que ce sont finalement les jeunes boomers qui utilisent le plus les téléphones intelligents (51% vs 44%) chez les internautes québécois, mais que ce sont les boomers qui dépensent le plus en ligne avec une moyenne de 417 $ par mois, tout en privilégiant les téléphones cellulaires de base.  Ils utilisent donc moins les technologies mobiles que les autres générations.

Finalement, l’étude du CEFRIO/BIP révèle aussi quelques statistiques intéressantes sur la génération des aînés (65 ans et plus), aussi appelée la «génération silencieuse». On y apprend entre autre que les aînés ont passé près de 5 heures de plus par semaine sur le Web depuis 2012, et qu’ils y passent environ 14 heures par semaine en moyenne.

Prenez la peine de consulter chacune des cinq fiches générations numériques du CEFRIO. Non seulement, elles fournissent un portrait très détaillé de la situation au Québec, mais elles amènent aussi des statistiques pertinentes, qu’il faut considérer dans une analyse contextuelle de l’influence dans les médias sociaux.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que les baby-boomers représentent une force économique dans notre société, et que l’on doit ? Partagez vos opinions et vos commentaires.

À lire aussi : 

Why Baby Boomers Need to be Included… by Zach Bulygo, (Infographic by AccreditedOnlineCollege)

 

 

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La dette sociale de la Génération X (et des jeunes boomers)

posted by Raymond Morin on mercredi, juin 12th 2013

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Par Raymond Morin

Le rêve brisé des générations abandonnées

imgresD’une génération à l’autre, on grandit avec la certitude que l’on pourra réussir mieux et davantage que les générations précédentes. C’est le moteur du progrès, la source de motivation qui pousse les générations à se dépasser.  Pour chaque individu, c’est le rêve qui nourrit l’espoir d’une vie meilleure.

Ce rêve s’est cependant brisé quelque part entre les années 60 et 80, avec la génération X (nés entre 1962 et 1979).  Arrivés sur le marché du travail durant la récession des années 80, les jeunes de cette nouvelle génération ont plus difficilement encaissés la crise. Abandonnée, en quelques sortes par les générations précédentes, qui ont abusés du «boom» économique des années 60-70, la génération X s’est retrouvée confrontée à un marché du travail de plus en plus fermé, et condamnée au chômage. Grevée dès le départ par d’importantes dettes d’études, la génération X s’est retrouvée lourdement hypothéquée.

Heureusement, elle a pu profiter d’un nouvel essor économique après la crise des années 80 pour s’en sortir. Pendant plus de deux décennies, la génération X a gravit les échelons hiérarchique des entreprises et des organisations, et occupent aujourd’hui les postes décisionnels. Cependant, trente ans plus tard, les jeunes des générations Y et Z (ou les enfants du millénaires, nés après 1995) qui arrivent à leur tour sur le marché du travail, revivent la même situation.

Le fiasco financier de la génération X

Dans un article paru récemment dans le Business Insider – Your Money ; The Stunning Fall of Generation X,  la journaliste Mandi Woodruff relève quelques données du rapport de Pew Research/Urban Institute, qui démontrent que pendant les vingt dernières années (de 1989 à 2007), les plus vieilles générations se sont malgré tout enrichies, et ce, au détriment des plus jeunes.

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Selon cette étude, entre 1989 et 2007, soit entre les deux récessions, les plus vieux de la génération X (nés entre 1962 et 1970) ont connus un accroissement de leur revenus de plus de 1049%, suivis des plus jeunes baby-boomers (nés entre 1954 et 1962) avec une hausse de 675%. Ces deux cohortes de générations (entre 19 et 35 ans en 1983) ont occupés pendant près de deux décennies la grande majorité des postes disponibles sur le marché du travail, et ont pu voir leur valeur financière augmenter durant ces années.

Cependant, depuis, la situation financière des X s’est considérablement détériorée. En fait, ces études démontrent que la génération X ne s’est jamais complètement relevée de la crise des années 80, et que depuis la récession de 2007, sa valeur financière a chutée en-deça du niveau de 1983.  Selon les données du Survey of Consumers Finances, la récente récession de 2007, a littéralement dévasté la génération X, faisant passer son revenu moyen de 75 000 $ en 2007, à un plafond de 41 500 $, trois ans plus tard. Selon cette étude, les avoirs de la génération X valaient en 2010 moins de la moitié du poids de leurs dettes et hypothèques, qui sont passés de 20 000 $ en 1998, à près de 90 000 $ dix ans plus tard. Forcés de s’endetter davantage pour rencontrer leurs obligations, l’accroissement de la valeur financière de la génération X n’est plus que de 26% depuis la fin de la récession des années 80 (vs 1049% de 1989 à 2007).

L’enjeu des nouvelles générations

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La chute vertigineuse de la génération X (et des plus jeunes boomers) a fait de sévères dommages collatéraux sur la génération Y (nés entre 1979 et 1995).  Selon les données relevées par le Urban Institute en 2010, les jeunes de 19 à 35 ans d’aujourd’hui (la génération Y) vivent moins fortunés (de 16%) que les jeunes de l’époque, la génération X d’aujourd’hui.  Il y a donc une importante fracture économique qui s’est créée entre les deux générations en moins de vingt ans. Un fossé que la génération X devra vite trouver le moyen de combler.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Y et Z se retrouvent confrontés à leur tour à une situation catastrophique, due en grande partie à cet écart de richesse entre les générations. Depuis la récession de 2007, l’économie globale s’est littéralement étranglée, et partout dans le monde, le taux de chômage des jeunes de 19 à 25 ans atteint des niveaux record, suscitant partout le soulèvement des foules. Et, depuis 2010, une première cohorte de la génération Z (nés après 1995) vient s’ajouter à ce groupe, en débarquant à son tour dans un marché du travail engorgé.

Dans moins de cinq ans, la génération X, qui dirige dorénavant les entreprises et les organisations, devra avoir redressé la situation, et diminué l’écart de richesse avec les générations précédentes. À l’ère numérique, devant le défi de taille qui nous attend, les dirigeants devront entreprendre le virage social, pour faire fructifier cette richesse et la redistribuer, en partageant avec les plus jeunes générations.

Pendant près de vingt ans, la génération X (et les jeunes boomers) s’est enrichie aux dépens des autres générations. L’enjeu des nouvelles générations repose donc sur leurs épaules.  Ils devront assumer le fardeau social des aînés, et permettre aux jeunes des générations Y et Z de se réaliser pour fonder à leur tour une famille. C’est finalement l’avenir des générations futures (la génération ALPHA, nés après 2011) qui en dépendra.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que la génération X (et les jeunes boomers) ont une dette sociale face aux nouvelles générations? Exprimez et partagez votre opinion.

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Generation C : Comprendre l’ABC du XYZ

posted by Raymond Morin on lundi, avril 29th 2013

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Par Raymond Morin

(NDLR : Cet article a été publié initialement sur le site du webzine français Locita (24 Octobre 2011), et partiellement repris dans l’article Le défi des nouvelles générations, sur Virage 2.0, et [Naro] Minded, en février 2013)

Le lourd fardeau social de la génération Z

Les natifs numériques (ou génération Z), qui sont nés avec le World Wide Web et l’ère numérique (après 1994) portent un lourd fardeau. Trop souvent décriés à travers les médias sociaux par leurs aînés pour leur manque de culture générale, c’est néanmoins sur eux et les générations futures que repose déjà l’avenir de notre planète, et les promesses de grands changements sociaux.

The ABC of XYZDans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Global Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier des générations :

*  les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées

* les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

* les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent,

La nouvelle science de la sociologie démontrerait que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment toujours plus jeunes. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux…

Or, selon la théorie de McCrindle, la situation de la génération Z (ou natifs numériques) s’inscrirait dans le cycle générationnel, au début de la chaine, et se retrouverait dans la même situation que celle qu’ont vécus la génération silencieuse (nés entre 1929 et 1945) durant les années 30-40, et les baby-boomers durant les années 60-70.

Les Baby-Boomers et les Echo-Boomers : un même combat !

Malgré ces similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z diffère beaucoup de celle de nos aînés de la génération silenceuse, et se rapproche davantage de celle vécue par les baby-boomers.

On appelle aussi aussi cette génération, les Écho Boomers, en référence au lien qui les unit justement aux Baby-Boomers. 50 ans plus tôt, les Baby-Boomers avaient, eux aussi, un accès privilégié à l’information par le biais d’une nouvelle technologie : la télévision. Largement engagés dans des changements sociaux majeurs, les boomers ont choisit de retarder les familles et de défendre d’abord leur combat, tout comme les jeunes de la génération Z le démontrent à leur tour.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Z ont une approche multi-tâches naturelle, presque innée. Pour eux le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personnalité, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est presque formatée à partir de leur vie digitale.

images-3Enfants des plus vieux de la génération Y (et des plus jeunes de la génération X), ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécu leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connu la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. Plus récemment, ils se retrouvaient à l’avant-scène du mouvement d’Occupy Wall Street, du Printemps Arabe et des mouvements de contestations étudiantes.

Dans un article, paru en avril 2012 : The World’s Unemployed Youth : Revolution In The Air ? , l’auteur et conférencier canadien Don Tapscott, souligne que dans les pays touchés par les événements du printemps dernier, 24% des jeunes de 18 à 25 ans ne peuvent trouver d’emploi. Du même souffle, il rappelle aussi qu’au Royaume-Uni la situation n’est guère plus reluisante alors que les jeunes de 16 à 24 ans représentent plus de 40% des chômeurs du pays, soit plus de 1 million de jeunes adultes.

Selon un récent sondage, plus de la moitié des jeunes britanniques songent même émigrer pour se trouver un job convenable. D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, aux Etats-Unis, comme en France, les chiffres sont comparables: 1 chômeur sur 5 est âgé de moins de 25 ans…

Dans son article, Don Tapscott établit, avec justesse, le lien entre plusieurs événements qui ont marqués cette époque. Notamment, avec les événements de Mai 68 en France, alors que tout avait débuté avec un sit-in défiant le gouvernement de Charles De Gaulle. Après 2 semaines, plus de 11 millions de travailleurs français débrayaient. Les jeunes ont aussi joué un rôle prédominant dans le Printemps de Praque en Tchéchoslovaquie, tandis qu’en Allemagne de l’Ouest, c’est aussi un mouvement étudiant qui s’est trouvé à l’origine de la chute du Mur de Berlin. Tandis qu’aux Etats-Unis, cette révolte s’est traduite par des manifestations contre la Guerre du Vietnam, et qu’au Québec, nous traversions la Crise d’Octobre et les mesures de guerre…

Quel avenir pour la prochaine génération Alpha?

Selon la théorie de McCrindle, on peut effectivement s’attendre à un nouveau choc générationnel avec l’arrivée de la prochaine génération Alpha (nés après 2011). Les nouveaux paradigmes amenés par chacune des générations à venir continueront de se heurter, et de se confronter, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs idéologiques, et de profondes mutations sociales.

Les nouvelles générations se retrouveront naturellement au cœur de ces bouleversements sociaux. On doit donc poursuivre nos recherches, et rester à l’écouter de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui les motive et ce qui les anime. À travers les médias sociaux et les nouvelles technologies, les nouvelles générations continueront d’évoluer et de se réaliser personnellement et professionnellement. Ce sera à nous, les générations précédentes, de nous adapter…

 

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Generation C : Une question de connexion

posted by Raymond Morin on dimanche, avril 28th 2013

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Par Raymond Morin

(NDLR : Certains paragraphes utilisés dans cet article ont été publiés initialement sur le site du webzine français Locita (10 Octobre 2011)

Génération C et natifs numériques : Deux notions différentes ! 

Plusieurs autres auteurs, et plusieurs organisations, se sont penchés au cours des dernières années sur la nouvelle génération de consommateurs connectés sur Internet et les médias sociaux, pour mieux comprendre comment l’économie et le monde des affaires ont changés, et comment on doit s’y adapter. 

Darwinisme numériqueCependant, je constate que plusieurs observateurs, encore aujourd’hui, continuent d’associer, à tort, le concept de Génération C aux «enfants du millénaire», nés après 1994. Or, cette notion de consommateurs branchés, axée sur les contenus, n’est pourtant apparue qu’en 2004, quelques années après que Marc Prensky ait lui-même introduit le concept des natifs numériques.

Bien sûr, les nouvelles générations (Y et Z) constituent les plus grands défis, et méritent qu’on y accorde une importance particulière parce qu’ils représentent le plus important bassin de nouveaux utilisateurs-consommateurs à travers les médias sociaux. Mes deux fils, qui ont grandis avec cette nouvelle génération Z, m’en apportent quotidiennement le meilleur exemple.

Aujourd’hui on ne peut plus ignorer les autres générations qui ont aussi adoptés les médias sociaux et les nouvelles technologies, et qui représentent autant de nouveaux consomm’acteurs. Si on veut obtenir un portrait complet des nouveaux consommateurs à l’ère numérique, on doit cesser de focuser uniquement sur les nouvelles génération Y et Z, et considérer également la génération X, les baby-boomers, et même les aînés, dans la balance.

Natifs numériques : Remettre les pendules à l’heure!

Digital NativesC’est au tournant du siècle que Mark Prensky a introduit la notion de natifs numériques. Dans un article intitulé Digital Immigrants, Digital Natives (paru en octobre 2001, dans le Journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9, No. 5)), il signalait déjà la fracture générationnelle qui se vivait dans sa propre classe en soulignant la venue d’une nouvelle génération née de l’ère numérique.

Une nouvelle génération multi-fonctionnelle, née après 1994, qui a évoluée avec les supports numériques, les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et le World Wide Web. Une nouvelle génération qui arrive donc, sur le marché du travail avec de nouveaux paradigmes qui bouleversent complètement le fonctionnement des entreprises. On leur prête plusieurs autres noms ; de la Net Generation à la Génération Z, en passant par les «enfants du millénaire» ou «millenials».

Ce n’est que quelques années plus tard qu’est apparue la notion de Génération C, avec une nouvelle approche qui dépassait le cadre générationnel basé sur des catégories d’âge.

Génération C : une nouvelle approche générationnelle

canonProEn 2004, l’équipe du magazine hollandais TrendWatching a décidé d’étudier de plus près les comportements des utilisateurs des nouveaux médias sociaux. En faisant l’analyse de leurs agissements comme consommateurs, ils ont rapidement constaté l’importance des contenus et des recommandations qu’ils génèrent dans le flux des communications, et l’impact que ça créait sur les activités de commerce en ligne. Ils ont alors choisit de nommer ces nouveaux influenceurs-créateurs de contenus, la  «Generation C» pour contenus. 

Dès la première parution du dossier, en février 2004, la rédaction a voulut éviter tout malentendu en spécifiant très clairement que son approche dépasse les cadres générationnels conventionnels, et qu’elle s’étend à l’ensemble des nouveaux consommateurs peu importe leur catégorie d’âge. En amenant ce nouveau concept de Génération C, l’équipe du TrendWatching cherchait plutôt à comprendre comment le comportement de ces nouveaux consommateurs influence dorénavant l’économie et la société. 

Et, justement, pour s’assurer de bien cerner le phénomène, et d’obtenir un portrait complet du nouveau consomm’acteurs, les auteurs ont scrutés les agissements de l’ensemble des utilisateurs du Web et des médias sociaux. Ils ne se sont pas limités aux nouvelles générations (Y et Z), et ont analysés les comportements en ligne de tous les utilisateurs, de 12 à 75 ans, incluant la génération X, les baby-boomers et même les aînés dans leurs recherches. Régulièrement, le magazine continue de publier de nouveaux articles sur la nouvelle Génération C, et d’alimenter son dossier sur les nouveaux consomm’acteurs.

Pas une question d’âge, mais de connexion…

En 2012, Brian Solis (Altimeter Group) commente aussi l’émergence de la nouvelle Génération, en détaillant les résultats de deux études dans un long article : Meet Generation C : The Connected Consumer. Une excellente analyse qui a évidemment beaucoup circulé dans les réseaux sociaux, et qu’il faut absolument consulter pour bien comprendre le nouveau paradigme de la Génération C.

Consumer journeyNaturellement, il consacre la première partie de son analyse à la nouvelle génération Y, qui représente la majorité des nouveaux utilisateurs-consommateurs branchés. Mais, il amène rapidement sa réflexion plus loin en comparant les récentes études de Nielsen et IBM Research, pour dresser un parallèle entre l’évolution d’Internet au cours des 10 dernières années et le niveau d’adoption des médias sociaux, et la consommation en ligne, par genre et par génération d’utilisateurs. Les deux études fournissant des données et des statistiques détaillées sur chacune des générations, il finit par établir le constat que la Génération C n’est pas une question d’âge, mais plutôt de connexion. 

En scrutant plus profondément les données des études sur l’accès aux différentes plateformes, la popularité grandissante des contenus enrichis, et l’impact des écrans multiples et des technologies mobiles sur la consommation, il fait aussi ressortir qu’il convient désormais de remplacer notre approche générationnelle conventionnelle par celui de Génération C, qui est beaucoup plus large. Il ne dit pas de remplacer les définitions de génération Y et Z par celle de la Génération C, mais qu’il faut plutôt ouvrir aussi notre analyse aux autres générations, qui prennent d’ailleurs de plus en plus d’importance dans l’échiquier.

Malgré tout, la confusion règne toujours…

Les études d’IBM et Nielsen ne sont pas les seules à décrire la Génération C en des termes plus larges, incluant l’ensemble des nouveaux consommateurs, des nouvelles générations à la génération X, aux baby-boomers et même jusqu’aux aînés (la génération «silencieuse»). Cependant, malgré toutes ces études sérieuses, provenant d’organisations réputées mondialement, plusieurs blogueurs et éditeurs continuent de confondre la Génération C avec les Y ou les Z.

Même le webzine américain Mashable tombait récemment dans le panneau avec l’article de sa chroniqueuse, Zoe Fox, paru le 23 février dernier : Forget about the Generation Y : 18 – to 34 – year-olds are now Generation C. En 2012, la firme Nielsen qui s’était associée a NM Incite, publiait elle aussi un billet dont le titre pouvait déjà mener à la confusion qui règne actuellement sur la question de la Génération C : Introducing Generation C : Americans 18-34 are the most connected. Or, depuis la sortie de l’article de Mashable (1 an plus tard), Nielsen a, semble-t-il, retiré cette étude de son site (les liens fournis par Mashable et Brian Solis ne fonctionnaient plus au moment d’écrire cet article).

Aujourd’hui, alors que l’avenir des professionnels et des entreprises dépend d’un meilleure compréhension et d’un meilleur rapport avec cette nouvelle génération de consommateurs qui se retrouvent dans les médias sociaux, je crois qu’il temps de regarder les générations sous un angle différent. À l’ère du «darwinisme numérique», où les technologies évoluent plus rapidement que le cerveau humain est capable d’apprendre, on doit cesser d’analyser les générations selon des catégories d’âge. À notre époque, l’approche démographique de Mannheim (qui date du début du siècle dernier) ne tient plus la route. (lire aussi : Génération C – Le choc des générations)

Qu’en pensez-vous? Partagez votre opinion sur le sujet, et commentez cet article sur cette page. Et, n’hésitez pas à le partager dans vos réseaux sociaux, en mentionnant la source. 

 

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Génération C : Le choc des générations

posted by Raymond Morin on vendredi, avril 26th 2013

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par Raymond Morin

La sociologie générationnelle : une science qui évolue!

Au début du siècle dernier, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que les générations se renouvèlent à chaque période de 16 à 18 ans, soit le temps nécessaire pour assurer une descendance. Son étude relevait notamment le fait que les grands changements sociaux qui caractérisent les générations s’inscrivent durant cette période d'évolution. C'était alors tout à fait logique de croire que les générations peuvent s'analyser et se comprendre sur des périodes déterminées.

getimageCe n’est toutefois qu’à la fin des années 80 que cette notion a vraiment évolué avec la parution du livre «Sociologie des générations, l’empreinte du temps». Dans son ouvrage, la française Claudine Attias-Donfut avançait alors que la sociologie générationnelle ne correspondait déjà plus à la complexité de notre société en constante évolution. Qu’il fallait donc s’attarder davantage aux comportements qui caractérisent les nouvelles générations.

La Génération C : Au coeur d'un nouveau pouvoir économique! 

Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’humanité fut entrainée dans une profonde mutation technologique et sociologique. Près de quarante-cinq ans plus tard, l’utilisateur d’Internet se retrouve plus que jamais au centre de cette importante révolution sociale.

À travers le maelstrom de l’ère numérique, le choc des générations soulève des vagues de fond qui touchent tous les secteurs de l’économie mondiale. Des aînés de la génération silencieuse (1929-1944) aux baby-boomers de l’après-guerre (1945-1961), jusqu’aux générations X (1962-1978),  et Y (1979-1994), chaque nouvelle génération fut porteuse de changements majeurs qui ont modifié le cours de leur société contemporaine. 

Avec l’arrivée de la Génération Z, les premiers natifs numériques (nés après 1994), sur le marché du travail, les entreprises se voient contraintes de changer leurs méthodes de travail et de collaboration. L’utilisateur, qui tient un rôle toujours plus déterminant dans la révolution des médias sociaux et des technologies mobiles, impose une révision en profondeur des approches de vente et de marketing. Grâce aux nouvelles technologies il est devenu un consomm'acteur ; il recherche la meilleure qualité/prix sur toute la ligne.

Pour réussir, l’entrepreneur 2.0 doit adopter une nouvelle attitude pour se rapprocher de cette nouvelle clientèle. Pour rétablir la communication, il doit faire preuve d’ouverture, de réceptivité et de support auprès des nouveaux utilisateurs des médias sociaux, de 12 à 75 ans. Il doit tenter de mieux comprendre les motivations et aspirations des nouveaux consomm'acteurs qu'on regroupe désormais sous la Génération C. (lire aussi : Génération C : Une question de connexion)

(NDLR: Cet article a été publié initialement dans le webzine français Locita – 26 septembre 2011)

Qu’en pensez-vous? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur la Génération C.

 

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Génération C : Le défi des nouvelles générations

posted by Raymond Morin on lundi, février 4th 2013

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Les mythes du travail salarié déboulonnés,

par Raymond Morin

Note: Cet article a été publié initialement sur le blogue de Genaro Brady :  [Naro] Minded

Aujourd'hui, de plus en plus de professionnel(le)s et d'entrepreneurs indépendants, de tous les secteurs d'activités, utilisent le Web et les médias sociaux pour offrir leurs produits et services, ou pour promouvoir leur carrière. Ils savent qu'ils pourront profiter de nombreuses plateformes interactives, et d'une multitude d'applications, pour afficher leurs réalisations, portfolios et CV en ligne de manière dynamique, et faire valoir leurs compétences de plusieurs autres façons. Même les plus importants influenceurs et leaders politiques de la planète jouent la carte des médias sociaux durant leur campagne. 

Selon les plus récentes données de l'Institut de la Statistique du Québec, les entrepreneurs indépendants représentent le segment de marché du travail qui affiche le plus haut taux de croissance des dernières années, en hausse constante depuis 1976. Une montée des travailleurs autonomes, observée un peu partout à travers le monde, et qui peut s'expliquer de plusieurs façons.

Au fil des années, plusieurs mythes sont tombés chez les travailleurs salariés. La plupart des grandes entreprises éprouvent de sérieuses difficultés financières, et la sécurité de l'emploi corporatif n'existe plus. La classe moyenne se dilue, et les travailleurs ont cessés de rêver aux retraites dorées et aux montres plaquées après 25 ans de loyaux services. Le chômage atteint des niveaux records partout dans le monde, et plus particulièrement chez les jeunes générations (jusqu'à 60% de chômage chez les jeunes de 18-25 ans en Grèce). 

Dans un tel contexte, il ne faut pas s'étonner de la recrudescence des travailleurs autonomes et des entrepreneurs indépendants. Selon James Altucher, l'auteur de 40 Alternatives to College, cette mouvance vers le travail autonome continuera de s'affirmer au cours des prochaines années. On verra de plus en plus d'entrepreneurs indépendants, de consultants et de «cols bleus» débarquer sur le Web dans l'espoir d'y réussir une nouvelle carrière, et de réaliser leurs ambitions, même au détriment d'une sécurité financière. 

Les leviers de l'entrepreneuriat indépendant

Dans un récent article intitulé 10 Reasons Why 2013 Will Be The Year You Quit Your Job, l'auteur américain en rajoutes, et soutient que le moment est plus propice que jamais pour se lancer en affaires. Et, que ce n'est peut-être pas pour les raisons qu'on serait portés à croire au début. 

Dans son billet, paru récemment dans TechCrunch, Altucher souligne que le contexte actuel des nouvelles technologies mobiles et des médias sociaux est plus propice que jamais pour l'entrepreneuriat indépendant. Aujourd'hui, les innovations technologiques et les réseaux sociaux, toujours de plus en plus accessibles, offrent une multitude d'opportunités aux professionnels qui visent l'indépendance.

Via le Web et les réseaux sociaux, ils peuvent accéder aux meilleures formations, apprendre à utiliser les meilleurs outils, et profiter des conseils des spécialistes les plus reconnus. À travers les réseaux sociaux, ils savent qu'ils pourront aussi rejoindre leur clientèle potentielle, et développer des réseaux de collaborateurs à l'échelle internationale. 

Cette nouvelle génération de travailleurs indépendants, aux compétences multiples, ne se limite pas non plus aux jeunes générations (Y et Z), et touche finalement autant la génération X et les baby-boomers. Dans des contextes souvent différents, leurs motivations professionnelles se rejoignent malgré tout dans une volonté commune de mettre de l'avant des projets innovateurs. À l'ère numérique, il faut donc considérer les nouvelles générations par rapport aux changements qu'elles peuvent apporter dans la société.

La génération Z, porteuse de grands changements

  Enfants des plus vieux de la génération Y et des plus jeunes de la génération X, ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécus leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connus la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. 

Dans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Glogal Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier des générations :

·     les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

·     les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées,

·    les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

·    les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent, 

Or, dans son ouvrage McCrindle rappelle que la science de la sociologie a démontré que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment dès leur jeunesse. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux… 

Dans un contexte historique, la situation de la génération Z (ou natifs numériques, nés après 1994) peut se comparer à celle de la génération silencieuse des années 30-40 (1929-1945). Une génération qui a évolué à travers les difficultés de la Grande Crise, et de la Deuxième Guerre Mondiale, mais qui fut en même temps porteuse des grands changements d’après-guerre.

Malgré les similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z n’est pas aussi dramatique que celle de la génération silencieuse. Elle diffère beaucoup de celles de nos aïeux du fait qu’ils bénéficient aujourd’hui d’outils qui leur permettent de mieux affronter les situations de crise. Aujourd’hui, les natifs numériques maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, et s’en servent abondamment pour se réaliser et améliorer leur quotidien. Et, cette nouvelle génération est loin d'être «silencieuse».

Selon une étude de la firme française Infolab, réalisée en 2012, en collaboration avec Habbo Hotel, les jeunes emos (pour émotionnels) de la génération Z ne conçoivent plus que l’on puisse se passer de ces outils dans la vie de tous les jours, encore moins au travail. Aussi appelés Echo-Boomers (pour les rapports étroits entretenus avec leurs grand-parents, les boomers), ces jeunes ont une approche multi-tâches naturelle, presqu’innée. Pour eux, le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personne, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est pratiquement formatée à partir de leur vie digitale. Les entreprises et les organisations devront donc considérer très sérieusement ces nouveaux paradigmes, pour adopter leur gestion d'embauche et de ressources humaines en conséquence.

Un nouveau choc des générations à prévoir!

 

Dans une quinzaine d’années, peut-être moins, on assistera à l’arrivée massive d’une nouvelle génération, issue d’un nouveau baby-boom ; la génération ALPHA (nés après 2010). S'inscrivant naturellement dans le cycle des générations, elle évoluera en réaction avec la précédente, comme la X la fait avec les baby-boomers, et la Z la fait avec ses parents de la génération Y. 

Suivant la théorie de McCrindle, au cours des années à venir, on peut donc prévoir un nouveau choc générationnel majeur, qui viendra définir un nouvel ordre. Les nouveaux paradigmes vont continuer de se heurter, et de se confronter au fil des générations, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs d’idéologies et de profondes mutations sociales. Évidemment, les nouvelles générations se trouveront toujours au cœur de ces bouleversements sociaux.

Il faudra poursuivre les recherches et demeurer à l’écoute de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui anime et motive ces nouvelles générations. Pour y arriver, il faudra vite accorder une place plus importante à ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler la science du Web, pour vraiment cerner l’impact qu’elles auront sur notre société, nos organisations et nos entreprises.

À travers les médias sociaux, Internet et les nouvelles technologies, la génération Z, et ALPHA après elle, continueront d’évoluer, et de se réaliser individuellement, et professionnellement. Car, ces deux nouvelles générations portent déjà en elles l’avenir de notre société. Les germes d’une prochaine révolution sociale… celle de la gouvernance 2.0 ! À nous d’y voir aussi !

 

 

Qu’en pensez-vous ? Croyez qu'un nouveau choc des générations est à prévoir ? Ou sommes-nous déjà au beau milieu d'une nouvelle crise générationnelle? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur le sujet. 


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