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La dette sociale de la Génération X (et des jeunes boomers)

posted by Raymond Morin on Mercredi, juin 12th 2013

Par Raymond Morin

Le rêve brisé des générations abandonnées

imgresD’une génération à l’autre, on grandit avec la certitude que l’on pourra réussir mieux et davantage que les générations précédentes. C’est le moteur du progrès, la source de motivation qui pousse les générations à se dépasser.  Pour chaque individu, c’est le rêve qui nourrit l’espoir d’une vie meilleure.

Ce rêve s’est cependant brisé quelque part entre les années 60 et 80, avec la génération X (nés entre 1962 et 1979).  Arrivés sur le marché du travail durant la récession des années 80, les jeunes de cette nouvelle génération ont plus difficilement encaissés la crise. Abandonnée, en quelques sortes par les générations précédentes, qui ont abusés du «boom» économique des années 60-70, la génération X s’est retrouvée confrontée à un marché du travail de plus en plus fermé, et condamnée au chômage. Grevée dès le départ par d’importantes dettes d’études, la génération X s’est retrouvée lourdement hypothéquée.

Heureusement, elle a pu profiter d’un nouvel essor économique après la crise des années 80 pour s’en sortir. Pendant plus de deux décennies, la génération X a gravit les échelons hiérarchique des entreprises et des organisations, et occupent aujourd’hui les postes décisionnels. Cependant, trente ans plus tard, les jeunes des générations Y et Z (ou les enfants du millénaires, nés après 1995) qui arrivent à leur tour sur le marché du travail, revivent la même situation.

Le fiasco financier de la génération X

Dans un article paru récemment dans le Business Insider – Your Money ; The Stunning Fall of Generation X,  la journaliste Mandi Woodruff relève quelques données du rapport de Pew Research/Urban Institute, qui démontrent que pendant les vingt dernières années (de 1989 à 2007), les plus vieilles générations se sont malgré tout enrichies, et ce, au détriment des plus jeunes.

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Selon cette étude, entre 1989 et 2007, soit entre les deux récessions, les plus vieux de la génération X (nés entre 1962 et 1970) ont connus un accroissement de leur revenus de plus de 1049%, suivis des plus jeunes baby-boomers (nés entre 1954 et 1962) avec une hausse de 675%. Ces deux cohortes de générations (entre 19 et 35 ans en 1983) ont occupés pendant près de deux décennies la grande majorité des postes disponibles sur le marché du travail, et ont pu voir leur valeur financière augmenter durant ces années.

Cependant, depuis, la situation financière des X s’est considérablement détériorée. En fait, ces études démontrent que la génération X ne s’est jamais complètement relevée de la crise des années 80, et que depuis la récession de 2007, sa valeur financière a chutée en-deça du niveau de 1983.  Selon les données du Survey of Consumers Finances, la récente récession de 2007, a littéralement dévasté la génération X, faisant passer son revenu moyen de 75 000 $ en 2007, à un plafond de 41 500 $, trois ans plus tard. Selon cette étude, les avoirs de la génération X valaient en 2010 moins de la moitié du poids de leurs dettes et hypothèques, qui sont passés de 20 000 $ en 1998, à près de 90 000 $ dix ans plus tard. Forcés de s’endetter davantage pour rencontrer leurs obligations, l’accroissement de la valeur financière de la génération X n’est plus que de 26% depuis la fin de la récession des années 80 (vs 1049% de 1989 à 2007).

L’enjeu des nouvelles générations

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La chute vertigineuse de la génération X (et des plus jeunes boomers) a fait de sévères dommages collatéraux sur la génération Y (nés entre 1979 et 1995).  Selon les données relevées par le Urban Institute en 2010, les jeunes de 19 à 35 ans d’aujourd’hui (la génération Y) vivent moins fortunés (de 16%) que les jeunes de l’époque, la génération X d’aujourd’hui.  Il y a donc une importante fracture économique qui s’est créée entre les deux générations en moins de vingt ans. Un fossé que la génération X devra vite trouver le moyen de combler.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Y et Z se retrouvent confrontés à leur tour à une situation catastrophique, due en grande partie à cet écart de richesse entre les générations. Depuis la récession de 2007, l’économie globale s’est littéralement étranglée, et partout dans le monde, le taux de chômage des jeunes de 19 à 25 ans atteint des niveaux record, suscitant partout le soulèvement des foules. Et, depuis 2010, une première cohorte de la génération Z (nés après 1995) vient s’ajouter à ce groupe, en débarquant à son tour dans un marché du travail engorgé.

Dans moins de cinq ans, la génération X, qui dirige dorénavant les entreprises et les organisations, devra avoir redressé la situation, et diminué l’écart de richesse avec les générations précédentes. À l’ère numérique, devant le défi de taille qui nous attend, les dirigeants devront entreprendre le virage social, pour faire fructifier cette richesse et la redistribuer, en partageant avec les plus jeunes générations.

Pendant près de vingt ans, la génération X (et les jeunes boomers) s’est enrichie aux dépens des autres générations. L’enjeu des nouvelles générations repose donc sur leurs épaules.  Ils devront assumer le fardeau social des aînés, et permettre aux jeunes des générations Y et Z de se réaliser pour fonder à leur tour une famille. C’est finalement l’avenir des générations futures (la génération ALPHA, nés après 2011) qui en dépendra.

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que la génération X (et les jeunes boomers) ont une dette sociale face aux nouvelles générations? Exprimez et partagez votre opinion.

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Generation C : Comprendre l’ABC du XYZ

posted by Raymond Morin on Lundi, avril 29th 2013

Par Raymond Morin

(NDLR : Cet article a été publié initialement sur le site du webzine français Locita (24 Octobre 2011), et partiellement repris dans l’article Le défi des nouvelles générations, sur Virage 2.0, et [Naro] Minded, en février 2013)

Le lourd fardeau social de la génération Z

Les natifs numériques (ou génération Z), qui sont nés avec le World Wide Web et l’ère numérique (après 1994) portent un lourd fardeau. Trop souvent décriés à travers les médias sociaux par leurs aînés pour leur manque de culture générale, c’est néanmoins sur eux et les générations futures que repose déjà l’avenir de notre planète, et les promesses de grands changements sociaux.

The ABC of XYZDans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Global Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier des générations :

*  les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées

* les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

* les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent,

La nouvelle science de la sociologie démontrerait que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment toujours plus jeunes. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux…

Or, selon la théorie de McCrindle, la situation de la génération Z (ou natifs numériques) s’inscrirait dans le cycle générationnel, au début de la chaine, et se retrouverait dans la même situation que celle qu’ont vécus la génération silencieuse (nés entre 1929 et 1945) durant les années 30-40, et les baby-boomers durant les années 60-70.

Les Baby-Boomers et les Echo-Boomers : un même combat !

Malgré ces similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z diffère beaucoup de celle de nos aînés de la génération silenceuse, et se rapproche davantage de celle vécue par les baby-boomers.

On appelle aussi aussi cette génération, les Écho Boomers, en référence au lien qui les unit justement aux Baby-Boomers. 50 ans plus tôt, les Baby-Boomers avaient, eux aussi, un accès privilégié à l’information par le biais d’une nouvelle technologie : la télévision. Largement engagés dans des changements sociaux majeurs, les boomers ont choisit de retarder les familles et de défendre d’abord leur combat, tout comme les jeunes de la génération Z le démontrent à leur tour.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Z ont une approche multi-tâches naturelle, presque innée. Pour eux le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personnalité, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est presque formatée à partir de leur vie digitale.

images-3Enfants des plus vieux de la génération Y (et des plus jeunes de la génération X), ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécu leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connu la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. Plus récemment, ils se retrouvaient à l’avant-scène du mouvement d’Occupy Wall Street, du Printemps Arabe et des mouvements de contestations étudiantes.

Dans un article, paru en avril 2012 : The World’s Unemployed Youth : Revolution In The Air ? , l’auteur et conférencier canadien Don Tapscott, souligne que dans les pays touchés par les événements du printemps dernier, 24% des jeunes de 18 à 25 ans ne peuvent trouver d’emploi. Du même souffle, il rappelle aussi qu’au Royaume-Uni la situation n’est guère plus reluisante alors que les jeunes de 16 à 24 ans représentent plus de 40% des chômeurs du pays, soit plus de 1 million de jeunes adultes.

Selon un récent sondage, plus de la moitié des jeunes britanniques songent même émigrer pour se trouver un job convenable. D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, aux Etats-Unis, comme en France, les chiffres sont comparables: 1 chômeur sur 5 est âgé de moins de 25 ans…

Dans son article, Don Tapscott établit, avec justesse, le lien entre plusieurs événements qui ont marqués cette époque. Notamment, avec les événements de Mai 68 en France, alors que tout avait débuté avec un sit-in défiant le gouvernement de Charles De Gaulle. Après 2 semaines, plus de 11 millions de travailleurs français débrayaient. Les jeunes ont aussi joué un rôle prédominant dans le Printemps de Praque en Tchéchoslovaquie, tandis qu’en Allemagne de l’Ouest, c’est aussi un mouvement étudiant qui s’est trouvé à l’origine de la chute du Mur de Berlin. Tandis qu’aux Etats-Unis, cette révolte s’est traduite par des manifestations contre la Guerre du Vietnam, et qu’au Québec, nous traversions la Crise d’Octobre et les mesures de guerre…

Quel avenir pour la prochaine génération Alpha?

Selon la théorie de McCrindle, on peut effectivement s’attendre à un nouveau choc générationnel avec l’arrivée de la prochaine génération Alpha (nés après 2011). Les nouveaux paradigmes amenés par chacune des générations à venir continueront de se heurter, et de se confronter, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs idéologiques, et de profondes mutations sociales.

Les nouvelles générations se retrouveront naturellement au cœur de ces bouleversements sociaux. On doit donc poursuivre nos recherches, et rester à l’écouter de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui les motive et ce qui les anime. À travers les médias sociaux et les nouvelles technologies, les nouvelles générations continueront d’évoluer et de se réaliser personnellement et professionnellement. Ce sera à nous, les générations précédentes, de nous adapter…

 

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Generation C : Une question de connexion

posted by Raymond Morin on Dimanche, avril 28th 2013

Par Raymond Morin

(NDLR : Certains paragraphes utilisés dans cet article ont été publiés initialement sur le site du webzine français Locita (10 Octobre 2011)

Génération C et natifs numériques : Deux notions différentes ! 

Plusieurs autres auteurs, et plusieurs organisations, se sont penchés au cours des dernières années sur la nouvelle génération de consommateurs connectés sur Internet et les médias sociaux, pour mieux comprendre comment l’économie et le monde des affaires ont changés, et comment on doit s’y adapter. 

Darwinisme numériqueCependant, je constate que plusieurs observateurs, encore aujourd’hui, continuent d’associer, à tort, le concept de Génération C aux «enfants du millénaire», nés après 1994. Or, cette notion de consommateurs branchés, axée sur les contenus, n’est pourtant apparue qu’en 2004, quelques années après que Marc Prensky ait lui-même introduit le concept des natifs numériques.

Bien sûr, les nouvelles générations (Y et Z) constituent les plus grands défis, et méritent qu’on y accorde une importance particulière parce qu’ils représentent le plus important bassin de nouveaux utilisateurs-consommateurs à travers les médias sociaux. Mes deux fils, qui ont grandis avec cette nouvelle génération Z, m’en apportent quotidiennement le meilleur exemple.

Aujourd’hui on ne peut plus ignorer les autres générations qui ont aussi adoptés les médias sociaux et les nouvelles technologies, et qui représentent autant de nouveaux consomm’acteurs. Si on veut obtenir un portrait complet des nouveaux consommateurs à l’ère numérique, on doit cesser de focuser uniquement sur les nouvelles génération Y et Z, et considérer également la génération X, les baby-boomers, et même les aînés, dans la balance.

Natifs numériques : Remettre les pendules à l’heure!

Digital NativesC’est au tournant du siècle que Mark Prensky a introduit la notion de natifs numériques. Dans un article intitulé Digital Immigrants, Digital Natives (paru en octobre 2001, dans le Journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9, No. 5)), il signalait déjà la fracture générationnelle qui se vivait dans sa propre classe en soulignant la venue d’une nouvelle génération née de l’ère numérique.

Une nouvelle génération multi-fonctionnelle, née après 1994, qui a évoluée avec les supports numériques, les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et le World Wide Web. Une nouvelle génération qui arrive donc, sur le marché du travail avec de nouveaux paradigmes qui bouleversent complètement le fonctionnement des entreprises. On leur prête plusieurs autres noms ; de la Net Generation à la Génération Z, en passant par les «enfants du millénaire» ou «millenials».

Ce n’est que quelques années plus tard qu’est apparue la notion de Génération C, avec une nouvelle approche qui dépassait le cadre générationnel basé sur des catégories d’âge.

Génération C : une nouvelle approche générationnelle

canonProEn 2004, l’équipe du magazine hollandais TrendWatching a décidé d’étudier de plus près les comportements des utilisateurs des nouveaux médias sociaux. En faisant l’analyse de leurs agissements comme consommateurs, ils ont rapidement constaté l’importance des contenus et des recommandations qu’ils génèrent dans le flux des communications, et l’impact que ça créait sur les activités de commerce en ligne. Ils ont alors choisit de nommer ces nouveaux influenceurs-créateurs de contenus, la  «Generation C» pour contenus. 

Dès la première parution du dossier, en février 2004, la rédaction a voulut éviter tout malentendu en spécifiant très clairement que son approche dépasse les cadres générationnels conventionnels, et qu’elle s’étend à l’ensemble des nouveaux consommateurs peu importe leur catégorie d’âge. En amenant ce nouveau concept de Génération C, l’équipe du TrendWatching cherchait plutôt à comprendre comment le comportement de ces nouveaux consommateurs influence dorénavant l’économie et la société. 

Et, justement, pour s’assurer de bien cerner le phénomène, et d’obtenir un portrait complet du nouveau consomm’acteurs, les auteurs ont scrutés les agissements de l’ensemble des utilisateurs du Web et des médias sociaux. Ils ne se sont pas limités aux nouvelles générations (Y et Z), et ont analysés les comportements en ligne de tous les utilisateurs, de 12 à 75 ans, incluant la génération X, les baby-boomers et même les aînés dans leurs recherches. Régulièrement, le magazine continue de publier de nouveaux articles sur la nouvelle Génération C, et d’alimenter son dossier sur les nouveaux consomm’acteurs.

Pas une question d’âge, mais de connexion…

En 2012, Brian Solis (Altimeter Group) commente aussi l’émergence de la nouvelle Génération, en détaillant les résultats de deux études dans un long article : Meet Generation C : The Connected Consumer. Une excellente analyse qui a évidemment beaucoup circulé dans les réseaux sociaux, et qu’il faut absolument consulter pour bien comprendre le nouveau paradigme de la Génération C.

Consumer journeyNaturellement, il consacre la première partie de son analyse à la nouvelle génération Y, qui représente la majorité des nouveaux utilisateurs-consommateurs branchés. Mais, il amène rapidement sa réflexion plus loin en comparant les récentes études de Nielsen et IBM Research, pour dresser un parallèle entre l’évolution d’Internet au cours des 10 dernières années et le niveau d’adoption des médias sociaux, et la consommation en ligne, par genre et par génération d’utilisateurs. Les deux études fournissant des données et des statistiques détaillées sur chacune des générations, il finit par établir le constat que la Génération C n’est pas une question d’âge, mais plutôt de connexion. 

En scrutant plus profondément les données des études sur l’accès aux différentes plateformes, la popularité grandissante des contenus enrichis, et l’impact des écrans multiples et des technologies mobiles sur la consommation, il fait aussi ressortir qu’il convient désormais de remplacer notre approche générationnelle conventionnelle par celui de Génération C, qui est beaucoup plus large. Il ne dit pas de remplacer les définitions de génération Y et Z par celle de la Génération C, mais qu’il faut plutôt ouvrir aussi notre analyse aux autres générations, qui prennent d’ailleurs de plus en plus d’importance dans l’échiquier.

Malgré tout, la confusion règne toujours…

Les études d’IBM et Nielsen ne sont pas les seules à décrire la Génération C en des termes plus larges, incluant l’ensemble des nouveaux consommateurs, des nouvelles générations à la génération X, aux baby-boomers et même jusqu’aux aînés (la génération «silencieuse»). Cependant, malgré toutes ces études sérieuses, provenant d’organisations réputées mondialement, plusieurs blogueurs et éditeurs continuent de confondre la Génération C avec les Y ou les Z.

Même le webzine américain Mashable tombait récemment dans le panneau avec l’article de sa chroniqueuse, Zoe Fox, paru le 23 février dernier : Forget about the Generation Y : 18 – to 34 – year-olds are now Generation C. En 2012, la firme Nielsen qui s’était associée a NM Incite, publiait elle aussi un billet dont le titre pouvait déjà mener à la confusion qui règne actuellement sur la question de la Génération C : Introducing Generation C : Americans 18-34 are the most connected. Or, depuis la sortie de l’article de Mashable (1 an plus tard), Nielsen a, semble-t-il, retiré cette étude de son site (les liens fournis par Mashable et Brian Solis ne fonctionnaient plus au moment d’écrire cet article).

Aujourd’hui, alors que l’avenir des professionnels et des entreprises dépend d’un meilleure compréhension et d’un meilleur rapport avec cette nouvelle génération de consommateurs qui se retrouvent dans les médias sociaux, je crois qu’il temps de regarder les générations sous un angle différent. À l’ère du «darwinisme numérique», où les technologies évoluent plus rapidement que le cerveau humain est capable d’apprendre, on doit cesser d’analyser les générations selon des catégories d’âge. À notre époque, l’approche démographique de Mannheim (qui date du début du siècle dernier) ne tient plus la route. (lire aussi : Génération C – Le choc des générations)

Qu’en pensez-vous? Partagez votre opinion sur le sujet, et commentez cet article sur cette page. Et, n’hésitez pas à le partager dans vos réseaux sociaux, en mentionnant la source. 

 

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Génération C : Le choc des générations

posted by Raymond Morin on Vendredi, avril 26th 2013

par Raymond Morin

La sociologie générationnelle : une science qui évolue!

Au début du siècle dernier, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que les générations se renouvèlent à chaque période de 16 à 18 ans, soit le temps nécessaire pour assurer une descendance. Son étude relevait notamment le fait que les grands changements sociaux qui caractérisent les générations s’inscrivent durant cette période d'évolution. C'était alors tout à fait logique de croire que les générations peuvent s'analyser et se comprendre sur des périodes déterminées.

getimageCe n’est toutefois qu’à la fin des années 80 que cette notion a vraiment évolué avec la parution du livre «Sociologie des générations, l’empreinte du temps». Dans son ouvrage, la française Claudine Attias-Donfut avançait alors que la sociologie générationnelle ne correspondait déjà plus à la complexité de notre société en constante évolution. Qu’il fallait donc s’attarder davantage aux comportements qui caractérisent les nouvelles générations.

La Génération C : Au coeur d'un nouveau pouvoir économique! 

Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’humanité fut entrainée dans une profonde mutation technologique et sociologique. Près de quarante-cinq ans plus tard, l’utilisateur d’Internet se retrouve plus que jamais au centre de cette importante révolution sociale.

À travers le maelstrom de l’ère numérique, le choc des générations soulève des vagues de fond qui touchent tous les secteurs de l’économie mondiale. Des aînés de la génération silencieuse (1929-1944) aux baby-boomers de l’après-guerre (1945-1961), jusqu’aux générations X (1962-1978),  et Y (1979-1994), chaque nouvelle génération fut porteuse de changements majeurs qui ont modifié le cours de leur société contemporaine. 

Avec l’arrivée de la Génération Z, les premiers natifs numériques (nés après 1994), sur le marché du travail, les entreprises se voient contraintes de changer leurs méthodes de travail et de collaboration. L’utilisateur, qui tient un rôle toujours plus déterminant dans la révolution des médias sociaux et des technologies mobiles, impose une révision en profondeur des approches de vente et de marketing. Grâce aux nouvelles technologies il est devenu un consomm'acteur ; il recherche la meilleure qualité/prix sur toute la ligne.

Pour réussir, l’entrepreneur 2.0 doit adopter une nouvelle attitude pour se rapprocher de cette nouvelle clientèle. Pour rétablir la communication, il doit faire preuve d’ouverture, de réceptivité et de support auprès des nouveaux utilisateurs des médias sociaux, de 12 à 75 ans. Il doit tenter de mieux comprendre les motivations et aspirations des nouveaux consomm'acteurs qu'on regroupe désormais sous la Génération C. (lire aussi : Génération C : Une question de connexion)

(NDLR: Cet article a été publié initialement dans le webzine français Locita – 26 septembre 2011)

Qu’en pensez-vous? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur la Génération C.

 

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Génération C : Le défi des nouvelles générations

posted by Raymond Morin on Lundi, février 4th 2013

Les mythes du travail salarié déboulonnés,

par Raymond Morin

Note: Cet article a été publié initialement sur le blogue de Genaro Brady :  [Naro] Minded

Aujourd'hui, de plus en plus de professionnel(le)s et d'entrepreneurs indépendants, de tous les secteurs d'activités, utilisent le Web et les médias sociaux pour offrir leurs produits et services, ou pour promouvoir leur carrière. Ils savent qu'ils pourront profiter de nombreuses plateformes interactives, et d'une multitude d'applications, pour afficher leurs réalisations, portfolios et CV en ligne de manière dynamique, et faire valoir leurs compétences de plusieurs autres façons. Même les plus importants influenceurs et leaders politiques de la planète jouent la carte des médias sociaux durant leur campagne. 

Selon les plus récentes données de l'Institut de la Statistique du Québec, les entrepreneurs indépendants représentent le segment de marché du travail qui affiche le plus haut taux de croissance des dernières années, en hausse constante depuis 1976. Une montée des travailleurs autonomes, observée un peu partout à travers le monde, et qui peut s'expliquer de plusieurs façons.

Au fil des années, plusieurs mythes sont tombés chez les travailleurs salariés. La plupart des grandes entreprises éprouvent de sérieuses difficultés financières, et la sécurité de l'emploi corporatif n'existe plus. La classe moyenne se dilue, et les travailleurs ont cessés de rêver aux retraites dorées et aux montres plaquées après 25 ans de loyaux services. Le chômage atteint des niveaux records partout dans le monde, et plus particulièrement chez les jeunes générations (jusqu'à 60% de chômage chez les jeunes de 18-25 ans en Grèce). 

Dans un tel contexte, il ne faut pas s'étonner de la recrudescence des travailleurs autonomes et des entrepreneurs indépendants. Selon James Altucher, l'auteur de 40 Alternatives to College, cette mouvance vers le travail autonome continuera de s'affirmer au cours des prochaines années. On verra de plus en plus d'entrepreneurs indépendants, de consultants et de «cols bleus» débarquer sur le Web dans l'espoir d'y réussir une nouvelle carrière, et de réaliser leurs ambitions, même au détriment d'une sécurité financière. 

Les leviers de l'entrepreneuriat indépendant

Dans un récent article intitulé 10 Reasons Why 2013 Will Be The Year You Quit Your Job, l'auteur américain en rajoutes, et soutient que le moment est plus propice que jamais pour se lancer en affaires. Et, que ce n'est peut-être pas pour les raisons qu'on serait portés à croire au début. 

Dans son billet, paru récemment dans TechCrunch, Altucher souligne que le contexte actuel des nouvelles technologies mobiles et des médias sociaux est plus propice que jamais pour l'entrepreneuriat indépendant. Aujourd'hui, les innovations technologiques et les réseaux sociaux, toujours de plus en plus accessibles, offrent une multitude d'opportunités aux professionnels qui visent l'indépendance.

Via le Web et les réseaux sociaux, ils peuvent accéder aux meilleures formations, apprendre à utiliser les meilleurs outils, et profiter des conseils des spécialistes les plus reconnus. À travers les réseaux sociaux, ils savent qu'ils pourront aussi rejoindre leur clientèle potentielle, et développer des réseaux de collaborateurs à l'échelle internationale. 

Cette nouvelle génération de travailleurs indépendants, aux compétences multiples, ne se limite pas non plus aux jeunes générations (Y et Z), et touche finalement autant la génération X et les baby-boomers. Dans des contextes souvent différents, leurs motivations professionnelles se rejoignent malgré tout dans une volonté commune de mettre de l'avant des projets innovateurs. À l'ère numérique, il faut donc considérer les nouvelles générations par rapport aux changements qu'elles peuvent apporter dans la société.

La génération Z, porteuse de grands changements

  Enfants des plus vieux de la génération Y et des plus jeunes de la génération X, ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécus leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connus la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. 

Dans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Glogal Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier des générations :

·     les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

·     les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées,

·    les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

·    les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent, 

Or, dans son ouvrage McCrindle rappelle que la science de la sociologie a démontré que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment dès leur jeunesse. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux… 

Dans un contexte historique, la situation de la génération Z (ou natifs numériques, nés après 1994) peut se comparer à celle de la génération silencieuse des années 30-40 (1929-1945). Une génération qui a évolué à travers les difficultés de la Grande Crise, et de la Deuxième Guerre Mondiale, mais qui fut en même temps porteuse des grands changements d’après-guerre.

Malgré les similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z n’est pas aussi dramatique que celle de la génération silencieuse. Elle diffère beaucoup de celles de nos aïeux du fait qu’ils bénéficient aujourd’hui d’outils qui leur permettent de mieux affronter les situations de crise. Aujourd’hui, les natifs numériques maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, et s’en servent abondamment pour se réaliser et améliorer leur quotidien. Et, cette nouvelle génération est loin d'être «silencieuse».

Selon une étude de la firme française Infolab, réalisée en 2012, en collaboration avec Habbo Hotel, les jeunes emos (pour émotionnels) de la génération Z ne conçoivent plus que l’on puisse se passer de ces outils dans la vie de tous les jours, encore moins au travail. Aussi appelés Echo-Boomers (pour les rapports étroits entretenus avec leurs grand-parents, les boomers), ces jeunes ont une approche multi-tâches naturelle, presqu’innée. Pour eux, le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personne, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est pratiquement formatée à partir de leur vie digitale. Les entreprises et les organisations devront donc considérer très sérieusement ces nouveaux paradigmes, pour adopter leur gestion d'embauche et de ressources humaines en conséquence.

Un nouveau choc des générations à prévoir!

 

Dans une quinzaine d’années, peut-être moins, on assistera à l’arrivée massive d’une nouvelle génération, issue d’un nouveau baby-boom ; la génération ALPHA (nés après 2010). S'inscrivant naturellement dans le cycle des générations, elle évoluera en réaction avec la précédente, comme la X la fait avec les baby-boomers, et la Z la fait avec ses parents de la génération Y. 

Suivant la théorie de McCrindle, au cours des années à venir, on peut donc prévoir un nouveau choc générationnel majeur, qui viendra définir un nouvel ordre. Les nouveaux paradigmes vont continuer de se heurter, et de se confronter au fil des générations, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs d’idéologies et de profondes mutations sociales. Évidemment, les nouvelles générations se trouveront toujours au cœur de ces bouleversements sociaux.

Il faudra poursuivre les recherches et demeurer à l’écoute de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui anime et motive ces nouvelles générations. Pour y arriver, il faudra vite accorder une place plus importante à ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler la science du Web, pour vraiment cerner l’impact qu’elles auront sur notre société, nos organisations et nos entreprises.

À travers les médias sociaux, Internet et les nouvelles technologies, la génération Z, et ALPHA après elle, continueront d’évoluer, et de se réaliser individuellement, et professionnellement. Car, ces deux nouvelles générations portent déjà en elles l’avenir de notre société. Les germes d’une prochaine révolution sociale… celle de la gouvernance 2.0 ! À nous d’y voir aussi !

 

 

Qu’en pensez-vous ? Croyez qu'un nouveau choc des générations est à prévoir ? Ou sommes-nous déjà au beau milieu d'une nouvelle crise générationnelle? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur le sujet. 


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Génération C : l’utilisateur devient le nouveau ROI

posted by Raymond Morin on Jeudi, octobre 18th 2012

L'ère du consomm'acteur!

À l’ère des médias sociaux, et de la socialisation des organisations, le client s’avère plus que jamais le ROI. Tandis que l’accès aux nouvelles technologies et l’économie d’abondance favorisent les consommateurs en ligne, les marques s’efforcent de trouver de nouvelles façons d’établir une nouvelle relation de confiance avec leurs clientèles. Ils doivent apprendre à échanger et communiquer plus ouvertement avec eux, et à les impliquer davantage dans le processus. 

Le pouvoir des contenus générés par les utilisateurs

Parce qu’ils constituent les utilisateurs de première ligne, leur influence sur les autres représente un enjeu majeur pour les entreprises. Ils peuvent se révéler les meilleurs ambassadeurs, comme les pires détracteurs. Les entreprises doivent donc intégrer des nouvelles notions de marketing d’influence et de recommandations dans leur stratégie, et placer les utilisateurs au centre de leurs principales priorités. Car, ces nouveaux consommateurs-utilisateurs, qu’on appelle désormais la Génération C, représentent à coup sûr leur meilleur retour sur l’investissement. (À consulter : Socially Devoted To You – What’s The ROI of Being Attentive To Your Customers, une infographie de DemandForce/ColumnFive, via le site de mon ami espagnol Alfredo Vela Zancada – TICS y formacion)

Pour bien saisir l’impact de ces nouveaux influenceurs, il suffit de penser au formidable pouvoir des contenus qu’il génèrent et diffusent quotidiennement sur les réseaux sociaux. Selon les plus récentes études, plus de 90% des consommateurs se fient désormais aux recommandations émises par leurs amis ou leur famille avant d’acheter. La publicité traditionnelle n’a plus guère d’impact réel sur eux. Les contenus générés par les utilisateurs et le marketing de recommandations se trouvent dorénavant au cœur d’une nouvelle culture d’entreprises, une nouvelle manière de faire des affaires dictée par les nouveaux consommateurs branchés. 

C’est ce que l’équipe du TrendWatching a voulut démontrer en 2004, en introduisant une vaste étude axée sur les comportements des nouveaux consommateurs. Depuis, le magazine américain, continue de publier son rapport annuel des grandes tendances de consommation de la nouvelle Génération C.

Génération C : Des baby-boomers à la génération Z !

En 2012, en pleine effervescence des médias sociaux, ce serait cependant une erreur de se limiter à la génération Y. Aujourd’hui, les nouveaux consommateurs branchés de la Génération C se retrouvent parmi toutes les couches de la société, et sont actifs dans chaque groupe d’âge. Des baby-boomers, qui gardent contact avec leurs proches et prolongent leur carrière, aux générations X et Y qui s’en servent désormais au boulot, ou la nouvelle génération Z, dont une première cohorte vient de débarquer sur le marché du travail, chaque utilisateur trouve désormais son compte à travers les réseaux sociaux. Et, dans moins de 15 ans, il y aura la génération Alpha pour prendre la relève, revendiquant à son tour ses propres règles du jeu.

Au cours du dernier siècle, la sociologie a beaucoup évolué. Les cycles générationnels se sont forcément adaptés à l’évolution accélérée de notre société technologique, et les générations se renouvèlent plus rapidement. En 2012, les femmes repoussent leur première naissance dans la trentaine pour donner un meilleur élan à leur carrière. La sociologie générationnelle conventionnelle (basée sur la période moyenne de reproduction – 16 à 18 ans) de Mannheim a depuis cédé la place à une approche axée davantage sur les comportements de consommation.

Aujourd’hui, chaque nouveau consommateur-utilisateur de la Génération C, de 15 à 75 ans, représente un enjeu important pour les entreprises. Ce qui les relie, c’est la façon d’utiliser les nouvelles technologies et les réseaux sociaux pour satisfaire leurs besoins. (À lire aussi sur ce site : L'influence dans les médias sociaux : le pouvoir de la Génération C

Contenus + consommation = consomm’action

Si elles veulent rejoindre ces nouveaux influenceurs, et se positionner à leur tour comme des leaders auprès des nouvelles clientèles, les organisations doivent chercher à mieux comprendre ce qui motive chacun dans sa recherche et son processus d’acquisition. Ils doivent être à l’écoute, et leur donner la parole. 

Fort conscients du pouvoir que leur apportent les nouvelles technologies et les médias sociaux, les nouveaux consommateurs de la Génération C profitent de cette position de force pour revendiquer une influence toujours plus grande. En s’exprimant sur leurs expériences, ils tiennent à ce qu’on les écoutent, et réclament un rôle plus actif dans le processus commercial. C’est le règne des nouveaux consomm’acteurs qui s’amorce.

Pour répondre aux nouvelles attentes de la Génération C, les marques et les entreprises doivent donc leur offrir davantage, et miser sur la qualité et la valeur ajoutée d’une expérience complète et enrichissante. En 2013, les entreprises sont condamnées à l’excellence. De l’expérience à la livraison, de la consommation jusqu’au service après vente, tous les aspects doivent correspondre aux nouvelles exigences des utilisateurs.

Et, dans quelques années, les entreprises encore actives sur le Web social réaliseront que la satisfaction du client/utilisateur s’avère finalement leur meilleur retour sur l’investissement.  Avec l’arrivée en force de la nouvelle Génération C, le client redevient le ROI du village.

Qu’en pensez-vous ? L’avenir des entreprises dans les médias sociaux repose-t-il sur la Génération C ? Commentez cet article, et partagez votre opinion sur le sujet avec nos lecteurs.

À venir dans cette nouvelle colonne sur la Génération C : Les 7 types de consommateurs branchés.

 

 

 

 

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L’INFLUENCE DANS LES MÉDIAS SOCIAUX : LE POUVOIR DE LA GÉNÉRATION C

posted by Raymond Morin on Mercredi, mai 16th 2012

La Génération C : l’influence des utilisateurs

Pour bien saisir les enjeux de l’influence dans les médias sociaux, les entreprises et les organisations doivent d’abord chercher à mieux comprendre les motivations des utilisateurs. À l’ère des réseaux sociaux et de la mobilité, ces nouveaux utilisateurs d’Internet prennent les rênes d’un nouveau pouvoir économique ; celui de la Génération C.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle génération basée sur l’âge, ou l’évolution démographique. Dans l’esprit du magazine Trendwatching (qui a lancé le concept de Génération C en 2004), il s’agit plutôt d’une nouvelle génération d’utilisateurs des réseaux sociaux et des technologies mobiles, de consommateurs branchés, qui profitent de ces outils pour revendiquer un rôle plus actif dans la chaine.

Bien qu’elle soit représentée en grande majorité par les natifs numériques (nés après 1994), la Génération C regroupe finalement toutes les générations. On y compte un très grand nombre d’utilisateurs parmi les Y (nés entre 1979 et 1994) et les X (nés entre 1963 et 1979). Et, les baby-boomers (nés entre 1945 et 1963) constituent le groupe d’âge qui affiche le plus haut taux d’adoption des médias sociaux au cours des dernières années (à ce sujet, lire mon billet sur @Locita : Génération C : Le moteur d’une nouvelle société)

Tous ces nouveaux consomm’acteurs attendent beaucoup plus de leur expérience d’achat. Ils exigent désormais que leur voix compte, et ils n’hésiteront pas à partager leur avis ou recommandations, bonnes ou mauvaises, pour faire valoir ce droit. En 2012, ce n’est plus l’entreprise qui contrôle son image de marque, mais le formidable pouvoir viral des recommandations de pairs-à-pairs (P2P) des utilisateurs.

L’utilisateur devient alors lui-même l’influenceur, influençant davantage la marque dans ses décisions qu’elle ne l’influence lui-même. En profitant de cette nouvelle influence, l’utilisateur prend un rôle plus important dans le processus. Dorénavant, le privilège de décider du niveau d’engagement lui revient.

À lire aussi :

·      Brian Solis : Meet Generation C : The Connected Consumer.

·      Mark McCrindle : The ABC of XYZ : Understanding the Global Generations

Influenceurs des médias sociaux : ambassadeurs ou commandités?

Aujourd’hui, les marques doivent donc susciter l’engagement des utilisateurs pour qu’ils deviennent finalement leurs ambassadeurs.  Dans un article publié à l’automne dernier dans Windmill Networking, Social Media Influencer Outreach Brand Ambassador : Case Study All Nippon Airways #Analax, Neal Schaffer présentait un très bon exemple avec son propre cas.  Plutôt que de se contenter d’une formule de «perks» ou de commandite, la compagnie aérienne japonaise lui avait plutôt proposé un plus haut niveau d’engagement. Une approche qui avait plu davantage à Neal qui préférait s’engager comme ambassadeur.

La notion d’influenceur dans les médias sociaux continue de soulever beaucoup de controverses. Dans le contexte des réseaux sociaux, ce n’est pas la définition de l’influence, comme celle de l’influenceur qui suscite un malaise. Ce n’est pourtant qu’une notion qui n’existe en réalité qu’en fonction de la confiance et de l’engagement que l’influencé lui accorde. L’influence dans les médias sociaux va toujours demeurer relative dans le temps, suivant le sujet traité et les canaux de diffusion utilisés. On doit donc aller au-delà du «score social» pour comprendre comment un influenceur se mérite la confiance de ses «followers».

Avec les nouveaux consomm’acteurs de la Génération C, la conversation doit être honnête et transparente. Pour accepter de se laisser influencer, l’utilisateur doit être réceptif  et se laisser communiquer la véritable passion qui doit animer l’influenceur pour qu’il devienne un ambassadeur. Il doit déjà avoir mérité la confiance de l’utilisateur, qui reconnaît alors sa crédibilité et son autorité. 

En optant pour la commandite, ou les programmes de «perks» des marques, les deux parties s’entendent alors sur un niveau d’engagements purement professionnels. L’influenceur accepte alors un rôle qui se rapproche davantage du mandat de porte-parole, d’amplificateur du message. Un rôle qui s’éloigne cependant de la conversation, et dont il doit aviser clairement ses «followers». Au risque de devenir lui-même l’influencé!

Lire aussi Michael Brito dans un récent article sur Edelman Digital : Shifting The Conversation From Influence to Advocacy

Le marketing d’influence, comme à l’époque du cinéma muet

J’adopte souvent cette métaphore de Mark Schaefer parce que je partage pleinement cette idée ; à l’heure actuelle, on ne peut que constater à quel point l’influence prend une importance considérable dans l’échiquier des médias sociaux. On ne peut qu’être fasciné devant ce qu’on découvre, et s’enthousiasmer face à ce que l’avenir nous réserve.

Cependant, la mesure et la compréhension de la nouvelle science du Web en sont encore à leurs premiers balbutiements. En ne mesurant que l’amplification et la résonance des messages d’un influenceur, les outils de mesure accessibles sur le Net n’évaluent qu’une partie de son capital social.

Mais, comme je l’écrivais dans un récent billet sur Virage 2.0 : «…ce n’est pas tant la valeur des métriques (de mesure) qui fait défaut, comme l’apprentissage des meilleures pratiques. Et, à ce niveau, tout reste encore à faire.» Comme à l’époque du cinéma muet, le meilleur (comme le pire) reste encore à venir!

 

 

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ENTREPRENDRE 2.0 : LE CHOC DES GÉNÉRATIONS

posted by Raymond Morin on Jeudi, août 18th 2011

ENTREPRENDRE 2.0

LE CHOC DES NOUVELLES GÉNÉRATIONS

 Dans un blogue précédent, Génération C : Pour remettre les pendules à l’heure, je dénonçais un certain imbroglio à propos de la Génération C et des natifs numériques. Comme ce blogue a suscité de très vives réactions, je me dois d’apporter certains détails supplémentaires. 

Encore aujourd’hui, on semble confondre trop souvent les deux notions, ce qui alimente une confusion au sein des entreprises et des organisations. Un malentendu qui tient possiblement au fait qu’on cherche encore à caser la nouvelle Génération C dans une tranche d’âge, alors qu’il s’agit d’une notion beaucoup plus complexe.

LES GÉNÉRATIONS : UNE NOTION QUI ÉVOLUE AVEC LA SOCIÉTÉ

  En 1928, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que l’on peut déterminer la tranche d’âge d’une génération selon les changements de comportements sociaux qui la caractérise. À l’époque, on considérait qu’une génération se renouvelle à tous les 16 à 18 ans, soit l’intervalle nécessaire pour assurer la descendance.

Toutefois, à la fin des années 80, la française Claudine Attias-Donfut publiait un ouvrage qui venait contredire cette approche. Dans ce livre, intitulé «Sociologie des générations, l’empreinte du temps», elle avançait que la sociologie générationnelle telle qu’enseignée ne correspond plus à la complexité de la société, qui évolue toujours de plus en plus rapidement. 

En 2010, la fracture générationnelle s’élargit encore davantage. Les femmes ont leur premier bébé seulement qu’à la trentaine (29.6 ans), tandis que les générations de jeux vidéo se renouvellent aux 3-4 ans, et que les téléphones intelligents sont remplacés à tous les 2 ans. La société évolue tellement vite qu’une génération est révolue après une quinzaine d’années, tandis que les familles se créent davantage dans la trentaine. On ne peut donc plus considérer les générations seulement selon sa tranche d’âge.

GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : À NE PAS CONFONDRE

 C’est au tournant du siècle que Mark Prensky a introduit la notion de natifs numériques, avec Digital Natives, Digital Immigrants. Avec les nouvelles technologies et Internet qui s’implantaient, il remarquait déjà des changements de comportements et de langage parmi sa nouvelle cohorte d’étudiants (de la génération Y). En 2001, il prévoyait déjà les nouveaux paradigmes générationnels qui allaient s’installer avec l’arrivée de ceux qu’on allait nommer la génération Z, ou les Enfants du Millénaire.  Née après 1994, avec l’avènement du World Wide Web, c’est la toute première génération entièrement issue de l’ère numérique, ayant grandie et évoluée avec les nouvelles technologies, les téléphones cellulaires, les jeux vidéo et Internet depuis le berceau.

Quelques années plus tard, c’est en tenant compte de ces nouveaux paradigmes sociaux, observés par Prensky, que le magazine Trendwatching a amené la notion de Génération C. En 2004, l’équipe du magazine américain a choisi d’axer sa recherche sur les traits de comportements communs observés à travers l’utilisation des nouveaux médias sociaux. Ils ont vite constaté que ces traits communs ne s’appliquaient pas seulement aux natifs numériques et aux utilisateurs de la génération Y, mais également aux early adopters de la génération X et des baby-boomers. Naturellement, l’équipe du Trendwatching a étendue son étude sur la Génération C à l’ensemble des utilisateurs du Web social, de 12 à 75 ans.

On doit donc cesser de ramener la notion de Génération C aux seuls utilisateurs de la génération Z, (ou les natifs numériques). Aujourd’hui, de plus en plus de baby-boomers adoptent les médias sociaux, et constituent même le plus important bassin de nouveaux utilisateurs. Il faut donc cesser de mêler les cartes, et plutôt considérer les nouvelles générations par rapport aux changements qu’elles peuvent apporter dans la société, plutôt que par leur tranche d’âge.

LA GÉNÉRATION Z, PORTEUSE DES GRANDS CHANGEMENTS

  Enfants des plus vieux de la génération Y et des plus jeunes de la génération X, ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécus leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connus la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009.  Dans un contexte historique, la situation de la génération Z (ou natifs numériques) peut se comparer à celle de la génération silencieuse des années 30-40 (1929-1945). Une génération qui a évolué à travers les difficultés de la Grande Crise, et de la Deuxième Guerre Mondiale, mais qui fut en même temps porteuse des grands changements d’après-guerre.

Malgré les similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z n’est pas aussi dramatique. Elle diffère beaucoup de celles de nos aïeux du fait qu’ils bénéficient aujourd’hui d’outils qui leur permettent de mieux affronter les situations de crise. Aujourd’hui, les natifs numériques maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, et s’en servent abondamment pour se réaliser et améliorer leur quotidien. Selon une récente étude de la firme française Infolab, en collaboration avec Habbo Hotel, les jeunes emos (pour émotionnels) ne conçoivent plus que l’on puisse se passer de ces outils dans la vie de tous les jours, encore moins au travail.

Aussi appelés Echo-Boomers (pour les rapports étroits entretenus avec leurs grand-parents, les boomers), ces jeunes ont une approche multi-tâches naturelle, presqu’innée. Pour eux, le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personne, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est pratiquement formatée à partir de leur vie digitale. Les entreprises et les organisations devront donc considérer très sérieusement ces nouveaux paradigmes, pour adopter leur gestion RH en conséquence.

APRÈS LA GÉNÉRATION Z, VOICI VENIR LA GÉNÉRATION ALPHA

 Dans une quinzaine d’années, peut-être moins, on assistera à l’arrivée massive d’une nouvelle génération, issue d’un nouveau baby-boom ; la génération ALPHA (nés après 2010). Dans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Glogal Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier d’une génération :

·      les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

·      les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées,

·      les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

·      les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent,

Or, dans son ouvrage McCrindle rappelle que la science de la sociologie a démontré que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment dès leur jeunesse. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux…

UN NOUVEAU CHOC DES GÉNÉRATIONS À PRÉVOIR !

  Suivant la théorie de McCrindle, au cours des années à venir, on devra donc prévoir un nouveau choc générationnel majeur, qui viendra définitivement modifier l’ordre établi. Les nouveaux paradigmes vont continuer de se heurter, et de se confronter, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs d’idéologies et de profondes mutations sociales. Évidemment, les nouvelles générations se trouveront au cœur de ces bouleversements sociaux.

Il faudra poursuivre les recherches et demeurer à l’écoute de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui anime et motive ces nouvelles générations. Pour y arriver, il faudra vite accorder une place plus importante à ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler la science du Web, pour vraiment cerner l’impact qu’elles auront sur notre société, nos organisations et nos entreprises.

À travers les médias sociaux, Internet et les nouvelles technologies, la génération Z, et ALPHA après elle, continueront d’évoluer, et de se réaliser individuellement, et professionnellement. Car, ces deux nouvelles générations portent déjà en elles l’avenir de notre société. Les germes d’une prochaine révolution sociale… celle de la gouvernance 2.0 ! À nous d’y voir aussi !

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur le sujet.

(NOTE: Ce texte est une adaption d’un extrait du livre ENTREPRENDRE 2.0, qui paraîtra à l’automne 2011. Il reprend certains sujets, et soulève certaines thématiques, qui peuvent avoir été traités et publiés sous forme de billets sur mon blogue-portfolio.)

 

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ENTREPRENDRE 2.0 : GENERATION C

posted by Raymond Morin on Jeudi, juillet 14th 2011

ENTREPRENDRE 2.0

GENERATION C : POUR REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE !

   L’UTILISATEUR AU CENTRE DES ENJEUX DU WEB SOCIAL

Depuis l’avénement du World Wide Web dans le grand public, durant les années 90, le réseau Internet s’est très vite imposé dans toutes les facettes de notre vie quotidienne. Des loisirs à l’éducation, de la maison au travail, le Web et les nouveaux outils de la technologie se sont rapidement révélés incontournables à notre bon fonctionnement dans la société d’aujourd’hui. À l’aube de l’ère numérique et du nouveau millénaire, l’utilisateur a vite appris à maîtriser ces nouvelles technologies pour les mettre à son service.

Moins d’une décennie plus tard, l’émergence fulgurante des médias sociaux est venu confirmé le positionnement privilégié de l’utilisateur dans le nouvel échiquier. Profitant de l’abondance d’informations et de contenus qu’offre le réseau, l’utilisateur jusqu’alors passif est subitement devenu l’acteur principal d’une nouvelle économie non-marchande. Grâce à cette accessibilité, pratiquement sans limites, que lui apporte les médias sociaux, ce nouveau consomm’acteur peut désormais décider de tout ce qu’il consultera, consommera, commentera et recommandera à ses pairs.  Il se révèle en quelques sortes le créateur et le diffuseur de sa propre chaine de contenus. Des médias de masse (broadcasting), on est vite passé à l’égocasting (ou diffusion de niche) avec les médias sociaux. C’est l’ère de la Génération C qui s’amorce.

  THE RISE OF GENERATION C – STRATEGY+BUSINESS

Dans un excellent article de Strategy+Business, paru récemment : The Rise of Generation C, Roman Friedrich, Michael Peterson et Alan Koster, associés de Booz&Co. décrivent très bien le phénomène. Dans cet important dossier de près de 5 pages, (repris en français dans la récente édition du magazine Premium) les auteurs prennent l’exemple fictif d’un jeune de 20 ans, en 2020, pour décrire les principales tendances à observer au cours des prochaines années auprès des jeunes de sa génération.

À travers une série de statistiques projetées jusqu’en 2020, les auteurs font la démonstration de l’impact de ces nouveaux consommateurs connectés sur l’évolution du Web social. Et, comment ces nouveaux utilisateurs viendront bouleverser le monde du travail, et influencer des secteurs économiques majeurs tels les télécommunications, le commerce au détail et l’industrie du voyage.

En s’appuyant sur différentes études, ils avancent qu’en 2020, 6 milliards de personnes auront un cellulaire, soit près de 80% de la population mondiale, et 4,7 milliards auront accès à Internet, principalement au moyen d’appareils mobiles.  Que le Web, comme source d’informations, prendra une place encore plus importante, et que le trafic sur Internet sera multiplié par dix avant 2013.  En «visionnaires», les auteurs vont jusqu’à prédire que d’ici 2020, la moitié des employés des grandes sociétés travailleront en équipes virtuelles formées de personnes vivant un peu partout dans le monde. 

En somme, The Rise of Generation C reste un très bon article, dont je n’hésiterais pas à recommander la lecture pour quiconque veut se faire une meilleure idée de la nouvelle génération d’utilisateurs d’Internet et des médias sociaux. D’ailleurs, ce mois-ci, il est repris en français dans la nouvelle édition du magazine Premium : Tout sur la Génération C, et commenté par Yanick Bédard, directeur des opérations interactives chez Sid Lee.

  GENERATION C VS NATIFS NUMÉRIQUES

Cependant, même si leur article décrit bien les tendances observées auprès de la nouvelle génération, les auteurs semblent confondre  la notion de Génération C avec celle des natifs numériques, nés après 1990.

Au Québec, le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations) semble adopter la même fausse piste en opposant sa vision de la Génération C à celle plus courante de la Génération Y. Pourtant, dans leur analyse, les responsables de l’organisme de recherches québécois associent les comportements de cette génération à ceux des natifs numériques (qu’ils désignent plutôt comme les enfants du millénaire, nés après 1999)… !!!??? 

Cependant, même s’il confond les natifs numériques avec la Génération C (ou Y ?), le CEFRIO a néanmoins le mérite de faire avancer la réflexion, et d’organiser un colloque annuel sur la nouvelle génération d’utilisateurs du web social, dont le premier avait lieu en octobre 2009. De plus, le CEFRIO a commencé à publier les résultats de son enquête sur la Génération C, sous forme de fascicule Web de 16 pages. Le premier fut publié en janvier 2011 : GENERATION C : Les «C» en tant que citoyens !.

Néanmoins, une certaine confusion semble s’être installée au sujet de la Génération C et des natifs numériques. Et, je réalise à mon grand dam, que j’y ai probablement contribué moi aussi, d’une certaine manière, en mêlant les deux notions dans les premières pages de mon livre Comment entreprendre le virage 2.0 (pp. 18-19). Alors, comme il n’est jamais trop tard pour faire amende honorable, et signaler ce qu’on croit sincèrement être une erreur (même de bonne foi), je vais tenter de remettre les pendules à l’heure.  

 GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : UN PEU D’HISTOIRE

«No, this is not about a new niche generation of youngsters born between 1988 and 1993.»

En fait, la notion de Generation C est apparue en février 2004, puis en décembre 2006, dans une série de billets de l’équipe du webzine américain Trendwatching.com. Dès le départ, les rédacteurs du magazine ont insistés sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle génération sociologique, mais plutôt d’une nouvelle communauté d’intérêts ; celle des utilisateurs du Web 2.0 et des médias sociaux.

À travers ses observations, l’équipe du Trendwatching a vite relevé l’importance des contenus générés par les utilisateurs dans le nouvel écosystème des médias sociaux. On y soulignait le rapport entre les contenus diffusés sur le Net, et les principaux centres d’intérêts alors observés chez les utilisateurs ; créativité, contenus, contrôle, convivialité… mais aussi «cash» et célébrité. Cette nouvelle approche générationnelle fut aussi vite adoptée par l’ensemble de la communauté internationale du World Wide Web.

Aujourd’hui, grâce à leur connexion Internet, les nouveaux utilisateurs contrôlent désormais les contenus qu’ils consulteront, et choisiront de partager avec leur communauté. En pouvant diffuser de la sorte leurs propres contenus, dans une approche toujours plus facile et conviviale, ils expriment enfin librement, sans contraintes, leur propre créativité, et se rapprochent de leur moment de gloire et de célébrité. Dans ce contexte, la notion Génération C englobe l’ensemble des utilisateurs des nouveaux outils du Web 2.0 et des médias sociaux, de 15 à 75 ans. Aussi, on ne saurait la confondre plus longtemps avec les natifs numériques.

  LES NATIFS NUMÉRIQUES OU ENFANTS DU MILLÉNAIRE

C’est en octobre 2001, au tournant du siècle, que Mark Prensky a amené l’idée d’une nouvelle génération entièrement issue de l’ère numérique. C’est dans un article intitulé Digital Natives, Digital Immigrants , paru dans le journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9 No. 5), qu’il a d’abord lancé son concept, en se basant sur sa propre expérience de professeur à l’université.

Dans son ouvrage, Digital Natives, Digital Immigrants, Prensky faisait allusion aux jeunes nés dans les années 90 (1994-…), tout de suite après la Génération Y (1979-1993). Ces enfants du millénaire qui auront grandis et évolués avec les supports numériques (CD/DVD), les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et Internet. Une nouvelle génération multi-fonctionnelle que les américains appellent plutôt la Generation Z ou Net Generation, une génération qui aura vécu son adolescence durant les premières années du nouveau millénaire, avant d’aller à l’université ou d’opter pour le marché du travail.

Finalement, ce n'est que quelques années plus tard, que le magazine Trendwatching s’est penché sur le phénomène de la nouvelle génération d’utilisateurs du Web, pour déterminer que plusieurs traits de comportements similaires pouvaient néanmoins relier les natifs et les migrants numériques.  C’est cette observation qui a donné naissance au concept de Génération C, bien après celui des natifs numériques. En fait, les natifs ne représentent que la pointe de l’iceberg ; la Génération C regroupe un nombre toujours grandissant de migrants numériques qui proviennent des générations précédentes.

Or, si l’on souhaite continuer de faire avancer la réflexion sur la nouvelle génération, pour toujours mieux comprendre les nouveaux paradigmes qui l’animent, il faudra d’abord que l’on remette les pendules à l’heure. Et, que l’on cesse de confondre les notions…

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Web 2.0 en milieu de travail

posted by Raymond Morin on Jeudi, juin 17th 2010

 

ETUDE CLEARSWIFT : LE WEB 2.0 EN MILIEU DE TRAVAIL

 

En avril dernier, la firme britannique Clearswift a publié les résultats d’une étude très intéressante sur l’utilisation du Web 2.0 en milieu de travail. Plus de 1 600 répondants (chefs d’entreprises et employés de bureau) de Grande-Bretagne, mais également des USA, d’Allemagne et d’Australie ont participé à ce sondage réalisé entre janvier et février 2010. Ce rapport, intitulé Web 2.0 at the Workplace, confirme l’adoption massive du web collaboratif et des médias sociaux par les entreprises anglophones.

UN FORT TAUX DE SATISFACTION DES NOUVELLES ENTREPRISES 2.0

 Les statistiques recensées à travers le sondage révèlent que les employeurs qui ont pris le virage 2.0 s’enthousiasment face au potentiel du Web 2.0, et que les employés se montrent d’autant plus heureux et motivés au travail lorsqu’ils peuvent utiliser ces nouveaux outils au boulot. Plus de la moitié des dirigeants interrogés (52 %) soutiennent que le web collaboratif va représenter un enjeu critique dans le succès futur de leur entreprise.  Les avantages que les chefs d’entreprises retirent du Web 2.0 se déclinent de plusieurs façons parmi les répondants :

·      augmente la visibilité de la marque (91 %)

·      génère de nouvelles affaires (89 %)

·      améliore la productivité des employés (88 %)

Selon leurs propres expériences, les chefs d’entreprises observent également plusieurs retombées positives de leur utilisation du Web 2.0 en milieu de travail. Près de la moitié (47 %) des dirigeants croient que l’utilisation des outils du web collaboratif et des médias sociaux favorise un meilleur climat au travail et une plus grande motivation des employés :

·      employés plus heureux et motivés (47 %)

·      meilleures communications avec les clients (41 %)

·      communications plus ouvertes à l’interne (39 %)

·      employés en confiance et valorisé (37 %)

·      meilleures relations entre les employés (37 %)

·      employés plus productifs (29 %)

·      coûts réduits (22 %)

·      innovations et nouveaux produits/services (21 %)

·      augmentation des revenus (11 %)

Dans la foulée, une grande majorité de ces nouvelles entreprises 2.0 (65 %) souhaitent pousser plus loin l’expérience du web collaboratif. L’étude vient également confirmer la tendance d’adoption des médias sociaux par les professionnels et les nouveaux entrepreneurs. Cependant, il reste toujours à convaincre l’autre tiers (35 %) qui hésitent encore à prendre le virage 2.0, et limitent l’accès aux employés.

DES UTILISATEURS 2.0 ENCORE À ÉDUQUER

 Les résultats du sondage de Clearswift révèlent aussi quelques zones plus ombragées. Même si près de deux dirigeants sur trois (65 %) jugent que l’utilisation des médias sociaux favorise une meilleure productivité des employés, seulement 43 % des employés interrogés répondent la même chose. En fait, 66 % des employés de bureau, qui ont répondu au sondage, reconnaissent devoir faire des heures supplémentaires, ou travailler sur l’heure du lunch, pour rattraper les retards occasionnés dans leur ouvrage par leur usage personnel du courriel et des réseaux sociaux au boulot… En revanche, 33 % des répondants se déclarent heureux d’utiliser son propre réseau social au bénéfice de l’entreprise, ce qui suggère une nouvelle approche plus équitable de la part des utilisateurs-employés.

Néanmoins, ça laisse aussi entendre que la méfiance de certaines entreprises plus frileuses face aux médias sociaux est peut-être aussi justifiée, du moins en partie… Ou, à l’inverse, que la confiance des nouveaux entrepreneurs 2.0 n’est peut-être pas tout à fait méritée ! Mais surtout, qu’avant qu’on puisse profiter pleinement de tout le potentiel du web collaboration en milieu de travail, les utilisateurs eux-mêmes (ceux des générations X et Y) devront démontrer un peu plus de maturité, et apprendre à se servir plus judicieusement de ces nouveaux outils.

Le rapport «Web 2.0 at the Workplace 2010», est disponible en format PDF (8 pages) sur le site de Clearswift. Il fournit d’autres statistiques très intéressantes qui permettent d’approfondir encore davantage le phénomène de l’intégration des médias sociaux en milieu de travail. C’est le premier rapport d’une série de trois qui seront vraisemblablement mis en ligne au cours des prochaines semaines.  À suivre…