Pour entreprendre le virage des médias sociaux

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Développer son identité numérique

posted by Raymond Morin on Mercredi, juin 9th 2010

«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0»

par Raymond Morin

DÉVELOPPER SON IDENTITÉ NUMÉRIQUE

Pour les entrepreneurs et les professionnels qui adoptent le virage du Web 2.0, la gestion de l’identité numérique doit figurer parmi les premières priorités. L’identité numérique d’une entreprise ou d’une organisation s’avère la plupart du temps la fondation sur laquelle va finalement reposer le succès d’une opération SMO.

L’identité numérique d’un utilisateur réunit l’ensemble des empreintes, ou des traces, laissées à chaque connexion au réseau. Ce sont principalement les adresses IP et les autres authentifiants (nom d’utilisateur et mot de passe) que l’internaute utilise, et qui s’enregistrent automatique à chacune de ses visites dans le réseau. Pour une entreprise ou un professionnel, l’identité numérique représente encore davantage puisqu’il s’agit de l’image de marque (branding) qui sera véhiculée à travers les médias sociaux.

Source : FredCavazza.net

Frédéric Cavazza, un spécialiste du Web 2.0 en entreprise, décrit très bien la cartographie de l’identité numérique, et on peut facilement visualiser ce que tout ça peut représenter comme travail de gestion.

En fait, l’identité numérique d’une entreprise ou d’un professionnel peut se décliner de plusieurs manières et comprendre plusieurs volets, dont :

·      ses coordonnées numériques (adresse IP)

·      ses authentifiants (nom d’utilisateur et code d’accès)

·      ses interventions dans les réseaux sociaux

·      les commentaires qu’il reçoit sur les blogues

·      ses achats et ses transactions commerciales

·      ses contributions dans les communautés d’intérêts

·      ses contenus multimédia dans les sites de partage

Dès le départ, l’entrepreneur devra donc parfaitement bien planifier son intervention, de manière à éviter quelques écueils malheureusement trop courants. Que son utilisation des médias sociaux ne se révèle pas trop rapidement chronophage (time consumer), sans pour autant obtenir les résultats escomptés. Qu'une gestion déficiente de l'identité numérique ne s'avère nuisible, voire dommageable pour l'image de marque. Que l'étanchéité de la sécurité puisse être percée, et que les données soient piratées.

Chacune des interventions en ligne d’une entreprise, ou de son représentant, constitue autant d’empreintes laissées derrière, qui contribuent à installer une certaine réputation dans le réseau.  L’entrepreneur ou le professionnel qui souhaite profiter des médias sociaux devra donc s’assurer, dès le départ, que son plan SMO va d’abord définir clairement les paramètres de son identité numérique en couvrant tous les aspects. 

A) La gestion de l’identité numérique

La seule gestion quotidienne de l’identité numérique peut s’avérer particulièrement chronophage (time-consuming) si elle n’est pas convenablement planifiée. Au début, dans votre virage Web 2.0, limitez-vous à un certain nombre d’heures par semaine (de 5 à 10 heures maximums). Après un certain temps (2 à 3 mois, selon le plan), vous constatez que vous n’y arrivez pas et que ça vous demande plus de temps, revoyez vos attentes, et réviser votre plan. L’important pour obtenir des résultats concluants est d’assurer une certaine régularité dans vos publications, de manière à favoriser la consultation des utilisateurs qui planifient eux-mêmes leur utilisation des médias sociaux de la même façon.

B) L’image de marque

Pour se démarquer à travers les médias sociaux, l’entrepreneur doit rivaliser d’originalité et proposer des contenus intéressants, qui viennent enrichir l’expérience des utilisateurs. En pleine ère numérique, à la vitesse où circule l’information via Internet, l’impact et la popularité des nouvelles plateformes sociales ne se prêtent plus aux tentatives. La moindre bévue, le moindre faux pas, peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’image de marque. Comme il faudra revoir le branding pour l’adapter pour les différents médias sociaux, il conviendra peut-être aussi d’envisager une refonte du site Web officiel (de l’entreprise ou du professionnel).

C) Le niveau de sécurité

Pour éviter que votre image de marque ne soit usurpée et utilisée frauduleusement, déterminez d’avance d’une liste d’authentifiants, ainsi que certaines règles de sécurité que vous devrez imposer aux utilisateurs. N’hésitez pas à faire appel à un expert en sécurité informatique pour vous assurer d’un niveau de sécurité générale élevé à l’intérieur de votre propre réseau, et que les paramètres de votre identité numérique (authentifiants, mots de passe) soient inviolables. L’expert en sécurité numérique pourra aussi participer à la mise en place d’une stratégie de surveillance de votre identité numérique, pour éviter la diffamation ou l’usurpation. 

 

L’importance d’ajouter des contenus enrichis

Hormis ces trois points, il faut toujours se rappeler que la principale clé du succès d’une présence dans les sites de réseautage social ou dans les blogues se trouve dans la qualité des interventions et des contributions des utilisateurs. Or, dès le départ, vous devrez apporter une attention particulière aux contenus que vous voulez diffuser. La pertinence et la qualité de vos contenus constitueront la pierre angulaire de votre image de marque dans le réseau (votre identité numérique, ou e-réputation). Chacun des éléments de contenu doit donc être stratégiquement planifié, conçu et réalisé, en fonction de cette réalité.  Il faut miser sur le potentiel des contenus multimédia pour redéfinir et actualiser son image de marque.

Ces contenus enrichis doivent être à la fois intéressants pour l’utilisateur, et structurés de manière à répondre aux paramètres des engins de recherche. Par exemple, il est inutile de s’embarquer dans un blogue, ou d’ouvrir une page de réseautage social, si on ne parvient pas à se démarquer. On doit s’assurer également de pouvoir réactualiser aussi souvent que possible le référencement des pages, en ajoutant régulièrement de nouveaux contenus, ce qui permet d’obtenir un positionnement plus durable dans les listes de groupes du site. Il faudra donc que l’entrepreneur s’assure de la parfaite étanchéité de la sécurité de son identité numérique, qu’elle corresponde en tous points à son image de marque, et surtout, qu’il soit en mesure de l’animer sans s’y perdre. Car, il n’y a rien de pire pour son image que d’amorcer une présence dans le Web sans s’y impliquer…

 

Extrait du livre «Comment entreprendre le virage 2.0», par Raymond Morin. Publié en mars 2010, aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.

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Dresser le portrait Web 2.0 de l’entreprise

posted by Raymond Morin on Vendredi, juin 4th 2010

«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0»

par Raymond Morin

L'optimisation des médias sociaux : dresser le portrait Web 2.0 de l'entreprise

L’émergence phénoménale des sites de réseautage social (Facebook, MySpace), de partage de fichiers (YouTube, FlickR) et de micro-blogging (Twitter) retient définitivement l’attention des professionnels et des entrepreneurs de tout acabit. On cherche à mieux comprendre les médias sociaux pour en profiter dorénavant dans un contexte professionnel. On parle désormais d’optimisation des médias sociaux (Social Media Optimization ou SMO).

Toutefois, si une entreprise ou une organisation souhaite intégrer certaines de ces applications, elle devra d’abord réévaluer la manière qu’elle exploite déjà le commerce électronique à travers son site, comment elle exploite le marketing viral, le courrier électronique et le référencement qui sont à la base du Web en entreprise. Il devra s’interroger également sur son identité numérique, et revisiter l’image de marque qu’il voudra véhiculer à travers les médias sociaux.

Pour plusieurs entrepreneurs, l’optimisation des médias sociaux va d’abord se traduire par une nouvelle technique de référencement naturel qui leur permettra d’atteindre leur premier objectif de positionnement dans le réseau. Dans un premier temps, c’est souvent par le biais d’une nouvelle visibilité qu’ils escomptent réaliser un retour sur leur investissement. Ils souhaitent susciter de nouvelles opportunités d’affaires, voire même en réalisant de nouvelles ventes. Une première démarche qui s’inscrit dans une approche de marketing traditionnel qui atteint cependant très vite ses limites auprès de la nouvelle génération d’utilisateurs.

Le plein potentiel de l’entreprise 2.0 ne se limite pas à des opérations de référencement s’inscrivant dans des stratégies traditionnelles de marketing et de ventes basées sur l’approche conventionnelle. Plusieurs entrepreneurs et de nombreux professionnels exploitent déjà avec succès les possibilités du web collaboratif, en les appliquant pour leur service à la clientèle ou à travers leur gestion des ressources humaines. Si on veut pleinement apprécier le potentiel du Web 2.0 au sein d’une entreprise, on doit reconsidérer les objectifs de retour sur investissement (ROI) sous un nouvel angle, davantage axé sur de nouvelles méthodes de travail et de collaboration, car les bénéfices qu’on peut retirer des médias sociaux et du Web 2.0 ne se chiffrent pas toujours en argent sonnant.

DÉFINISSEZ D’ABORD VOTRE POTENTIEL WEB 2.0

L’élaboration et le déploiement d’un plan SMO nécessitent une certaine réorganisation du processus d’opérations d’une entreprise. L’entrepreneur ou le professionnel qui opte pour une nouvelle stratégie axée vers les médias sociaux doit considérer l’importance d’une préparation adéquate. Un plan d’optimisation des médias sociaux impliquera une réorganisation en profondeur des ressources humaines, et une redéfinition des objectifs corporatifs. Il trouvera bien sûr de nombreux avantages aux applications du Web 2.0 en entreprise, mais il devra se préparer à des changements de méthodes de travail et de collaboration.

La première étape d’une bonne préparation au virage du Web 2.0 consiste à identifier les éléments clé, sur lesquels on pourra  compter, au sein de son entreprise. Du coup, ça permettra également de cerner plus rapidement les réticences que l’on risque de rencontrer dans le processus de changement. Pour dresser le portrait Web 2.0 de votre organisation, déterminez d’abord l’importance qu’y occupent les natifs numériques. Puisqu’ils seront en première ligne des changements, ils s’avèrent la pierre angulaire d’un virage réussi vers l’entreprise 2.0.

Voici deux opérations simples pour établir le portait de la situation :

A – Établissez l’inventaire de votre personnel, ou de vos collaborateurs, en commençant par identifier les natifs numériques, c’est-à-dire tous ceux de moins de 25 ans. Puisqu’ils savent mieux que quiconque exploiter les nouvelles applications du Web 2.0, placez-les dès le départ au centre des changements. Tout au long du processus, assurez-vous de considérer leur opinion. Ils constitueront les éléments clé de votre succès dans les médias sociaux. Sur la même liste, regroupez ensuite le reste de votre personnel selon les générations (X, Y) auxquelles ils appartiennent. Pour chacune de ces sous-catégories, vous pourrez alors mieux identifier les migrants numériques (early adopters), qui viendront éventuellement contribuer aussi au projet. Enfin, parmi les baby-boomers de votre personnel cadre ou de vos principaux collaborateurs, identifiez ceux qui participeront également.

B – Demandez-leur de spécifier quelles applications Web 2.0 ils utilisent eux-mêmes le plus souvent, et de vous décrire de quelles façons elles améliorent leur qualité de vie. Comment ils croient que les applications du Web 2.0 et les médias sociaux viendront améliorer leurs méthodes de travail et de collaboration. Ces révélations permettront de mieux cerner leurs attentes face au phénomène du web collaboratif, et de mieux comprendre les motivations des utilisateurs.

En identifiant dès le départ les joueurs clés au sein de vos ressources humaines ou de vos collaborateurs, il vous sera alors beaucoup plus facile d’intégrer plus tard de nouvelles pratiques et de nouvelles solutions technologiques. Ce premier état des lieux permettra de mieux cibler les forces et les faiblesses de votre organisation, avant qu’elle n’amorce définitivement son virage vers l’entreprise 2.0. Une phase de préparation qui vous permettra de cibler encore plus clairement les services et départements de votre entreprise, ou de votre organisation, qui mériteront une attention plus particulière dans votre plan SMO.

Extrait du livre «Comment entreprendre le virage 2.0», par Raymond Morin. Paru aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.