Pour entreprendre le virage des médias sociaux

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Génération C : Qui sont vraiment les natifs numériques?

posted by Raymond Morin on Mercredi, novembre 26th 2014

Par Raymond Morin

Depuis la crise économique de 2008-2009, l’arrivée massive des natifs numériques dans les hautes études (collège et université) et le marché du travail constitue un enjeu majeur pour la société. Toutefois, les entreprises et les organisations tardent à s’adapter aux nouveaux paradigmes, et le sujet revient de plus en plus souvent dans les conseils d’administration et les agences de marketing et de relations publiques. Qui sont vraiment les natifs numériques, et comment doit-on s’adapter?

Comment les natifs numériques influencent la société?

C’est le thème d’une présentation que j’ai donné le 19 novembre dernier, devant une centaine de participants au colloque annuel du RISQ (Réseau d’information scientifiques du Québec). Un organisme qui a joué un rôle crucial dans l’implantation d’Internet et des TI dans le système d’éducation au Québec, et qui soulignait par la même occasion son 25ième anniversaire.

banner-2014Dans cette présentation, disponible en ligne sur SlideShare, je dresse un tableau plus sociologique que scientifique, en décrivant l’influence qu’exercent les natifs numériques dans plusieurs sphères d’activités de la société moderne. J’explique comment ils influencent chacune des autres générations en prenant les commandes de la Génération C des ¨consomm’acteurs¨, et comment ce nouveau paradigme oblige les entreprises et les organisations à adapter leur approche commerciale et leur environnement de travail. Je souligne comment les natifs numériques sont devenus des acteurs importants des changements politiques à travers les réseaux sociaux, et comment les nouveaux styles de vie qu’ils adoptent ont modifié les relations familiales et communautaires.

Je décris également comment les natifs numériques changent le rapport avec les médias et les institutions en amenant de nouvelles façons d’apprendre et de traiter l’information et la culture. Je signale les tendances observées chez les natifs numériques, notamment au niveau de l’entrepreneuriat que de l’implication sociale. Et, finalement, j’explique pourquoi les communications visuelles, la transformation sociale des organisations et l’expérience enrichissante des natifs numériques se révèlent, à mon avis, les principaux enjeux du système actuel d’éducation.

Cette présentation mettait la table à un débat sur les enjeux des natifs numériques, plus spécifiquement dans le secteur de l’éducation. Un débat en plénière auquel j’étais très heureux de participer par la suite, et qui a suscité des échanges très intéressants. Le panel, animé de main de maître (comme toujours) par Bruno Guglielminetti, et qui réunissait mm. Vincent Tanguay, VP Québec Innovation et Transfert au CEFRIO, Sylvain Letellier (TP1), enseignant à l’Université de Sherbrooke, Richard Lacombe, directeur des TI au HEC Montréal, et trois jeunes ¨natifs numériques¨ qui cogneront bientôt aux portes du marché du travail : Amina Mseddi, Victor Therrien et Marc-Éric Boury.  Trois jeunes  brillants, et entrepreneurs dans l’âme, qui ont démentis plusieurs clichés tout au long du débat. Les natifs numériques ne sont pas tous ceux qu’on croit.

Les natifs numériques : un concept démographique à redéfinir !

ContexteSocialGenerationsEncore aujourd’hui, on constate que la notion de natifs numériques reste aussi plutôt vague à l’esprit de plusieurs professionnels. Durant ma présentation, j’ai d’abord rappelé que selon la notion de Mark Prensky (Digital Natives, Digital Immigrants), le terme de ¨natifs numériques¨ désigne la toute première génération à passer de l’ère industrielle à l’ère numérique.

La première génération de l’histoire qui a grandi et évolué à partir du berceau avec les supports numériques, l’ordinateur personnel et Internet, les jeux vidéo et les téléphones cellulaires. Ceux qui sont nés après 1994, soit la Génération Z. Dans l’esprit de Prensky, les autres générations, y compris la majorité des jeunes de la Génération Y, sont plutôt des ¨immigrants numériques¨, c’est-à-dire qu’ils se sont adaptés au fur et à mesure aux changements des nouvelles technologies.

ContexteNumeriqueGenerationsJ’ai aussi beaucoup insisté sur le fait qu’à l’ère numérique, l’avenir est davantage une question de sociologie que de technologie. Et, qu’à ce titre, on doit regarder plus loin que les statistiques et les données pour bien comprendre les véritables enjeux. À l’ère numérique, la sociologie démographique basée sur des périodes de 16 à 18 ans ne s’adapte plus à la réalité.

Avec l’évolution accélérée des technologies, les nouvelles générations se fragmentent. Au fur et à mesure qu’émergent de nouvelles technologies (à tous les trois ou quatre ans), on peut observer de nouveaux comportements sociaux. Et, ce phénomène est d’autant plus remarquable chez les natifs numériques. Il est peut-être encore trop tôt pour savoir ce qui caractérisera la dernière cohorte de la Génération Z, comme la suivante, la Génération ALPHA, mais avec la dernière crise économique de 2008-2009, on peut prévoir que ça aura quelque chose à voir avec la nouvelle économie du partage.

Les natifs numériques sont plus volontaires et ouverts qu’on ne le pense

Durant le débat qui a suivi, les trois jeunes natifs numériques ont tour à tour rappelés qu’on ne doit toutefois pas surestimer l’importance des nouvelles technologies, et qu’il faut cesser de croire que les jeunes des nouvelles générations sont nécessairement des utilisateurs aguerris. Même si ces nouvelles technologies sont devenues pratiquement des extensions de leur personnalité, et qu’ils maîtrisent bien les médias sociaux, plusieurs manquent de structure pour utiliser ces outils dans un contexte éducationnel. Selon eux, la plupart accueilleraient favorablement un meilleur encadrement professoral de l’utilisation des nouvelles technologies durant les cours, en autant qu’on les implique dans le choix des outils.

Récemment, le site Youtern.com – The Savvy Intern publiait une infographie de Bentley University : ¨Millenials at Work : What They Really Think qui tend aussi à démontrer que l’on doit effectivement revoir notre conception des natifs numériques, et enterrer définitivement certaines idées reçues, notamment sur l’étique et le sérieux qu’ils peuvent afficher dans leur formation professionnelle. Tout au long du débat, ces trois jeunes nous l’ont démontrés en expliquant très clairement leur point de vue et en répondant avec beaucoup d’aplomb aux questions de Bruno.

Selon l’étude des chercheurs de Bentley, même si 3 natifs numériques sur quatre exigent des horaires plus flexibles (ce que les trois jeunes du débat n’ont pas niés, au contrraire), plus du 2/3 croient aussi que leur employeur devrait limiter leur utilisation des médias sociaux pour améliorer leur taux de productivité, et plus de 90% des jeunes interrogés avouent consulter réguliers leurs courriels (du travail ou de l’école) en-dehors des heures ouvrables. Cette étude démontre aussi très bien que lorsqu’ont leur fait confiance, et qu’ont les écoutent, les natifs numériques ne sont pas aussi narcissistes et insouciants que la tendance populaire peut le laisser paraître. Et, qu’à l’ère des grandes transformations, les nouvelles générations pourraient finalement s’avérer les meilleurs guide si on leur remettait les clés du changement.

C’est sur cette note que j’ai terminé ma présentation, en suggérant une série de liens, en commençant par la série de fascicules publiés par le CEFRIO sur les cinq générations d’internautes au Québec.

Qu’en pensez-vous? Partagez votre opinion et faites-nous part de vos commentaires. Quelles sont vos expériences professionnelles avec les natifs numériques? N’hésitez pas à partager vos expériences.

Lire aussi :

Millenials will become the majority in the workforce in 2015. Is your company ready? par Sydney Brownstone sur FastCo Exist : http://www.fastcoexist.com/3037823/millennials-will-become-the-majority-in-the-workforce-in-2015-is-your-company-ready

Are You Millenial by Birth or Mindset, par Brian Fanzo, sur Broadsuite : http://broadsuite.com/are-you-a-millennial-by-birth-or-mindset/

Listen Up Leaders : We Are All Millenials, par Meghan Biro, sur Forbes : http://www.forbes.com/sites/meghanbiro/2014/10/23/listen-up-leaders-we-are-all-millennials/

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Génération C : Consomm’action et maturialisme

posted by Raymond Morin on Lundi, novembre 5th 2012

Le nouveau pouvoir d'influence des consommateurs

Au cours des dernières années, les nouvelles technologies d'Internet ont transformé plusieurs aspects de la société. Aujourd'hui, l'accès mobile et presqu'illimité à l'information conjugué au formidable potentiel de diffusion des médias sociaux procurent un nouveau pouvoir d'influence qui joue en faveur des consommateurs branchés (connected consumers).

Ces nouveaux utilisateurs-consommateurs profitent de la valeur de leurs recommandations et du pouvoir viral du bouche-à-oreille pour revendiquer un rôle plus actif dans le processus de vente. Ces consomm'acteurs (ou prosumer en anglais), qui forment la nouvelle Génération C, exercent désormais une influence majeure sur les entreprises et les marques.

 D'Alvin Toffler au magazine TrendWatching

Le terme anglais prosumer est un néologisme issu de l'amalgame des mots professionnel (ou producteur) et consommateur. Il définit le rôle plus actif que jouent désormais les consommateurs branchés dans la chaîne économique. Il est apparut la première fois dans le livre d'Alvin Toffler : The Third Wave. L'auteur et futuriste y décrit justement une nouvelle société de consommateurs devenus producteurs, appelés à tester les produits avant de les mettre en marché.  

Au fil des années, les consommateurs branchés de la Génération C ont su profiter pleinement des outils technologiques à leur disposition pour établir de nouvelles règles du jeu à leur avantage. Aujourd'hui, ils recherchent davantage dans l'acte d'achat et ne se contentent plus d'une simple offre commerciale. Plus critiques face aux pouvoirs économiques et politiques, ils se préoccupent de leur avenir, et cherchent à remplacer l'hyper-consommation et l'artificialité du monde moderne par un mode de vie plus équilibré, plus sain et surtout plus significatif pour le reste de leur communauté.

** Trente ans plus tard, le débat se poursuit toujours autour de sa francisation. Au Québec, le Grand Dictionnaire Terminologique de l'Office de la langue française du Québec (OLFQ) lui préfère le terme de prosommateur. Personnellement, j'adopte plus facilement la notion pro-active deconsomm'acteur, qui me semble correspondre davantage au contexte actuel.

Consommation sociale et maturialisme 

 Le maturialisme est une des principales tendances de consommation observées auprès des utilisateurs par l'équipe du TrendWatching. Une tendance qui se caractérise notamment par la volonté affirmée des consommateurs branchés, de plus en plus expérimentés, d'opter aussi pour un matérialisme plus mature et responsable. 

Une étude réalisée en 2012 par EURO RSCG, auprès de plus de 7 000 utilisateurs du Web, dans 19 pays : This Digital Life, révèle que six personnes sur 10 dans le monde envisagent l'avenir de la société avec pessimisme, et près du 3/4 s'inquiètent du déclin des valeur civiques et morales. En réaction, les utilisateurs adoptent de nouvelles approches plus responsables et sociales dans leurs modes de vie. De nouvelles démarches qui se traduisent par de meilleures habitudes de consommation. 

Dans cette mouvance populaire, on a vu émerger de nouvelles manières plus responsables de consommer. On a vu naître des projets de consommation collaborative un peu partout dans le monde, des foires au gratuit de Buenos Aires, aux vêtithèques en Suède, où le don, le troc, le partage et le prêt sont à l'honneur. Une tendance globale vers une consommation sociale (social shopping) qui continue de se propager. (lire aussi Tendances 2012 – Consommation et société dans Locita). 

Impliquer le consommateur dans le processus dès le départ

 Dans son édition de novembre 2012, le magazine TrendWatching souligne une autre tendance chez les consommateurs, qu'il nomme le presumering. Selon leurs récentes études, les consommateurs branchés de la Génération C influencent aussi le processus de production et de commercialisation des marques. De plus en plus sollicités par les entreprises pour tester les produits et services avant leur lancement, ces utilisateurs-consommateurs se révèlent souvent, par la suite, les meilleurs ambassadeurs de la marque. S'ils n'ont pas apprécié l'expérience, ils deviennent alors les meilleurs guides pour améliorer le produit ou le service. 

Dans son dossier, l'équipe du magazine américain décrit plusieurs exemples de campagnes de marques ou d'organisations réussies grâce au concours de bêta testeurs (notamment dans l'industrie du jeu vidéo), et de sites de financement social (crowdsourcing) comme KickStarter, Crowdcube, Idea.me ou Indiegogo qui ont su impliquer les utilisateurs de première ligne en participant au financement des projets. 

Pour l'équipe du TrendWatching, il s'agit d'une de nouvelles tendances qu'il faudra observer au cours des prochaines années auprès des consommateurs de la Génération C. 

Qu'en pensez-vous? Croyez-vous que la consommation sociale, le maturialisme et le presumering sont des phénomènes passagers, ou plutôt des tendances lourdes qui se confirment? Pensez-vous que les bêta testeurs et le financement social sont de bonnes façons de susciter l'engagement des consomm'acteurs? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires avec nos lecteurs.

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Génération C : de nouvelles façons de partager la connaissance

posted by Raymond Morin on Lundi, octobre 29th 2012

Des encyclopédies imprimées aux plateformes contributives

 (Maj. : Mardi 30 octobre 2012) 

On compare souvent la révolution d'Internet et des médias sociaux à celle de l'imprimerie de Gutenberg. L'invention de l'imprimerie typographique par Johann Gutenberg en 1454 a ouvert la voie à la diffusion de la pensée et des idées pendant la Renaissance. Aujourd'hui, à l'ère de la Génération C, on continue d'établir un parallèle avec cette grande époque de changements, où l'humanité est passée du moyen âge à l'ère moderne. (lire aussi Génération C : L'influence des utilisateurs)

En effet, l'imprimerie a ouvert la porte à une plus grande démocratisation de l'information en donnant naissance à l'industrie des communications. De l'invention de l'écriture aux premières bibliothèques, l'homme cherchait à rassembler l'ensemble des connaissances, et à les conserver précieusement, pour éviter qu'elles se perdent. Mais, l'invention de Gutenberg a définitivement sonné le glas de l'âge d'or de l'encyclopédisme médiéval. Un peu de la même façon qu'Internet et les médias sociaux annoncent la mort des médias conventionnels depuis quelques années. 

À partir du XVe siècle, les encyclopédies se sont rapidement multipliées. Jusqu'alors réservées à l'usage personnel de son auteur, ou à une diffusion très restreinte parmi les initiés de son entourage, on a commencé à se soucier d'un plus grand nombre d'utilisateurs. Mais, il aura tout de même fallut attendre plus de 300 ans avant que le «projet encyclopédique» ne s'affranchisse du joug des religions.

Au début du XVIIIe siècle, le développement des sciences deviendra finalement le déclencheur d'un nouveau phénomène d'impression d'encyclopédies sans précédent. À l'époque, il se publiait plus d'une nouvelle encyclopédie par année dans le monde; chaque nation, chaque communauté de chercheurs, de philosophes et d'humanistes voulant diffuser sa propre encyclopédie. Aujourd'hui, à une autre échelle, alors que les pages Web se comptent à plus de 500 millions, et que les plus importants réseaux dépassent le cap des milliards d'utilisateurs, on constate des similitudes dans ce qu'on observe sur la blogosphère et les médias sociaux. 

Améliorer l'expérience de l'utilisateur

 Après, l'«Encyclopédie raisonné des sciences, des arts et des métiers» de Diderot et D'Alembert en 1751, qui fut le premier ouvrage populaire, il y eut le fameux «Encyclopedia Britannica» en 1768, et l'«Enclycopedia Americana» en 1829. Puis, c'est en 1869 que Pierre Larousse publia son «Grand Dictionnaire Universel du XIXe Siècle», qui devint le «Petit Larousse Illustré» en 1906.

À la fin des années 1800, avec l'industrialisation et les grandes inventions qui ont définitivement lancé l'ère moderne, la soif du savoir et de la connaissance a continué de se propager. Pour rendre les encyclopédies plus accessibles, on y ajouta des notes biographiques et des illustrations, et on introduisit le système de références croisées pour classer les informations. À l'image des réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn), des sites de partage de fichiers (YouTube, Flickr, Pinterest), et de signets ou liens (Twitter, StumbleUpon), les éditeurs d'encyclopédies commencèrent à privilégier l'expérience d'un plus grand nombre d'utilisateurs. Avec la parution de sa onzième édition, en 1911, l'encyclopédie Britannica devint en quelques sortes la référence en matière d'encyclopédies universelles.

Acquis au début des années 1900 par Horace Hooper de Chicago, après avoir considérablement raccourci et simplifié ses articles pour les rendre plus accessibles pour le marché américain, l'encyclopédie Britannica est vite devenue l'emblème du savoir, le symbole de la connaissance auprès de la nation américaine, principalement formée d'immigrants en quête de réussite.

Rachetée au début des années 1920 par Sears, et après deux guerres mondiales, et une crise économique majeure, la vente «porte-à-porte» d'encyclopédies devint vite une entreprise très lucrative. Durant les années 30 et 40, avec la publication du premier Consumer Report et les premières campagnes de publicités à la radio et à la télévision, l'acquisition de connaissances se révèle une planche de salut pour parvenir au «rêve américain».

L'entrée à l'ère numérique

 Dans les années 1950, c'est l'époque des «Mad Men», des soirées Tupperware, et des vendeurs «porte-à-porte». Une époque qui marqua l'âge d'or du marketing conventionnel, et de Dale Carnegie. Rapidement, avec l'émergence des nouveaux médias électroniques (radio/TV) qui favorise une plus grande diffusion des connaissances, on réalisa tout le nouveau potentiel de diffusion pour les encyclopédies.  

Avec la commercialisation du CD-ROM en 1984, le «Projet encyclopédique» fit son entrée dans l'ère numérique, et le Compton's Encyclopedia, paru en 1989, devint le premier encyclopédie multimédia à faire son apparition sur le marché. Durant les années 1990, les éditeurs rivalisaient d'ingéniosités pour fournir une expérience toujours plus enrichissante, mais sont vite déclassés par Internet, et la naissance de la première encyclopédie contributive, Wikipedia, en janvier 2001. 

Très vite, Wikipedia devint extrêmement populaire auprès des utilisateurs, notamment des étudiants qui y trouvent rapidement réponses à toutes leurs questions. L'encyclopédie contributive se révèla alors la nouvelle référence des utilisateurs branchés de la Génération C.

On vit aussitôt émerger sur le Web des dizaines de projets frères exploitant le même concept ; des dictionnaires spécialisés aux citations en passant par les textes de domaine public, et le Wikimedia Commons, une bibliothèque multimédia qui proposait des contenus libres. Au cours des douze dernières années, la popularité des encyclopédies en ligne et les bibliothèques numériques auprès des utilisateurs de toutes les générations confondues n'a jamais cessé de croître. Même les journalistes et les professeurs s'en servent encore régulièrement. 

Le défi du Big Data et la Génération C

 Au printemps dernier (13 mars 2012), après 244 ans, leBritannica déclarait forfait, et annonçait la fin de sa version imprimée, et la décision de recentrer ses activités sur les versions en ligne et les produits dérivés. 

Aujourd'hui, alors que le Big Data, le stockage de données et l'omniprésence des technologies Web mobiles deviennent de nouveaux enjeux, nous nous retrouvons au tournant de l'ère numérique, où la diffusion et la gestion des connaissances adopteront de nouvelles formes plus dynamiques. Ces nouvelles façons de recevoir et de transmettre le savoir restent encore à explorer et à développer. Mais, ils représentent déjà des enjeux majeurs pour les organisations et les entreprises pour les prochaines années.

Alors qu'on se trouve à la naissance d'une nouvelle génération Alpha (nés après 2011), une première cohorte de jeunes de la génération Z (nés après 1995) arrive sur le marché du travail avec des connaissances numériques acquises et développées depuis le berceau. Selon les plus récentes estimations, dans moins de quinze ans, ces deux nouvelles générations représenteront ensemble plus de 75% de la main d'oeuvre active à travers la planète. Ils occuperont les plus importants postes décisionnels, et possèderont une réelle expérience de la connaissance numérique. (Lire aussi : Génération C – L'utilisateur devient le nouveau ROI)

Pour s'adapter aux nouvelles méthodes d'acquisition et de transfert des connaissances, les entreprises et les organisations doivent déjà commencer à se tourner davantage vers la nouvelle Génération C, en commençant par les utilisateurs des nouvelles générations Y et Z, mais aussi la génération Alpha à venir, et qu'il faut déjà envisager.

Car, après les baby-boomers et la génération X, c'est assurément parmi ces nouvelles générations que se retrouvent déjà les prochains grands influenceurs de la société numérique. Les prochains Steve Jobs, Bill Gates ou Richard Branson, qui développeront de nouvelles solutions pour continuer de faire progresser l'humanité. 

Qu'en pensez-vous? Croyez-vous que l'avenir du savoir dépend dorénavant des jeunes des nouvelles générations? Ou la gestion de la connaissance doit-elle continuer de reposer entre les mains des anciens?  


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ENTREPRENDRE 2.0 : LA NOUVELLE CAVERNE D’ALI BABA

posted by Raymond Morin on Jeudi, septembre 1st 2011

ENTREPRENDRE 2.O : 

LES MÉDIAS SOCIAUX : LA NOUVELLE CAVERNE D’ALI BABA DU WEB !

À l’ère numérique, l’évolution de la société adopte la vitesse d’Internet et des nouvelles technologies. À chaque seconde, le World Wide Web diffuse des millions de nouveaux contenus enrichis, provenant de partout dans le monde, qui sont aussitôt relayés par les réseaux de téléphones intelligents et des tablettes numériques. De la blogosphère aux réseaux sociaux, en passant par les plateformes de partage de fichiers multimédia, les annuaires de signets et de flux RSS, chacun des outils du web collaboratif contribuent à modifier le présent et façonner l’avenir. Regorgeant de trésors, les médias sociaux se révèlent la nouvelle caverne d’Ali Baba du Web.

 WELCOME TO THE JUNGLE !

À l’ère des médias sociaux, Internet nous parachute d’un seul clic dans ce que Tim Berners-Lee appelait aussi The Information Mine (TIM)*. Une mine de diamants, certes, mais qui se trouve enterrée sous des couches de datas et de fichiers. Un trésor caché dans un temple sacré, lui-même perdu au fond d’une jungle luxuriante de contenus enrichis, qu’il faudra débroussailler avant d’arriver au but.

Aujourd’hui, grâce aux nouvelles technologies, l’Internaute 2.0 peut se lancer lui-même à la recherche de cette mine secrète. À sa guise, il pourra scruter tous les corridors, et fouiller toutes les salles souterraines de cette nouvelle galerie aux trésors. Au passage, on l’invitera même à se servir parmi tout ce butin, pour rapporter les plus beaux trophées, qu’il pourra par la suite afficher dans son réseau.

   INDIANA JONES ET LA RUÉE VERS L’OR DU KLONDIKE

En prenant ainsi dans la peau d’un Indiana Jones du Web, l’utilisateur court-circuite les réseaux traditionnels de diffusion, et force la main des marques, des organisations et des entreprises. Plus que jamais, il s’affirme comme un acteur important, un joueur actif et influent, capable de modifier le cours d’une partie. C’est d’ailleurs ce qui rend le Web 2.0 aussi fascinant qu’inquiétant pour les entrepreneurs.

Plus de 80% des entrepreneurs canadiens hésitent encore avant de prendre le virage, de peur de s’égarer à travers les méandres de cette jungle profonde. Et, comme personne n’a encore trouvé la carte aux trésors, l’aventure apparaît d’autant plus périlleuse, et continue de rebuter même les plus téméraires.  Les chefs d’entreprises craignent peut-être de revivre les affres de la bulle techno, comme ceux qui ont suivi la ruée vers l’or du Klondike à la fin du siècle passé. Ce serait pourtant se priver de toutes les opportunités qu’offrent les médias sociaux.

   LE SOCIAL GAMING : LA CLÉ DE L’APPRENTISSAGE DES MÉDIAS SOCIAUX ?

De MySpace et YouTube, en passant par Facebook et Twitter, tous les plus importants réseaux sociaux ont initié leur présence en ligne avec une approche principalement ludique. Une approche qui facilite, il faut le reconnaître, l’apprentissage de notions plus abstraites s’appliquant dans un contexte professionnel. D’ailleurs, dans l’industrie florissante du jeu vidéo, les moteurs de recherches développés initialement pour les jeux, servent régulièrement de prototypes pour de nouvelles applications professionnelles.

Dans cette optique, le social gaming, où le joueur adopte un rôle spécifique, ou doit faire face à une situation particulière, semble d’ailleurs gagner en popularité auprès des entreprises. Soucieuses d’améliorer leur présence dans les médias sociaux, les entreprises 2.0 s’y tournent de plus en plus. Elles y trouvent une solution efficace pour mieux gérer la formation et la gestion de leurs ressources humaines. Le social gaming pourrait donc s’avérer la solution à privilégier pour faire l’apprentissage des médias sociaux. Une approche plus ludique, permettant d’apprivoiser plus facilement des notions plus abstraites… comme les relations humaines en 2011… !!! Qu’en pensez-vous ?

À suivre… 

À venir : Pourquoi Empire Avenue devrait être le premier réseau social de l’entreprise 2.0.

·      On peut s’amuser de ce que ressemblerait le glossaire du Web, si le World Wide Web s’était appelé TIM…

 

 

 

 

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ENTREPRENDRE 2.0 : GENERATION C

posted by Raymond Morin on Jeudi, juillet 14th 2011

ENTREPRENDRE 2.0

GENERATION C : POUR REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE !

   L’UTILISATEUR AU CENTRE DES ENJEUX DU WEB SOCIAL

Depuis l’avénement du World Wide Web dans le grand public, durant les années 90, le réseau Internet s’est très vite imposé dans toutes les facettes de notre vie quotidienne. Des loisirs à l’éducation, de la maison au travail, le Web et les nouveaux outils de la technologie se sont rapidement révélés incontournables à notre bon fonctionnement dans la société d’aujourd’hui. À l’aube de l’ère numérique et du nouveau millénaire, l’utilisateur a vite appris à maîtriser ces nouvelles technologies pour les mettre à son service.

Moins d’une décennie plus tard, l’émergence fulgurante des médias sociaux est venu confirmé le positionnement privilégié de l’utilisateur dans le nouvel échiquier. Profitant de l’abondance d’informations et de contenus qu’offre le réseau, l’utilisateur jusqu’alors passif est subitement devenu l’acteur principal d’une nouvelle économie non-marchande. Grâce à cette accessibilité, pratiquement sans limites, que lui apporte les médias sociaux, ce nouveau consomm’acteur peut désormais décider de tout ce qu’il consultera, consommera, commentera et recommandera à ses pairs.  Il se révèle en quelques sortes le créateur et le diffuseur de sa propre chaine de contenus. Des médias de masse (broadcasting), on est vite passé à l’égocasting (ou diffusion de niche) avec les médias sociaux. C’est l’ère de la Génération C qui s’amorce.

  THE RISE OF GENERATION C – STRATEGY+BUSINESS

Dans un excellent article de Strategy+Business, paru récemment : The Rise of Generation C, Roman Friedrich, Michael Peterson et Alan Koster, associés de Booz&Co. décrivent très bien le phénomène. Dans cet important dossier de près de 5 pages, (repris en français dans la récente édition du magazine Premium) les auteurs prennent l’exemple fictif d’un jeune de 20 ans, en 2020, pour décrire les principales tendances à observer au cours des prochaines années auprès des jeunes de sa génération.

À travers une série de statistiques projetées jusqu’en 2020, les auteurs font la démonstration de l’impact de ces nouveaux consommateurs connectés sur l’évolution du Web social. Et, comment ces nouveaux utilisateurs viendront bouleverser le monde du travail, et influencer des secteurs économiques majeurs tels les télécommunications, le commerce au détail et l’industrie du voyage.

En s’appuyant sur différentes études, ils avancent qu’en 2020, 6 milliards de personnes auront un cellulaire, soit près de 80% de la population mondiale, et 4,7 milliards auront accès à Internet, principalement au moyen d’appareils mobiles.  Que le Web, comme source d’informations, prendra une place encore plus importante, et que le trafic sur Internet sera multiplié par dix avant 2013.  En «visionnaires», les auteurs vont jusqu’à prédire que d’ici 2020, la moitié des employés des grandes sociétés travailleront en équipes virtuelles formées de personnes vivant un peu partout dans le monde. 

En somme, The Rise of Generation C reste un très bon article, dont je n’hésiterais pas à recommander la lecture pour quiconque veut se faire une meilleure idée de la nouvelle génération d’utilisateurs d’Internet et des médias sociaux. D’ailleurs, ce mois-ci, il est repris en français dans la nouvelle édition du magazine Premium : Tout sur la Génération C, et commenté par Yanick Bédard, directeur des opérations interactives chez Sid Lee.

  GENERATION C VS NATIFS NUMÉRIQUES

Cependant, même si leur article décrit bien les tendances observées auprès de la nouvelle génération, les auteurs semblent confondre  la notion de Génération C avec celle des natifs numériques, nés après 1990.

Au Québec, le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations) semble adopter la même fausse piste en opposant sa vision de la Génération C à celle plus courante de la Génération Y. Pourtant, dans leur analyse, les responsables de l’organisme de recherches québécois associent les comportements de cette génération à ceux des natifs numériques (qu’ils désignent plutôt comme les enfants du millénaire, nés après 1999)… !!!??? 

Cependant, même s’il confond les natifs numériques avec la Génération C (ou Y ?), le CEFRIO a néanmoins le mérite de faire avancer la réflexion, et d’organiser un colloque annuel sur la nouvelle génération d’utilisateurs du web social, dont le premier avait lieu en octobre 2009. De plus, le CEFRIO a commencé à publier les résultats de son enquête sur la Génération C, sous forme de fascicule Web de 16 pages. Le premier fut publié en janvier 2011 : GENERATION C : Les «C» en tant que citoyens !.

Néanmoins, une certaine confusion semble s’être installée au sujet de la Génération C et des natifs numériques. Et, je réalise à mon grand dam, que j’y ai probablement contribué moi aussi, d’une certaine manière, en mêlant les deux notions dans les premières pages de mon livre Comment entreprendre le virage 2.0 (pp. 18-19). Alors, comme il n’est jamais trop tard pour faire amende honorable, et signaler ce qu’on croit sincèrement être une erreur (même de bonne foi), je vais tenter de remettre les pendules à l’heure.  

 GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : UN PEU D’HISTOIRE

«No, this is not about a new niche generation of youngsters born between 1988 and 1993.»

En fait, la notion de Generation C est apparue en février 2004, puis en décembre 2006, dans une série de billets de l’équipe du webzine américain Trendwatching.com. Dès le départ, les rédacteurs du magazine ont insistés sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle génération sociologique, mais plutôt d’une nouvelle communauté d’intérêts ; celle des utilisateurs du Web 2.0 et des médias sociaux.

À travers ses observations, l’équipe du Trendwatching a vite relevé l’importance des contenus générés par les utilisateurs dans le nouvel écosystème des médias sociaux. On y soulignait le rapport entre les contenus diffusés sur le Net, et les principaux centres d’intérêts alors observés chez les utilisateurs ; créativité, contenus, contrôle, convivialité… mais aussi «cash» et célébrité. Cette nouvelle approche générationnelle fut aussi vite adoptée par l’ensemble de la communauté internationale du World Wide Web.

Aujourd’hui, grâce à leur connexion Internet, les nouveaux utilisateurs contrôlent désormais les contenus qu’ils consulteront, et choisiront de partager avec leur communauté. En pouvant diffuser de la sorte leurs propres contenus, dans une approche toujours plus facile et conviviale, ils expriment enfin librement, sans contraintes, leur propre créativité, et se rapprochent de leur moment de gloire et de célébrité. Dans ce contexte, la notion Génération C englobe l’ensemble des utilisateurs des nouveaux outils du Web 2.0 et des médias sociaux, de 15 à 75 ans. Aussi, on ne saurait la confondre plus longtemps avec les natifs numériques.

  LES NATIFS NUMÉRIQUES OU ENFANTS DU MILLÉNAIRE

C’est en octobre 2001, au tournant du siècle, que Mark Prensky a amené l’idée d’une nouvelle génération entièrement issue de l’ère numérique. C’est dans un article intitulé Digital Natives, Digital Immigrants , paru dans le journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9 No. 5), qu’il a d’abord lancé son concept, en se basant sur sa propre expérience de professeur à l’université.

Dans son ouvrage, Digital Natives, Digital Immigrants, Prensky faisait allusion aux jeunes nés dans les années 90 (1994-…), tout de suite après la Génération Y (1979-1993). Ces enfants du millénaire qui auront grandis et évolués avec les supports numériques (CD/DVD), les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et Internet. Une nouvelle génération multi-fonctionnelle que les américains appellent plutôt la Generation Z ou Net Generation, une génération qui aura vécu son adolescence durant les premières années du nouveau millénaire, avant d’aller à l’université ou d’opter pour le marché du travail.

Finalement, ce n'est que quelques années plus tard, que le magazine Trendwatching s’est penché sur le phénomène de la nouvelle génération d’utilisateurs du Web, pour déterminer que plusieurs traits de comportements similaires pouvaient néanmoins relier les natifs et les migrants numériques.  C’est cette observation qui a donné naissance au concept de Génération C, bien après celui des natifs numériques. En fait, les natifs ne représentent que la pointe de l’iceberg ; la Génération C regroupe un nombre toujours grandissant de migrants numériques qui proviennent des générations précédentes.

Or, si l’on souhaite continuer de faire avancer la réflexion sur la nouvelle génération, pour toujours mieux comprendre les nouveaux paradigmes qui l’animent, il faudra d’abord que l’on remette les pendules à l’heure. Et, que l’on cesse de confondre les notions…

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les influenceurs du Web : un enjeu majeur?

posted by Raymond Morin on Jeudi, février 10th 2011


Les influenceurs du Web : un enjeu majeur ?

 Depuis la parution du premier TOP 100 des influenceurs du Web au Québec (en novembre dernier), plusieurs utilisateurs professionnels d’Internet se sont manifestés, et se sont ajoutés au répertoire. Aujourd’hui, la liste de base, à partir de laquelle je continue de compiler les 100 premières positions du palmarès, comprends déjà près de 200 noms d’entrepreneur(e)s indépendant(e)s et de travailleurs autonomes francophones du Québec, qui tweetent dans un contexte professionnel. Face aux nombreuses réactions, il ne fait plus de doutes que les notions d’influenceurs du Web et la monétisation des contenus se trouvent au cœur des enjeux des professionnels des médias sociaux.

Les nouveaux évangélisateurs du web social

 

À travers leurs occupations quotidiennes, ces professionnel(le)s se servent des médias sociaux pour  améliorer leur qualité de vie, tant à la maison que dans les loisirs. Naturellement, ils transposent ces outils dans leur milieu de travail, et cherchent aussi à profiter des nouveaux réseaux sociaux pour faire avancer leur carrière, voire même leur propre business.

Dans leur milieu, ils font souvent figure d’évangélisateurs des vertus d’Internet. À travers le maelstrom de nouvelles applications et de nouveaux outils des médias sociaux qui émergent, ils deviennent, en quelques sortes, le hublot (hub) par lequel leurs abonnés (ou followers) vont désormais trouver les meilleurs contenus et les informations les plus pertinentes.

À leur tour, tels des apôtres, ces followers vont relayer ces nouvelles (tweets) émanant des influenceurs, à leur propre réseau, contribuant à l’effet viral escompté. Chacun va donc contribuer à alimenter l’effet d’entraînement du bouche-à-oreille en participant à la diffusion du message initial. Et, devenir à son tour le porte-voix de la nouvelle dans son propre réseau, l’influenceur de sa communauté.

Mais, comment identifie-t-on ces influenceurs, ces évangélisateurs du Web et des médias sociaux ? Et, comment mesure-t-on leur degré d’influence ?

Quel(s) outil(s) de mesure choisir ?

 Jusqu’à présent les applications que j’ai testé sur le Web ne m’ont permis d’obtenir qu’une estimation partielle de la véritable influence des intervenants (voir le billet précédent : Influenceurs du Web au Québec). Bien sûr, il s’agit encore de versions bêta, mais déjà la plupart des utilisateurs s’entendent pour dire qu’il y a encore beaucoup d’améliorations à apporter à ces différents outils de mesure. 

Comme je le mentionnais dans le billet précédent, plusieurs autres critères d’évaluation, non quantifiables mais plutôt qualifiables, doivent aussi être pris en considération dans le calcul de la mesure d’influence. Des paramètres plus difficiles à mesurer précisément comme la proximité, l’expertise, la crédibilité, la confiance et le style, qui demeurent tous beaucoup plus subjectifs. Des éléments de calculs plus complexes, mais qui restent néanmoins essentiels pour être en mesure d’évaluer plus précisément le niveau d’influence véritable d’un intervenant sur le Web.

À quel type d’influenceur vous identifiez-vous ?

La mesure de l’influence sur le Web se complexifie encore davantage si l’on considère aussi les différents types d’influenceurs. En effet, en tant qu’individu, chacun possède un parcours différent et une courbe d’adoption des médias sociaux unique, guidé par des objectifs spécifiques à ses aspirations professionnelles.

Dans cette optique, on peut déjà établir différentes typologies d’influenceurs :

Les précurseurs : Ils sont les pionniers, les blogueurs de la première heure, les premiers à avoir adopté les médias sociaux dans leur communauté. Ils bénéficient d’un très large réseau et leur notoriété n’est plus à faire. Leurs tweets, comme leurs retweets, sont régulièrement amplifiés par leurs nombreux abonnés, qui leur sont souvent très fidèles.  Ce qui augmente encore davantage l’importance de leur réseau.

Les explorateurs : Ils touchent à plusieurs secteurs d’intérêts, et n’hésitent pas à explorer de nouvelles avenues au gré de la sérendipité. Ils sont donc souvent actifs dans plusieurs catégories en même temps, selon leur humeur du moment. Ils font preuve de beaucoup de charisme et d’une forte autorité. Ils s’avèrent très convaincants, ce qui leur attire le respect d’une grande communauté de followers.  En revanche, ils comptent généralement autant de followings.

Les veilleurs : Souvent les premiers à réagir aux nouvelles, et à les retweeter dans leur réseau, ils s’aliment à plusieurs sources. Ils exercent une veille assidue dans leur secteur d’activités, et diffusent régulièrement de nouvelles infos à leurs abonnés. Ils se révèlent souvent le «hublot» de leur communauté, le canal privilégié par lequel leurs abonnés vont aller piger les contenus qu’ils retweeteront à leur tour.

Les penseurs : Leurs réflexions sur les médias sociaux en font les nouveaux penseurs du Web. Leur production de nouveaux contenus s’avère peut-être moins régulière, mais plus significative que la plupart des autres blogueurs. Ce sont les découvreurs de nouvelles tendances, ce qui leur vaut une très grande notoriété se répercutant souvent dans les médias spécialisés et traditionnels où ils interviennent plus régulièrement.

Les testeurs : Professionnels aguerris et expérimentateurs de première ligne des nouvelles technologies, leur expertise est largement reconnue. Leurs commentaires et leurs appréciations des nouveaux outils font référence, et ils deviennent souvent une source d’informations privilégiée pour les autres influenceurs. Ce qui leur confère un très grand respect de leurs pairs, et une très forte crédibilité dans leur réseau.

Les observateurs : Plutôt généralistes et touche-à-tout, ils se révèlent néanmoins des observateurs privilégiés, et leur influence s’étend à plusieurs niveaux. Ils s’avèrent des vulgarisateurs et évangélisateurs particulièrement convaincants, et retweetent régulièrement les contenus des autres influenceurs à leur réseau. Ils comptent généralement plus d’abonnements que d’abonnés.

Alors, à quelle catégorie d’influenceur vous identifiez-vous ? La question est lancée. Si vous avez des suggestions d’autre(s) type(s) d’influenceur(s), n’hésitez pas à nous faire partager vos commentaires.

Plus d’interactivités entre les influenceurs et les utilisateurs

Suite aux nombreuses suggestions des lecteurs, j’ai déjà envisagé plusieurs modifications au palmarès des influenceurs du Web. J’ai commencé à recruter quelques collaborateurs pour me seconder, mais la tâche s’annonce déjà beaucoup plus ardue que je ne l’imaginais au départ.  Comme tous projets de démarrage, ça demande un certain niveau d’implication bénévole pour mettre la machine sur les rails.

Aussi, je vous lance une nouvelle invitation ; si le défi de contribuer à l’amélioration du TOP 100 des influenceurs du Web au Québec vous intéresse, je reçois toutes les propositions. L’objectif étant d’apporter plus d’éléments d’interactivités au palmarès, de manière à susciter encore plus d’échanges et de collaboration entre les utilisateurs (les abonnés : entreprises et professionnels de chacun des secteurs) et les influenceurs.

Bientôt, des palmarès d'influenceurs dans 6 secteurs d’activités

Déjà, dans la prochaine publication du TOP 100 des influenceurs du Web au Québec, vous pourrez accéder directement au compte Twitter de chaque professionnel listé. Vous pourrez donc suivre (si ce n’est déjà fait) les micro-blogueurs que vous retrouverez sur le palmarès des influenceurs québécois du Web.

Au fur et à mesure qu’il évoluera, le palmarès continuera de prendre de l’ampleur, en listant les professionnels de six secteurs d’activités :

·      médias sociaux/e-marketing

·      techno/multimédia

·      médias/culture/société

·      éducation/pédagogie

·      santé/bien-être

·      mode/lifestyle/loisirs

Donc, si vous pensez à des professionnel(le)s de ces secteurs d’activités qui tweetent en français, et qui mériteraient de figurer sur la liste des influenceurs du Web au Québec, n’hésitez pas à nous faire vos suggestions, en devenant membre du groupe Facebook Influenceurs Web au Québec, et en laissant un message sur le babillard avec leur nom d’utilisateur Twitter et leur Klout score.  

D'importants mouvements à prévoir dans le prochain palmarès!

Dans la prochaine révision du palmarès, il faudra prévoir des modifications majeures dans le positionnement des influenceurs. Encore cette semaine, près d’une trentaine de nouvelles entrées (dont plus d’une douzaine dans le secteur de l’éducation) viennent complètement changer les cinquante premières positions. 

Avec près de 200 noms, il faut comprendre qu’un seul point d’écart du Klout Score peut signifier une différence d’une dizaine de positions dans le palmarès. Selon l’algorithme de la compagnie californienne, basé sur plus de 35 variables qui analysent l’activité sur Twitter, mais également sur Facebook et depuis peu sur LinkedIn, il suffit en effet d’un simple ralentissement des interventions sur les réseaux sociaux pour faire perdre de précieux points au classement. Il ne faudra donc pas se surprendre de voir certain(e)s professionnel(le)s qui semblaient bien installés parmi les leaders disparaître complètement du TOP 10.

PREMIER TOP 10 – INFLUENCEURS DU WEB AU QUÉBEC (Éducation)

Alors, pour vous permettre de patienter encore quelques jours avant la prochaine révision du TOP 100 des influenceurs du Web au Québec, je vous propose un premier palmarès sectoriel (selon le Klout Score) :

TOP 10 – INFLUENCEURS DU WEB AU QUÉBEC – ÉDUCATION/PÉDAGOGIE

1 – @JeanBoileau 71

2 – @rachellehoude 66 (nouveau)

3 – @Alex_Riopel 63 (nouveau)

4 – @MarioAsselin 61

5 – @profnoel 61 (nouveau)

6 – @slyberu 61 (nouveau)

7 – @AlexBoileau 60

8 – @LucDupont 58

9 – @mariellepotvin 55 (nouveau)

10 – @françoisGuite 53 (nouveau)


11 – @ppoulin 53 (nouveau)

12 – @sstasse 50 (nouveau)

13 – @educations 49 (nouveau)

14 – @cyberprofesseur 36 (nouveau)

15 – @michel_20_100 (nouveau)

 

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Le règne des natifs numériques et de la génération C

posted by Raymond Morin on Vendredi, mai 28th 2010

«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0» 

Par Raymond Morin

LE RÈGNE DES NATIFS NUMÉRIQUES ET DE LA GÉNÉRATION C

 Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’évolution vertigineuse des nouvelles technologies et des réseaux de communications a engendré une profonde mutation de la société. Une révolution sociale et économique qui s’étend aujourd’hui à l’échelle de la planète, et dont l’importance surpasse déjà celle de l’imprimerie typographique, il y a plus de 500 ans.   Au tournant du 21ième siècle, à travers la multiplication des plateformes de diffusion du Web et l’omniprésence des outils technologie l’humanité se retrouve définitivement, et irrémédiablement, propulsée à l’ère numérique.  En moins de dix ans, avec les blogues, les sites de réseautage social et d'échanges de fichiers, les nouveaux médias sociaux ont vite pris une place prépondérante dans nos activités de tous les jours. Combinés aux nouvelles technologies, les applications du Web 2.0 fournissent désormais des outils aux internautes, qui lui permettent de s'affranchir des contraintes. Par le biais de sa connexion Internet et des nouveaux outils de la technologie, le nouvel utilisateur a dorénavant le pouvoir de revendiquer un rôle plus actif et déterminant dans la société.

 

 

 

 

Or, pour la première fois depuis l’émergence des TI et d’Internet, une nouvelle génération entièrement façonnée à l’ère des supports numériques arrive à maturité. Suréquipés depuis le berceau, utilisant régulièrement les nouvelles technologies jusqu’à plus de dix heures par jour, ces natifs numériques ne s’identifient plus à travers leur travail, et privilégient plutôt la qualité de l’expérience avant sa finalité. À la tête d’une nouvelle génération d’utilisateurs, qu’on appelle la Génération C, ces enfants du numérique imposent de nouvelles façons de consommer, mais aussi de communiquer, de créer et de collaborer.      

 Grâce à ces nouveaux outils technologiques qui lui confèrent un nouveau pouvoir de décision, le nouvel internaute dicte de nouvelles règles.  Par le biais de sa connexion Internet, toujours plus rapide, il exploite pleinement tout le potentiel de convergence des médias sociaux et du web collaboratif pour se réaliser et s’émanciper.  En exerçant un plus grand contrôle sur les contenus, il se révèle d’autant plus critique comme consommateur.  En tant que citoyen du cyberespace, il apporte volontiers sa contribution à ses communautés d’intérêts, et partage ses connaissances et sa créativité avec ses concitoyens.

   Entrevue avec Gérald Fillion à RDI Économie

Au fil des prochaines années, les rangs de la Génération C (natifs numériques (1995-) et Génération Y (1980-1994)) ne cesseront de s’accroître, représentant plus de 50 % de la main-d’œuvre, constituant une force économique toujours plus considérable. Les entreprises doivent s’employer dès maintenant à réduire la fracture qui les sépare désormais de ces nouveaux utilisateurs-consommateurs.

Les entrepreneurs et les professionnels doivent s’ajuster à de nouvelles règles économiques. Les approches traditionnelles de ventes et de marketing se révèlent complètement caduques. Les natifs numériques se retrouvent au centre d’une nouvelle économie non-marchande axée davantage sur la qualité de l’expérience de l’utilisateur. Les entreprises doivent désormais adopter de nouvelles approches, et privilégier de nouvelles méthodes de travail et de collaboration correspondant davantage aux aspirations de la nouvelle génération. Le phénomène des médias sociaux n’a rien de passager, au cours des prochaines années il va plutôt aller en s’amplifiant. Notre société est définitivement, et irrémédiablement, entrée dans l’ère numérique, et ne peut plus revenir en arrière. Qu’on se le dise, le règne des natifs numériques et de la Génération C ne fait que débuter…

Extrait du livre « Comment entreprendre le virage 2.0 », aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l'entrepreneurship du Québec – parution le 11 mars 2010