Pour entreprendre le virage des médias sociaux

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Marketing d’influence: Publier dans les médias sociaux comme un pro!

posted by Raymond Morin on Lundi, mars 10th 2014

Comment publier comme un pro en quelques clics

Par Raymond Morin

L’automation, une solution à la portée des entrepreneurs et des professionnels

images-6Les résultats d’une récente étude de Balihoo, dévoilée par eMarketer (via Robert Caruso @fondalo) démontre que 78% des marques locales accordent de l’importance aux médias sociaux. En même temps, seulement 25% des répondants entendent y mettre leur priorité en 2014. En d’autres termes, pour la plupart des chefs d’entreprises et de PME, les réseaux sociaux demeurent encore un mal ¨nécessaire¨ qu’on affronte à reculons, comme une visite chez le dentiste qu’on reporte continuellement.

Malgré l’évidence devant laquelle ils se retrouvent, les entreprises hésitent encore à prendre le virage d’Internet et des médias sociaux. Ils réalisent l’importance d’assurer une présence sur les plateformes sociales s’ils veulent rejoindre à nouveau leur clientèle, mais ne veulent pas s’impliquer personnellement. Et ils comprennent, que pour se démarquer, ils devront compter sur des contenus de qualités, mais ne savent pas par où commencer.  Mais, ils enregistrent surtout qu’il leur faudra rebâtir leur réputation à partir du bas de l’échelle, et reconstruire leur réseau d’influence dans les réseaux sociaux avant de reprendre leur part de marché (lire aussi : La pyramide d’influence dans les médias sociaux – Recommencer en bas de l’échelle).

images-7Aussi, lorsqu’ils réalisent qu’ils devront modifier leur façon d’opérer, changer leur approche de marketing, et qu’en plus, il leur faudra s’impliquer personnellement, et penser désormais comme des éditeurs sur les réseaux sociaux, ça leur apparaît comme une montagne.  On ne saurait les en blâmer.  Ils n’ont pas choisi le chemin de l’entrepreneuriat pour écrire leurs mémoires ou devenir éditeur de web magazines, mais pour négocier des affaires avec les clients.

Souvent, ce n’est pas seulement une question de budget et de ressources qui les fait reculer, mais surtout le manque de compétences et de compréhension de ce nouvel éco-système qui les effraient. À titre de coach/conseiller, on doit donc les rassurer et les aider à choisir les meilleurs outils pour suppléer à leurs lacunes. Et, les accompagner durant tout le processus, en leur démontrant qu’avec les bons outils, ils pourront publier sur le Web comme des pros, en quelques heures par jour.  C’est un des grands avantages des outils d’automation de contenus.

Développer un plan d’action pragmatique et rationnel

Plusieurs outils, accessibles via le Web, permettent aujourd’hui de planifier et d’organiser efficacement plusieurs phases dans le processus de création, de curation et de publication de contenus sur les différentes plateformes. Dans un premier temps, il faut établir un plan d’action précis et détaillé avec l’entreprise (ou le professionnel) :

-       Réviser les contenus actuels des archives, et déterminer ceux qui peuvent être enrichis avec les nouvelles technologies audio et vidéo,

-       Établir la liste des nouveaux contenus potentiels à créer, à partir des archives, et des activités de l’entreprise (ou du professionnel),

-       Recruter et former l’équipe responsable de la création des contenus et de la gestion de la communauté au sein de son personnel, et embaucher les consultants nécessaires pour compléter l’équipe (ou les collaborateurs),

-       Sélectionner les outils de curation et de publication les plus appropriés, selon les objectifs spécifiques des campagnes,

-       Déterminer un cahier de production, et un calendrier de livrables, raisonnables en fonction des ressources disponibles,

imgres-3Des outils de curation de contenus comme Spundge, Paper.li, et Scoop.it, entres autres, permettent de trouver et d’archiver les meilleurs contenus diffusés dans les réseaux sociaux, selon des thématiques et des mots-clés. Tandis que d’autres applications, comme HootSuite, IFTTT, Triberr, Zapier et Buffer, permettent de planifier et d’organiser efficacement un calendrier de publication.

D’autres applications permettront plus tard d’analyser et de mesurer les résultats des campagnes de marketing d’influence dans les médias sociaux. J’y reviendrai dans un prochain article.

Mon coffre à outils

Personnellement, j’utilise une combinaison des outils Spundge et Paper.li pour la curation et l’archivage de contenus, avec celui de Buffer pour établir mon calendrier de publication dans les quatre réseaux sociaux principaux : Facebook, LinkedIn, Google + et Twitter. Plus d’un demi-million de professionnels l’utilisent dans le monde. Une combinaison d’applications qui répondent parfaitement à mes besoins actuels de consultant freelance, et qui me permet surtout de focuser le reste du temps sur mes autres activités professionnelles.

Tôt le matin, j’épluche mes cinq carnets thématiques sur Spundge*, et mes journaux sur Paper.li, pour y sélectionner les meilleurs contenus.  Au fur et à mesure de ma sélection, ils sont relayés à l’application Buffer, qui les ajoute au calendrier de publication de chacune des mes plateformes sociales, tel que déterminé d’avance. Ainsi, au moment voulu, les différents contenus que j’ai sélectionnés à travers Spundge et Paper.li, sont programmés pour être publiés à différentes heures, voire même à différentes journées.  Une opération qui ne me prend que quelques heures par jour.

Et, qui me permet d’offrir continuellement les meilleurs contenus, aux différentes heures de la journée (selon que mon auditoire se trouve dans différents fuseaux horaires à ce moment).  Ces applications me permettent de programmer mes contenus suivant ma stratégie, tout en respectant la règle du 5-3-2. Une règle de blogueurs, non–écrite, qui veut que sur 10 ¨posts¨ envoyés sur les réseaux sociaux, la moitié doit provenir de sources externes. Et, sur les cinq autres de source interne, trois doivent être de nature non-commerciale, et les deux autres, orientés de manière à humaniser la relation avec la clientèle. (lire aussi l’article d’Eric Tung, sur BusinessGrow : Social Media Automation : Here’s a Rational Plan !)

* À surveiller : Bientôt, mes cinq cahiers thématiques Spundge remplaceront la section consacrée à mes journaux Paper.li, et prendront graduellement plus d’importance dans mon offre de contenus.

Une grille de publication dans les réseaux sociaux à personnaliser

GRILLE DE PUBLICATIONPour faciliter encore davantage la tâche de mes clients, j’ai développé une grille de publication dans les réseaux sociaux avec l’application Buffer, qui peut aisément s’adapter à différents contextes, ou à différentes campagnes. Basée sur différentes études, dont celle de l’équipe de BufferApp, établissant les meilleures heures pour publier sur les différentes plateformes, cette grille demeure tout de même flexible, et peut être modifiée en tout temps. La grille ci-dessous a été développée pour une entreprise qui amorce son virage numérique, et se limite donc à quatre ¨posts¨ par jour par plateforme (sauf la journée où ce réseau est en vedette).

Basée sur une évaluation tout à fait personnelle (qui n’a absolument rien de scientifique), cette grille de publication constitue donc un canevas, assez simple à appliquer, et couvrant les cinq jours de la semaine durant les heures ouvrables (7 heures AM à 17 heures PM). Dans la grille, chacune des journées de la semaine est identifiée selon la couleur de la plateforme du jour (celle qui obtient le plus d’impact selon les études), et chacune des cases horaires de la journée est identifiée par le nom de la plateforme à privilégier à cette heure.

Ainsi, toujours selon les études, les journées de la semaine se répartissent de la manière suivante :

Lundi (Ocre/Blogue/Twitter) : La journée privilégiée du marketing de contenus. C’est la journée idéale, en tout début de semaine, pour publier un blogue, ou tout autre contenu personnel.  Cette journée-là, Twitter s’avère le meilleur relais pour ces contenus.

-  Mardi (Mauve/LinkedIn/Google+) : C’est la journée Marketing B2B. Pour les professionnels, préoccupés par le succès immédiat de leur présence dans les réseaux sociaux, LinkedIn se révèle la meilleure plateforme, le Mardi Les utilisateurs de Google+ y trouvent aussi leur compte.

-  Mercredi (Bleu /Facebook/Blogue) :  Pour les blogueurs, Mercredi est la meilleure journée de la semaine pour le marketing B2C. Pour rejoindre un large public, Facebook s’avère encore la plateforme la plus efficace, malgré toutes les critiques. Et, le Mercredi, est aussi une très bonne période pour publier un blogue.

Jeudi (Rouge/Google+/LinkedIn) : Le Jeudi est la journée Tendances/Nouvelles technologies. Une autre journée fructueuse pour les professionnels sur les médias sociaux. Cette journée-là, ce sont les blogueurs technos qui émergent sur Google+, révélant leurs récentes découvertes, ou commentant les actualités de la semaine.

Vendredi (Turquoise/Twitter/Blogue) : Le Vendredi, c’est la revue de la semaine. C’est une autre bonne journée pour publier un blogue, et pour répondre aux conversations entreprises durant la semaine. C’est la journée idéale pour les micro-blogues de Twitter.

Dans le calendrier final que vous préparerez à partir de cette grille, l’heure précise de publication peut varier d’une demi-heure, d’une case à l’autre.  Les cases plus foncées correspondant aux meilleurs moments de la journée pour publier (selon les différentes études qui ont servies à préparer la grille), elles peuvent aussi être modifiées, en fonction du fuseau horaire de votre auditoire.  Toutes les possibilités peuvent être envisageables, en fonction des objectifs, et c’est ce qui rend ces outils bénéfiques.

Destinée aux professionnels, aux entreprises et aux organisations qui débutent dans les médias sociaux, cette grille de base se limite donc à seulement quatre publications par jour, par plateforme sociale, sauf cinq publications le jour de la semaine où ce réseau est le plus populaire chez les utilisateurs.  Les cases vides pourront être comblées par des nouvelles d’actualités durant la semaine, ou lorsqu’on choisira d’augmenter la cadence de publications sur les différents réseaux sociaux. 

GRILLE DE PUBLICATION

Qu’en pensez-vous ? Est-ce que cette grille vous semble utile ? Sinon, comment pourrait-on l’améliorer ? Proposez vos idées, et partagez vos commentaires.

Sources :

http://socialmediatoday.com/caitlinz10/1731626/taking-headache-out-social-media-tools-help-you-plan-and-share-great-content, par Caitlin Zucal, via Socialmediatoday

http://socialtimes.com/best-worst-times-post-social-media-infographic_b141745 (Infographie de SocialMarketingWriting)

http://lorirtaylor.com/the-best-and-worst-times-to-post-on-social-networks-infographic/

par Krissy Brady (Infographie de SocialCaffeine)

http://hosting.ber-art.nl/best-times-to-post-on-social-media-an-infographic/ (Infographie de Fannit)

http://blog.bufferapp.com/best-time-to-tweet-post-to-facebook-send-emails-publish-blogposts , par Belle Beth Cooper (Infographie de Buffer)

Lire aussi :

http://maximizesocialbusiness.com/best-time-to-post-social-media-updates-8114/, par Joel Don, via Maximize Social Business

http://maximizesocialbusiness.com/auto-posting-way-fame-fortune-health-weight-loss-12736/ , par Bob Geller, via Maximize Social Business

 

 

 

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Marketing de contenus : Se démarquer de la mêlée!

posted by Raymond Morin on Jeudi, septembre 5th 2013

Comment se démarquer

Par Raymond Morin

De plus en plus, le marketing de contenus s’inscrit parmi les nouvelles priorités des stratégies d’entreprises. Indubitablement, la création et la diffusion de contenus se révèlent de nouvelles pièces maîtressse, et incontournables, pour le succès des marques et des professionnels dans les médias sociaux.

«Les plateformes et les règles d’engagement changent. Et, les attentes des consommateurs sont largement différentes de ce qu’elles étaient il y a encore à peine quelques années. Aujourd’hui, nous devons tout simplement mieux comprendre ces nouveaux fondements
pour réussir à se démarquer». – Mark Schaefer

¨Cut Through The Clutter¨

Mark Schaefer - Cut Through The Clutter

Le 4 juillet dernier, à l’invitation de SocialMeex en collaboration avec The McGill Writing Centre, Mark Schaefer, une des plus grandes sommités internationales en matière de marketing de contenus et de blogues, animait un atelier de trois heures à La Citadelle : Cut Through The Clutter.

Un atelier auquel j’ai eu l’opportunité d’assister, et qui m’a permis de profiter non seulement de l’expertise de Mark, mais également d’apprécier son grand talent de raconteur (storyteller) et son charisme comme conférencier.  Un événement qui m’a également donné l’occasion de faire la connaissance, et de rencontrer en personne, plusieurs autres professionnels du Web et des médias sociaux, comme Nancy Locke, Ray Hiltz et Luis London Gomez de Social Meex, mais également Diane Bourque, Julien Smith, Mitch Joel (Twist Image), Dino Dogan (Triberr) et Craig Silverman (Spundge), pour n’en nommer que quelques-un. Ce fut vraiment une journée de réseautage extraordinaire.

Avant son atelier, j’ai aussi eu la chance de m’entretenir et d’échanger avec lui, et d’en apprendre davantage sur son atelier et son nouveau livre. Dans ce nouvel ouvrage, intitulé Born To Blog (co-écrit avec Stanford Smith), et plus récemment dans un de ses billets publié sur son blogue, Do you have to be a great writer to be a great blogger ?, Mark explique comment les blogues peuvent représenter un levier de marketing important, même si l’on ne possède pas nécessairement la meilleure plume.  «Évidemment, bien écrire compte lorsqu’il s’agit de blogueur. Mais, même si tu n’es pas un grand auteur, il y a plusieurs autres façons de parvenir à produire et de publier régulièrement des contenus de qualité.»

Comment devenir un bon blogueur

Son atelier s’est amorcé avec les meilleures démarches de curation, et s’est poursuivi sur la création de contenus efficaces pour le Web. En entrevue, il m’avait déjà révélés les grande lignes : «La première étape est toujours d’observer le monde comme une source perpétuelle d’idées, peu importe dans quelles circonstance l’on se trouve. Que ce soit lorsqu’on lit un titre de livre, une entête de magazine, un bulletin de nouvelles qu’on entends, une question qu’un ami nous poses… toujours se demander : Est-ce que ça pourrait faire un bon sujet de blogue ? De quelle manière je pourrais retourner cette idée ?»

4 juillet 2013 -  12 h. 30 à 18 h. 30 Atelier/workshop «Cut Through The Clutter», avec Mark Schaefer  Univ. McGill, Montreal

4 juillet 2013 – 12h.30-18h.30 à l’Université McGill        (The McGill Writing Center)   «Cut Through The Clutter»   Atelier/workshop sur le marketing de contenus, avec  Mark Schaefer                            présenté par SocialMeex 

«Je ne crois pas être un meilleur blogueur qu’un autre. Je suis peut-être seulement plus discipliné dans la façon de trouver et de ramasser mes idées. Mais, réfléchir aux idées n’est pas suffisant. Il faut aussi savoir les saisir et les capturer sur le moment, avant qu’elles ne s’évanouissent. Pas nécessaire de rédiger le blogue en entier, simplement de noter l’idée, la source de réflexion, pour y revenir plus tard. De cette manière, lorsqu’arrive la période que je me réserve à chaque semaine pour l’écriture, je profite d’une longue liste d’idées en réserve, parmi lesquelles je peux piger à tout moment. Ainsi, je ne me trouve jamais en panne d’inspiration.»

 Créer des contenus pertinents, avec constance, pour répondre aux attentes

Durant son atelier, Mark nous a également expliqué comment, et surtout pourquoi, créer des contenus pertinents, avec consistance et régularité, se révèle aussi essentiel pour les entreprises que pour les professionnels. «Les lecteurs seront toujours attirés par des écrits pertinents, intéressants, actuels et attrayants. Si tu produis et publie régulièrement des contenus qui répondent à ces trois critères, inévitablement ça va t’attirer un lectorat.  Je dirais que ce sont plutôt les objectifs, et l’urgence, qui diffèrent (entre les entreprises et les professionnels). Les éléments d’un bon blogue restent toujours les mêmes.»

Finalement, en s’appuyant sur des études de cas probants, Mark nous a également révélé plusieurs trucs pratiques qui font en sorte que les contenus se propagent dans les réseaux sociaux, et atteignent leurs objectifs. «Le plus difficile dans tout ça, et le plus important, c’est de demeurer divertissant. Toujours se demander comment notre contenu va captiver l’auditoire, comment il nous permet de nous démarquer dans le fouillis d’informations qui circule sur le Web. Il faut constamment se questionner : C’est le genre de contenu que vous appréciez et que vous partagez, n’est-ce pas ?»

Ce fut un atelier des plus enrichissants, pour tous ceux qui ont assistés (la salle était pleine), et, surtout pour les curateurs de contenus et blogueurs. Mark possède un talent extraordinaire de raconteur, et c’est ce qui fait son grand succès comme conférencier.

Personnellement, je suis très heureux d’avoir pu contribuer, à ma manière, à faire de cet événement un succès, et aussi de faciliter sa visite, à lui et Rebecca, sa charmante épouse, à Montréal, durant le Festival International de Jazz de Montréal. Je tiens à remercier Laurent Saulnier et Isabelle Melançon, de Spectra Scène, pour leur collaboration.

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TOP 25 – Influenceurs Generation C

posted by Raymond Morin on Dimanche, mars 24th 2013

Une première liste d'influenceurs personnalisée, avec Traackr  

Par Raymond Morin

La véritable valeur du «social scoring» en 2013

Comme je l’écrivais récemment sur [Naro] Minded, les agences de marketing commencent à adopter massivement la notion d’influence, et l’intègrent de plus en plus dans leurs budgets. Ce nouveau marché a littéralement explosé au cours des dernières années, et si la tendance se maintient, on continuera de voir émerger de nouvelles applications pour mesurer l’influence dans les médias sociaux. Cependant, les agences de marketing ont aussi très vite compris que l’influence dans les médias sociaux n’est pas un concours de popularité, et ne se limite pas au capital social des influenceurs.

imgresDans son récent billet, Reflections on Social Media Power and Influence, Mark Schaefer décrit très bien la valeur du «social scoring» en 2013 : «Un indicateur de la capacité relative d’un individu à créer du contenu qui suscite les réactions et le partage en ligne. Rien de plus, rien de moins… Comme les notes de crédit, le «score social» reste imparfait, et n’est pas nécessairement un bon indicateur du comportement à venir. Toutefois, ces indicateurs demeurent utiles. Dans le contexte actuel, combien de carrières dépendent dorénavant de la capacité des individus à produire et positionner efficacement du contenu sur le Web?» (Lire aussi Et si on remettait la mesure d’influence dans le bon contexte, sur [Naro] Minded)

Le pouvoir des recommandations, et l’effet viral du «bouche-à-oreille»

Aujourd’hui, les consommateurs branchés de la Génération C forcent les agences de marketing à adopter de nouvelles approches de marketing et de vente. Les plus récentes études démontrent que près de 9 utilisateurs sur 10 ne se fient plus qu’aux recommandations de leurs pairs (proches et amis), et se laissent influencer par l’effet viral du «bouche-à-oreille» au moment de passer à l’acte d’achat. Parmi tous les utilisateurs de leur communauté d’intérêts, les professionnels et les entreprises doivent donc chercher à identifier ceux qui se révèleront les influenceurs.

imgres-7Comme je l’écrivais dans mon billet sur [Naro] Minded, pour bien saisir l’impact du marketing d’influence, on doit donc considérer la situation à la fois sous l’angle de l’influenceur (l’expert), et celui de l’influencé (le consommateur et ambassadeur potentiel). Mais, pour bien comprendre le rôle de chacun (qui influence qui), on doit aussi s’interroger sur les intentions des deux parties, et déterminer le degré de réceptivité de l’un par rapport à l’autre. On doit se questionner sur la pertinence des contenus de l’influenceur, et se demander de quelles manières ces contenus peuvent répondre aux attentes de l’influencé.

Pour que s’établisse une relation d’influence, et que cette relation s’avère profitable pour les deux parties, un certain niveau de confiance et d’engagement doit cependant exister entre les deux.  Et, ce rapport dépend d’une série de facteurs contextuels qui vont au-delà de la mesure d’influence.  Le niveau de popularité, la réputation de l’influenceur, le contexte professionnel, la situation géographique et démographique, et le moment (timing) de la conversation peuvent jouer un rôle déterminant sur la réceptivité et la disposition de l’influencé. (Lire aussi : 4 ways context impacts online influence… and why you should care, par Evy Wilkins sur le blogue de Traackr)

TOP 25 – Influenceurs GÉNÉRATION C : une première liste personnalisée

Comme je l’écrivais aussi dans un autre billet, au risque de me répéter, aujourd’hui les entreprises peuvent compter sur de nouveaux outils de mesure d’influence contextuelle, comme Appinions, eCairns Conversation, eValue et Traackr.  

Contrairement aux listes d’influenceurs qui résultent des outils populaires comme Klout, Kred et PeerIndex, qui permettent d’établir le capital social d’un influenceur, les listes créées avec ces applications payantes permettent d’approfondir encore davantage l’analyse des influenceurs, et d’aller au-delà du «score social» en étudiant davantage la pertinence de leurs contenus. (lire aussi Traackr et l’influence contextuelle sur [Naro] Minded)

TRAACKR LOGOJe vous propose donc de consulter une première liste d’influenceurs personnalisée, que j’ai montée avec l’outil de Traackr pour en tester les différentes fonctionnalités. Il s’agit d’une toute première liste d’influenceurs des médias sociaux, qui écrivent et bloguent régulièrement autour du thème de la nouvelle génération de consommateurs branchés ; les consomm’acteurs de la Génération C. Un sujet sur lequel je blogue aussi régulièrement, et sur lequel je prépare actuellement un ouvrage.

Comme mon objectif initial était d’identifier les autres influenceurs sur le sujet, je me suis volontairement retiré de la liste. Pour épurer la liste encore davantage, j’ai aussi exclus manuellement les blogueurs qui relaient continuellement les mêmes contenus, ou qui ne publient que sporadiquement sur le sujet, ou par le biais d’outils de curation et de publication automatisés comme Paper.li, ou Scoop.it. Et, finalement, tous les autres blogueurs dont la pertinence des contenus ne relève que d’un seul mot-clé dans la liste initiale de recherche.

En bout de ligne, ça m’a donné une liste où on retrouve plusieurs des plus importants influenceurs des médias sociaux, dont Brian Solis (Altimeter Group), Eric Savitz (Forbes Magazine), Lauren Goode (AllThingsD), Ingrid Lunden (TechCrunch), Estelle Metayer (UBISOFT), Mitch Joel (TwistImage), Charles Horton (The Guardians UK), Susan Gunelius (KeySplash Creative), et mon ami et mentor Neal Schaffer (WindMill Networking), que je suis heureux de retrouver en tête de liste. Autant d’expert(e)s des médias sociaux qui alimentent et influencent régulièrement ma réflexion sur la Génération, et le pouvoir du marketing d’influence.

En terminant, je tiens à remercier Liane Blanchette, Evy Wilkins, Nicolas Chabot, et toute l’équipe de Traackr, qui m’ont aimablement aidés à peaufiner cette liste, et qui m’ont préparés le widget qui vous permet de suivre son évolution en temps réel, et d’accéder aux différentes fonctionnalités de l’outil. Je vous invite donc, à votre tour, à la commenter, et à proposer de nouveaux mots-clés pour l’améliorer.

Voici donc la toute nouvelle liste : TOP 25 Influenceurs – Génération C, telle que produite et propulsée par Traackr : 

(Note éditoriale : Cet article est une adaptation, en partie, d’un autre billet publié sur [Naro] Minded, et n’est pas commandité par Traackr d’aucune manière.  Les propos et les opinions émises n’engagent que son auteur.)

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Marketing d’influence – L’experience «sociale» de Cadillac

posted by Raymond Morin on Dimanche, février 10th 2013

Par Raymond Morin

(Note: Ce billet n'est pas payé, ni commandité. Les propos et les opinions exprimés n'impliquent que son auteur.)  

L'icône de «l'excellence à l'américaine»!

Depuis la fondation de la Cadillac Automobile Company, à Detroit en 1902, la célèbre marque s’est imposée comme la référence de l’ingénierie automobile, et le symbole de la réussite sociale. Son nom, comme son logo, se sont inscrits dans l’imaginaire populaire comme des icônes de «l’excellence à l’américaine».

LogoCadillacAvec la marque Cadillac, General Motors a su bâtir un branding de leadership et d’autorité qui ne s’est jamais démenti. Depuis plus d’un siècle, Cadillac figure comme marque leader parmi les constructeurs automobiles. Pour les consommateurs, c'est le symbole de la qualité. «We don’t just make luxury cars. We make Cadillacs» .

Lauréat du prestigieux prix annuel du «Meilleur véhicule routier en Amérique du Nord», décerné par le North American International Auto Show (NAIAS) en janvier dernier, la nouvelle Cadillac ATS continue d’accumuler les prix et les récompenses, (lire aussi : La Cadillac ATS 2013 accumule les honneurs, par Luc Gagné, sur Sympatico.ca Autos)

Une série Web-télé et une campagne multi-plateformes axée sur l'expérience

En juillet 2012, General Motors a décidé d'innover, et de sortir des sentiers battus. Pour lancer son nouveau modèle de berline à propulsion, la Cadillac ATS, GM s’est attaqué directement au marché international des européennes, d’Audi, BMW et Mercedez-Benz, en voulant démontrer la fiabilité du véhicule à toutes épreuves, et le plaisir de conduite qu'il offre dans toutes les conditions. 

Pour réaliser la campagne Web-télé «Cadillac ATS à l’épreuve du monde»General Motors a fait appel au commentateur Ross Thomas, et au conducteur professionnel Derek Hill, pour aller tester le véhicule sur les routes les plus difficiles du monde. Avec toute l’équipe de tournage, ils se sont rendus en Patagonie, aux fins fonds de l’Argentine, dans le désert aride du Maroc, dans les montagnes rocheuses de la Chine, et dans les rues de Monaco pour tourner des séquences vidéo enlevantes.

La bande-annonce de la série de quatre épisodes, réalisée par le cinéaste Joe Berlinger et le spécialiste de la vidéo automobile, Jeff Zwart, fut d’abord présentée sur le site officiel de Cadillac, quelques jours avant le début des Jeux Olympiques de Londres. Avant d'être diffusée en grande pompe sur la chaîne YouTube de l'entreprise, et les principaux réseaux de télévision, durant la cérémonie d'ouverture.

Dès le départ de la campagne, l'entreprise a adopté une stratégie de multi-plateformes pour faire la promotion de la nouvelle Cadillac ATS dans les médias et sur le Web. Après un déploiement sur les principales plateformes sociales (Facebook, Google+, Twitter) et sites de partages de fichiers photos (Pinterest, Instagram), GM a continué d'alimenter régulièrement la série de 4 épisodes WebTV sur sa chaîne YouTube, qui affiche déjà plus de 63 000 abonnés, et près de 12 millions de vues. 

Miser sur le marketing d'influence pour amplifier le message

Parallèlement à sa campagne Web-télé, General Motors a également voulut pousser l'expérience «sociale» plus loin en la portant au niveau des utilisateurs. En s'associant à Klout pour identifier les influenceurs des médias sociaux (affichant un score social de plus de 60), pour leur proposer un essai routier de 3 jours de la Cadillac ATS, GM a misé sur le marketing d'influence et une campagne d'ambassadeurs pour prolonger la diffusion le message. 

Convaincu de la qualité optimale de conduite de sa nouvelle berline sportive de luxe, General Motors n'a pas hésité non plus à jouer la carte de l'«expérience extrême» en proposant aux participants de s'inscrire aussi à la Cadillac Vacademy, au Spring Mountain Motorsports Ranch. On peut parier que l'apprentissage et les essais routiers des «acamédicien(ne)s» fera l'objet d'une nouvelle série Web-télé.

N'osant pas aller jusqu'à m'inscrire à ces cours, je n'ai quand même pas su résister à la tentation de participer à cette promotion spéciale «Klout Perks» lorsqu'on me l'a proposée. N'ayant aucune aspiration à devenir chroniqueur-automobile, et n'étant pas un «gars de char», j'ai sauté sur l'occasion de vivre une expérience de conduite hors-pair, et de tester la valeur «sociale» de ces campagnes de marketing d'influence. 

Et, j'ai pu constater que la qualité du service est à la hauteur de la réputation de Cadillac. Les responsables de la campagne semblent avoir très bien compris que ce qui motive vraiment les utilisateurs-influenceurs à devenir des ambassadeurs ne peut se monnayer, ni se commanditer. La véritable valeur de leur engagement repose justement sur leur indépendance et leur authenticité (Lire aussi : Social Media Influencers vs Social Media Ambassadors – What Is Their True Value ?).

Dans un prochain billet, je vous partagerai mes commentaires l'expérience «sociale» que j’ai vécu, gracieuseté de General Motors et Klout. Je vous parlerai aussi du système d'infodivertissement CUE de la nouvelle Cadillac ATS, et surtout, je vous raconterai comment j’ai fais plusieurs heureux durant ces trois jours.  À suivre !


 

 

 

  

 

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Génération C : de nouvelles façons de partager la connaissance

posted by Raymond Morin on Lundi, octobre 29th 2012

Des encyclopédies imprimées aux plateformes contributives

 (Maj. : Mardi 30 octobre 2012) 

On compare souvent la révolution d'Internet et des médias sociaux à celle de l'imprimerie de Gutenberg. L'invention de l'imprimerie typographique par Johann Gutenberg en 1454 a ouvert la voie à la diffusion de la pensée et des idées pendant la Renaissance. Aujourd'hui, à l'ère de la Génération C, on continue d'établir un parallèle avec cette grande époque de changements, où l'humanité est passée du moyen âge à l'ère moderne. (lire aussi Génération C : L'influence des utilisateurs)

En effet, l'imprimerie a ouvert la porte à une plus grande démocratisation de l'information en donnant naissance à l'industrie des communications. De l'invention de l'écriture aux premières bibliothèques, l'homme cherchait à rassembler l'ensemble des connaissances, et à les conserver précieusement, pour éviter qu'elles se perdent. Mais, l'invention de Gutenberg a définitivement sonné le glas de l'âge d'or de l'encyclopédisme médiéval. Un peu de la même façon qu'Internet et les médias sociaux annoncent la mort des médias conventionnels depuis quelques années. 

À partir du XVe siècle, les encyclopédies se sont rapidement multipliées. Jusqu'alors réservées à l'usage personnel de son auteur, ou à une diffusion très restreinte parmi les initiés de son entourage, on a commencé à se soucier d'un plus grand nombre d'utilisateurs. Mais, il aura tout de même fallut attendre plus de 300 ans avant que le «projet encyclopédique» ne s'affranchisse du joug des religions.

Au début du XVIIIe siècle, le développement des sciences deviendra finalement le déclencheur d'un nouveau phénomène d'impression d'encyclopédies sans précédent. À l'époque, il se publiait plus d'une nouvelle encyclopédie par année dans le monde; chaque nation, chaque communauté de chercheurs, de philosophes et d'humanistes voulant diffuser sa propre encyclopédie. Aujourd'hui, à une autre échelle, alors que les pages Web se comptent à plus de 500 millions, et que les plus importants réseaux dépassent le cap des milliards d'utilisateurs, on constate des similitudes dans ce qu'on observe sur la blogosphère et les médias sociaux. 

Améliorer l'expérience de l'utilisateur

 Après, l'«Encyclopédie raisonné des sciences, des arts et des métiers» de Diderot et D'Alembert en 1751, qui fut le premier ouvrage populaire, il y eut le fameux «Encyclopedia Britannica» en 1768, et l'«Enclycopedia Americana» en 1829. Puis, c'est en 1869 que Pierre Larousse publia son «Grand Dictionnaire Universel du XIXe Siècle», qui devint le «Petit Larousse Illustré» en 1906.

À la fin des années 1800, avec l'industrialisation et les grandes inventions qui ont définitivement lancé l'ère moderne, la soif du savoir et de la connaissance a continué de se propager. Pour rendre les encyclopédies plus accessibles, on y ajouta des notes biographiques et des illustrations, et on introduisit le système de références croisées pour classer les informations. À l'image des réseaux sociaux (Facebook, LinkedIn), des sites de partage de fichiers (YouTube, Flickr, Pinterest), et de signets ou liens (Twitter, StumbleUpon), les éditeurs d'encyclopédies commencèrent à privilégier l'expérience d'un plus grand nombre d'utilisateurs. Avec la parution de sa onzième édition, en 1911, l'encyclopédie Britannica devint en quelques sortes la référence en matière d'encyclopédies universelles.

Acquis au début des années 1900 par Horace Hooper de Chicago, après avoir considérablement raccourci et simplifié ses articles pour les rendre plus accessibles pour le marché américain, l'encyclopédie Britannica est vite devenue l'emblème du savoir, le symbole de la connaissance auprès de la nation américaine, principalement formée d'immigrants en quête de réussite.

Rachetée au début des années 1920 par Sears, et après deux guerres mondiales, et une crise économique majeure, la vente «porte-à-porte» d'encyclopédies devint vite une entreprise très lucrative. Durant les années 30 et 40, avec la publication du premier Consumer Report et les premières campagnes de publicités à la radio et à la télévision, l'acquisition de connaissances se révèle une planche de salut pour parvenir au «rêve américain».

L'entrée à l'ère numérique

 Dans les années 1950, c'est l'époque des «Mad Men», des soirées Tupperware, et des vendeurs «porte-à-porte». Une époque qui marqua l'âge d'or du marketing conventionnel, et de Dale Carnegie. Rapidement, avec l'émergence des nouveaux médias électroniques (radio/TV) qui favorise une plus grande diffusion des connaissances, on réalisa tout le nouveau potentiel de diffusion pour les encyclopédies.  

Avec la commercialisation du CD-ROM en 1984, le «Projet encyclopédique» fit son entrée dans l'ère numérique, et le Compton's Encyclopedia, paru en 1989, devint le premier encyclopédie multimédia à faire son apparition sur le marché. Durant les années 1990, les éditeurs rivalisaient d'ingéniosités pour fournir une expérience toujours plus enrichissante, mais sont vite déclassés par Internet, et la naissance de la première encyclopédie contributive, Wikipedia, en janvier 2001. 

Très vite, Wikipedia devint extrêmement populaire auprès des utilisateurs, notamment des étudiants qui y trouvent rapidement réponses à toutes leurs questions. L'encyclopédie contributive se révèla alors la nouvelle référence des utilisateurs branchés de la Génération C.

On vit aussitôt émerger sur le Web des dizaines de projets frères exploitant le même concept ; des dictionnaires spécialisés aux citations en passant par les textes de domaine public, et le Wikimedia Commons, une bibliothèque multimédia qui proposait des contenus libres. Au cours des douze dernières années, la popularité des encyclopédies en ligne et les bibliothèques numériques auprès des utilisateurs de toutes les générations confondues n'a jamais cessé de croître. Même les journalistes et les professeurs s'en servent encore régulièrement. 

Le défi du Big Data et la Génération C

 Au printemps dernier (13 mars 2012), après 244 ans, leBritannica déclarait forfait, et annonçait la fin de sa version imprimée, et la décision de recentrer ses activités sur les versions en ligne et les produits dérivés. 

Aujourd'hui, alors que le Big Data, le stockage de données et l'omniprésence des technologies Web mobiles deviennent de nouveaux enjeux, nous nous retrouvons au tournant de l'ère numérique, où la diffusion et la gestion des connaissances adopteront de nouvelles formes plus dynamiques. Ces nouvelles façons de recevoir et de transmettre le savoir restent encore à explorer et à développer. Mais, ils représentent déjà des enjeux majeurs pour les organisations et les entreprises pour les prochaines années.

Alors qu'on se trouve à la naissance d'une nouvelle génération Alpha (nés après 2011), une première cohorte de jeunes de la génération Z (nés après 1995) arrive sur le marché du travail avec des connaissances numériques acquises et développées depuis le berceau. Selon les plus récentes estimations, dans moins de quinze ans, ces deux nouvelles générations représenteront ensemble plus de 75% de la main d'oeuvre active à travers la planète. Ils occuperont les plus importants postes décisionnels, et possèderont une réelle expérience de la connaissance numérique. (Lire aussi : Génération C – L'utilisateur devient le nouveau ROI)

Pour s'adapter aux nouvelles méthodes d'acquisition et de transfert des connaissances, les entreprises et les organisations doivent déjà commencer à se tourner davantage vers la nouvelle Génération C, en commençant par les utilisateurs des nouvelles générations Y et Z, mais aussi la génération Alpha à venir, et qu'il faut déjà envisager.

Car, après les baby-boomers et la génération X, c'est assurément parmi ces nouvelles générations que se retrouvent déjà les prochains grands influenceurs de la société numérique. Les prochains Steve Jobs, Bill Gates ou Richard Branson, qui développeront de nouvelles solutions pour continuer de faire progresser l'humanité. 

Qu'en pensez-vous? Croyez-vous que l'avenir du savoir dépend dorénavant des jeunes des nouvelles générations? Ou la gestion de la connaissance doit-elle continuer de reposer entre les mains des anciens?  


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Comment définir l’influence dans les médias sociaux

posted by Raymond Morin on Jeudi, septembre 20th 2012

Depuis Machiavel à Robert Cialdini, la notion d’influence n’a cessé d’exercer une grande fascination, tant sur le grand public que sur les professionnels. Même si la question a été analysée et scrutée des centaines de fois par des spécialistes, sa définition diffère d’un à l’autre selon le contexte.

De la manipulation à l’influence

Très tôt, durant les années 1920, les principales industries de la culture et des médias ont commencés à se bâtir et se développer sur la base de la popularité. Des résultats de box-office du cinéma, en passant par les listes de best-sellers du livre jusqu’aux hit-parades du disques et les cotes d’écoute de la radio et de la télévision, chacune de ces industrie a profité du formidable attrait des palmarès comme principal levier de développement.

En contrepartie, cette fascination populaire, proche du culte, a aussi contribué à implanter l’effet pervers du star-système, et du coup, les manipulations frauduleuses des scores pour gagner des ventes. En 2012, à l’instar de la payola qui régnait déjà dans les industries du disque et de la radio durant les années 20, c’est à coup de fausses recommandations et de fake followers que les corporations achètent leur influence, et dopent leur score social (voir Infographie : Marketing Vs Manipulation, par SEOBook/Lumin Interactive).

Profitant de la confusion, les faux-comptes et les pseudo-experts en médias sociaux se multiplient comme des pissenlits. Pour les marques, comme pour les utilisateurs, il devient presqu’impossible de faire la différence, tant pour un que pour l’autre. Alors, si les outils de mesure peuvent ainsi être manipulés, ou contournés, sur quelles bases peut-on reconnaître et identifier les véritables influenceurs des médias sociaux ?

 

Avec les médias sociaux, qui influence qui ?

On cite souvent les exemples de Heather Armstrong (@Dooce) avec Maytag/Whirlpool, ou du musicien canadien David Carroll, avec la United Airlines (United Breaks Guitar), pour analyser l’impact de l’influence dans les médias sociaux.

Si ces utilisateurs, jusqu’alors inconnus, ont soudainement révélés leur potentiel d’influence au point d’ébranler les grandes corporations, c’est qu’ils ont su réunir trois éléments essentiels : au départ, ils bénéficiaient d’une certaine portée (reach) dans les réseaux sociaux, qui pouvait leur apporter une grande amplification (resonance) de leur message. Et, dans le contexte, c’est la pertinence (relevance) de ce message qui leur a valut d’exercer leur influence. (lire : Social Media Influence : Content is Key ! )

Comme je l’ai déjà mentionné, dans le contexte actuel, ce n’est pas tant la définition de l’influence qui change, comme la place où les deux parties se rejoignent dans un objectif commun. 

L’influence dans les médias sociaux ne repose pas seulement sur des chiffres, qui mesurent la portée d’un réseau et l’amplification du message, mais aussi, et surtout, sur des individus qui inspirent la confiance, et qui suscitent l’engagement, par la pertinence et la valeur de leurs interventions. Or, cet aspect de l’influence ne se mesure pas avec des algorithmes, aussi compliqués soient-ils.

 

Les neuf indices de valeur d’un influenceur 

Au printemps dernier, l’éminence grise de la firme Altimeter Group, Brian Solis, proposait un rapport dans lequel il définissait trois principaux piliers de l’influence mentionnés plus haut (lire The Rise of Digital Influence) ; la portée, l’amplification et la pertinence. Dans un billet publié sur le site d’Intelegia, je suggérais plutôt d’explorer neuf indices de valeur pour définir l’influence dans les médias sociaux (lire Les 9 indices de valeurs d'un influenceur du Web):

 

La portée : l’importance du réseau de l’influenceur, tant par sa taille (nombre d’abonnés) que par le niveau d’influence potentiel de ceux qui le composent,

L’amplification : l’impact du message suscité à travers les médias sociaux,

L’autorité : la validité accordée dans le réseau, tant au message qu’au messager,

La crédibilité : relève autant de la réputation que de l’autorité accordée à l’influenceur,

La e-réputation : l’ADN numérique de l’influenceur, l’empreinte digitale qu’il laisse à travers le réseau,

Ces cinq premiers indices constituent les principales métriques généralement utilisées par les outils de mesure de l’influence dans les médias sociaux pour évaluer le score social de l’influenceur. Mais, le véritable leadership d’un influenceur repose aussi sur d’autres valeurs qui ne se mesurent pas avec des algorithmes :

L’expertise : la reconnaissance de l’influenceur par l’importance de ses réalisations et de ses activités professionnelles,

La pertinence : la justesse et la constance des interventions et la qualités des contenus en rapport avec les attentes du réseau,

La confiance : un sentiment d'assurance qui relève autant de la pertinence du message que de l'expertise reconnue de l'influenceur,

L’engagement : l’indice de valeur le plus significatif puisqu’il représente le résultat final de l’influence

    

         Définir l’influence dans les médias sociaux en 140 caractères

  

 

Dans son rapport, Brian Solis proposait aussi sa propre définition de l’influence : «La capacité de provoquer une réaction, de modifier un comportement, et d’engendrer un résultat mesurable» En terminant, il demandait également aux répondants de définir l’influence dans les médias sociaux en moins de 140 caractères. Voici quelques-unes des réponses retenues :

-       La capacité d’inspirer les autres à développer leurs capacités

-       Provoquer l’engagement et la conversation avec les utilisateurs

-       Susciter la confiance qui va inciter les autres à prendre les meilleures décisions

Et, celle-ci, que je préfère :

-       L’influence est le pouvoir qu’on accorde à la confiance qu’on attribue

Qu’en pensez-vous ? Prononcez-vous, et proposez votre propre définition de l’influence dans les médias sociaux, en 140 caractères ou moins.

  

 

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LA E-RÉPUTATION : LE TALON D’ACHILLE DES ENTREPRISES?

posted by Raymond Morin on Samedi, juin 9th 2012

PIERRE ANGULAIRE OU PIERRE D'ACHOPPEMENT ?

Dans mon premier article pour Windmill Networking, j’écrivais que grâce aux nouvelles technologies du Web, n’importe qui peut devenir un influenceur dans son réseau. Je rappelais le cas du guitariste canadien David Carroll avec la United Airlines, et sa vidéo viral United Breaks Guitar qui a fait de lui une célébrité. (lire : Social Media Influence: How a Nobody Can Become a Somebody) 

À l’inverse, les cas de professionnels qui ont vu leur carrière bousillée par un dérapage de leur e-réputation ne manquent pas, non plus. Plusieurs entreprises, même parmi les plus grandes, ont perdu beaucoup à la suite d’une mauvaise gestion de leur réputation en ligne. La réputation d’un professionnel ou d’une marque en ligne révèle en quelques sortes son ADN numérique. C’est l’empreinte laissée à chacune de ses présences sur le Web et dans les médias sociaux.

Or, si la e-réputation n’est pas le seul indice de valeur d’un influenceur du Web social, elle constitue très certainement l’un des principaux piliers. Et, si elle peut se révéler la pierre angulaire, elle peut également s’avérer la pierre d’achoppement. C’est sa générosité à partager ses connaissances, et la proximité qu’il parviendra à installer avec ses abonnés, qui lui vaudront les meilleures recommandations. Mais, c’est aussi la transparence et l’authenticité qu’un professionnel ou une marque saura refléter face aux critiques qui lui permettront souvent de sauvegarder sa e-réputation.

Aujourd’hui, à l’ère du mobile et des médias sociaux, plus de 85% des consommateurs se fient d’abord aux recommandations de leur pair avant d’adopter une marque ou un produit*. En France, selon une récente étude de Reevoo/GMI Research, c’est près de 90% (89%). Une récente infographie de la firme britannique Brandify révèle quant à elle que plus de 83% des consommateurs consultent les commentaires et les recommandations des utilisateurs pour évaluer les compagnies. (Voir : People all over town are talking about your business… )

POURQUOI LES PME DOIVENT SE PRÉOCCUPER DE LEUR E-RÉPUTATION?

Récemment, Morgane Geffroy, une jeune étudiante française me demandait de répondre à quelques questions sur la e-réputation, pour l’aider à compléter son mémoire universitaire. Voici, en substance, mes réponses à ses questions ; comment et pourquoi l'optimisation de la e-réputation peut devenir un atout commercial pour les professionnels et les entreprises.

1)   Pourquoi la e-réputation préoccupe-t-elle dorénavant les PME?  

Les chefs de PME, et les professionnels de tous les secteurs, réalisent qu’ils doivent adopter de nouvelles approches de marketing pour rejoindre leur clientèle et passer leurs messages. Dans ce contexte, ils doivent miser sur l’impact de leur image de marque en ligne. Leur e-réputation va donc représenter un enjeu crucial pour la réussite des petites entreprises et des professionnels dans les réseaux sociaux.

2) Que constatez-vous le plus souvent comme problèmes e-reputationnels chez les organisations? 

Face aux nouveaux pouvoirs des consommateurs branchés (la Génération C), les entreprises doivent adopter une nouvelle culture organisationnelle qui impose des changements de mentalité. Ils ne peuvent plus contrôler leur image de marque de la même manière qu’avant, et c’est ce qui les effraie. Ils se voient forcés d’adopter une attitude de transparence et d’authenticité pour obtenir la confiance et l’engagement de leur clientèle. Ils doivent apprendre à réagir de la bonne manière aux commentaires parfois négatifs de certains utilisateurs. C’est souvent à ce niveau qu’on observe des dérapages dans les réseaux sociaux.

3) Selon vous, la e-réputation est un enjeu qui concerne davantage les entreprises en B2C ou B2B? 

La question de l’e-réputation est un enjeu important pour toutes les entreprises et tous les professionnels, qu’ils soient dans les secteurs B2C ou B2B. Ils doivent accorder une même importance à soigner leur identité numérique, à valoriser leur image de marque et à préserver l’intégrité de leur e-réputation. Cependant, selon qu’ils viseront directement les consommateurs (B2C), ou qu’ils s’adresseront à d’autres entreprises ou professionnels (B2B), ils devront savoir adopter les stratégies appropriées, et choisir les outils et les canaux de diffusion qui conviennent selon leur auditoire. C’est pourquoi LinkedIn est majoritairement plus utilisé par les professionnels que Facebook, par exemple.

4) En B2B, à quels niveaux la e-réputation intervient-elle pour les professionnels et les entreprises? 

Avec LinkedIn, ou Viadeo, les entreprises et les professionnels en B2B trouvent plusieurs avantages, notamment dans la recherche d’emploi et le recrutement des ressources humaines, qui s’avèrent les utilisations les plus courantes. Par contre, aujourd'hui, on voit de plus en plus d’entreprises en B2B utiliser les volets professionnels des réseaux sociaux populaires (comme Twitter, Facebook ou Google+) pour développer de nouveaux prospects (leads). Éventuellement, ces nouvelles relations se transformeront en relations d’affaires, voire même en réels partenariats.

5) Quelle(s) mauvaise(s) pratique(s) rencontrez-vous le plus souvent chez les professionnels et les entreprises en B2B ? 

Les «jobseekers» ont souvent tendance à embellir leur CV, ou à exagérer leur expertise.  De la même manière que les commerçants et les PME doivent adopter une nouvelle approche face aux consommateurs, les professionnels doivent trouver de nouvelles manières se valoriser leur expertise face aux employeurs. De leur côté, les entreprises confondent régulièrement la e-réputation d’un candidat avec sa performance dans les réseaux sociaux. Or, l’autorité d’un individu dans son domaine ne repose pas seulement sur sa présence dans les médias sociaux et son score social, mais aussi sur le niveau d’engagement et d’échanges qu’il parvient à susciter auprès de son entourage.

6) Que conseillez-vous aux professionnels et aux PME en B2B qui souhaitent optimiser leur e-reputation et leur présence dans les médias-sociaux ? 

Pour se démarquer et se positionner efficacement dans les réseaux sociaux, les entreprises et les professionnels en B2B doivent donc miser sur une présence sociale stratégique, qui valorisera autant leur e-réputation qu’elle la préservera. De la même manière qu’avec les consommateurs en B2C, les professionnels doivent d’abord gagner la confiance de leurs interlocuteurs, avant d’établir un engagement. Ils ne peuvent plus miser seulement sur la qualité de leurs produits et services, mais doivent proposer une valeur ajoutée à leurs pairs qui reposera sur la qualité et la pertinence de leurs contenus. Apprenez à devenir plus «social», à donner avant de recevoir…

7) Selon vous, quelle importance occupera la e-réputation pour les professionnels et les entreprises? 

Au cours des prochains mois, la notion de e-réputation va se trouver au coeur des enjeux des professionnels et des entreprises sur le Web. Dans un avenir rapproché, la majorité des affaires commerciales (B2B, comme B2C) vont se réaliser en ligne, et l'évolution rapide des technologies mobiles et de l'infonuagique va favoriser une meilleure collaboration en ligne entre les professionnels et les entreprises. L'importance de la e-réputation deviendra d'autant plus grande qu'avec la convergence des réseaux sociaux et des technologies mobiles, les professionnels et les entreprises devront rétablir un lien solide de confiance avec leur clientèle. Dans bien des cas, ils devront apprendre à mieux gérer les dérapages à l'interne et les critiques des utilisateurs, tout en faisant preuve de transparence et d'authenticité. C'est probablement le plus grand défi qui les attend! 

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que la e-réputation peut représenter un atout commercial, ou qu’elle s’avère plutôt le talon d’Achille des organisations et des marques?

 

 

   

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L’INFLUENCE DANS LES MÉDIAS SOCIAUX : LA CLÉ DES CONTENUS

posted by Raymond Morin on Lundi, avril 16th 2012

COMMENT N’IMPORTE QUI PEUT DEVENIR QUELQU’UN!

Aujourd’hui, le formidable pouvoir des médias sociaux repose désormais entre les mains des utilisateurs. Au cours de la dernière année, on l’a vu avec le Printemps Arabe et la place Tahir, et avec le mouvement Occupy Wall Street qui a vite pris une ampleur planétaire.  L’utilisateur des réseaux sociaux est devenu un acteur majeur des changements sociaux.

En 2009, en se servant de YouTube et des réseaux sociaux, le guitariste canadien David Carroll a fait trembler la compagnie aérienne United Airlines pour avoir cassé son instrument (Lire : The Power of One Voice At The Age of Social Media). Depuis, il n’y a pas une semaine sans qu’un utilisateur frustré ne force les entreprises à gérer de nouvelles crises. 

Comme l’écrivait Gérald Fillion, de Radio-Canada dans un récent blogue (en français) Pouvoir citoyen 2.0 : «Le pouvoir citoyen existe, et nous assistons aujourd’hui à une nouvelle incarnation de ce pouvoir : les médias sociaux.» Avec les outils du Web 2.0 et des médias sociaux, l’influence s’est démocratisée. N’importe quel utilisateur peut se démarquer et se révéler un influenceur dans son réseau.

LE NOUVEAU POUVOIR ÉCONOMIQUE DES INFLUENCEURS

Dans un contexte d’affaires, le pouvoir social de ces nouveaux influenceurs devient aussi économique. Conscient de l’impact qu’il peut avoir, le simple utilisateur devient un acteur majeur qui ne se contente plus du rôle de spectateur. Avant de devenir partie prenante, il exige désormais d’être écouté et de contribuer à enrichir l’expérience.

Dans la foulée, les plateformes sociales populaires comme Twitter, Facebook et YouTube ont créé un nouvel écosystème économique qui change complètement la notion d’influence. À l’ère des médias sociaux, ce ne sont plus les entreprises qui s’affichent dans l’espoir de vendre, mais les utilisateurs qui recherchent et trouvent les meilleures occasions.

Les marques se voient donc forcées de changer leur fusil d’épaule, et de réaligner leurs stratégies et leurs approches commerciales. Les techniques traditionnelles de publicité et de marketing n’ont plus la même emprise sur les consommateurs.  Une récente étude du cabinet Lightspeed Research révèle que près de trois consommateurs sur quatre (73%) se fient davantage aux recommandations de leurs pairs avant d’acheter.  Plus du tiers (37%) vont même changer d’idée suite à des critiques négatives d’autres consommateurs.

LE MARKETING D’INFLUENCE : UNE INDUSTRIE EN PLEIN ESSOR

Du coup, l’impact social et économique de ces nouveaux influenceurs du Web a engendré une nouvelle industrie en pleine croissance ; celle du marketing d’influence. Essentiellement basée sur des algorithmes qui calculent l’interaction et l’engagement en ligne suscités par les nouveaux influenceurs, cette nouvelle industrie florissante permet aux marques d’identifier les intervenants qui démontrent le plus fort impact sur leur audience.

 À l’instar des industries culturelles (cinéma, livre, musique) et des médias électroniques (radio, télévision), cette nouvelle industrie s’appuie sur des scores et des palmarès pour établir une certaine hiérarchie chez les influenceurs. Des compagnies comme Klout, PeerIndex, Kred et Empire Avenue (pour ne nommer que les plus importantes) proposent dorénavant des outils de mesure sophistiqués pour évaluer le capital social des nouveaux influenceurs du Web.

En leur offrant des récompenses (perks), les marques souhaitent qu’ils deviennent alors leur ambassadeur, pour rejoindre à nouveau leur clientèle. Cependant, en dressant des listes, et en proposant des classements qui entrainent une course à l’influence, ils détournent ainsi les nouveaux influenceurs de leur réelle valeur.

LA CURATION DE CONTENUS : LA CLÉ DE L’INFLUENCE 

Dans un récent blogue sur Intelegia : Les 9 indices de valeur des influenceurs du Web, j’écrivais que la clé de l’influence repose essentiellement sur la qualité et la pertinence des contenus proposés. Je le maintiens plus que jamais. Ce n’est qu’en apportant une valeur ajoutée au maelstrom des contenus diffusés sur le Web qu’un blogueur se révèle un influenceur pour son réseau.

Les influenceurs des médias sociaux proposent des contenus originaux et personnalisés, qui permettent aux lecteurs de reconnaître et d’apprécier, d’emblée, leur valeur unique.  Pour mériter la confiance que leurs lecteurs leur témoignent, ils doivent continuellement se questionner sur la pertinence et la réelle valeur de leurs contenus.

Dans le contexte actuel des médias sociaux, on doit donc intégrer la curation de contenus dans la notion d’influence. Comme le mentionnait Neal Schaffer en me proposant de me joindre à son équipe de blogueurs-invités sur The Windmill Networking, il faut toujours se demander si nos contenus valent la peine d’être partagés et relayés à nouveau. C’est ce que je m’efforcerai de faire avec cette nouvelle chronique.

À lire bientôt en anglais sur Windmill Networking.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Les entrepreneurs à l’ère des réseaux sociaux

posted by Raymond Morin on Vendredi, juin 11th 2010

«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0»

par Raymond Morin

LES ENTREPRENEURS À L’ÈRE DES RÉSEAUX SOCIAUX

Alors que Facebook affiche plus de 400 millions d’inscriptions, et que Twitter annonce plus de 2 milliards de messages par mois, et enregistre plus de 135 000 nouvelles inscriptions par jour, les entrepreneurs et les professionnels admettent enfin qu’il ne s’agit pas d’un phénomène passager. Avec de tels chiffres d’achalandage, pas étonnant que pour un chef de PME sur trois, les sites de réseautage social se révèlent la porte d’entrée naturelle vers le Web 2.0.

En effet, pour la plupart, les sites de réseautage social ne représentent ni plus ni moins qu’une nouvelle plateforme populaire pour lancer de nouvelles stratégies de marketing et de ventes. Cependant, d’autres entrepreneurs, de plus en plus nombreux, vont y trouver de nouvelles opportunités de tisser de nouvelles relations d’affaires. Ceux-là vont plutôt opter pour un site de réseautage social professionnel comme LinkedIn (qui compte plus de 65 millions d’inscriptions).

Bien sûr, il ne suffit pas de s’afficher dans les médias sociaux pour en tirer automatiquement des bénéfices. Au-delà de la visibilité et des considérations de marketing et de ventes, les nombreuses applications proposées dans divers réseaux sociaux offrent dorénavant une plus grande panoplie de possibilités pour les PME et les professionnels.

Les six degrés de séparation des individus

Par définition, le réseautage social met en relation des individus qui partagent des intérêts communs. Il repose sur le principe établi que les contacts de nos contacts peuvent aussi devenir nos contacts, et venir enrichir notre propre réseau. Ce principe illustre bien la théorie des six degrés de séparation. Cette théorie, popularisée par le psychologue américain Stanley Milgram à la fin des années 60, soutient que sur la planète, chaque individu peut se trouver relié à n’importe quel autre par le biais d’une chaîne de relations qui comprendrait, au plus, cinq autres maillons. Aussi, grâce aux sites de réseautage social en ligne et aux applications qui les soutiennent, les internautes réduisent cet écart qui les sépare des autres individus partout dans le monde.

Selon certains spécialistes, l’immense popularité des sites de réseautage social auprès des internautes s’explique aussi par le fait qu’ils répondent aux véritables attentes des internautes. Trois objectifs majeurs des nouveaux utilisateurs consommateurs de la Génération C (avec les natifs numériques en tête) correspondent à des besoins fondamentaux énoncés dans la théorie de la Pyramide des besoins de Maslow :

·      permettre l’accomplissement personnel par l’expression de soi ;

·      favoriser la socialisation et répondent au besoin relationnel ;

·      encourager l’estime des autres et la communication.

L’entrepreneur, comme le professionnel, qui veut profiter de la plateforme des réseaux sociaux doit tenir compte de ces impératifs. Il doit s’assurer, dès le premier instant, d’apporter une valeur ajoutée intéressante à l’expérience de l’internaute s’il veut capter son attention, et acquérir une certaine notoriété auprès de la nouvelle communauté d’internautes. Le succès d’une démarche dans les réseaux sociaux dépend essentiellement de la qualité des contributions et des contacts que l’on apporte à la communauté. Sans cet apport, le lien de confiance n’existe pas et le réseautage social s’avère vain et inefficace.

Choisir les sites de réseautage social qui correspondent à votre entreprise

Pour l’entreprise, comme pour le professionnel, les caractéristiques des réseaux sociaux en ligne peuvent être exploitées de diverses manières, et répondre à de multiples besoins. Le professionnel, ou l’entrepreneur, doit d’abord définir clairement ses objectifs, et savoir bien évaluer la pertinence de chacune des plateformes de réseautage avant d’y investir.

Qu’il s’agisse d’un site « grand public » (ou communautaire), ou d’un réseau social professionnel (RSP), les applications proposées peuvent permettre, notamment, de :

·      présenter une nouvelle vitrine corporative animée de contenus enrichis ;

·      déployer de nouvelles stratégies de marketing ;

·      lancer de nouvelles campagnes de publicités et de ventes ;

·      développer de nouvelles relations d’affaires ;

·      recruter du nouveau personnel spécialisé ;

·      entretenir de nouvelles collaborations professionnelles ;

·      améliorer les communications avec la clientèle et les fournisseurs ;

·      organiser des événements et en faire la promotion.

Le professionnel, ou l’entrepreneur, doit donc d’abord définir clairement ses objectifs pour ensuite bien évaluer la pertinence d’une plateforme plutôt qu’une autre.

A) Les sites de réseautage social communautaires

La vocation première des sites de réseautage social « grand public » ou communautaires, repose principalement sur le divertissement et le partage de contenus enrichis (liens, images, fichiers audio et vidéo). Depuis quelques années, divers réseaux sociaux populaires offrent aussi certaines fonctionnalités plus spécifiques, bien qu’encore sommaires, destinées aux entrepreneurs et aux professionnels. 

Cependant, au-delà de ces considérations de marketing et de ventes, certaines entreprises s’en servent aussi pour améliorer les communications au sein de leur organisation, ou l’utilisent pour recruter du nouveau personnel ou de nouveaux collaborateurs. D’autres créent de nouvelles communautés d’intérêts pour appuyer la promotion d’événements ou de nouveaux produits. 

B) Les sites de réseautage social professionnel (RSP)

Parce qu’ils sont exclusivement dédiés aux professionnels, les sites RSP présentent souvent un intérêt plus naturel pour les entrepreneurs. Pour de nombreux professionnels et plusieurs petites et moyennes entreprises, les sites de réseautage social professionnel constituent régulièrement la plateforme privilégiée pour entreprendre le virage Web 2.0. Certains sites, comme LinkedIn (65 millions) ou Viadeo (30 millions) affichent un achalandage qui n’a rien à envier aux réseaux sociaux communautaires populaires.

Les réseaux sociaux professionnels se concentrent sur des outils qui favorisent la mise en relation et sur le référencement des autres membres. Ils reposent principalement sur la qualité des listes de contacts, et leur potentiel de relations. Les entreprises peuvent mettre en ligne des offres d’emploi et trouver rapidement les profils qui correspondent parmi tous les membres. De la même manière, ils peuvent lancer et recevoir des appels de soumissions à travers leur liste de contacts.

De plus en plus d’entreprises cherchent également à appliquer une notion de marché social. Ils mettent alors en ligne de nouveaux réseaux professionnels privés, strictement dédiés à une marque ou à un secteur de services. Plusieurs organisations profitent déjà des réseaux sociaux professionnels pour s’afficher et diffuser leur marque (ou leur message) à des clientèles très spécifiques (comme ce fut le cas, par exemple, lors des élections présidentielles aux USA en 2008).

C) Les réseaux sociaux professionnels internes (RSPI)

Pour certaines grandes entreprises, la confidentialité des informations s’avère souvent un obstacle majeur à l’utilisation des réseaux sociaux, tant « grand public » que professionnels. Par souci de préserver l’intégrité et la sécurité de leur image de marque, certains entrepreneurs interdisent l’accès aux sites de réseautage social externe à leurs employés à cause des mesures de sécurité inadéquates du site. Ces entreprises optent alors pour la création d’un réseau social privé, ou fermé, qui évoluera uniquement dans le réseau Intranet de l’entreprise. Un nouvelle plateforme, intégrée au réseau Intranet, combinant les applications collaboratives des sites de réseautage social ouverts (communautaires et RSP) dans l’unique but d’améliorer les méthodes de travail et de collaboration.

En cernant précisément ses besoins, l’entrepreneur peut plus facilement identifier les applications les plus pertinentes parmi tous les sites de réseautage social. Selon son secteur d’activités, il peut décider d’assurer une présence parallèle, à la fois dans les réseaux sociaux communautaires et professionnels. Une stratégie qui implique nécessairement plus de temps à y consacrer, mais qui permet d’intégrer des contenus multimédias (liens, images et sons), qui viennent continuellement enrichir son profil dans les réseaux communautaires. Du coup, il peut référer (avec liens) ses nouveaux contenus multimédia à travers ses profils affichés dans les sites RSP, et générer lui-même autant de rétroliens vers son profil dans les sites communautaires.

Extrait du livre «Comment entreprendre le virage 2.0», par Raymond Morin. Publié en mars 2010, aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.