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natifs numériques

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Génération C: Une affaire de famille!

posted by Raymond Morin on Vendredi, décembre 12th 2014

Par Raymond Morin

Avec l’arrivée massive des natifs numériques sur le marché du travail au cours des dernières années, la fracture numérique entre les générations apparaît de plus en plus évidente, et se reflète autant dans le milieu scolaire que dans le noyau familial. L’apprentissage numérique d’une génération à l’autre devient un nouvel enjeu pour la société.

Cette semaine, dans ma veille sur le Web, j’ai découvert un très bon article de David-Julien Rahmil, sur Digital Society Forum, le blogue de la firme française Orange : La famille connectée. Un billet qui illustre très clairement l’écart qui existe entre les générations au niveau de l’utilisation des nouvelles technologies, d’Internet et des médias sociaux, tout en soulignant que cet écart tend à diminuer selon le capital informatique des familles.

(Illustration : Régis Faller - Source Madame Le Figaro)

(Illustration : Régis Faller – Source Madame Le Figaro)

La fracture numérique entre les générations

La différence de compétences numériques la plus visible se trouve entre les Baby-boomers et les aînés et les natifs numériques. Un choc de générations qui se reflète plus particulièrement au travail où le transfert inter-générationnel des connaissances représente un véritable enjeu pour les organisations. Tandis que les boomers prennent des retraites de plus en plus hâtives, les jeunes générations débarquent massivement sur le marché du travail avec de nouveaux outils, et de nouvelles façons de faire qui ne correspondent plus aux méthodes traditionnelles des entreprises.

Même si cet existe écart encore pour près de 65% des Baby-boomers, et plus de 85% des aînés, qui ne possèdent pas de connexion Internet, comme le souligne Rahmil dans son article, il s’est considérablement réduit au cours des quatre dernières années. Depuis 2010, les plus importantes études confirment que les baby-boomers et les ainés affichent le plus fort taux de croissance d’adoption d’Internet et des médias sociaux.

Les boomers à la retraite (ou semi-retraite) ont dorénavant le temps et les moyens de se rattraper en tant que ¨migrants¨ numériques, et de se rapprocher de leurs enfants et de leurs petits-enfants. De plus, les nouvelles générations qui se trouvent en première ligne de la révolution numérique partagent plusieurs points en commun avec les boomers, qui ont vécus les grands changements de la révolution tranquille des années 60 et 70. Ce qui favorise encore davantage le rapprochement. Dans ce contexte, ce sont souvent les jeunes natifs numériques qui contribuent le plus à l’apprentissage numérique des boomers et des aînés. (lire aussi : Génération C – Comprendre l’ABC du XYZ – Des Boomers à la Génération ALPHA).

De la famille à l’école, comme au travail

Si l’arrivée des natifs numériques provoque un choc générationnel dans les entreprises et les organisations, l’écart entre les générations se  reflète tout autant à l’école, qu’au sein des familles, plus particulièrement lorsqu’il s’agit de conjuguer les trois aspects. L’écart des compétences numériques entre les parents et les enfants apparaît alors encore plus évident. Le même phénomène se reproduit aussi régulièrement en classe où les étudiants ont souvent une meilleure connaissance des nouvelles technologies et des médias sociaux que le personnel enseignant.

Toutefois, comme le souligne aussi Rahmil, cela dépend souvent du capital informatique et du niveau de vie de la famille. Dans les foyers favorisés, où les parents (les jeunes boomers et la génération X) ont pour la plupart fait le collège et l’université, le niveau d’éducation se rapproche de plus en plus. De plus, les parents ont appris à utiliser régulièrement les nouvelles technologies dans le cadre de leurs activités professionnelles, et se sont familiarisés avec Internet et les médias sociaux. L’utilisation des nouvelles technologies est aussi mieux partagée entre les générations. Dans les écoles privées, mieux financées, la situation est également plus favorable à l’intégration des nouvelles technologies dans le mode d’apprentissage.

Lucien Francoeur et Gerry Boulet (Offenbach), au milieu des années 80 (Source Journal de Québec)

Lucien Francoeur et Gerry Boulet (Offenbach), au milieu des années 80 (Source Journal de Québec)

Cependant, la situation est toute autre lorsqu’on arrive dans le secteur publique. On se retrouve avec des classes surchargées, et la fracture numérique apparaît encore plus évidente ; ¨On est comme des ¨boat people¨; on nous met 42 dans un même local, les jeunes arrivent équipés comme à la NASA. Le prof est encore avec une vieille télé qu’il doit pousser dans le corridor pour aller la brancher, tandis que les étudiants ont déjà leur ¨lap top¨ ou leur iPad… Le Printemps Érable nous a confirmé une chose ; aujourd’hui, ce n’est plus une question de changement de génération, mais de civilisation. Contrairement à ce que la majorité pense, les jeunes qui arrivent en classe sont très informés ; ils partent le matin, et ils ont déjà envoyés des courriels ou ¨textés¨ à leurs amis. Quand ils arrivent dans la classe, la journée est déjà commencée pour eux, ils ont déjà vécus des expériences en dehors. Et, nous, ont leur demande leur attention, alors qu’ils sont déjà survoltés… ¨ s’interroge Lucien Francoeur, mon vieil ami et collègue ¨poète-rocker¨, (devenu professeur de littérature au Cégep de Rosemont, à Montréal) dans une entrevue qu’il accordait récemment à Simon Jodoin, du Journal Voir, pour le lancement de son coffret ¨Chaud comme un jukebox¨.

Le difficile et nécessaire passage à l’adolescence

Comme le mentionnent Lucien dans l’entrevue-vidéo, et Rahmil dans son article, on doit aussi considérer le facteur humain dans l’équation. À l’adolescence, entre 14 et 18 ans (plus jeunes chez certains), il est clairement démontré que l’on vit une période de grandes transformations physiques et physiologiques, qui entrainent souvent des perturbations psychologiques majeures très difficiles à surmonter pour plusieurs individus. On ressent alors un besoin de s’affranchir et de se libérer de cette situation, et ce besoin normal d’autonomisation se traduit souvent par la fuite et le retrait. On cherche à se retirer du nid  familial pour apprendre à voler de ses propres ailes.

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(Source : bbc.co.uk)

C’est normal, ça fait partie du cycle de l’évolution, et il faut le comprendre comme parents, mais également comme enseignants. En tant que parents et enseignants, on doit éviter de tomber dans le piège, et d’adopter le rôle de surveillant des médias sociaux en voulant contrôler leur connexion Internet. À ce stade de leur évolution, les jeunes auront normalement tendances à se tourner vers leurs pairs pour poursuivre leur apprentissage numérique. Quoique l’on fasse, ils trouveront le moyen d’y accéder.

On doit plutôt faire appel à leur curiosité naturelle et à leur créativité innée, en les impliquant pour qu’ils intègrent d’eux-mêmes les nouveaux outils dans leur apprentissage numérique. En tant que premières générations de l’ère numérique, les clés du changement leur reviennent naturellement. Dans moins de 10 ans, les nouvelles générations constitueront plus de 75% de la main-d’œuvre active, et auront pris les commandes. Ils représentent déjà l’avenir de la société. Faisons-leur confiance, restons à l’écoute de leurs attentes et de leurs besoins, et trouvons ensemble la meilleure façon d’effectuer le passage à l’adolescence numérique.

C’est ce que je nous souhaite en 2015. En attendant, je me plais déjà à l’idée de retrouver mes deux fils pour le temps des Fêtes. Et, de les écouter me raconter comment ça se passe de leur côté, et de savoir où ils en sont rendus dans leur apprentissage numérique. J’en apprendrai sûrement beaucoup moi-même.

Que pensez-vous de cet article? Peut-on remettre les clés du changement numérique aux nouvelles générations? Doit-on les accompagner, ou mieux les encadrer? Partagez vos opinions et commentaires avec nos lecteurs.

 

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Génération C : Qui sont vraiment les natifs numériques?

posted by Raymond Morin on Mercredi, novembre 26th 2014

Par Raymond Morin

Depuis la crise économique de 2008-2009, l’arrivée massive des natifs numériques dans les hautes études (collège et université) et le marché du travail constitue un enjeu majeur pour la société. Toutefois, les entreprises et les organisations tardent à s’adapter aux nouveaux paradigmes, et le sujet revient de plus en plus souvent dans les conseils d’administration et les agences de marketing et de relations publiques. Qui sont vraiment les natifs numériques, et comment doit-on s’adapter?

Comment les natifs numériques influencent la société?

C’est le thème d’une présentation que j’ai donné le 19 novembre dernier, devant une centaine de participants au colloque annuel du RISQ (Réseau d’information scientifiques du Québec). Un organisme qui a joué un rôle crucial dans l’implantation d’Internet et des TI dans le système d’éducation au Québec, et qui soulignait par la même occasion son 25ième anniversaire.

banner-2014Dans cette présentation, disponible en ligne sur SlideShare, je dresse un tableau plus sociologique que scientifique, en décrivant l’influence qu’exercent les natifs numériques dans plusieurs sphères d’activités de la société moderne. J’explique comment ils influencent chacune des autres générations en prenant les commandes de la Génération C des ¨consomm’acteurs¨, et comment ce nouveau paradigme oblige les entreprises et les organisations à adapter leur approche commerciale et leur environnement de travail. Je souligne comment les natifs numériques sont devenus des acteurs importants des changements politiques à travers les réseaux sociaux, et comment les nouveaux styles de vie qu’ils adoptent ont modifié les relations familiales et communautaires.

Je décris également comment les natifs numériques changent le rapport avec les médias et les institutions en amenant de nouvelles façons d’apprendre et de traiter l’information et la culture. Je signale les tendances observées chez les natifs numériques, notamment au niveau de l’entrepreneuriat que de l’implication sociale. Et, finalement, j’explique pourquoi les communications visuelles, la transformation sociale des organisations et l’expérience enrichissante des natifs numériques se révèlent, à mon avis, les principaux enjeux du système actuel d’éducation.

Cette présentation mettait la table à un débat sur les enjeux des natifs numériques, plus spécifiquement dans le secteur de l’éducation. Un débat en plénière auquel j’étais très heureux de participer par la suite, et qui a suscité des échanges très intéressants. Le panel, animé de main de maître (comme toujours) par Bruno Guglielminetti, et qui réunissait mm. Vincent Tanguay, VP Québec Innovation et Transfert au CEFRIO, Sylvain Letellier (TP1), enseignant à l’Université de Sherbrooke, Richard Lacombe, directeur des TI au HEC Montréal, et trois jeunes ¨natifs numériques¨ qui cogneront bientôt aux portes du marché du travail : Amina Mseddi, Victor Therrien et Marc-Éric Boury.  Trois jeunes  brillants, et entrepreneurs dans l’âme, qui ont démentis plusieurs clichés tout au long du débat. Les natifs numériques ne sont pas tous ceux qu’on croit.

Les natifs numériques : un concept démographique à redéfinir !

ContexteSocialGenerationsEncore aujourd’hui, on constate que la notion de natifs numériques reste aussi plutôt vague à l’esprit de plusieurs professionnels. Durant ma présentation, j’ai d’abord rappelé que selon la notion de Mark Prensky (Digital Natives, Digital Immigrants), le terme de ¨natifs numériques¨ désigne la toute première génération à passer de l’ère industrielle à l’ère numérique.

La première génération de l’histoire qui a grandi et évolué à partir du berceau avec les supports numériques, l’ordinateur personnel et Internet, les jeux vidéo et les téléphones cellulaires. Ceux qui sont nés après 1994, soit la Génération Z. Dans l’esprit de Prensky, les autres générations, y compris la majorité des jeunes de la Génération Y, sont plutôt des ¨immigrants numériques¨, c’est-à-dire qu’ils se sont adaptés au fur et à mesure aux changements des nouvelles technologies.

ContexteNumeriqueGenerationsJ’ai aussi beaucoup insisté sur le fait qu’à l’ère numérique, l’avenir est davantage une question de sociologie que de technologie. Et, qu’à ce titre, on doit regarder plus loin que les statistiques et les données pour bien comprendre les véritables enjeux. À l’ère numérique, la sociologie démographique basée sur des périodes de 16 à 18 ans ne s’adapte plus à la réalité.

Avec l’évolution accélérée des technologies, les nouvelles générations se fragmentent. Au fur et à mesure qu’émergent de nouvelles technologies (à tous les trois ou quatre ans), on peut observer de nouveaux comportements sociaux. Et, ce phénomène est d’autant plus remarquable chez les natifs numériques. Il est peut-être encore trop tôt pour savoir ce qui caractérisera la dernière cohorte de la Génération Z, comme la suivante, la Génération ALPHA, mais avec la dernière crise économique de 2008-2009, on peut prévoir que ça aura quelque chose à voir avec la nouvelle économie du partage.

Les natifs numériques sont plus volontaires et ouverts qu’on ne le pense

Durant le débat qui a suivi, les trois jeunes natifs numériques ont tour à tour rappelés qu’on ne doit toutefois pas surestimer l’importance des nouvelles technologies, et qu’il faut cesser de croire que les jeunes des nouvelles générations sont nécessairement des utilisateurs aguerris. Même si ces nouvelles technologies sont devenues pratiquement des extensions de leur personnalité, et qu’ils maîtrisent bien les médias sociaux, plusieurs manquent de structure pour utiliser ces outils dans un contexte éducationnel. Selon eux, la plupart accueilleraient favorablement un meilleur encadrement professoral de l’utilisation des nouvelles technologies durant les cours, en autant qu’on les implique dans le choix des outils.

Récemment, le site Youtern.com – The Savvy Intern publiait une infographie de Bentley University : ¨Millenials at Work : What They Really Think qui tend aussi à démontrer que l’on doit effectivement revoir notre conception des natifs numériques, et enterrer définitivement certaines idées reçues, notamment sur l’étique et le sérieux qu’ils peuvent afficher dans leur formation professionnelle. Tout au long du débat, ces trois jeunes nous l’ont démontrés en expliquant très clairement leur point de vue et en répondant avec beaucoup d’aplomb aux questions de Bruno.

Selon l’étude des chercheurs de Bentley, même si 3 natifs numériques sur quatre exigent des horaires plus flexibles (ce que les trois jeunes du débat n’ont pas niés, au contrraire), plus du 2/3 croient aussi que leur employeur devrait limiter leur utilisation des médias sociaux pour améliorer leur taux de productivité, et plus de 90% des jeunes interrogés avouent consulter réguliers leurs courriels (du travail ou de l’école) en-dehors des heures ouvrables. Cette étude démontre aussi très bien que lorsqu’ont leur fait confiance, et qu’ont les écoutent, les natifs numériques ne sont pas aussi narcissistes et insouciants que la tendance populaire peut le laisser paraître. Et, qu’à l’ère des grandes transformations, les nouvelles générations pourraient finalement s’avérer les meilleurs guide si on leur remettait les clés du changement.

C’est sur cette note que j’ai terminé ma présentation, en suggérant une série de liens, en commençant par la série de fascicules publiés par le CEFRIO sur les cinq générations d’internautes au Québec.

Qu’en pensez-vous? Partagez votre opinion et faites-nous part de vos commentaires. Quelles sont vos expériences professionnelles avec les natifs numériques? N’hésitez pas à partager vos expériences.

Lire aussi :

Millenials will become the majority in the workforce in 2015. Is your company ready? par Sydney Brownstone sur FastCo Exist : http://www.fastcoexist.com/3037823/millennials-will-become-the-majority-in-the-workforce-in-2015-is-your-company-ready

Are You Millenial by Birth or Mindset, par Brian Fanzo, sur Broadsuite : http://broadsuite.com/are-you-a-millennial-by-birth-or-mindset/

Listen Up Leaders : We Are All Millenials, par Meghan Biro, sur Forbes : http://www.forbes.com/sites/meghanbiro/2014/10/23/listen-up-leaders-we-are-all-millennials/

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Comment la révolution des médias sociaux profite à la Génération C

posted by Raymond Morin on Mercredi, octobre 8th 2014

Par Raymond Morin

Depuis vingt ans, on compare la révolution d’Internet et des médias sociaux à celle de l’imprimerie de Gutenberg.  L’invention de l’imprimerie typographique, à l’aube de la Renaissance, a ouvert la porte à une plus grande démocratisation de l’information, et la diffusion des idées. Cinq cent ans plus tard,  Internet et les médias sociaux ont pavé la voie d’une révolution sociale et économique encore plus importante qui touche tous les aspects de la vie.  L’humanité est définitivement passée à l’ère numérique.

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Les natifs numériques aux commandes d’une nouvelle économie

Plusieurs auteurs et chercheurs se sont penchés sur l’émergence des nouvelles technologies de communications, d’Internet et des médias sociaux, pour mieux comprendre comment la société s’est transformée au cours du siècle dernier.  Avant l’invention de Gutenberg, la ¨connaissance¨ était soigneusement consignée par écrit, et préservée par les moines, pour éviter qu’elle ne se perde avec les générations.  La plus grande circulation de l’information a sonné le glas à l’ère de l’encyclopédisme médiéval.  Un peu de la même façon que les TIC, Internet et les médias sociaux annoncent la mutation profonde des médias conventionnels avec l’arrivée des nouvelles générations de ¨natifs numériques¨.

Ces ¨natifs numériques¨, qu’on retrouve parmi les nouvelles générations Y (1979 – 1994) et Z (1995 – 2000), représentent la première génération ayant grandi et évolué au rythme des grands changements numériques, avec les supports digitaux, les jeux vidéos, les ordinateurs et les téléphones cellulaires. Avec ces nouvelles technologies, qui sont devenues pratiquement des extensions de leur personnalité ; ils traitent et consomment l’information différemment.

Cette nouvelle démocratisation de l’information leur apporte un nouveau pouvoir d’influence qui se reflète dans plusieurs aspects de la vie ; de l’économie à la politique et du travail à l’éducation, en passant par la santé et l’environnement jusqu’aux loisirs et la famille.  Les ¨natifs numériques¨ constituent déjà la nouvelle force émergente de la société, et dans moins de cinq ans, ils représenteront plus de la moitié de la main-d’œuvre active.  Naturellement plus aguerris et actifs dans ce nouvel écosystème numérique, ils font figure de proue d’une révolution qui les dépasse largement et qui englobe finalement tous les consommateurs branchés, des baby-boomers aux nouvelles générations.  C’est la génération des ¨consomm’acteurs¨  de la Génération C. (lire aussi : Les neuf sphères d’influenceurs de la Génération C)

Au royaume du mobile, le «consomm’acteur» est Roi!

(Image : Culturecrossmedia.com)

(Image : Culturecrossmedia.com)

Actuellement, selon les statistiques de l’Association Canadienne des Télécommunications Sans-Fil, trois adultes sur quatre possèdent déjà un téléphone intelligent qui lui permet de demeurer branché sur le Web en tout temps, et plus du quart s’en servent pour effectuer des transactions bancaires ou des paiements mobiles. En 2015, on prévoit qu’une personne sur 3 utilisera son téléphone intelligent pour des transactions en ligne.

Pour plusieurs utilisateurs, l’accès à l’Internet mobile se révèle aussi essentiel que de répondre à ses besoins vitaux.  Aujourd’hui, on se passe plus facilement d’une conjointe ou d’une nouvelle automobile que de son téléphone cellulaire. Pour les mobinautes, ces outils s’avèrent une extension d’eux-mêmes, et ils les imposent désormais dans leur entourage, jusque dans leur milieu de travail.

C’est un phénomène qui se reproduit aux quatre coins du globe, et qui a vite entraîné une mouvance massive des annonceurs vers les nouvelles plateformes mobiles.  Depuis 2010, les dépenses publicitaires destinées aux applications mobiles ont littéralement explosé, et on prévoit qu’elles vont quadrupler d’ici 2015, pour atteindre plus de 25 milliards $. Évidemment, ce succès commercial et populaire favorise la relance de technologies connexes, comme la géolocalisation, les codes QR et le m-couponing, mais surtout l’émergence de nouvelles technologies comme l’infonuagique (Cloud Computing), et le NFC (Near Field Communication) qui rendra les paiements mobiles aussi incontournables que le Web l’est déjà. Selon de récentes études de CISCO et Pew Research Center, plus de la moitié (53,8%) des jeunes de 18-34 aux États – Unis et au Canada utilisent un téléphone intelligent.  Bien sûr, ils devancent largement toutes les autres générations, et comme on pouvait s’y attendre les applications géolocalisées, permettant de bénéficier de promotions spontanées obtiennent la faveur de la grande majorité des utilisateurs (81/%).  Près de 30% (28%) y reviennent même plusieurs fois par jour, et plus du double (58%) des utilisateurs vont partager leur localisation pour obtenir des primes plus intéressantes.

De toute évidence, ces statistiques ne feront que croître au cours des prochains mois.  À ce rythme, dans quelques années à peine, les jeunes adultes des générations Y et Z deviendront les principales forces économiques de notre société.  Cependant, chacune des autres générations continuera de contribuer de plus en plus, à sa manière et suivant ses intérêts, au pouvoir d’influence qu’exercent les consommateurs branchés, qu’on appelle désormais la Génération C.

Le consommateur branché au centre des enjeux corporatifs 

En moins de temps que les générations n’en prennent pour se renouveler, Internet s’est imposé dans toutes les facettes de notre vie quotidienne.  Des loisirs à l’éducation, de la maison au travail, du ludique au pratique, le Web et les nouvelles technologies se révèlent désormais incontournables pour le bon fonctionnement de notre société.  Très rapidement, l’utilisateur a su maitriser les nouvelles technologies, et se les approprier pour s’affranchir de ses limites et s’accomplir.  À l’ère des médias sociaux et des technologies mobiles, son influence se confirme d’autant plus qu’il prend les rênes d’une nouvelle économie.

Profitant de son accessibilité quasi illimitée aux produits et contenus diffusés sur le Net, l’utilisateur se révèle un consommateur d’autant plus avisé, qui prend dorénavant un rôle actif et déterminant dans le nouvel échiquier économique. En pouvant contrôler et choisir ce qu’il consultera, commentera, consommera et recommandera à ses pairs, il devient en quelques sortes le créateur et le diffuseur de sa propre chaîne de contenus sur le Web. Avec l’avènement des médias sociaux, la société est vite passée des médias de masse (broadcasting) à l’ère de l’égocasting (ou diffusion de niche).  Ce faisant, le consommateur branché a court-circuité les médias traditionnels, et forcé la main aux agences de publicité et de marketing. Il se révèle à la fois le client, et le média.  Et, finalement, c’est toute la Génération C qui en ressort la grande gagnante de la révolution des médias sociaux.  

Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que le consommateur doit être au centre des enjeux? Partagez vos expériences avec les ¨natifs numériques¨ et les nouvelles générations de consommateurs branchés. 

Extraits condensés du livre Génération C et l’influence des consommateurs branchés! à paraître en ligne en Novembre.

 

 

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Generation C : Comprendre l’ABC du XYZ

posted by Raymond Morin on Lundi, avril 29th 2013

Par Raymond Morin

(NDLR : Cet article a été publié initialement sur le site du webzine français Locita (24 Octobre 2011), et partiellement repris dans l’article Le défi des nouvelles générations, sur Virage 2.0, et [Naro] Minded, en février 2013)

Le lourd fardeau social de la génération Z

Les natifs numériques (ou génération Z), qui sont nés avec le World Wide Web et l’ère numérique (après 1994) portent un lourd fardeau. Trop souvent décriés à travers les médias sociaux par leurs aînés pour leur manque de culture générale, c’est néanmoins sur eux et les générations futures que repose déjà l’avenir de notre planète, et les promesses de grands changements sociaux.

The ABC of XYZDans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Global Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier des générations :

*  les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées

* les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

* les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent,

La nouvelle science de la sociologie démontrerait que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment toujours plus jeunes. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux…

Or, selon la théorie de McCrindle, la situation de la génération Z (ou natifs numériques) s’inscrirait dans le cycle générationnel, au début de la chaine, et se retrouverait dans la même situation que celle qu’ont vécus la génération silencieuse (nés entre 1929 et 1945) durant les années 30-40, et les baby-boomers durant les années 60-70.

Les Baby-Boomers et les Echo-Boomers : un même combat !

Malgré ces similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z diffère beaucoup de celle de nos aînés de la génération silenceuse, et se rapproche davantage de celle vécue par les baby-boomers.

On appelle aussi aussi cette génération, les Écho Boomers, en référence au lien qui les unit justement aux Baby-Boomers. 50 ans plus tôt, les Baby-Boomers avaient, eux aussi, un accès privilégié à l’information par le biais d’une nouvelle technologie : la télévision. Largement engagés dans des changements sociaux majeurs, les boomers ont choisit de retarder les familles et de défendre d’abord leur combat, tout comme les jeunes de la génération Z le démontrent à leur tour.

Aujourd’hui, les jeunes de la génération Z ont une approche multi-tâches naturelle, presque innée. Pour eux le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personnalité, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est presque formatée à partir de leur vie digitale.

images-3Enfants des plus vieux de la génération Y (et des plus jeunes de la génération X), ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécu leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connu la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009. Plus récemment, ils se retrouvaient à l’avant-scène du mouvement d’Occupy Wall Street, du Printemps Arabe et des mouvements de contestations étudiantes.

Dans un article, paru en avril 2012 : The World’s Unemployed Youth : Revolution In The Air ? , l’auteur et conférencier canadien Don Tapscott, souligne que dans les pays touchés par les événements du printemps dernier, 24% des jeunes de 18 à 25 ans ne peuvent trouver d’emploi. Du même souffle, il rappelle aussi qu’au Royaume-Uni la situation n’est guère plus reluisante alors que les jeunes de 16 à 24 ans représentent plus de 40% des chômeurs du pays, soit plus de 1 million de jeunes adultes.

Selon un récent sondage, plus de la moitié des jeunes britanniques songent même émigrer pour se trouver un job convenable. D’un côté comme de l’autre de l’Atlantique, aux Etats-Unis, comme en France, les chiffres sont comparables: 1 chômeur sur 5 est âgé de moins de 25 ans…

Dans son article, Don Tapscott établit, avec justesse, le lien entre plusieurs événements qui ont marqués cette époque. Notamment, avec les événements de Mai 68 en France, alors que tout avait débuté avec un sit-in défiant le gouvernement de Charles De Gaulle. Après 2 semaines, plus de 11 millions de travailleurs français débrayaient. Les jeunes ont aussi joué un rôle prédominant dans le Printemps de Praque en Tchéchoslovaquie, tandis qu’en Allemagne de l’Ouest, c’est aussi un mouvement étudiant qui s’est trouvé à l’origine de la chute du Mur de Berlin. Tandis qu’aux Etats-Unis, cette révolte s’est traduite par des manifestations contre la Guerre du Vietnam, et qu’au Québec, nous traversions la Crise d’Octobre et les mesures de guerre…

Quel avenir pour la prochaine génération Alpha?

Selon la théorie de McCrindle, on peut effectivement s’attendre à un nouveau choc générationnel avec l’arrivée de la prochaine génération Alpha (nés après 2011). Les nouveaux paradigmes amenés par chacune des générations à venir continueront de se heurter, et de se confronter, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs idéologiques, et de profondes mutations sociales.

Les nouvelles générations se retrouveront naturellement au cœur de ces bouleversements sociaux. On doit donc poursuivre nos recherches, et rester à l’écouter de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui les motive et ce qui les anime. À travers les médias sociaux et les nouvelles technologies, les nouvelles générations continueront d’évoluer et de se réaliser personnellement et professionnellement. Ce sera à nous, les générations précédentes, de nous adapter…

 

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Generation C : Une question de connexion

posted by Raymond Morin on Dimanche, avril 28th 2013

Par Raymond Morin

(NDLR : Certains paragraphes utilisés dans cet article ont été publiés initialement sur le site du webzine français Locita (10 Octobre 2011)

Génération C et natifs numériques : Deux notions différentes ! 

Plusieurs autres auteurs, et plusieurs organisations, se sont penchés au cours des dernières années sur la nouvelle génération de consommateurs connectés sur Internet et les médias sociaux, pour mieux comprendre comment l’économie et le monde des affaires ont changés, et comment on doit s’y adapter. 

Darwinisme numériqueCependant, je constate que plusieurs observateurs, encore aujourd’hui, continuent d’associer, à tort, le concept de Génération C aux «enfants du millénaire», nés après 1994. Or, cette notion de consommateurs branchés, axée sur les contenus, n’est pourtant apparue qu’en 2004, quelques années après que Marc Prensky ait lui-même introduit le concept des natifs numériques.

Bien sûr, les nouvelles générations (Y et Z) constituent les plus grands défis, et méritent qu’on y accorde une importance particulière parce qu’ils représentent le plus important bassin de nouveaux utilisateurs-consommateurs à travers les médias sociaux. Mes deux fils, qui ont grandis avec cette nouvelle génération Z, m’en apportent quotidiennement le meilleur exemple.

Aujourd’hui on ne peut plus ignorer les autres générations qui ont aussi adoptés les médias sociaux et les nouvelles technologies, et qui représentent autant de nouveaux consomm’acteurs. Si on veut obtenir un portrait complet des nouveaux consommateurs à l’ère numérique, on doit cesser de focuser uniquement sur les nouvelles génération Y et Z, et considérer également la génération X, les baby-boomers, et même les aînés, dans la balance.

Natifs numériques : Remettre les pendules à l’heure!

Digital NativesC’est au tournant du siècle que Mark Prensky a introduit la notion de natifs numériques. Dans un article intitulé Digital Immigrants, Digital Natives (paru en octobre 2001, dans le Journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9, No. 5)), il signalait déjà la fracture générationnelle qui se vivait dans sa propre classe en soulignant la venue d’une nouvelle génération née de l’ère numérique.

Une nouvelle génération multi-fonctionnelle, née après 1994, qui a évoluée avec les supports numériques, les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et le World Wide Web. Une nouvelle génération qui arrive donc, sur le marché du travail avec de nouveaux paradigmes qui bouleversent complètement le fonctionnement des entreprises. On leur prête plusieurs autres noms ; de la Net Generation à la Génération Z, en passant par les «enfants du millénaire» ou «millenials».

Ce n’est que quelques années plus tard qu’est apparue la notion de Génération C, avec une nouvelle approche qui dépassait le cadre générationnel basé sur des catégories d’âge.

Génération C : une nouvelle approche générationnelle

canonProEn 2004, l’équipe du magazine hollandais TrendWatching a décidé d’étudier de plus près les comportements des utilisateurs des nouveaux médias sociaux. En faisant l’analyse de leurs agissements comme consommateurs, ils ont rapidement constaté l’importance des contenus et des recommandations qu’ils génèrent dans le flux des communications, et l’impact que ça créait sur les activités de commerce en ligne. Ils ont alors choisit de nommer ces nouveaux influenceurs-créateurs de contenus, la  «Generation C» pour contenus. 

Dès la première parution du dossier, en février 2004, la rédaction a voulut éviter tout malentendu en spécifiant très clairement que son approche dépasse les cadres générationnels conventionnels, et qu’elle s’étend à l’ensemble des nouveaux consommateurs peu importe leur catégorie d’âge. En amenant ce nouveau concept de Génération C, l’équipe du TrendWatching cherchait plutôt à comprendre comment le comportement de ces nouveaux consommateurs influence dorénavant l’économie et la société. 

Et, justement, pour s’assurer de bien cerner le phénomène, et d’obtenir un portrait complet du nouveau consomm’acteurs, les auteurs ont scrutés les agissements de l’ensemble des utilisateurs du Web et des médias sociaux. Ils ne se sont pas limités aux nouvelles générations (Y et Z), et ont analysés les comportements en ligne de tous les utilisateurs, de 12 à 75 ans, incluant la génération X, les baby-boomers et même les aînés dans leurs recherches. Régulièrement, le magazine continue de publier de nouveaux articles sur la nouvelle Génération C, et d’alimenter son dossier sur les nouveaux consomm’acteurs.

Pas une question d’âge, mais de connexion…

En 2012, Brian Solis (Altimeter Group) commente aussi l’émergence de la nouvelle Génération, en détaillant les résultats de deux études dans un long article : Meet Generation C : The Connected Consumer. Une excellente analyse qui a évidemment beaucoup circulé dans les réseaux sociaux, et qu’il faut absolument consulter pour bien comprendre le nouveau paradigme de la Génération C.

Consumer journeyNaturellement, il consacre la première partie de son analyse à la nouvelle génération Y, qui représente la majorité des nouveaux utilisateurs-consommateurs branchés. Mais, il amène rapidement sa réflexion plus loin en comparant les récentes études de Nielsen et IBM Research, pour dresser un parallèle entre l’évolution d’Internet au cours des 10 dernières années et le niveau d’adoption des médias sociaux, et la consommation en ligne, par genre et par génération d’utilisateurs. Les deux études fournissant des données et des statistiques détaillées sur chacune des générations, il finit par établir le constat que la Génération C n’est pas une question d’âge, mais plutôt de connexion. 

En scrutant plus profondément les données des études sur l’accès aux différentes plateformes, la popularité grandissante des contenus enrichis, et l’impact des écrans multiples et des technologies mobiles sur la consommation, il fait aussi ressortir qu’il convient désormais de remplacer notre approche générationnelle conventionnelle par celui de Génération C, qui est beaucoup plus large. Il ne dit pas de remplacer les définitions de génération Y et Z par celle de la Génération C, mais qu’il faut plutôt ouvrir aussi notre analyse aux autres générations, qui prennent d’ailleurs de plus en plus d’importance dans l’échiquier.

Malgré tout, la confusion règne toujours…

Les études d’IBM et Nielsen ne sont pas les seules à décrire la Génération C en des termes plus larges, incluant l’ensemble des nouveaux consommateurs, des nouvelles générations à la génération X, aux baby-boomers et même jusqu’aux aînés (la génération «silencieuse»). Cependant, malgré toutes ces études sérieuses, provenant d’organisations réputées mondialement, plusieurs blogueurs et éditeurs continuent de confondre la Génération C avec les Y ou les Z.

Même le webzine américain Mashable tombait récemment dans le panneau avec l’article de sa chroniqueuse, Zoe Fox, paru le 23 février dernier : Forget about the Generation Y : 18 – to 34 – year-olds are now Generation C. En 2012, la firme Nielsen qui s’était associée a NM Incite, publiait elle aussi un billet dont le titre pouvait déjà mener à la confusion qui règne actuellement sur la question de la Génération C : Introducing Generation C : Americans 18-34 are the most connected. Or, depuis la sortie de l’article de Mashable (1 an plus tard), Nielsen a, semble-t-il, retiré cette étude de son site (les liens fournis par Mashable et Brian Solis ne fonctionnaient plus au moment d’écrire cet article).

Aujourd’hui, alors que l’avenir des professionnels et des entreprises dépend d’un meilleure compréhension et d’un meilleur rapport avec cette nouvelle génération de consommateurs qui se retrouvent dans les médias sociaux, je crois qu’il temps de regarder les générations sous un angle différent. À l’ère du «darwinisme numérique», où les technologies évoluent plus rapidement que le cerveau humain est capable d’apprendre, on doit cesser d’analyser les générations selon des catégories d’âge. À notre époque, l’approche démographique de Mannheim (qui date du début du siècle dernier) ne tient plus la route. (lire aussi : Génération C – Le choc des générations)

Qu’en pensez-vous? Partagez votre opinion sur le sujet, et commentez cet article sur cette page. Et, n’hésitez pas à le partager dans vos réseaux sociaux, en mentionnant la source. 

 

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L’INFLUENCE DANS LES MÉDIAS SOCIAUX : LE POUVOIR DE LA GÉNÉRATION C

posted by Raymond Morin on Mercredi, mai 16th 2012

La Génération C : l’influence des utilisateurs

Pour bien saisir les enjeux de l’influence dans les médias sociaux, les entreprises et les organisations doivent d’abord chercher à mieux comprendre les motivations des utilisateurs. À l’ère des réseaux sociaux et de la mobilité, ces nouveaux utilisateurs d’Internet prennent les rênes d’un nouveau pouvoir économique ; celui de la Génération C.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle génération basée sur l’âge, ou l’évolution démographique. Dans l’esprit du magazine Trendwatching (qui a lancé le concept de Génération C en 2004), il s’agit plutôt d’une nouvelle génération d’utilisateurs des réseaux sociaux et des technologies mobiles, de consommateurs branchés, qui profitent de ces outils pour revendiquer un rôle plus actif dans la chaine.

Bien qu’elle soit représentée en grande majorité par les natifs numériques (nés après 1994), la Génération C regroupe finalement toutes les générations. On y compte un très grand nombre d’utilisateurs parmi les Y (nés entre 1979 et 1994) et les X (nés entre 1963 et 1979). Et, les baby-boomers (nés entre 1945 et 1963) constituent le groupe d’âge qui affiche le plus haut taux d’adoption des médias sociaux au cours des dernières années (à ce sujet, lire mon billet sur @Locita : Génération C : Le moteur d’une nouvelle société)

Tous ces nouveaux consomm’acteurs attendent beaucoup plus de leur expérience d’achat. Ils exigent désormais que leur voix compte, et ils n’hésiteront pas à partager leur avis ou recommandations, bonnes ou mauvaises, pour faire valoir ce droit. En 2012, ce n’est plus l’entreprise qui contrôle son image de marque, mais le formidable pouvoir viral des recommandations de pairs-à-pairs (P2P) des utilisateurs.

L’utilisateur devient alors lui-même l’influenceur, influençant davantage la marque dans ses décisions qu’elle ne l’influence lui-même. En profitant de cette nouvelle influence, l’utilisateur prend un rôle plus important dans le processus. Dorénavant, le privilège de décider du niveau d’engagement lui revient.

À lire aussi :

·      Brian Solis : Meet Generation C : The Connected Consumer.

·      Mark McCrindle : The ABC of XYZ : Understanding the Global Generations

Influenceurs des médias sociaux : ambassadeurs ou commandités?

Aujourd’hui, les marques doivent donc susciter l’engagement des utilisateurs pour qu’ils deviennent finalement leurs ambassadeurs.  Dans un article publié à l’automne dernier dans Windmill Networking, Social Media Influencer Outreach Brand Ambassador : Case Study All Nippon Airways #Analax, Neal Schaffer présentait un très bon exemple avec son propre cas.  Plutôt que de se contenter d’une formule de «perks» ou de commandite, la compagnie aérienne japonaise lui avait plutôt proposé un plus haut niveau d’engagement. Une approche qui avait plu davantage à Neal qui préférait s’engager comme ambassadeur.

La notion d’influenceur dans les médias sociaux continue de soulever beaucoup de controverses. Dans le contexte des réseaux sociaux, ce n’est pas la définition de l’influence, comme celle de l’influenceur qui suscite un malaise. Ce n’est pourtant qu’une notion qui n’existe en réalité qu’en fonction de la confiance et de l’engagement que l’influencé lui accorde. L’influence dans les médias sociaux va toujours demeurer relative dans le temps, suivant le sujet traité et les canaux de diffusion utilisés. On doit donc aller au-delà du «score social» pour comprendre comment un influenceur se mérite la confiance de ses «followers».

Avec les nouveaux consomm’acteurs de la Génération C, la conversation doit être honnête et transparente. Pour accepter de se laisser influencer, l’utilisateur doit être réceptif  et se laisser communiquer la véritable passion qui doit animer l’influenceur pour qu’il devienne un ambassadeur. Il doit déjà avoir mérité la confiance de l’utilisateur, qui reconnaît alors sa crédibilité et son autorité. 

En optant pour la commandite, ou les programmes de «perks» des marques, les deux parties s’entendent alors sur un niveau d’engagements purement professionnels. L’influenceur accepte alors un rôle qui se rapproche davantage du mandat de porte-parole, d’amplificateur du message. Un rôle qui s’éloigne cependant de la conversation, et dont il doit aviser clairement ses «followers». Au risque de devenir lui-même l’influencé!

Lire aussi Michael Brito dans un récent article sur Edelman Digital : Shifting The Conversation From Influence to Advocacy

Le marketing d’influence, comme à l’époque du cinéma muet

J’adopte souvent cette métaphore de Mark Schaefer parce que je partage pleinement cette idée ; à l’heure actuelle, on ne peut que constater à quel point l’influence prend une importance considérable dans l’échiquier des médias sociaux. On ne peut qu’être fasciné devant ce qu’on découvre, et s’enthousiasmer face à ce que l’avenir nous réserve.

Cependant, la mesure et la compréhension de la nouvelle science du Web en sont encore à leurs premiers balbutiements. En ne mesurant que l’amplification et la résonance des messages d’un influenceur, les outils de mesure accessibles sur le Net n’évaluent qu’une partie de son capital social.

Mais, comme je l’écrivais dans un récent billet sur Virage 2.0 : «…ce n’est pas tant la valeur des métriques (de mesure) qui fait défaut, comme l’apprentissage des meilleures pratiques. Et, à ce niveau, tout reste encore à faire.» Comme à l’époque du cinéma muet, le meilleur (comme le pire) reste encore à venir!

 

 

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ENTREPRENDRE 2.0 : LE CHOC DES GÉNÉRATIONS

posted by Raymond Morin on Jeudi, août 18th 2011

ENTREPRENDRE 2.0

LE CHOC DES NOUVELLES GÉNÉRATIONS

 Dans un blogue précédent, Génération C : Pour remettre les pendules à l’heure, je dénonçais un certain imbroglio à propos de la Génération C et des natifs numériques. Comme ce blogue a suscité de très vives réactions, je me dois d’apporter certains détails supplémentaires. 

Encore aujourd’hui, on semble confondre trop souvent les deux notions, ce qui alimente une confusion au sein des entreprises et des organisations. Un malentendu qui tient possiblement au fait qu’on cherche encore à caser la nouvelle Génération C dans une tranche d’âge, alors qu’il s’agit d’une notion beaucoup plus complexe.

LES GÉNÉRATIONS : UNE NOTION QUI ÉVOLUE AVEC LA SOCIÉTÉ

  En 1928, le sociologue allemand Karl Mannheim soutenait que l’on peut déterminer la tranche d’âge d’une génération selon les changements de comportements sociaux qui la caractérise. À l’époque, on considérait qu’une génération se renouvelle à tous les 16 à 18 ans, soit l’intervalle nécessaire pour assurer la descendance.

Toutefois, à la fin des années 80, la française Claudine Attias-Donfut publiait un ouvrage qui venait contredire cette approche. Dans ce livre, intitulé «Sociologie des générations, l’empreinte du temps», elle avançait que la sociologie générationnelle telle qu’enseignée ne correspond plus à la complexité de la société, qui évolue toujours de plus en plus rapidement. 

En 2010, la fracture générationnelle s’élargit encore davantage. Les femmes ont leur premier bébé seulement qu’à la trentaine (29.6 ans), tandis que les générations de jeux vidéo se renouvellent aux 3-4 ans, et que les téléphones intelligents sont remplacés à tous les 2 ans. La société évolue tellement vite qu’une génération est révolue après une quinzaine d’années, tandis que les familles se créent davantage dans la trentaine. On ne peut donc plus considérer les générations seulement selon sa tranche d’âge.

GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : À NE PAS CONFONDRE

 C’est au tournant du siècle que Mark Prensky a introduit la notion de natifs numériques, avec Digital Natives, Digital Immigrants. Avec les nouvelles technologies et Internet qui s’implantaient, il remarquait déjà des changements de comportements et de langage parmi sa nouvelle cohorte d’étudiants (de la génération Y). En 2001, il prévoyait déjà les nouveaux paradigmes générationnels qui allaient s’installer avec l’arrivée de ceux qu’on allait nommer la génération Z, ou les Enfants du Millénaire.  Née après 1994, avec l’avènement du World Wide Web, c’est la toute première génération entièrement issue de l’ère numérique, ayant grandie et évoluée avec les nouvelles technologies, les téléphones cellulaires, les jeux vidéo et Internet depuis le berceau.

Quelques années plus tard, c’est en tenant compte de ces nouveaux paradigmes sociaux, observés par Prensky, que le magazine Trendwatching a amené la notion de Génération C. En 2004, l’équipe du magazine américain a choisi d’axer sa recherche sur les traits de comportements communs observés à travers l’utilisation des nouveaux médias sociaux. Ils ont vite constaté que ces traits communs ne s’appliquaient pas seulement aux natifs numériques et aux utilisateurs de la génération Y, mais également aux early adopters de la génération X et des baby-boomers. Naturellement, l’équipe du Trendwatching a étendue son étude sur la Génération C à l’ensemble des utilisateurs du Web social, de 12 à 75 ans.

On doit donc cesser de ramener la notion de Génération C aux seuls utilisateurs de la génération Z, (ou les natifs numériques). Aujourd’hui, de plus en plus de baby-boomers adoptent les médias sociaux, et constituent même le plus important bassin de nouveaux utilisateurs. Il faut donc cesser de mêler les cartes, et plutôt considérer les nouvelles générations par rapport aux changements qu’elles peuvent apporter dans la société, plutôt que par leur tranche d’âge.

LA GÉNÉRATION Z, PORTEUSE DES GRANDS CHANGEMENTS

  Enfants des plus vieux de la génération Y et des plus jeunes de la génération X, ils sont nés après la chute du mur de Berlin, et ont vécus leur adolescence durant les premières années du millénaire. Ils ont connus la tragédie des attentats du 2001, les catastrophes naturelles à répétition, et la crise économique globale de 2008-2009.  Dans un contexte historique, la situation de la génération Z (ou natifs numériques) peut se comparer à celle de la génération silencieuse des années 30-40 (1929-1945). Une génération qui a évolué à travers les difficultés de la Grande Crise, et de la Deuxième Guerre Mondiale, mais qui fut en même temps porteuse des grands changements d’après-guerre.

Malgré les similitudes, la situation actuelle des jeunes de la génération Z n’est pas aussi dramatique. Elle diffère beaucoup de celles de nos aïeux du fait qu’ils bénéficient aujourd’hui d’outils qui leur permettent de mieux affronter les situations de crise. Aujourd’hui, les natifs numériques maîtrisent parfaitement les nouvelles technologies, et s’en servent abondamment pour se réaliser et améliorer leur quotidien. Selon une récente étude de la firme française Infolab, en collaboration avec Habbo Hotel, les jeunes emos (pour émotionnels) ne conçoivent plus que l’on puisse se passer de ces outils dans la vie de tous les jours, encore moins au travail.

Aussi appelés Echo-Boomers (pour les rapports étroits entretenus avec leurs grand-parents, les boomers), ces jeunes ont une approche multi-tâches naturelle, presqu’innée. Pour eux, le téléphone cellulaire est devenu une extension de leur personne, et Internet leur appartient. Leur vie réelle est pratiquement formatée à partir de leur vie digitale. Les entreprises et les organisations devront donc considérer très sérieusement ces nouveaux paradigmes, pour adopter leur gestion RH en conséquence.

APRÈS LA GÉNÉRATION Z, VOICI VENIR LA GÉNÉRATION ALPHA

 Dans une quinzaine d’années, peut-être moins, on assistera à l’arrivée massive d’une nouvelle génération, issue d’un nouveau baby-boom ; la génération ALPHA (nés après 2010). Dans son ouvrage The ABC of XYZ : Understanding The Glogal Generations, co-écrit avec Emily Wolfinger, Mark McCrindle part des recherches de Strauss et Howe, qui avaient identifiés quatre cycles successifs, complétant le cycle entier d’une génération :

·      les artistes (la génération silencieuse): indécis et émotionnels, ils ont grandis en pleine crise, surprotégés par leurs parents

·      les prophètes (les baby-boomers) : moralisateurs, acharnés, ils vivent à travers leurs valeurs, et sont prêts à se battre pour défendre leurs idées,

·      les nomades (la génération X) : cyniques, ils sont plus pragmatiques, mais en même temps plus aventureux, ils ne craignent pas d’abandonner certains acquis en cours de route, pour vivre de nouvelles expériences plus enrichissantes,

·      les héros (la génération Y) : énergiques et curieux, ils ont toujours été le centre d’intérêt, et leur réussite actuelle leur apporte la reconnaissance qu’ils recherchent,

Or, dans son ouvrage McCrindle rappelle que la science de la sociologie a démontré que les crises surgissent lorsque les artistes tirent leur révérence, que les prophètes vieillissent, que les nomades deviennent adultes, et que les héros s’affirment dès leur jeunesse. Et, qu’après les crises surviennent aussi les grands changements sociaux…

UN NOUVEAU CHOC DES GÉNÉRATIONS À PRÉVOIR !

  Suivant la théorie de McCrindle, au cours des années à venir, on devra donc prévoir un nouveau choc générationnel majeur, qui viendra définitivement modifier l’ordre établi. Les nouveaux paradigmes vont continuer de se heurter, et de se confronter, au rythme accéléré des changements politiques, économiques et technologiques, entrainant de nouveaux chocs d’idéologies et de profondes mutations sociales. Évidemment, les nouvelles générations se trouveront au cœur de ces bouleversements sociaux.

Il faudra poursuivre les recherches et demeurer à l’écoute de leurs attentes, pour mieux comprendre ce qui anime et motive ces nouvelles générations. Pour y arriver, il faudra vite accorder une place plus importante à ce qu’il est dorénavant convenu d’appeler la science du Web, pour vraiment cerner l’impact qu’elles auront sur notre société, nos organisations et nos entreprises.

À travers les médias sociaux, Internet et les nouvelles technologies, la génération Z, et ALPHA après elle, continueront d’évoluer, et de se réaliser individuellement, et professionnellement. Car, ces deux nouvelles générations portent déjà en elles l’avenir de notre société. Les germes d’une prochaine révolution sociale… celle de la gouvernance 2.0 ! À nous d’y voir aussi !

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion et partagez vos idées sur le sujet.

(NOTE: Ce texte est une adaption d’un extrait du livre ENTREPRENDRE 2.0, qui paraîtra à l’automne 2011. Il reprend certains sujets, et soulève certaines thématiques, qui peuvent avoir été traités et publiés sous forme de billets sur mon blogue-portfolio.)

 

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ENTREPRENDRE 2.0 : GENERATION C

posted by Raymond Morin on Jeudi, juillet 14th 2011

ENTREPRENDRE 2.0

GENERATION C : POUR REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE !

   L’UTILISATEUR AU CENTRE DES ENJEUX DU WEB SOCIAL

Depuis l’avénement du World Wide Web dans le grand public, durant les années 90, le réseau Internet s’est très vite imposé dans toutes les facettes de notre vie quotidienne. Des loisirs à l’éducation, de la maison au travail, le Web et les nouveaux outils de la technologie se sont rapidement révélés incontournables à notre bon fonctionnement dans la société d’aujourd’hui. À l’aube de l’ère numérique et du nouveau millénaire, l’utilisateur a vite appris à maîtriser ces nouvelles technologies pour les mettre à son service.

Moins d’une décennie plus tard, l’émergence fulgurante des médias sociaux est venu confirmé le positionnement privilégié de l’utilisateur dans le nouvel échiquier. Profitant de l’abondance d’informations et de contenus qu’offre le réseau, l’utilisateur jusqu’alors passif est subitement devenu l’acteur principal d’une nouvelle économie non-marchande. Grâce à cette accessibilité, pratiquement sans limites, que lui apporte les médias sociaux, ce nouveau consomm’acteur peut désormais décider de tout ce qu’il consultera, consommera, commentera et recommandera à ses pairs.  Il se révèle en quelques sortes le créateur et le diffuseur de sa propre chaine de contenus. Des médias de masse (broadcasting), on est vite passé à l’égocasting (ou diffusion de niche) avec les médias sociaux. C’est l’ère de la Génération C qui s’amorce.

  THE RISE OF GENERATION C – STRATEGY+BUSINESS

Dans un excellent article de Strategy+Business, paru récemment : The Rise of Generation C, Roman Friedrich, Michael Peterson et Alan Koster, associés de Booz&Co. décrivent très bien le phénomène. Dans cet important dossier de près de 5 pages, (repris en français dans la récente édition du magazine Premium) les auteurs prennent l’exemple fictif d’un jeune de 20 ans, en 2020, pour décrire les principales tendances à observer au cours des prochaines années auprès des jeunes de sa génération.

À travers une série de statistiques projetées jusqu’en 2020, les auteurs font la démonstration de l’impact de ces nouveaux consommateurs connectés sur l’évolution du Web social. Et, comment ces nouveaux utilisateurs viendront bouleverser le monde du travail, et influencer des secteurs économiques majeurs tels les télécommunications, le commerce au détail et l’industrie du voyage.

En s’appuyant sur différentes études, ils avancent qu’en 2020, 6 milliards de personnes auront un cellulaire, soit près de 80% de la population mondiale, et 4,7 milliards auront accès à Internet, principalement au moyen d’appareils mobiles.  Que le Web, comme source d’informations, prendra une place encore plus importante, et que le trafic sur Internet sera multiplié par dix avant 2013.  En «visionnaires», les auteurs vont jusqu’à prédire que d’ici 2020, la moitié des employés des grandes sociétés travailleront en équipes virtuelles formées de personnes vivant un peu partout dans le monde. 

En somme, The Rise of Generation C reste un très bon article, dont je n’hésiterais pas à recommander la lecture pour quiconque veut se faire une meilleure idée de la nouvelle génération d’utilisateurs d’Internet et des médias sociaux. D’ailleurs, ce mois-ci, il est repris en français dans la nouvelle édition du magazine Premium : Tout sur la Génération C, et commenté par Yanick Bédard, directeur des opérations interactives chez Sid Lee.

  GENERATION C VS NATIFS NUMÉRIQUES

Cependant, même si leur article décrit bien les tendances observées auprès de la nouvelle génération, les auteurs semblent confondre  la notion de Génération C avec celle des natifs numériques, nés après 1990.

Au Québec, le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations) semble adopter la même fausse piste en opposant sa vision de la Génération C à celle plus courante de la Génération Y. Pourtant, dans leur analyse, les responsables de l’organisme de recherches québécois associent les comportements de cette génération à ceux des natifs numériques (qu’ils désignent plutôt comme les enfants du millénaire, nés après 1999)… !!!??? 

Cependant, même s’il confond les natifs numériques avec la Génération C (ou Y ?), le CEFRIO a néanmoins le mérite de faire avancer la réflexion, et d’organiser un colloque annuel sur la nouvelle génération d’utilisateurs du web social, dont le premier avait lieu en octobre 2009. De plus, le CEFRIO a commencé à publier les résultats de son enquête sur la Génération C, sous forme de fascicule Web de 16 pages. Le premier fut publié en janvier 2011 : GENERATION C : Les «C» en tant que citoyens !.

Néanmoins, une certaine confusion semble s’être installée au sujet de la Génération C et des natifs numériques. Et, je réalise à mon grand dam, que j’y ai probablement contribué moi aussi, d’une certaine manière, en mêlant les deux notions dans les premières pages de mon livre Comment entreprendre le virage 2.0 (pp. 18-19). Alors, comme il n’est jamais trop tard pour faire amende honorable, et signaler ce qu’on croit sincèrement être une erreur (même de bonne foi), je vais tenter de remettre les pendules à l’heure.  

 GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : UN PEU D’HISTOIRE

«No, this is not about a new niche generation of youngsters born between 1988 and 1993.»

En fait, la notion de Generation C est apparue en février 2004, puis en décembre 2006, dans une série de billets de l’équipe du webzine américain Trendwatching.com. Dès le départ, les rédacteurs du magazine ont insistés sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle génération sociologique, mais plutôt d’une nouvelle communauté d’intérêts ; celle des utilisateurs du Web 2.0 et des médias sociaux.

À travers ses observations, l’équipe du Trendwatching a vite relevé l’importance des contenus générés par les utilisateurs dans le nouvel écosystème des médias sociaux. On y soulignait le rapport entre les contenus diffusés sur le Net, et les principaux centres d’intérêts alors observés chez les utilisateurs ; créativité, contenus, contrôle, convivialité… mais aussi «cash» et célébrité. Cette nouvelle approche générationnelle fut aussi vite adoptée par l’ensemble de la communauté internationale du World Wide Web.

Aujourd’hui, grâce à leur connexion Internet, les nouveaux utilisateurs contrôlent désormais les contenus qu’ils consulteront, et choisiront de partager avec leur communauté. En pouvant diffuser de la sorte leurs propres contenus, dans une approche toujours plus facile et conviviale, ils expriment enfin librement, sans contraintes, leur propre créativité, et se rapprochent de leur moment de gloire et de célébrité. Dans ce contexte, la notion Génération C englobe l’ensemble des utilisateurs des nouveaux outils du Web 2.0 et des médias sociaux, de 15 à 75 ans. Aussi, on ne saurait la confondre plus longtemps avec les natifs numériques.

  LES NATIFS NUMÉRIQUES OU ENFANTS DU MILLÉNAIRE

C’est en octobre 2001, au tournant du siècle, que Mark Prensky a amené l’idée d’une nouvelle génération entièrement issue de l’ère numérique. C’est dans un article intitulé Digital Natives, Digital Immigrants , paru dans le journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9 No. 5), qu’il a d’abord lancé son concept, en se basant sur sa propre expérience de professeur à l’université.

Dans son ouvrage, Digital Natives, Digital Immigrants, Prensky faisait allusion aux jeunes nés dans les années 90 (1994-…), tout de suite après la Génération Y (1979-1993). Ces enfants du millénaire qui auront grandis et évolués avec les supports numériques (CD/DVD), les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et Internet. Une nouvelle génération multi-fonctionnelle que les américains appellent plutôt la Generation Z ou Net Generation, une génération qui aura vécu son adolescence durant les premières années du nouveau millénaire, avant d’aller à l’université ou d’opter pour le marché du travail.

Finalement, ce n'est que quelques années plus tard, que le magazine Trendwatching s’est penché sur le phénomène de la nouvelle génération d’utilisateurs du Web, pour déterminer que plusieurs traits de comportements similaires pouvaient néanmoins relier les natifs et les migrants numériques.  C’est cette observation qui a donné naissance au concept de Génération C, bien après celui des natifs numériques. En fait, les natifs ne représentent que la pointe de l’iceberg ; la Génération C regroupe un nombre toujours grandissant de migrants numériques qui proviennent des générations précédentes.

Or, si l’on souhaite continuer de faire avancer la réflexion sur la nouvelle génération, pour toujours mieux comprendre les nouveaux paradigmes qui l’animent, il faudra d’abord que l’on remette les pendules à l’heure. Et, que l’on cesse de confondre les notions…

Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires. 

 

 

 

 

 

 

 

 

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TENDANCES 2011 – Reseaux sociaux et influenceurs du Web

posted by Raymond Morin on Dimanche, février 6th 2011




TENDANCES 2011 : RÉSEAUX SOCIAUX ET INFLUENCEURS DU WEB

LA QUÊTE IDENTITAIRE À TRAVERS LES RÉSEAUX SOCIAUX

Au cours des prochaines années, les réseaux sociaux, les téléphones intelligents, les tablettes numériques et les lecteurs portables s'imposeront définitivement dans notre quotidien. En nous permettant d’améliorer plusieurs aspects de notre vie, du travail à la maison, des loisirs à la connaissance (ou la formation), ces nouveaux outils technologiques deviendront très vite indispensables. À l'échelle mondiale, l'économie bascule vers le e-commerce et les nouvelles applications du Web 2.0 s'avèrent désormais des outils de révolutions sociales.

  Plus que jamais, l’influence du Web se fait sentir dans chacune des sphères de la société. À l’échelle mondiale, les rouages de l’économie capitaliste et marchande se trouvent confrontés à de nouveaux paradigmes qui changent les règles. Grâce aux nouvelles applications des médias sociaux, les utilisateurs d’Internet se révèlent désormais les nouveaux acteurs de la scène économique ; des consomm’acteurs qui ne se contentent plus seulement d’accéder à l’information, mais qui imposent dorénavant d'interagir avec les contenus, avec les marques et les produits. 

À travers les réseaux sociaux, les nouveaux utilisateurs de la Génération C (ne pas confondre avec la génération Z ou natifs numériques – Voir TrendWatchingdictent leurs propres préférences. Grâce aux nouveaux outils du Web 2.0, ils deviennent leur propre diffuseur ; c’est l’ère de l’égocasting, de l’autoexpression et de la quête identitaire.

LA NOTION DES INFLUENCEURS DU WEB

Avec l’émergence du mobile et des nouvelles applications, Internet passe d’un mode ludique à une utilisation pratique et stratégique qui s’inscrit dorénavant dans un cadre professionnel. Cependant, la surabondance d’informations freine encore trop souvent l’adoption des médias sociaux par les entreprises. C’est dans ce contexte qu’interviennent les influenceurs du Web, qui deviennent alors les nouveaux canaux par lequel les marketeurs et les responsables de marque (branding) tenteront de rejoindre leur clientèle.

Les nouveaux paradigmes qu’amènent les médias sociaux imposent aussi une révision en profondeur des stratégies de marketing. Désormais, pour espérer rejoindre leurs clientèles, les marketeurs devront adopter une approche plus conversationnelle, et proposer une expérience de marque de qualité avant de penser à vendre le produit. Il leur faudra oublier les techniques traditionnelles de marketing (push ou outbound marketing), et plutôt chercher à se positionner efficacement (inbound marketing) là où les nouveaux consomm’acteurs pourront les trouver, à savoir dans les médias sociaux. Pour les entreprises qui veulent se démarquer dans les réseaux sociaux les contenus deviennent alors un enjeu majeur.

 Aussi, au sujet de l'importance que vont prendre les réseaux sociaux et les contenus enrichis en 2011, je vous propose de lire le compte-rendu d'une récente étude du GlobalWebIndex, parue dans le site de SocialTimes.com : «2011 : Welcome to the Age of Social Entertainment».Dans la même veine, je vous suggère aussi de consulter deux excellentes analyses typologiques des internautes de @cdeniaud (Cedric Deniaud, de la firme The Persuaders) : Les typologies des interactions avec une marque sur les médias sociaux et Les six typologies d’internautes

L’IMPORTANCE D’ADOPTER UN OUTIL DE MESURE EFFICACE

Dans ce contexte, la mesure du degré d’influence des blogueurs et micro-blogueurs s’avère cruciale, tant pour les marketeurs et les responsables de marque que pour les influenceurs eux-mêmes. D’ailleurs, depuis quelques mois, le sujet alimente les discussions de plusieurs influenceurs, tandis que les start-ups se multiplient pour fournir aux entreprises des outils de mesure efficaces.

 Après Klout et Empire Avenuequi sont rapidement devenus très populaires, voilà Peerindex, TraackrTwitter Grader, Score.ly et TweetRank, pour n’en nommer que quelques-unes. Et, on attend toujours que Twitter Analytics soit enfin disponible. Bref, la notion d'influenceurs du Web prends définitivement de l'importance dans le contexte de la monétisation des contenus. Dans un prochain billet, je vous commenterai le résultat de mes expériences personnelles sur ces différentes plateformes. Pour le moment, mon attention se porte sur les améliorations à apporter au palmarès actuel. Alors, si vous avez des suggestions, je vous invite à nous les transmettre. J'attends vos suggestions sur ma page de groupe Facebook : Influenceurs Web au Québec

DES ALGORITHMES QUI RESTENT ENCORE À DÉVELOPPER

Chacune de ces start-ups, axées sur la mesure d’influence, propose un algorithme différent qui calcule à la fois le poids des réseaux de contacts (d’abonnés ou d’amis), l’amplification des messages, l’engagement et la fréquence des échanges sur les réseaux sociaux. Toutefois, aucun de ces outils de mesure ne fait l’unanimité car la réelle influence reste difficilement mesurable. À part quelques coefficients plus facilement quantifiables, les autres moyens de mesurer l’influence reposent davantage sur des aspects plus subjectifs, comme la proximité, l’expertise, la crédibilité, la confiance et le style.

Malgré tout, en novembre, j’ai eu l’idée de mettre en ligne un premier TOP 100 des influenceurs du Web au Québec. En choisissant de baser mon palmarès sur les résultats du Klout Scorej’ai opté pour l’outil de mesure qui m’apparaissait le plus fiable et le plus complet, tout en sachant très bien qu’il ne pouvait couvrir tous les aspects. Depuis quelques semaines, la compagnie californienne semble vouloir me donner raison de lui avoir fait confiance. Actuellement, Klout expérimente des algorithmes reliés à d’autres réseaux sociaux, dont Facebook, et bientôt LinkedIn, et elle vient de lever 8,5 millions de $US en financement pour développer une liste d'influenceurs. De toutes évidences, il y a donc un très grand intérêt du côté de ce nouvel outil de mesure. 

Ça me semblait donc un bon point de départ pour susciter un premier intérêt et amorcer la discussion. Effectivement, tout en animant le débat, cela m’aura permis de faire la connaissance de plusieurs blogueurs et blogueuses fort intéressant(e)s, et du coup, d’élargir mes sources d’informations pertinentes.

MATIÈRES À TWEETER – SPÉCIAL INFLUENCEURS

Alors, pour vous permettre de patienter jusqu'à la prochaine mise en ligne d'un TOP 100 des influenceurs du Web au Québec amélioré, en février, je vous propose quelques pistes de réflexions sur la notion d’influence à travers les médias sociaux. Plusieurs spécialistes se sont récemment penchés sur le sujet, et plus particulièrement la pertinence de l’outil de mesure de Klout.Tout d’abord, pour ceux qui ne sont pas encore familiers avec le Klout Score, voici quelques explications d’experts :Klout : Social Media Online Scoring and Brand Influencer Marketingsur le blogue du The Chris Voss Show (en anglais). Et, sur celui de Priximmo, en français : Klout : outil d’analyse d’influence sur Twitter, facebook… 

Globalement, la plupart de ces experts s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un outil valable bien que partiel, et qu’il y a une dizaine de critères qu’on doit considérer pour établir la véritable influence des spécialistes sur le Web.  C’est le cas, notamment de Laurent Colin (@Laurentec) (merci à @JeanBoileau), qui dresse Les 10 piliers de l’influence sur Internet

 Au début, en novembre dernier, c’est l’américain Mark Schaefer qui m’a donné l’idée d’explorer davantage la notion des influenceurs du Web, et convaincu d’y aller avec Klout : Get Ready, Social scoring will change your life.  Dernièrement, le président de l’agence de marketing interactif d’Atlanta MLT Creative  Billy Mitchell, répliquait à son collègue avec un autre point de vue intéressant dans un article paru sur le site de B2Bbloggers.com : Who Cares About Your Klout? Do You? Par la suite, ça a donné des échanges sur Twitter très constructifs entre les deux spécialistes.

Et, pour terminer, dans la même veine critique, je vous suggère deux autres articles aussi très intéressants à lire à propos de Klout. Des retweets de @palalonde et @etiennechabot et @VeilleSMO : RT@palalonde : Can Klout Really Measure Influence ?, de Jason Keath, via @SocialFresh et RT @etiennechabot RT @VeilleSMO: Why Influencer Marketing Is a Dangerous Fad http://bit.ly/g3Gdmp de Gary Lee, /via @Mashable #influenceurs

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Tweets et retweets – Juillet (3ième partie)

posted by Raymond Morin on Samedi, août 7th 2010

 

 

TWEETS ET RETWEETS – 3ième partie  - JUILLLET 2010 

 Après avoir publié une première liste de tweets et retweets en juin, j’ai décidé de poursuivre dans la même veine. Ce mois-ci, je vous propose un Top 10 de mes gazouillis les plus dignes de mention. Signe qu’on est toujours en pleine saison estivale, mes interventions ont surtout portées sur le réseautage social, et sur l’avenir du tourisme alors qu’émergent le web mobile et la géolocalisation.

Statistiques et études intéressantes sur les réseaux sociaux

Au départ, comme je devais préparer quelques présentations PPT pour différents ateliers de formations  privés à l’automne, j’ai d’abord effectué une recherche de statistiques récentes sur l’utilisation des médias sociaux en entreprises. Bien sûr, comme la plupart des tweeteurs, j’ai remis en question les chiffres d’achalandage proclamés prématurément par Facebook, en découvrant le site Facebakers.com.      Puis, j’ai également attrapé au passage, et retweeté (via le blogue d’Édouard Breine) les statistiques relevées par une étude récente de la firmeGartner, qui ramène (étonnamment) la loi de Pareto (80% du chiffre d’affaires se réalise sur 20% des produits) dans l’univers du micro-blogging (Twitter).

Tourisme mobile et géolocalisation

Parce qu’à mon avis ça représente un énorme potentiel de marketing viral, et que c’est toujours la haute saison du tourisme, je me suis aussi intéressé aux tweets sur le géolocalisation et le marketing mobile (m-marketing).

J’ai d’abord relayé le tweet de @VeilleTourisme d’une excellente analyse de Claude Péloquin sur la révolution du tourisme mobile, et j’ai aussi souligné au passage la nouvelle application mobile de voyage, m-Trip, conçue par une entreprise montréalaise, en retweetant un article de Marie-Soleil Desautels dansCyberpresse.   Dans le même sens, j’ai voulu partager un excellent article de Catherine Heurtebise, sur le site de e-Marketing.fr au sujet d’une étude de Piclers/Amadeus, sur les natifs numériques et l’industrie du tourisme de demain.                   

Et, finalement, pour le bénéfice de mes followers, j’ai aussi relayé un article duTelegraph UK, qui soutient que Foursquare se cherche des partenaires. Tout compte fait, pour un tweeteur supposément en vacances, je dois me rendre à l’évidence ; je me suis moi-même laissé prendre au jeu… Voici donc le Top 10 de mes tweets et retweetsde juillet :

TOP 10 DES TWEETS ET RETWEETS DE JUILLET

1 - Excellente analyse du tourisme mobile et du m-marketing (via @veilletourisme )http://bit.ly/9AauEe 3 juillet, à 14:23 via TweetDeck  ·

2 - RT @psst_: RT @AntoineDupin: Des Américains réceptifs à la publicité dans les applications mobiles http://minu.me/2lyb Ça ouvre la porte toute grande à des campagnes majeures sur Foursquare  3 juillet, à 11:16 

3 - 4SQ : évalué à 95 M $ avec 2 M d'utilisateurs – Google, Microsoft et Yahoo intéresséshttp://bit.ly/8XLaUH 19 juillet, à 09:47 via TweetDeck 

4 - RT @beneficenet: Pub: Internet dépasserait les journaux au Canada en 2011 -http://bit.ly/aHK7K2 Pour convaincre les annonceurs 23 juillet, à 11:30 via TweetDeck 

5 - RT @hweytens: Facebook Statistics by countries http://bit.ly/9F2Hmj #Facebook #stats Autres données, autre regard! 28 juillet, à 06:06 via TweetDeck 

6 - RT @jeanlucr: Réseaux Sociaux: 20% des utilisateurs influencent 74% des comportements d’achat http://j.mp/cVaILo #gartner 28 juillet, à 06:20 via TweetDeck

7 - Les natifs numériques et le futur du voyage – Étude de Peclers Paris/Amadeus, Catherine Heurtebise e-marketing.fr http://bit.ly/dnoldb 21 juillet, à 09:16 via TweetDeck 

8 - m-Trip : Voyager avec son iPhone. Neuf villes internationales, mais pas Mtl ??http://bit.ly/clnVnc via @Cyberpresse 20 juillet, à 17:48 via TweetDeck 

9 - RT @Faiste: RT @laquerriere: Le livre blanc du Web 2012 selon les experts européens http://bit.ly/d5pqIi Intéressantes visions 16 juillet, à 11:02 via TweetDeck 

10 - RT @psst_: RT @asselin: L'internet en 100 chiffres et 15 faits http://bit.ly/crhGB1Toujours intéressant de comparer les stats. 4 juillet, à 07:54 via TweetDeck

MENTIONS SPÉCIALES

A LIRE : Excellente analyse de la Génération Y, par Cecilia Gabizon dans Le Figaro http://www.lefigaro.fr/web/2010/07/18/01022-20100718ARTFIG00221-les-enfants-d-internet-arrivent-a-l-age-adulte.php 20 juillet, à 09:29 

REMERCIEMENTS : ZeLaurent  Lors de la lecture de l'article de Raymond Morin sur les tendances 2011 du Web2 machin, j'ai découvert deux termes qui devraient faire parler D'eux: SarcMark et Interrobang [ ? ]. Il s'agit de nouvelles ponctuations qui collent typiquement à l'usage du Web. Je vous laisse les découvrir. 19 juillet, à 10:05