L’INFLUENCE DANS LES MÉDIAS SOCIAUX : LA CLÉ DES CONTENUS
COMMENT N’IMPORTE QUI PEUT DEVENIR QUELQU’UN!
Aujourd’hui, le formidable pouvoir des médias sociaux repose désormais entre les mains des utilisateurs. Au cours de la dernière année, on l’a vu avec le Printemps Arabe et la place Tahir, et avec le mouvement Occupy Wall Street qui a vite pris une ampleur planétaire. L’utilisateur des réseaux sociaux est devenu un acteur majeur des changements sociaux.
En 2009, en se servant de YouTube et des réseaux sociaux, le guitariste canadien David Carroll a fait trembler la compagnie aérienne United Airlines pour avoir cassé son instrument (Lire : The Power of One Voice At The Age of Social Media). Depuis, il n’y a pas une semaine sans qu’un utilisateur frustré ne force les entreprises à gérer de nouvelles crises.
Comme l’écrivait Gérald Fillion, de Radio-Canada dans un récent blogue (en français) Pouvoir citoyen 2.0 : «Le pouvoir citoyen existe, et nous assistons aujourd’hui à une nouvelle incarnation de ce pouvoir : les médias sociaux.» Avec les outils du Web 2.0 et des médias sociaux, l’influence s’est démocratisée. N’importe quel utilisateur peut se démarquer et se révéler un influenceur dans son réseau.
LE NOUVEAU POUVOIR ÉCONOMIQUE DES INFLUENCEURS
Dans un contexte d’affaires, le pouvoir social de ces nouveaux influenceurs devient aussi économique. Conscient de l’impact qu’il peut avoir, le simple utilisateur devient un acteur majeur qui ne se contente plus du rôle de spectateur. Avant de devenir partie prenante, il exige désormais d’être écouté et de contribuer à enrichir l’expérience.
Dans la foulée, les plateformes sociales populaires comme Twitter, Facebook et YouTube ont créé un nouvel écosystème économique qui change complètement la notion d’influence. À l’ère des médias sociaux, ce ne sont plus les entreprises qui s’affichent dans l’espoir de vendre, mais les utilisateurs qui recherchent et trouvent les meilleures occasions.
Les marques se voient donc forcées de changer leur fusil d’épaule, et de réaligner leurs stratégies et leurs approches commerciales. Les techniques traditionnelles de publicité et de marketing n’ont plus la même emprise sur les consommateurs. Une récente étude du cabinet Lightspeed Research révèle que près de trois consommateurs sur quatre (73%) se fient davantage aux recommandations de leurs pairs avant d’acheter. Plus du tiers (37%) vont même changer d’idée suite à des critiques négatives d’autres consommateurs.
LE MARKETING D’INFLUENCE : UNE INDUSTRIE EN PLEIN ESSOR
Du coup, l’impact social et économique de ces nouveaux influenceurs du Web a engendré une nouvelle industrie en pleine croissance ; celle du marketing d’influence. Essentiellement basée sur des algorithmes qui calculent l’interaction et l’engagement en ligne suscités par les nouveaux influenceurs, cette nouvelle industrie florissante permet aux marques d’identifier les intervenants qui démontrent le plus fort impact sur leur audience.
À l’instar des industries culturelles (cinéma, livre, musique) et des médias électroniques (radio, télévision), cette nouvelle industrie s’appuie sur des scores et des palmarès pour établir une certaine hiérarchie chez les influenceurs. Des compagnies comme Klout, PeerIndex, Kred et Empire Avenue (pour ne nommer que les plus importantes) proposent dorénavant des outils de mesure sophistiqués pour évaluer le capital social des nouveaux influenceurs du Web.
En leur offrant des récompenses (perks), les marques souhaitent qu’ils deviennent alors leur ambassadeur, pour rejoindre à nouveau leur clientèle. Cependant, en dressant des listes, et en proposant des classements qui entrainent une course à l’influence, ils détournent ainsi les nouveaux influenceurs de leur réelle valeur.
LA CURATION DE CONTENUS : LA CLÉ DE L’INFLUENCE
Dans un récent blogue sur Intelegia : Les 9 indices de valeur des influenceurs du Web, j’écrivais que la clé de l’influence repose essentiellement sur la qualité et la pertinence des contenus proposés. Je le maintiens plus que jamais. Ce n’est qu’en apportant une valeur ajoutée au maelstrom des contenus diffusés sur le Web qu’un blogueur se révèle un influenceur pour son réseau.
Les influenceurs des médias sociaux proposent des contenus originaux et personnalisés, qui permettent aux lecteurs de reconnaître et d’apprécier, d’emblée, leur valeur unique. Pour mériter la confiance que leurs lecteurs leur témoignent, ils doivent continuellement se questionner sur la pertinence et la réelle valeur de leurs contenus.
Dans le contexte actuel des médias sociaux, on doit donc intégrer la curation de contenus dans la notion d’influence. Comme le mentionnait Neal Schaffer en me proposant de me joindre à son équipe de blogueurs-invités sur The Windmill Networking, il faut toujours se demander si nos contenus valent la peine d’être partagés et relayés à nouveau. C’est ce que je m’efforcerai de faire avec cette nouvelle chronique.
À lire bientôt en anglais sur Windmill Networking.
ENTREPRENDRE 2.0 : GENERATION C
ENTREPRENDRE 2.0
GENERATION C : POUR REMETTRE LES PENDULES À L’HEURE !
L’UTILISATEUR AU CENTRE DES ENJEUX DU WEB SOCIAL
Depuis l’avénement du World Wide Web dans le grand public, durant les années 90, le réseau Internet s’est très vite imposé dans toutes les facettes de notre vie quotidienne. Des loisirs à l’éducation, de la maison au travail, le Web et les nouveaux outils de la technologie se sont rapidement révélés incontournables à notre bon fonctionnement dans la société d’aujourd’hui. À l’aube de l’ère numérique et du nouveau millénaire, l’utilisateur a vite appris à maîtriser ces nouvelles technologies pour les mettre à son service.
Moins d’une décennie plus tard, l’émergence fulgurante des médias sociaux est venu confirmé le positionnement privilégié de l’utilisateur dans le nouvel échiquier. Profitant de l’abondance d’informations et de contenus qu’offre le réseau, l’utilisateur jusqu’alors passif est subitement devenu l’acteur principal d’une nouvelle économie non-marchande. Grâce à cette accessibilité, pratiquement sans limites, que lui apporte les médias sociaux, ce nouveau consomm’acteur peut désormais décider de tout ce qu’il consultera, consommera, commentera et recommandera à ses pairs. Il se révèle en quelques sortes le créateur et le diffuseur de sa propre chaine de contenus. Des médias de masse (broadcasting), on est vite passé à l’égocasting (ou diffusion de niche) avec les médias sociaux. C’est l’ère de la Génération C qui s’amorce.
THE RISE OF GENERATION C – STRATEGY+BUSINESS
Dans un excellent article de Strategy+Business, paru récemment : The Rise of Generation C, Roman Friedrich, Michael Peterson et Alan Koster, associés de Booz&Co. décrivent très bien le phénomène. Dans cet important dossier de près de 5 pages, (repris en français dans la récente édition du magazine Premium) les auteurs prennent l’exemple fictif d’un jeune de 20 ans, en 2020, pour décrire les principales tendances à observer au cours des prochaines années auprès des jeunes de sa génération.
À travers une série de statistiques projetées jusqu’en 2020, les auteurs font la démonstration de l’impact de ces nouveaux consommateurs connectés sur l’évolution du Web social. Et, comment ces nouveaux utilisateurs viendront bouleverser le monde du travail, et influencer des secteurs économiques majeurs tels les télécommunications, le commerce au détail et l’industrie du voyage.
En s’appuyant sur différentes études, ils avancent qu’en 2020, 6 milliards de personnes auront un cellulaire, soit près de 80% de la population mondiale, et 4,7 milliards auront accès à Internet, principalement au moyen d’appareils mobiles. Que le Web, comme source d’informations, prendra une place encore plus importante, et que le trafic sur Internet sera multiplié par dix avant 2013. En «visionnaires», les auteurs vont jusqu’à prédire que d’ici 2020, la moitié des employés des grandes sociétés travailleront en équipes virtuelles formées de personnes vivant un peu partout dans le monde.
En somme, The Rise of Generation C reste un très bon article, dont je n’hésiterais pas à recommander la lecture pour quiconque veut se faire une meilleure idée de la nouvelle génération d’utilisateurs d’Internet et des médias sociaux. D’ailleurs, ce mois-ci, il est repris en français dans la nouvelle édition du magazine Premium : Tout sur la Génération C, et commenté par Yanick Bédard, directeur des opérations interactives chez Sid Lee.
GENERATION C VS NATIFS NUMÉRIQUES
Cependant, même si leur article décrit bien les tendances observées auprès de la nouvelle génération, les auteurs semblent confondre la notion de Génération C avec celle des natifs numériques, nés après 1990.
Au Québec, le CEFRIO (Centre francophone d’informatisation des organisations) semble adopter la même fausse piste en opposant sa vision de la Génération C à celle plus courante de la Génération Y. Pourtant, dans leur analyse, les responsables de l’organisme de recherches québécois associent les comportements de cette génération à ceux des natifs numériques (qu’ils désignent plutôt comme les enfants du millénaire, nés après 1999)… !!!???
Cependant, même s’il confond les natifs numériques avec la Génération C (ou Y ?), le CEFRIO a néanmoins le mérite de faire avancer la réflexion, et d’organiser un colloque annuel sur la nouvelle génération d’utilisateurs du web social, dont le premier avait lieu en octobre 2009. De plus, le CEFRIO a commencé à publier les résultats de son enquête sur la Génération C, sous forme de fascicule Web de 16 pages. Le premier fut publié en janvier 2011 : GENERATION C : Les «C» en tant que citoyens !.
Néanmoins, une certaine confusion semble s’être installée au sujet de la Génération C et des natifs numériques. Et, je réalise à mon grand dam, que j’y ai probablement contribué moi aussi, d’une certaine manière, en mêlant les deux notions dans les premières pages de mon livre Comment entreprendre le virage 2.0 (pp. 18-19). Alors, comme il n’est jamais trop tard pour faire amende honorable, et signaler ce qu’on croit sincèrement être une erreur (même de bonne foi), je vais tenter de remettre les pendules à l’heure.
GÉNÉRATION C ET NATIFS NUMÉRIQUES : UN PEU D’HISTOIRE
«No, this is not about a new niche generation of youngsters born between 1988 and 1993.»
En fait, la notion de Generation C est apparue en février 2004, puis en décembre 2006, dans une série de billets de l’équipe du webzine américain Trendwatching.com. Dès le départ, les rédacteurs du magazine ont insistés sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle génération sociologique, mais plutôt d’une nouvelle communauté d’intérêts ; celle des utilisateurs du Web 2.0 et des médias sociaux.
À travers ses observations, l’équipe du Trendwatching a vite relevé l’importance des contenus générés par les utilisateurs dans le nouvel écosystème des médias sociaux. On y soulignait le rapport entre les contenus diffusés sur le Net, et les principaux centres d’intérêts alors observés chez les utilisateurs ; créativité, contenus, contrôle, convivialité… mais aussi «cash» et célébrité. Cette nouvelle approche générationnelle fut aussi vite adoptée par l’ensemble de la communauté internationale du World Wide Web.
Aujourd’hui, grâce à leur connexion Internet, les nouveaux utilisateurs contrôlent désormais les contenus qu’ils consulteront, et choisiront de partager avec leur communauté. En pouvant diffuser de la sorte leurs propres contenus, dans une approche toujours plus facile et conviviale, ils expriment enfin librement, sans contraintes, leur propre créativité, et se rapprochent de leur moment de gloire et de célébrité. Dans ce contexte, la notion Génération C englobe l’ensemble des utilisateurs des nouveaux outils du Web 2.0 et des médias sociaux, de 15 à 75 ans. Aussi, on ne saurait la confondre plus longtemps avec les natifs numériques.
LES NATIFS NUMÉRIQUES OU ENFANTS DU MILLÉNAIRE
C’est en octobre 2001, au tournant du siècle, que Mark Prensky a amené l’idée d’une nouvelle génération entièrement issue de l’ère numérique. C’est dans un article intitulé Digital Natives, Digital Immigrants , paru dans le journal On The Horizon (MCB University Press, Vol. 9 No. 5), qu’il a d’abord lancé son concept, en se basant sur sa propre expérience de professeur à l’université.
Dans son ouvrage, Digital Natives, Digital Immigrants, Prensky faisait allusion aux jeunes nés dans les années 90 (1994-…), tout de suite après la Génération Y (1979-1993). Ces enfants du millénaire qui auront grandis et évolués avec les supports numériques (CD/DVD), les jeux vidéo, le téléphone cellulaire et Internet. Une nouvelle génération multi-fonctionnelle que les américains appellent plutôt la Generation Z ou Net Generation, une génération qui aura vécu son adolescence durant les premières années du nouveau millénaire, avant d’aller à l’université ou d’opter pour le marché du travail.
Finalement, ce n'est que quelques années plus tard, que le magazine Trendwatching s’est penché sur le phénomène de la nouvelle génération d’utilisateurs du Web, pour déterminer que plusieurs traits de comportements similaires pouvaient néanmoins relier les natifs et les migrants numériques. C’est cette observation qui a donné naissance au concept de Génération C, bien après celui des natifs numériques. En fait, les natifs ne représentent que la pointe de l’iceberg ; la Génération C regroupe un nombre toujours grandissant de migrants numériques qui proviennent des générations précédentes.
Or, si l’on souhaite continuer de faire avancer la réflexion sur la nouvelle génération, pour toujours mieux comprendre les nouveaux paradigmes qui l’animent, il faudra d’abord que l’on remette les pendules à l’heure. Et, que l’on cesse de confondre les notions…
Qu’en pensez-vous ? Exprimez votre opinion, et partagez vos commentaires.
Développer son identité numérique
«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0»
par Raymond Morin
DÉVELOPPER SON IDENTITÉ NUMÉRIQUE
Pour les entrepreneurs et les professionnels qui adoptent le virage du Web 2.0, la gestion de l’identité numérique doit figurer parmi les premières priorités. L’identité numérique d’une entreprise ou d’une organisation s’avère la plupart du temps la fondation sur laquelle va finalement reposer le succès d’une opération SMO.
L’identité numérique d’un utilisateur réunit l’ensemble des empreintes, ou des traces, laissées à chaque connexion au réseau. Ce sont principalement les adresses IP et les autres authentifiants (nom d’utilisateur et mot de passe) que l’internaute utilise, et qui s’enregistrent automatique à chacune de ses visites dans le réseau. Pour une entreprise ou un professionnel, l’identité numérique représente encore davantage puisqu’il s’agit de l’image de marque (branding) qui sera véhiculée à travers les médias sociaux.
Source : FredCavazza.net
Frédéric Cavazza, un spécialiste du Web 2.0 en entreprise, décrit très bien la cartographie de l’identité numérique, et on peut facilement visualiser ce que tout ça peut représenter comme travail de gestion.
En fait, l’identité numérique d’une entreprise ou d’un professionnel peut se décliner de plusieurs manières et comprendre plusieurs volets, dont :
· ses coordonnées numériques (adresse IP)
· ses authentifiants (nom d’utilisateur et code d’accès)
· ses interventions dans les réseaux sociaux
· les commentaires qu’il reçoit sur les blogues
· ses achats et ses transactions commerciales
· ses contributions dans les communautés d’intérêts
· ses contenus multimédia dans les sites de partage
Chacune des interventions en ligne d’une entreprise, ou de son représentant, constitue autant d’empreintes laissées derrière, qui contribuent à installer une certaine réputation dans le réseau. L’entrepreneur ou le professionnel qui souhaite profiter des médias sociaux devra donc s’assurer, dès le départ, que son plan SMO va d’abord définir clairement les paramètres de son identité numérique en couvrant tous les aspects.
A) La gestion de l’identité numérique
La seule gestion quotidienne de l’identité numérique peut s’avérer particulièrement chronophage (time-consuming) si elle n’est pas convenablement planifiée. Au début, dans votre virage Web 2.0, limitez-vous à un certain nombre d’heures par semaine (de 5 à 10 heures maximums). Après un certain temps (2 à 3 mois, selon le plan), vous constatez que vous n’y arrivez pas et que ça vous demande plus de temps, revoyez vos attentes, et réviser votre plan. L’important pour obtenir des résultats concluants est d’assurer une certaine régularité dans vos publications, de manière à favoriser la consultation des utilisateurs qui planifient eux-mêmes leur utilisation des médias sociaux de la même façon.
B) L’image de marque
Pour se démarquer à travers les médias sociaux, l’entrepreneur doit rivaliser d’originalité et proposer des contenus intéressants, qui viennent enrichir l’expérience des utilisateurs. En pleine ère numérique, à la vitesse où circule l’information via Internet, l’impact et la popularité des nouvelles plateformes sociales ne se prêtent plus aux tentatives. La moindre bévue, le moindre faux pas, peuvent avoir des conséquences désastreuses sur l’image de marque. Comme il faudra revoir le branding pour l’adapter pour les différents médias sociaux, il conviendra peut-être aussi d’envisager une refonte du site Web officiel (de l’entreprise ou du professionnel).
C) Le niveau de sécurité
Pour éviter que votre image de marque ne soit usurpée et utilisée frauduleusement, déterminez d’avance d’une liste d’authentifiants, ainsi que certaines règles de sécurité que vous devrez imposer aux utilisateurs. N’hésitez pas à faire appel à un expert en sécurité informatique pour vous assurer d’un niveau de sécurité générale élevé à l’intérieur de votre propre réseau, et que les paramètres de votre identité numérique (authentifiants, mots de passe) soient inviolables. L’expert en sécurité numérique pourra aussi participer à la mise en place d’une stratégie de surveillance de votre identité numérique, pour éviter la diffamation ou l’usurpation.
L’importance d’ajouter des contenus enrichis
Hormis ces trois points, il faut toujours se rappeler que la principale clé du succès d’une présence dans les sites de réseautage social ou dans les blogues se trouve dans la qualité des interventions et des contributions des utilisateurs. Or, dès le départ, vous devrez apporter une attention particulière aux contenus que vous voulez diffuser. La pertinence et la qualité de vos contenus constitueront la pierre angulaire de votre image de marque dans le réseau (votre identité numérique, ou e-réputation). Chacun des éléments de contenu doit donc être stratégiquement planifié, conçu et réalisé, en fonction de cette réalité. Il faut miser sur le potentiel des contenus multimédia pour redéfinir et actualiser son image de marque.
Ces contenus enrichis doivent être à la fois intéressants pour l’utilisateur, et structurés de manière à répondre aux paramètres des engins de recherche. Par exemple, il est inutile de s’embarquer dans un blogue, ou d’ouvrir une page de réseautage social, si on ne parvient pas à se démarquer. On doit s’assurer également de pouvoir réactualiser aussi souvent que possible le référencement des pages, en ajoutant régulièrement de nouveaux contenus, ce qui permet d’obtenir un positionnement plus durable dans les listes de groupes du site. Il faudra donc que l’entrepreneur s’assure de la parfaite étanchéité de la sécurité de son identité numérique, qu’elle corresponde en tous points à son image de marque, et surtout, qu’il soit en mesure de l’animer sans s’y perdre. Car, il n’y a rien de pire pour son image que d’amorcer une présence dans le Web sans s’y impliquer…
Extrait du livre «Comment entreprendre le virage 2.0», par Raymond Morin. Publié en mars 2010, aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l’entrepreneurship du Québec.
Le règne des natifs numériques et de la génération C
«COMMENT ENTREPRENDRE LE VIRAGE 2.0» 
Par Raymond Morin
LE RÈGNE DES NATIFS NUMÉRIQUES ET DE LA GÉNÉRATION C
Depuis les premiers balbutiements d’Arpanet en 1969, l’évolution vertigineuse des nouvelles technologies et des réseaux de communications a engendré une profonde mutation de la société. Une révolution sociale et économique qui s’étend aujourd’hui à l’échelle de la planète, et dont l’importance surpasse déjà celle de l’imprimerie typographique, il y a plus de 500 ans. Au tournant du 21ième siècle, à travers la multiplication des plateformes de diffusion du Web et l’omniprésence des outils technologie l’humanité se retrouve définitivement, et irrémédiablement, propulsée à l’ère numérique. En moins de dix ans, avec les blogues, les sites de réseautage social et d'échanges de fichiers, les nouveaux médias sociaux ont vite pris une place prépondérante dans nos activités de tous les jours. Combinés aux nouvelles technologies, les applications du Web 2.0 fournissent désormais des outils aux internautes, qui lui permettent de s'affranchir des contraintes. Par le biais de sa connexion Internet et des nouveaux outils de la technologie, le nouvel utilisateur a dorénavant le pouvoir de revendiquer un rôle plus actif et déterminant dans la société.
Or, pour la première fois depuis l’émergence des TI et d’Internet, une nouvelle génération entièrement façonnée à l’ère des supports numériques arrive à maturité. Suréquipés depuis le berceau, utilisant régulièrement les nouvelles technologies jusqu’à plus de dix heures par jour, ces natifs numériques ne s’identifient plus à travers leur travail, et privilégient plutôt la qualité de l’expérience avant sa finalité. À la tête d’une nouvelle génération d’utilisateurs, qu’on appelle la Génération C, ces enfants du numérique imposent de nouvelles façons de consommer, mais aussi de communiquer, de créer et de collaborer. 
Grâce à ces nouveaux outils technologiques qui lui confèrent un nouveau pouvoir de décision, le nouvel internaute dicte de nouvelles règles. Par le biais de sa connexion Internet, toujours plus rapide, il exploite pleinement tout le potentiel de convergence des médias sociaux et du web collaboratif pour se réaliser et s’émanciper. En exerçant un plus grand contrôle sur les contenus, il se révèle d’autant plus critique comme consommateur. En tant que citoyen du cyberespace, il apporte volontiers sa contribution à ses communautés d’intérêts, et partage ses connaissances et sa créativité avec ses concitoyens.
Entrevue avec Gérald Fillion à RDI Économie
Au fil des prochaines années, les rangs de la Génération C (natifs numériques (1995-) et Génération Y (1980-1994)) ne cesseront de s’accroître, représentant plus de 50 % de la main-d’œuvre, constituant une force économique toujours plus considérable. Les entreprises doivent s’employer dès maintenant à réduire la fracture qui les sépare désormais de ces nouveaux utilisateurs-consommateurs.
Les entrepreneurs et les professionnels doivent s’ajuster à de nouvelles règles économiques. Les approches traditionnelles de ventes et de marketing se révèlent complètement caduques. Les natifs numériques se retrouvent au centre d’une nouvelle économie non-marchande axée davantage sur la qualité de l’expérience de l’utilisateur. Les entreprises doivent désormais adopter de nouvelles approches, et privilégier de nouvelles méthodes de travail et de collaboration correspondant davantage aux aspirations de la nouvelle génération. Le phénomène des médias sociaux n’a rien de passager, au cours des prochaines années il va plutôt aller en s’amplifiant. Notre société est définitivement, et irrémédiablement, entrée dans l’ère numérique, et ne peut plus revenir en arrière. Qu’on se le dise, le règne des natifs numériques et de la Génération C ne fait que débuter…
Extrait du livre « Comment entreprendre le virage 2.0 », aux Éditions Transcontinental (Collection Entreprendre), en collaboration avec la Fondation de l'entrepreneurship du Québec – parution le 11 mars 2010
Virage 2.0 

















